Me voilà de retour d'une sortie dans le désert, à la faveur de la visite d'une amie. Cela a aussi été l'occasion de faire découvrir le sud du pays à un confrère du Congo-Braza de passage au Maroc pour des soins. Merci à l'agence Bivouac sous les étoiles pour l'organisation du séjour.
Départ lundi en fin de matinée pour la vallée du Drâa, par Agdz, Zagora pour arriver à M'Hamid el Ghizlane. Après quelques kilomètres en 4x4, nous voici arrivés et installés dans le bivouac pour une première nuit dans le désert. Nous profitions du temps libre avant le repas pour célébrer à la messe, malheureusement dans une chambre, à l'abri du vent et du sable. Comme nous étions les seuls, nous avons été surclassé dans les chambres tout confort, avec douches et WC.
Mardi matin, les dromadaires nous attendent pour un temps de marche, avant qu'il ne fasse trop chaud. Nous sommes accompagnés par Hamza, un jeune du village, actuellement étudiants à Agadir. La marche se fait au rythme des dromadaires, somme toute assez rapide, appréciant l'étendue et le silence. Après 3h de marche, Hamza nous prépare un thé et quelques gâteaux avant qu'un 4x4 vienne nous prendre pour nous conduire à l'Oasis sacrée où nous attend le repas, que nous faisons précéder de la messe, bien calés sur des coussins sous une tente berbère. Puis, le 4x4 nous emmène à 5km de là pour le bivouac de la nuit au milieu des dunes de Chigaga.
Après l'installation dans nos "chambres", nous décidons de gravir les dunes pour assister au coucher du soleil, après avoir prier l'office des vêpres les pieds dans le sable. Au retour, un bon repas nous attend et une bonne nuit, avant de reprendre la piste pour 1h20 de 4x4 et environ 50km pour rejoindre le village de M'Hamid. C'est pourquoi les dunes de Chigaga se méritent, contrairement à Merzouga où la route goudronnée vous amène aux pieds des dunes. L'endroit est donc ainsi un peu plus sauvage et a conservé quelque de chose naturel, même si l'on voit fleurir des bivouac en durs de-ci de-là.
Nous partons un peu vers le sud, accompagnée de Danielle, une française installée ici depuis une vingtaine d'année, qui travaille au sein de l'agence et assure de nombreux soins pour les habitants, notamment pour les brûlures. Elle nous emmène à la découverte du ksar du vieil Hamid, à la construction typique. Nous y sommes invités à partager le thé chez une femme qu'elle a soigné il y a quelques temps, avant de parcourir les ruelles (parfois couvertes), et de découvrir notamment l'ancienne synagogue accolée à l'ancienne mosquée, le tout en ruine. Je pense que l'information de sa présence s'est répandue dans la ruelle, car en partant, une maman arirve avec son petit et une vilaine brûlure à l'avant bras. N'ayant pas de matériel sur elle, nous l'emmenons avec nous jusqu'au domicile de Danielle où le petit sera soigné. Danielle reconduira alors la maman au village.
Après le déjeuner de 14h00, nous reprenons la route avec une pause dans le village de Tamegroute pour faire quelques achats chez un potier. Et c'est de nuit que nous retrouvons la ville de Ouarzazate.
Voici des photos pour illustrer mon propos : le désert et le vieil M'Hamid
Désolé si les chroniques se font un peu plus espacées. Ce n'est pas forcément le signe qu'une routine s'installe. Mais au fur et à mesure que le temps passe, l'espace aussi semble s'agrandir entre le Maroc et l'Alsace, la France. Cependant, mardi soir, cet espace s'est brusquement rétréci avec les résultats des élections européennes et la décision présidentielle qui a été annoncée dans la foulée.
Voici quelques événements qui ont eu lieu ces dernières 3 semaines, et qui sortaient du rythme habituel :
Visite du consul de Marrakech à Ouarzazate : une soirée de partage et de rencontre avec la communauté française de la ville
Du 24 au 26 mai, c'était la 12ème éditions du festival national des arts d'Ahwach à Ouarzazate. L'occasion de participer à deux très beaux concert sur la place de la Kasbah Taourirt.
Dépôt de mon dossier d'échange de mon permis de conduire français contre le permis marocain (histoire de pouvoir déduire les points !) ce sera l'occasion d'une autre chronique, quand j'aurai le permis marocain ...
Très pragmatique et concret, faire la déclaration d'impôts en France.
