Le 11 janvier, j'évoquais le mémorial à Midelt de 4 figures de l'Eglise de Maroc. Parmi elles, il y a Elisabeth Lafourcade, une laïc consacrée de l'institut séculier "Jésus ouvrier" (dont la spiritualité s'inspire de St Charles de Foucauld : « Nous voulons vivre et révéler Jésus Christ, en partageant les aspirations des hommes, en vivant en communauté de destin avec eux, en assumant dans l’amour les solidarités, les responsabilités, les risques de l’action collective. » ) D'abord en Tunisie en 1929, elle arrive au Maroc en 1945, et à Ksar es-Souk (aujourd'hui Errachidia) en 1948. Elle meure le 7 janvier 1958, et est donc inhumé dans le cimetière de la ville.
Voici un lien pour en savoir plus sur son parcours.
Dans les photos, il y a une plaque qui est prévue pour sa tombe. C'est donc tout naturellement que je me mets à la recherche du cimetière chrétien. J'apprends qu'il se trouve avec le cimetière juif, dont on m'indique la position dans la ville . Je me rends sur place, et bien sûr tout est fermé. Mais, il y un numéro de téléphone. Lorsque j'appelle, je me rends compte qu'il s'agit de la même personne qui m'a déjà fait visiter la synagogue. Je sais donc où le trouver.
Jeudi soir, en fin de journée (c'est le moment où il y a le plus d'activité) je me décide de me rendre chez lui. Je le trouve à son commerce, et nous partons ensemble avec ma voiture au cimetière. Il est 17h45. Je pensais que cela devrait être une simple formalité, mais cette opération a pris une ampleur inattendue, mais très significative du pays.
Nous accédons effectivement au cimetière juif, mais, comme son nom l'indique, il ne contient que des tombes juive. Le Cimetière chrétien est à côté, accessible par une autre porte, avec un autre cadenas et donc une autre clé. Il est 17h5, et il essaie de joindre un gardien. Mais cela ne donne rien. J'essaie de savoir où je peux me renseigné. J'évoque la commune. Il y a un bâtiment tout proche qu'il me montre et où finalement il m'emmène. C'est là que les choses m'échappent totalement.
Nous repartons finalement à 3, une personne sur place nous accompagne, passant aussi des coups de fil. Arrivé sur place, une autre personne nous attend. Nous sommes maintenant 4. Echanges, coups de téléphone, un policier en tenue arrive ... nous sommes déjà 5. Arrive une nouvelle personnes, saluée par le policier. C'est le chef des RG. Sur ce arrive le gardien, et nous voilà 7. Mais, le gardien n'a pas la clé.
Une des personnes traverse alors l'avenue, pour revenir accompagné d'une 8ème personne "armée d'un marteau et d'un burin. Entre temps, 2 policiers en motos nous aussi ont rejoints pour porter le compte à 10. Le premier cadenas ne résiste bien sûr pas au marteau et le burin, ni le second. Il est 18h29 et voilà le petit groupe qui entre dans le cimetière comme en victoire, et qui s'agrandit encore.
Le cimetière n'est pas très grand et ne comporte que 11 tombes. La dernière date du 11 avril 2020. Je trouve celle d'Elisabeth Lafourcade, toute simple, identique aux autres. Mission accomplie, mais pas comme je l'envisageais.
Maintenant, il faut remplacer les cadenas. J'essaie de faire comprendre que je prendrais bien un double des clés, ou au moins savoir qui aura les clés pour que je puisse y accéder facilement ... Voici quelques photos de cette expédition ...
MERCI à tous ceux qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour me permettre d'accéder au cimetière.
Petit achat du jour dans une coopérative laitière de Ouarzazate.
https://dardaif.ma/dar-daif-soutient-la-cooperative-corosa/
https://www.corosa.ma/wordpress/
https://www.facebook.com/p/Coop%C3%A9rative-Corosa-100030965301411
Dans un communiqué rendu public, à l’issue de l’assemblée tenue du 11 au 15 janvier dernier à Rabat au Maroc, les évêques de la région Nord de l’Afrique, ont rendu compte de quelques travaux et activités effectués en 2023. Le Synode, la réflexion théologique sur la vie des églises du Maghreb, et la récente déclaration Fiducia supplicans, du Dicastère pour la Doctrine de la Foi sont parmi les thèmes repris dans leur déclaration finale.
