Toute cette partie est tirée du libre de Monsieur Bernard Charles et utilisée pour écrire un article sur la résistance et l'Eglise catholique.
Nous terminerons l’évocation de cette période en évoquant le groupe Vendôme. L’abbé Rousseaux a été rattaché à 7 maquis et 22 Corps-Francs. Citations : « Prêtre sur la brèche, recherché par la Gestapo, n’en a pas moins continué à assurer son sacerdoce dans les maquis et à faire les liaisons entre les différents organismes de la Résistance. Ne mérite que des éloges. » Août 1945, signé Lieutenant Colonel Vandeven. « Je, soussigné, Lieutenant Colonel Vandeven ex-Vendôme, de la commission de Dégagement des Cadres, ancien Commandant du Groupement Vendôme, certifie que Monsieur l’aumônier Rousseaux a appartenu à la résistance depuis fin 1942. Il a été agent de liaison du maquis d’Ornano. Dès février 1944, il a été chargé particulièrement des relations pour le compte des maquis avec les autorités civiles et administratives du département. Au cours des différents combats, sa conduite lui a valu une citation à l’Ordre de l’Armée et la médaille de la Résistance » Journal Officiel du 16-01-1946. « Aumônier du maquis, qui, malgré ses charges, a assuré les liaisons. A, par ses visites et son caractère, maintenu un moral élevé parmi les réfractaires. Au cours des combats du 17 au 24 août 1944, dans la région de Gaillac, a assuré les liaisons entre les Corps-Francs. Très beau type de l’aumônier de l’Armée et de la Résistance. Est à citer en exemple. » Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Palme 33 Fait à Paris le 13 décembre 1945 Signé Ch. De Gaulle. Dès le 10 août 1944, l’Abbé souscrit un engagement volontaire dans l’Armée de l’Air Française. Il souhaite rester avec les maquisards qui ont rejoint les troupes régulières. Le groupement Vendôme devient le Groupe 54 d’Artillerie de l’Air. 54e G.A.A. La plupart des officiers qui encadraient le Groupe Vendôme étaient des aviateurs. Le groupement 542, sacrifié aux besoins les plus pressants de l'armée de l'Air, ressuscita sous la forme du régiment d'artillerie de l'Air n°2. Celui-ci, formé initialement des membres de l'armée de l'Air ayant tenu le maquis dans le Tarn, les Pyrénées et le Vaucluse, reçut des instructeurs d'Afrique du Nord et des conscrits de la métropole, puis partit monter la garde sur le Rhin. Le 21 février 1945, le Groupe 54 est entièrement équipé et organisé. Il part pour Fos sur Mer. L’abbé est autorisé par son Évêque à se mettre à la disposition de l’autorité militaire avec la fonction d’aumônier.
Aumônier militaire Le rôle des aumôniers consiste à répondre aux besoins spirituels et religieux des militaires et leur famille, à supporter moralement les troupes (ils sont une ressource dans plusieurs domaines) et à conseiller autant les membres du rang que les officiers. L’Abbé Rousseaux est promu capitaine, grade homologué au niveau national et de l’armée de l’air. Les grades répondent en fait aux responsabilités que les maquisards ont assumées dans la résistance. Il est affecté à la Direction du 5ème Bureau qui s’occupe de l’information et l’animation culturelle des militaires. Lors de l’envoi du 54e G.A.A.en Allemagne, il part à Rastadt et appartient aux Forces Françaises d’Occupation en Allemagne. Il se dévoue à la rédaction du journal « Vendôme », destiné à conserver le lien entre ceux du 54ème et leurs anciens camarades des maquis et corps-francs restés en France. Le 1er février 1944, une ordonnance du Comité français de libération nationale avait institué les Forces françaises de l’intérieur, qui absorbaient en principe les formations militaires de tous les groupements de résistance : l’armée secrète (AS) qui regroupait les éléments paramilitaires de divers mouvements réunis sous l’appellation des " Mouvements unis de résistance " (MUR), les Francs-tireurs et partisans français (FTPF), organisation paramilitaire du Front national d’obédience communiste, l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) recrutée après la dissolution de l’armée d’armistice autour d’officiers ou de sous-officiers. Avant le débarquement, une partie seulement des unités FFI était déjà effectivement en opérations : les " groupes francs " de saboteurs et les " maquis ". Il y a là une extraordinaire diversité humaine, qui n’oppose pas seulement "celui qui croyait au ciel" et «celui qui n’y croyait pas". Dunoyer de Segonzac recense chez ses francs-tireurs du Tarn des catholiques de stricte observance, des protestants, des scouts israélites repliés, des mineurs d’extrême-gauche, des socialistes fidèles de Jaurès, des démocrateschrétiens, des officiers d’active lents à la détente, quelques gentilshommes campagnards défenseurs du trône. "De cette bande bigarrée", il voudrait faire "une sorte de prototype de la France de demain". Le 18 septembre 1944, environ 40.000 FFI avaient rejoint la 1re Armée dont près de 5.000 dans le secteur français des Alpes. Mais début octobre, l’état-major de l’armée exigea des FFI la signature d’un EVDG (engagement volontaire), ce qui en réduit le nombre par élimination des non-volontaires ou des inaptes. Le passage de l’Abbé Rousseaux ne passa pas inaperçu. Il reçoit l’insigne de l’oiseau aux ailes déployées appelé «le charognard», distinction réservée aux seuls pilotes. Il a reçu cet insigne en or avec l’autorisation de le porter à titre honorifique. 36 Le Général Plagne a écrit l’appréciation suivante le 25 février 1946 : «Personnalité hors-pair. Au-dessus de tous éloges. A l’étoffe pour devenir aumônier général de l’Armée de l’Air. » Le 1er mars 1946, toutes les Unités d’Artillerie de l’Armée de l’Air sont dissoutes. Les militaires de carrière reçoivent de nouvelles affectations tandis que les résistants engagés sont démobilisés.