Une première fois samedi 23 à Errachidia avec une douzaine d’étudiants, et Marie, une alsacienne, mariée à Hamid, et qui tient une maison d’hôte à 45mn de là, à Aoufous. Cela a nous a valu un buffet africo-alsacien, avec fleichschnakas et bredalas. Mais, nous avons d’abord débuté par la célébration de la veillée de Noël dans l’intimité de la petit chapelle. Ce n’était même pas vraiment troublant, étant donné que l’ambiance des rues, de la ville, ne nous porte pas vers Noël comme chez nous. Puis, nous avons poursuivi autour du repas préparé par les uns et les autres. Le tout sous bonne surveillance de quelques policiers qui s’étaient installés avec table et chaises devant la maison (ils ont eu le droit de goûter quelques bredalas).
Dimanche, un peu plus tard que d’habitude, j’ai pris la route de Ouarzazate pour la seconde veillée de Noël. Là, nous étions un peu plus nombreux, une bonne trentaine : les paroissiens habituels, des Américains, une Malaisienne, 2 Allemands, et des familles françaises, et même trois enfants. Nous étions réunis autour de la crèche où l’enfant Jésus reposait sur des gravas, rappelant à la fois le séisme du 8 septembre au Maroc, ainsi que la guerre en Palestine. Une belle célébration avec une bonne participation de l’assemblée. Avec quelques uns, nous avons terminé autour d’un chocolat chaud, de brioches et gâteaux, de mandarines (un petit côté St Nicolas …) Là aussi, nous étions sous bonne garde, car le nombre de policiers avait était largement augmenté. (Mais franchement, je ne me suis jamais senti en insécurité où que je sois dans le pays.)
Pour la messe du jour, l’assemblée était (beaucoup) moins fournie : 3 couples de locaux, et 4 autres personnes. Il semblerait que la fréquentation touristique soit en nette baisse cette fin d’année, en raison (peut-être) de la guerre en Israël-Palestine. Nous avons conclu ces fêtes par le repas de Noël, avec ses huitres (de Dakhla), sa dinde farcie, et ses bûches.
Voilà donc deux Noëls qui sont bien le reflet de ses deux petites communautés. Voilà aussi (je crois) le premier Noël que je passe hors d’Alsace. Du coup, pas de jour férié demain, ni aujourd'hui d’ailleurs. On semble ainsi hors du temps, mais Noël, l’Incarnation, nous ramène dans le temps, et dans l’espace. Car le Verbe se fait chair, même au Maroc.