La première mention écrite de cet Art Martial remonte au 16ème siècle et se situe dans le texte d’une chanson traditionnelle dans : OMORO SOSHI*
*Recueil d’anciens poèmes et de chansons des Iles Ryukyu et des Iles Amani. La compilation de ce recueil a été réalisé entre 1531 et 1623.
Le passage qui fait référence à l’art du TINBE se trouve dans le 21ème rouleau au 58ème chapitre (dit l’Omoro de l’ile de Kumé**) dans lequel est retracé avec poésie, les mouvements au cours d’un assaut.
**Traduction approximative : « Le célèbre Kotsurai d’Aké, le (bouclier d’Aké) est une arme d’avant-garde, a été employé dans une tactique astucieuse, pour lancer une attaque digne d’éloge, par deux seigneurs Ichisha et Aito revêtus d’une armure d’or. L’initiative fut d’attaquer, et tenant un magnifique bouclier à tête de bœuf, en brandissant une lance (en fer effilé) à la main… »
Archive de l’OMORO SOSHI (おもろさうし)
(collection IHA Fuyu) de la bibliothèque de Université de Ryukyu (source Faurillon/Ryukyu Kobudo)
LE TINBE (てぃんべー) Bouclier
Bouclier chinois en rotin. Il n'est pas impossible que le mot TINBE dérive du mot chinois Tengpài
Bouclier chinois en lamelles de bambou. 1: l'avant bras est glissé dans l'anneau
2: la main se referme sur la poignée et 3: rembourrage pour absorber les ondes de choc ou les coups.
Les habitants de Ryukyu se seraient inspirés des boucliers circulaires en rotin de la dynastie Minh, pour fabriquer les leurs avec des lamelles de bambou.
Sur les Iles Kume, ces boucliers ont été remplacés par la carapace de tortues de mer, trouvées en grand nombre échouées sur les plages.
Par la suite d’autres matières ont été utilisées pour sa fabrication, on peut en citer plusieurs : le cuir d’origine bovine, plaqué sur une structure en bambou, puis en métal (acier) travaillé, martelé et forgé, avec les temps plus modernes et avec l’arrivée de nouveaux matériaux, cuivre, aluminium, ce dernier fut retenu pour sa légèreté, mais un peu moins efficace à sa rigidité.
Quels que soient les matériaux utilisés, autre que la carapace, élément qui a ses dimensions naturelles, il est convenu, pour le côté pratique, dans sa manipulation, que le Tinbe aurait un diamètre de 45 cm, avec à l’intérieur fixées, une poignée en bois et une lanière, permettant une meilleur tenue, agilité et manipulation facile afin de se protéger et de lutter efficacement contre des armes tranchantes, telles que les sabres japonais, les épées chinoises ou les flèches couramment utilisées à cette époque.
En règle générale sur le terrain, le TINBE est tenu de la main gauche, il peut avoir plusieurs fonctions, se protéger, mais également frapper et pousser son adversaire, il peut, grâce à sa légèreté, etre utilisé pour surprendre dans le combat, un ou plusieurs adversaires et, il n’est pas exclu de pratiquer des roulades afin d’éviter, d’esquiver, une coupe ou un projectile.
Aujourd’hui différentes écoles de KOBUDO d’Okinawa continuent à enseigner le TINBE, en gardant les techniques et l’esprit des fondateurs.
LE ROCHIN : (ろーちん) courte lance.
Le ROCHIN est une arme dont la forme rappelle celle d’une lance, mais assez courte, elle ne dépasse pas les 50 à 60 cm, pic compris, sa longueur varie sensiblement, suivant la morphologie du porteur, (correspondant à la longueur de l’avant-bras), permettant une meilleure aisance de manipulation.
C’est une arme de provenance chinoise, on en trouve des vestiges en bambou avec le bout effilé, pointu en bois, et plus tard, augmenté d’une pointe en métal. Cette arme, un peu plus longue, était utilisée à cheval lors de la chasse aux sangliers et autres animaux rapides.
Ce fut une arme redoutable, car elle pouvait perforer les parties les plus faibles des armures (cou, aisselles, hanches, chevilles) et provoquer de très importantes et graves blessures.
HONTE MOCHI : Tenue naturelle du ROCHIN par le manche à 5 cm environ de l'extrémité / pointe de l'arme vers l'avant.
GYAKUTE MOCHI : Tenue inverse du ROCHIN par le manche , mais la pointe de l'arme vers l'arrière (au niveau du coude)
Les techniques de défense restent semblables à celles du Kobudo classique (Tonfa ou Saï)
LE SEIRYUTO : machette.
Également d’origine chinoise, appelé machette, le SEIRYUTO a la particularité d’être tranchant, sa longueur est un peu plus longue (90 cm) par rapport au Rochin.
Le SEIRYUTO se tient à une poignée, ce qui permet en plus des pics et des estocs, de couper, d’entailler et, comme le Rochin de provoquer de graves lésions.
Cette arme fut plus développée entre autres, dans les régions sud des îles Ryukyu, où la canne à sucre (importée de Chine vers 1623) est une culture importante pour l'alimentation locale et pour l’économie.
Chaque paysan, possédait donc une machette pour leur travail, et cet outil qui avait une très grande importance au quotidien, servait d’arme également pour combattre les samouraïs du clan SATSUMA, et assurer leur propre survie.