Texte intégral ci-dessous 👇
Aujourd'hui, 16 janvier, fête de SAINTS BÉRARD ET SES COMPAGNOS
Premiers Martyrs de l’Ordre franciscain et patrons du Diocèse de Rabat
Dieu qui as consacré notre Église au Maroc par le martyre des franciscains saint Bérard et ses compagnons, viens encore au secours de notre faiblesse, afin qu’en imitant ces frères qui n’ont pas hésité à mourir pour toi, nous ayons le courage de te glorifier par notre vie. Par Jésus-Christ, ton fils notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
En 1219, au Chapitre général des Frères Mineurs, saint François d’Assise décida d’aller faire connaître l’Évangile aux musulmans. Tandis qu’il part lui-même pour l’Orient, d’autres frères sont envoyés en Tunisie et au Maroc. Ils étaient au nombre de six initialement : Vital, supérieur de la mission, Bérard de Carbio en Ombrie, qui savait l'arabe, Othon, qui était prêtre, Pierre de Saint-Géminien, diacre, Adjute et Accurce, frères lais.
Vital ayant été arrêté par la maladie dans le Royaume d'Aragon, Bérard fut choisi comme chef de la mission. Ils débarquent à Coïmbre et revêtent des habits civils afin de pénétrer incognito dans Séville, occupée par les Almohades, où ils prêchèrent l'Évangile. Arrêtés et roués de coups, ils sont amenés devant le Calife qui veut les faire rentrer en Italie; ils refusent et obtiennent l’autorisation de se rendre au Maroc. Il les fit donc conduire sur un vaisseau qui partait pour le Maroc en compagnie de l'infant du Portugal, Don Pedro.
Étant arrivés dans ce pays, ils ne tiennent aucun compte de ses conseils de prudence, et se mettent immédiatement à prêcher Jésus-Christ par les rues de la ville. Voyant que les frères ne voulaient rien entendre, Don Pedro les enferme dans sa maison, mais ils parviennent à s’échapper et reprennent leur prédication. Arrêtés et conduits devant le Sultan, ils refusèrent de se taire. Le roi les fit chasser de la ville et comme ils revinrent, il les fit mettre dans un cachot. En étant sortis, ils continuèrent à prêcher, on les arrêta, on les fit fouetter cruellement, et enfin le roi leur fendit lui-même la tête à tous les cinq avec son cimeterre. Ils moururent le 16 janvier de l'an 1220, et furent les premiers martyrs de l'Ordre des Franciscains.
Don Pedro réussit à obtenir la restitution de leurs corps et à envoyer leurs dépouilles au Portugal, avec le récit de leur martyre. Bérard et ses compagnons ont été canonisés par le pape Sixte IV, en 1481.
(Choeur de l'égise des Sts Martyrs à Marrakech)
Bonne année ! Bonne année 2974 ! Aujourd'hui, (nouveau) jour férié au Maroc à l'occasion du nouvel an amazigh. Il y avait des festivités un peu partout dans le pays, ainsi qu'à Ouarzazate ce dimanche sur la grande place qui rassembla des animations et des groupes musicaux. Vous avez un aperçu un peu plus bas.
Sinon, comme toutes les 2 semaines, j'ai pris la route ce matin vers 6h pour rejoindre Ouarzazate (ci-dessous une photo du lever du soleil), après la soirée de samedi avec les étudiants. Conformément aux directives épiscopales et cardinalices, nous avons débuté notre voyage de 5 semaines à travers les orientations du Synode diocésain, orientations promulguées le 6 novembre dernier. Chaque dimanche, nous aborderons un des 5 thèmes que nous laisserons résonner avec la Parole de Dieu.
Mais, à Ouarzazate, ce ne fut pas le cas, car j'ai dû un peu improviser en raison de la composition de l'assemblée. En effet, un seul des paroissiens habituels était présent, entouré de 4 Américains et d'un Gallois. Autant dire, peu de francophones et de personnes concernées par le synode. En plus, ma cartouche d'encre m'avait lâché, et je n'ai pas pu imprimer de traductions en anglais. Mais ils ont bien participé à travers le chant (il y a une choriste), une lecture, le credo et le Notre Père en anglais. Pour la semaine prochaine, il chanteront un chant en anglais. Ouarzazate, c'est vraiment la surprise chaque dimanche.
