I WANT LOVE 3 (IWL 3) - 2004 -
I Want Love 3 est une œuvre qui palpite.
Sur une toile carrée, l’acrylique vibre, les couches s’accumulent et se dissipent, comme des ondes qui se croisent sans jamais se confondre. Ici, le mot « LOVE » n’est ni un slogan ni une certitude : il est tension, attente, vibration.
La composition évoque l’incertitude quantique, où chaque élément — couleur, ligne, fragment de forme — existe en superposition, comme si le désir était partout et nulle part, déjà présent et toujours manquant.
Ce tableau ne cherche pas à représenter l’amour, mais à l’appeler, à le faire advenir par le manque même qui le fonde. Les transparences, les passages du flou à la netteté, la lumière qui perce ou se retire — tout renvoie à la physique du cœur, à la mécanique subtile du sentiment humain.
Même l’écriture, cette injonction — I WANT LOVE — n’est pas une demande mais une onde de choc : le cri d’un monde qui cherche à se rassembler, à vibrer à l’unisson, à survivre dans la fragmentation.
Comme une expérience quantique, la peinture reste ouverte : ce que l’on voit dépend du regard, du moment, de la lumière, du silence. Il n’y a pas d’état final, seulement des possibilités, des superpositions, des échos.
I WANT LOVE 3 est une œuvre de la ligne de faille, de la lumière qui traverse, de la vibration du désir comme force motrice de toute création.
Il y a des mots qu’on n’ose pas toujours écrire.
Un matin, devant la toile blanche, le mot LOVE s’est imposé à moi comme une évidence et une blessure, comme un battement impossible à faire taire. J’ai laissé surgir le geste, couler la couleur, sans chercher à expliquer, seulement à traverser.
Le village dormait encore. L’atelier résonnait de ce silence particulier, fait d’attente et d’absence, comme si le monde entier retenait son souffle.
Je pensais à la lumière, à la superposition des instants, à la manière dont le désir ne se fixe jamais, mais ondule, pulse, se divise, se multiplie, disparaît et revient.
Peindre I WANT LOVE 3, c’était écrire sur la toile le besoin d’unité, l’élan du contact, la certitude que le manque est énergie.
Chaque couche ajoutée ou effacée ouvrait une nouvelle possibilité, chaque transparence laissait passer un écho, une vibration différente.
Je me souvenais de la physique quantique, de l’idée que tout peut être ici et ailleurs, présent et absent, lumière et ombre, cri et silence.
À la fin, il ne restait que ce mot, LOVE, fragile et incandescent, et le frisson de ne pas savoir s’il s’agit d’un espoir, d’un aveu, ou d’un appel.
I WANT LOVE 3 n’est pas une réponse, mais une expérience vivante, un battement suspendu entre deux mondes, toujours à la recherche du point d’équilibre — et peut-être, de la naissance d’un sentiment, d'un instant.
Philippe ORSERO.🥰