Les célébration dominicales à Ouarzazate sont toujours aussi surprenante, d'autant que 2/3 des paroissiens sont rentrés en France : le cycliste de passage le 17 mars dernier est repassé un dimanche, présence de la pasteure Karen Smith et 2 jeunes américaines le dimanche de la Fête-Dieu, des français, des polonais, ... une famille avec qui j'ai célébré la messe un vendredi
Mardi de la semaine passé était programmé la réunion de la Fraternité Sacerdotale Jesus Caritas à Rabat. Commençant un peu à peiné avec les longs trajets en voiture, je me suis décidé à voyager en transport en commun (bus et train), histoire aussi de faire une nouvelle expérience. Lundi matin à 8h30, départ de Ouarzazate avec la CTM, la compagnie nationale, jusqu'à Casablanca, avec un arrêt à Marrakech. Je passe la soirée chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, pour voir quelques connaissances (alsaciennes) et lire des documents sur l'histoire des communautés de Ouarzazate et Errachidia (il y avait une petite fraternité de 3-4 soeurs de 1973 à 2011). Mardi matin, je prend le train pour Rabat, une ligne très cadencée et très fréquentée, pour la journée à l'accueil ND de la Paix. En fin de journée, retour à Casablanca par le train pour reprendre le bus de nuit. A la gare ONCF, j'assiste à une scène un peu surréaliste : 2 hommes rechargent le distributeur de billet en plein milieu du hall, sans aucune sécurisation particulière, étalant et comptant leurs liasses de billets au milieu des voyageurs. Après un départ à 20h45, me voilà 8h plus tard (4h45) à Ouarzazate dans un bus plutôt confortable, un conduite assez bonne dans l'ensemble, même si le dernier chauffeur était un peu plus nerveux. A l'entrée de Marrakech, après le passage d'un gendarme au péage, c'est un policier qui fait le tour du bus, ramasse les cartes d'identité, fouille les sacs ... sauf pour moi ... Finalement, l'expérience est plutôt concluante, même si transport en commun dit manque de souplesse, et que j'étais content de trouver mon lit en arrivant à Ouarzazate (la nuit a Casa était donc la bienvenue ...)
La semaine dernière, j'ai aussi accueilli les prêtres de la Région Sud (Marrakech, Essaouira, Agadir, Taroudant, Ouarzazate et Errachidia) pour notre rencontre trimestrielle. Accueil dans une maison encore en chantier, mais qui doit être prêtre à accueillir les 2 première soeurs le mercredi 12 ... ce n'est pas gagné ...
Enfin, hier lundi, j'ai participé une rencontre visio avec des prêtres français fidei donum au Maghreb, organisé par le Service National (des Evêques de France) Mission et Migrations.
L'évangile du dimanche 7 juillet commençait ainsi : Jésus se rendit dans son lieu d’origine.
Pour moi aussi, un retour aux origines, au début de mon ministère de prêtre, puisque 22 ans après, je me suis retrouvé, pour la célébration dominicale, à l'église ND de la Paix à Saint-Louis, où j'ai exercé 2 ans comme vicaire. L'occasion de partager mon expérience, et de revoir des visages connus.
Quelques heures plus tard, changement de programme, et arrivée en Bourgogne à Taizé pour 5 jours de rencontre et d'amitié Islamo-Chrétiennes.
Photos : Eglise ND de la Paix & Début de la rencontre sur le thème de la miséricorde.
Après la Bourgogne, direction le département des Vosges, entre Epinal et Vittel pour un week-end avec des amis.
Le lundi, je traverse les Vosges par le tunnel pour quelques jours à Sélestat, berceau de la famille paternelle et maternelle,
avant un retour dans les Vosges, mais dans la vallée de la Bruche pour un dernier week-end familial.
Puis, retour dans dans le sud Alsacien pour quelques jours de déménagement, de rencontres avec notamment d'anciens paroissiens au cours d'une belle soirée. L'occasion pour moi de partager ce que je vis au Maroc. Ce que j'ai pu faire aussi au cours de célébrations dominicales (aux Vallois (88) et à Russ (67) ).
Enfin, quelques jours dans la montagne à Orbey, chez les Dominicaines d'Orbey pour rendre pour ce mois écoulé.
Puis ce fut le retour, 24h00 de voyage de porte à porte : 3h15 d'avion de Bâle-Mulhouse à Marrakech / 3h30 de voiture jusqu'à Ouarzazate pour la nuit / et enfin 4h15 de route jusqu'à Errachidia (avec une bonne pause repas)
Le mois d'août touche à sa fin, et ce mercredi 28, les Eglises d'Afrique du nord ont solennellement célébré St Augustin. Il fait encore très chaud, mais la météo annonce une baisse des températures pour les prochains jours. On va pouvoir respirer, et un peu mieux dormir la nuit.
