Il existe des histoires qui expliquent un pays mieux que n’importe quelle statistique. En 2017, la Norvège a connu un débat qui allait bien au-delà du football.
À cette époque, l’équipe nationale féminine de football faisait partie de l’élite mondiale depuis de nombreuses années. Championnes d’Europe, championnes du monde et championnes olympiques, ces joueuses avaient marqué l’histoire du football norvégien et inspiré toute une génération. Pourtant, leurs primes restaient nettement inférieures à celles des hommes. Ce qui s’est passé ensuite a attiré l’attention bien au-delà des frontières du pays.
Les joueuses n’ont pas eu à mener seules leur combat pour l’égalité des primes. L’équipe nationale masculine s’est rangée à leurs côtés. Sous l’impulsion de son capitaine, Stefan Johansen, les joueurs ont annoncé qu’ils étaient prêts à céder une partie de leurs propres revenus. En collaboration avec la Fédération norvégienne de football, un accord a finalement été trouvé : désormais, les femmes et les hommes recevraient les mêmes primes pour leurs sélections en équipe nationale.
Prenons un instant pour imaginer ce moment.
Non pas parce que quelqu’un les y avait contraints ou parce que des sponsors exerçaient une pression. Mais simplement parce que les joueurs se sont posé une question toute simple :
« Nous représentons le même pays. Pourquoi serions-nous traités différemment ? »
Et au fond, peu importe que l’on aime le football féminin ou même que l’on s’intéresse au football.
L’essentiel est ailleurs.
Il est dans l’état d’esprit.
Les joueurs de l’équipe masculine auraient pu ne rien faire. Personne ne leur en aurait voulu. Pourtant, ils ont choisi de renoncer volontairement à une partie de leur propre avantage afin de rendre la situation plus juste. Non pas parce qu’ils y gagnaient quelque chose, mais parce qu’ils étaient convaincus que c’était la bonne chose à faire.
Depuis que nous vivons en Norvège, nous retrouvons souvent cette manière de penser. Pas seulement dans le sport, mais aussi dans la vie quotidienne. Ici, la première question n’est souvent pas de savoir qui recevra le plus, mais comment trouver ensemble la meilleure solution. Bien sûr, la Norvège n’est pas parfaite et tout n’y fonctionne pas toujours idéalement. Mais des décisions comme celle-ci montrent les valeurs qui façonnent la société norvégienne.
Il existe bien d’autres belles histoires sur la proximité des équipes nationales norvégiennes avec leurs supporters et sur les liens exceptionnels qui unissent les équipes masculine et féminine. Celle-ci reste pourtant, à nos yeux, l’une des plus belles. Car elle ne parle pas seulement de football. Elle raconte aussi tout un état d’esprit.