En quittant Zaouiet El Figous, je ne pensais pas y retourner de sitôt. Mais Lucile nous informe que nous sommes invités à un mariage, celui de Awatif (la 8ème des 10 enfants de la famille) avec un jeune homme de Settat. Les informations ne sont pas très précises, mais nous partons le dimanche après le déjeuner. Toujours deux heures de route dans la vallée du Drâa, et le thermomètre monte au fur et à mesure que nous avançons.
Arrivés à destination, nous sommes dirigés vers le salon des femmes où nous est servi un tajine de viande au pruneaux. Après cela, nous allons prendre le thé dans le salon des hommes. Les minutes défilent sans trop savoir ce qu’il se passe. Mais nous apprenons que c’est ce soir que sera sacrifiée la vache, moment qui – pour certains – scelle véritablement le mariage. C’est le début des festivités, om sont essentiellement présents la famille.
Nous nous retrouvons tous à la sortie de la maison (en fait une grande cour où sont regroupés plusieurs logements). Ce sont d’abord les musiciens qui font leur entrée, suivie de la (pauvre) vache dont on a bandé les yeux. On lui entrave les pieds, elle est couché sur le côté et voilà le coup de coté à la gorge et quelques (nombreux) soubresauts, le tout en musique. C’est alors que commence le dépeçage sous des mains habiles et expertes
Après cela, nous passons un moment dans le salon des femmes où la musique assure l’animation, pendant que certaines reçoivent un tatouage au henné (le motif est fait à partir de petits morceaux de scotch noir collés sur les mains). Les deux hommes que nous sommes (mon cousin en vacances au Maroc et que j’accueille quelques jours à Ouarzazate, et moi-même) sommes invités à rejoindre les hommes, où nous prenons un niéme verre de thé. Je remarque un vieil homme dont l’unique tâche est de laver les verres à thé … et il a de quoi faire.
En attendant la suite, nous allons déposer nos affaires dans la maison de Lucile où nous allons passé la nuit, et visiter l’atelier de poterie pour voir la production que Lucile va ramener en France (https://terredezagora.wordpress.com/ ), le tout accompagner de quelques enfants, dont plusieurs viennent de la ville (Rabat ou Casablanca). Au retour, chaque retrouve son salon. Chez les hommes, ce sont les musiciens qui mettent l’ambiance. L’occasion de sympathiser avec eux et leur responsable, Abdelmajid. Nous échangeons nos numéros et je l’invite à venir jouer à la paroisse.
En attendant le repas, nous avons droit à une petite collation, un verre de thé, des olives, et du pain à tremper dans un mélange de confiture de fraises et d’huile d’olive … je vous invite à essayer. Puis, le lavage des mains annonce les choses sérieuses : le couscous avec la tête de la vache ! C’est vers 1h du matin que je rejoins la maison avec mon cousin (Srs Marie-Carmen et Hélène restent dans des salons à la maison) pour prendre possession de mon couchage sur la terrasse, sous les étoiles, avec les moustiques. Mais la température est bonne. Au loin, on entend la musique d’un autre mariage.
Vers 8h30/9h, retour à la maison familiale, en espérant un petit-déjeuner. Les sœurs ont un peu plus de chance, mais chez les hommes, il n’y a qu’un verre de thé, quelques gâteaux secs, et des cacahuètes. Nous n’avons pas prévu de rester la journée, il n’y aura pas grand choses, sinon la visite des hommes du village. La grande fête sera pour mardi, mais nous n’avions pas prévu de rester aussi longtemps. Aussi, quand nous décidons de partir, il est environ 10h, on nous dit de patienter encore 5 mn. On nous installe sur des tapis, des coussins, on dresse la table et voici le couscous qui nous est servi : beaucoup de semoule, quelques carottes, et un peu de viande. Je n’ose pas imaginer le prix que peut coûter un tel mariage traditionnel.
Finalement, après avoir fait le tour de tout le monde, nous quittons le village pour aller visite le village de Tamegroute, à 1h de route de là. Un village connu pour sa la confrérie soufie Naciria, et sa maison d’accueille, sa bibliothèque de livres anciens et manuscrits, et les potiers qui font cette poterie verte ou brune très spécifique.
Stock de poterie / tatouage au henné / entrée du salon
Le puits au milieu de la cour / la vache 1h après / un âne qui s'est vite caché 😀