Surprise aussi de découvrir une chevêche d'Athena dans le jardin.
La fête se poursuit encore. Chaque soir, des groupes se produisent encore sur la place central, un peu dans une grande cacophonie. Certains sont sonorisés, du coup, on les entends un peu beaucoup. Dommage pour les jeunes garçons.
Depuis quelques jours, les posts sont nombreux sur Facebook avec des photos de neige en Alsace. Je constate effectivement les températures polaires à Mulhouse hier jeudi. Nombreux sont ceux qui évoquent le froid dans leur mail.
Ici, ce n'est pas tout à fait la même situation. Pas encore de neige, et le froid s'est aussi installé, à la mesure du pays. Chez moi, c'est notamment le matin et en soirée où c'est plus compliqué, dans des maisons au simple vitrage, avec des joints défaillants, des maisons pas isolées non plus.
J'ai troqué mes (très) vieux poêles à mazout contre un chauffage au gaz, et une petite chaufferette électrique pour la salle de bain, programmée pour avoir chaud le matin quand je me lève.
Dans la journée, le ciel est bleu, le soleil brille, et on atteint facilement les 20°.
Je vais aussi travailler sur la terrasse. Et cela est plutôt agréable. Dans l'ensemble, c'est plutôt supportable, en s'habillant bien.
Mais je pense que toutes les familles ne sont pas équipées en chauffage, mais plutôt en grosses couvertures. Et dans les montagnes, le froid est plus intense, et ce sont les réserves en bois de chauffage qui sont alors importantes.
C'est aujourd'hui le 80ème anniversaire de la signature du manifeste de l'indépendance revendiquant l'arrêt de la colonisation et l'indépendance du Maroc. C'est un jour férié.
Voici 11 jours que nous sommes entrés dans la nouvelle année. Pour ma part, j'ai vécu ce passage comme les autres nuits, au lit 💤. En effet, il s'agissait pour moi d'un réveillon monastique à Notre de l'Atlas à Midelt. Nous nous sommes rattrapés le lendemain avec un repas de fête que j'ai partagé avec les membres de la communauté, avant de prendre la route pour Rabat et la session des nouveaux arrivées au service de l'Eglise du Maroc en 2023. Ce passage a été pour moi l'occasion de visiter le mémorial de Tibhirine, ainsi que celui de quatre figures marquantes du Maroc (voir la section photos).
Du 2 au 7 janvier, près de 40 prêtres, religieux, religieuses et laïcs étaient réunis à la maison d'accueil ND de la Paix à rabat pour cette session proposée chaque année par l'Eglise du Maroc. Les objectifs de cette session sont : une initiation à la Mission au Maroc, la connaissance, la convivialité, la formation, le partage. Le tout à partir d'interventions de personnes marocaines, de visites de différents lieux,des repas et des temps de prière.
Nous avons ainsi abordé des thèmes aussi divers que : l'Islam, le statut de la femme au Maroc ; une approche historique et institutionnelle du maroc hier, aujourd'hui et demain ; l'Eglise au Maroc ; la ville voisine de Salé. Comme les Rois Mages célébrés dimanche, nous sommes venus des 4 coins du pays, mais aussi de la planète (France, Italie, Espagne, Sri Lanka, Pérou, Mexique, Sénégal, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Vietnam, ...), nous avons donné et reçu, puis nous sommes rentrés chez nous différents et déplacés, grâce à toutes ses rencontres, riches de découvertes et de nouveautés. Des liens se sont ainsi créés dans cette petite Eglise (où nous sommes finalement peu nombreux) mais dispersés sur un grand, très grand territoire (1700km pour les plus éloignés : Tanger-Dakhla).
La journée de lundi s'est poursuivie par la rencontre de la fraternité sacerdotale Jesus Caritas, avant de reprendre la route mardi matin pour Errachidia, et ainsi entamer l'année avec son rythme un peu plus ordinaire, un rythme qui se balance entre Errachidia et Ouarzazate, un rythme un peu plus posé en attendant le Carême qui débutera par la récollection des prêtres. Mais, nous n'y sommes pas encore ...