Une météo qui nous a aussi donné de violents orages, le vendredi 23. Si le barrage de Ouarzazate a pu récupérer plus de 20 millions de m3 d'eau (portant son volume à 58 millions, ce qui ne fait que 13,5% de sa capacité), celle-ci a fait de nombreux dégâts matériels (routes, ponts, maisons, élevages avicoles, champs ...) mais aussi des pertes humaines suite à des noyades. Les images des oueds sont impressionnantes. Malgré tout, ces pluies restent une bénédiction, car elles contribueront à renforcer les nappes d’eau et à améliorer les réserves d’eau et le débit des sources.
https://www.h24info.ma/ouarzazate-decouverte-du-corps-dune-fille-emportee-par-les-crues-video/
A Errachidia, les activités pastorales n'ont pas encore repris pour cause de vacances. Mais à Ouarzazate, les touristes sont de retour, ce qui a donné l'occasion de belles assemblées dominicales, avec 20 fidèles le dimanche 11 août. Les visites en journées reprennent aussi. Sr Marie-Carmen et Sr Rehema n'ont pas vraiment le temps souffler, entre les visites et repas chez les voisins et amis, les visites à la paroisses, des travaux à suivre, la maison à mettre en ordre, sans compter toutes les surprises et les urgences.
La dernière en date, concerne l'atelier de couture qui a été créée il y 3 ans par Thérèse et Daniel à la paroisse. Avec les travaux et l'arrivée d'une nouvelle communauté de soeurs et d'un prêtre, il a fallu leur trouver un espace d'accueil. Cela s'est fait à l'école Marcel Proust grâce à la bienveillance du directeur. Mais aujourd'hui, suite à un changement de direction, la pièce occupée par les couturières doit être libérée en 3 jours, avant la rentrée. Vive émotion évidemment, et c'est tout naturellement qu'elles se sont tournées vers la paroisse. Pour le moment, nous allons recueillir leur matériel dans le garage flambant neuf. Puis, nous verrons si elles pourront y reprendre leur activités et dans quelles conditions.
Malgré toutes ses joies, le mois d'août a aussi marqué par un événement douloureux. A Ouarzazate, autour du 15 août, nous avons accueillis 3 étudiants togolais de la paroisse d'Agadir accompagné d'un confrère (français, en année sabbatique au Maroc). Ils ont fait du tourisme dans la région, et découvert la "petite communauté chrétienne". Ils avaient particulièrement apprécié l'oasis de Fint où il était possible de se baigner. C'est là-bas qu'est intervenu le drame le vendredi après-midi lorsque l'un des 3 jeunes s'est noyé. Tout le monde était évidemment sous le choc. Ils devaient terminer leur séjour dans un hôtel, mais nous les avons encore hébergé à la paroisse jusqu'au mardi matin où ils ont repris la route après règlé les différentes formalités policières et judiciaires. Le corps de Ben est parti à Marrakech le lundi matin, pour autopsie puis a été rappatrié auprès de sa famille. Nous avons célébré le samedi soir la messe pour lui, et le samedi suivant la communauté paroissiale d'Agadir lui aussi rendu hommage. C'est dans ses moments-là sue nous formons Eglise, quand nous pouvons nous soutenir les uns les autres. C'est ainsi que les 3 jours encore passé chez nous a permis au groupe de vivre un temps de recul avant d'être confronté aux autres membres le la communauté.
Quand je termine ce billet, nous voici déjà début septembre. Dimanche dernier, nous sommes entrés dans le temps pour la Création avec tous nos frères et soeurs chrétien.nes, ainsi qu'avec une très belle assemblées de 20 personnes : 4 membres de la paroisse, 12 touristes, et 4 membres de l'équipe de cinéma qui pratique régulièrement, et sont aussi - en quelques sortes - des habitués. Et petit clin d'œil, j'ai fait la connaissance de l'assistant-réalisateur du même film (sur le vierge Marie), le dimanche soir dans la piscine de notre voisin. L'occasion de barboter dans l'eau et d'avoir une très belle discussion et bel échange (sur différents thème religieux) avec ce franco-marocain qui m'a bien partagé son histoire. Une très belle rencontre, qui je pense se poursuivra sur des plateaux de tournage.