J'avais déjà évoqué le fait que j'avais parmi mes fidèles du dimanche à Ouarzazate quelques américains, membre d'une équipe de cinéma. Jusqu'à présent, ils ont préparé le tournage qui a commencé lundi dernier. Aujourd'hui, je me suis invité à un tournage qui a eu lieu à Ait Ben Haddou. L'arrivée sur le tournage a été un peu épique car il a fallu et traverser et rouler dans l'oued qui n'étais pas à sec.
Le lieu était facile à repérer avec la dizaine de camion garés au bord de l'oued. Quant au plateau de tournage, une allée d'olivier, c'est une vraie fourmilière où cela parle anglais, arabe, français et même espagnol. En tout cas, chacun a son job, bien évidemment, et il est assez facile d'en identifier certains (cameraman, script, maquilleuse, clap-man, assistant réalisateur, les acteurs). Le réalisateur, facile a repérer, puisque c'est mon "paroissien". Je ne connaissais que son prénom, et là j'ai découvert qu'il s'agit de D.J. Caruso. La scène qu'il tournait était le mariage de Marie et de Joseph ... Oui, il s'agit d'un film sur Marie, bien loin de ces précédentes réalisations. En tout, quand retenti "action", tout le monde quitte le plateau et le silence s'installe jusqu'au "cut" où l'effervescence reprend : refaire du brouillard d'ambiance, raccord costume et maquillage, ... pour la prise suivante. Une fois dans la boite, tout le monde s'agite pour déplacer le matériel, et recommencer la scène filmée sous un autre angle. Et ainsi de suite avec la scène suivante qui était la fête.
Un passage bien sympathique et intéressant. Les échanges étaient un peu limités, la langue et l'occupation des uns et des autres. En tout cas, j'étais très bien accueilli : "Welcome ! It's our priest !"
En tout cas, voilà un des visages - et pas le moindre - de Ouarzazate.
Ce dimanche, petite assemblée fort sympathique à Ouarzazate. Elle se composait de 16 personnes, dont 1/4 de paroissiens. Parmi les autres membres : 3 personnes de l'équipe américaine de cinéma (des habitués aussi) ; 1 jeune homme de Paris qui parcoure le pays depuis fin janvier en taxi et bus (j'ai partagé avec lui le dîner de samedi soir sur la grand place fort animée par différents groupes musicaux) ; 3 couples de camping-caristes (*) (1 de Toulouse, 1 de la région lyonnaise, et 1 couple de grands-parents d'Avignon avec leur petit-fils autiste de 7 ans). Cela donne l'occasion de bons échanges et de très beaux témoignages.
(*) Mardi matin j'étais passé au camping municipal pour y déposer une affiche chee Ayoub. Et cela semble avoir fonctionné ...
C'est ainsi que j'ai également eu un bel échange vendredi soir avec un musicien corse que j'avais rencontré le midi (enfin plutôt 14h) autour d'un couscous partagé chez un vendeur de souvenirs. Tout cela fait partie de la particularité, de la singularité, de l'intérêt et de la richesse de ce lieu d'Eglise à Ouarzazate. Il y a juste un peu de pub à faire. A ce propos, je suis en lien avec l'administrateur d'un groupe Facebook MÉMOIRE DE OUARZAZATE Photos documents et souvenirs, pour lui demander des phots anciennes de la chapelle. Un article est en cours.
Après la nuit de dimanche à lundi à la Maison de la Visitation à Tazert (ce 18 février était aussi la date anniversaire du décès de fr. Charles-André, le fondateur du lieu), petite pause déjeuner sur la route vers Rabat où m'attend la récollection de Carême des prêtres du diocèse. Elle est animée par Mgr. Dominique GUIGBILE, évêque de Dapaong au Togo sur le thème :
La semaine se terminera par la première session du Conseil Pastoral Diocésain, version post-synodale, samedi et dimanche.
Un peu de changement dans les saveurs ...
La vie religieuse ne se limitait pas à Ouarzazate. Plus loin et plus haut dans la montagne, sur la route du Tizi N'Tichka, on trouvait aussi l'église Ste Barbe dans le village minier de Bou Tazoult, et un peu plus loin dans le village d'Agouim.
Agouim est un petit village du Haut Atlas, à une heure de Ouarzazate, à près de 1700 mètres d’altitude, dans la vallée de l’oued Assif, une vallée verte encaissée entre des pentes arides de terre rouge.
C'est là que s'installent 2 franciscains, les fr. Norbert (qui vient de passer 2 ans à Tazert) et Salvator le 13 avril 1953. Alors que les autorités françaises du Protectorat étaient contre leur projet, faisant tout pour l'empêcher et que l'autorité religieuse observait une neutralité bienveillante, à eux deux ils construisent chapelle, dispensaire et maison, le tout inaugurés le 12 mars 1956.
En 1961, fr. André arrive à la fraternité d’Agouim avec un diplome d'infirmier. Il se forme en France en 1963-64 en ébénisterie et menuiserie afin d’ajouter cette formation pour les jeunes gens à celles déjà existantes pour les jeunes filles. Ils formeront ainsi à CAP en 3 ans des dizaines de jeunes marocains.
1971 voit l'arrivée d'une communauté de soeurs Franciscaines Missionnaire de Marie, dont les soeurs Lucie - qui passa son temps sur les pistes pour assurer les accouchements et les soins - et Sr Huguette – qui ouvrit une fromagerie et formation des agriculteurs.
Après le décès du P. Norbert le 17 mars, André et Lucie poursuivent le travail sur place. Le dispensaire cessera sont activité début des années 2000 avec l'implantation d'un hôpital, et en 2005, le p. André se retire à Marrakech. L'école de menuiserie va fermer ses portes, et l'activité de broderie et de tapis a été repris par une association en lien avec la coopérative.
Aujourd'hui, le lieu existe toujours, mais les bâtiments sont vides. Ne reste sur place que Lahcen, le gardien.
Je vous laisse découvrir les photos.