Le lavoir de Castièges
Le lavoir de Castièges
Le lavoir du hameau de Castièges, depuis sa création première d'avant 1900 n'a jamais connu de déploiement fastueux par rapport à ceux des villes, mais un certain cachet lui est attribué à partir du point d'eau qui l'alimente. Tout en haut du dénivelé, la nappe phréatique s'écoule dans un puisard aux allures de puits artésien. L'eau est acheminée par une canalisation dans le vaste abreuvoir pour animaux.
Dès 1937 les habitants du hameau jugeant le lavoir non conforme pour l'époque, ont décidé d'un commun accord de le remplacer par un nouveau en béton armé. Il comporte deux bacs, le premier pour rincer, le second plus important pour laver. Durant août 1939 le forgeron du village, René Julien, dressera sur quatre poteaux une charpente métallique recouverte par des tôles ondulées galvanisées. Pour parvenir au lavoir, on s'infiltre dans la ruelle placée entre les bâtiments d'une autre époque, puis contournant à droite, on descend le chemin qui y conduit, et on le découvre à l'abri des regards adossé au talus. le lavoir tombera en désuétude à partir de 1952 où l’adduction de l'eau potable a été installée.
Les lavoirs évoquent les souvenirs d'une époque révolue et le dur labeur de nos ancêtres. C’était l'endroit où les femmes se retrouvaient une fois par semaine et où l'on échangeait les dernières nouvelles. On y chantait tout en battant les linges avec le battoir. L’utilisation des lavoirs a été peu à peu abandonnée au profit de la machine à laver. Désormais dans les lavoirs désertés, on n'entend plus que le bruit de l'eau. Elle chantonne au fil du temps, sans être stressée de voix et de regards. Elle court de bac en bac limpide et n'emporte plus de traînées savonneuses.
Texte de Gilbert Galaup 1932- 2019