Les motifs du mécontentement sont anciens et récurrents :
1. Tarifaires :
a. Une revalorisation des actes de consultation mais seulement tous les 5 ans dans d‘âpres négociations conventionnelles sans aucune revoyure annuelle prévue qui ne suit pas l’inflation régulièrement par conséquent
b. Pour la plupart des actes techniques concernant les spécialités médicales aucune revalorisation depuis 2005 date de la mise place de la Classification commune des actes médicaux CCAM voir pour un grand nombre d’actes depuis 1989…
c. Des revalorisations sans cesse repoussées au résultat du travail d’une commission de la nomenclature
d. Une revalorisation insuffisante des actes chirurgicaux amenant ces praticiens s’ils veulent pouvoir continuer à soigner les patients à majorer en fonction de l’inflation leur compléments d’honoraires lesquels sont régulièrement utilisés par le gouvernement pour critiquer les médecins récemment encore avec un rapport du HCAAM haut comité pour l’avenir de l’assurance maladie.
e. Des baisses autoritaires de tarifs à plusieurs reprises pour plusieurs spécialités et en particulier les biologistes et les radiologues… pour combler le déficit de l’assurance maladie pensez-vous ? non pas du tout car le mois suivant dans certains cas l’assurance maladie annonçait une amélioration du remboursement des frais dentaires et d’optique.
f. Et dans la LFSS2026 le droit pour le directeur de l’assurance maladie de baisser autoritairement le tarifs de spécialités qu’il considère comme « rentières » selon le dernier terme à la mode pour critiquer notre profession
2. Démographiques :
a. 1995 le plan Juppé – standing ovation du Parlement – l’offre crée la demande et de ce fait une offre pléthorique génère le déficit de l’assurance maladie qui disparaitre avec la baisse du nombre de praticiens – le moins que l’on puisse dire est que la vision était fausse – aucune considération pour des notions de démographie des habitants et aucune considération pour des évolutions sociétales pourtant attendues et connues à l’époque – aucun des successeurs n’a corrigé le numerus clausus à la hausse par la suite
b. Aujourd’hui des réactions inadaptées dans l’urgence :
i. suppression totale du numerus clausus mais il faut 10 ans pour former un médecin, et validation plus facile pour des médecins venus d’autres pays dont on fragilise sans scrupules le système de soins
ii. transfert et non pas délégations de tâches vers d’autres profession sans l’avis des médecins avec en particulier la loi RIST qui donnait un accès direct aux paramédicaux
iii. menaces sur la liberté d’installation sans tenir aucun compte de la réalité de la vie des professionnels de santé et sans aucun accompagnement en aménagement du territoire quand on voit tous les jours des classes supprimées dans les écoles, des bureaux de poste et distributeurs de billets disparaître…
c. la tentative de créations de centres de santé avec des médecins salariés retentissement échec extrêmement couteux de surcroît
3. Communication délétère
a. Spécialités rentières, dépassements, corporatisme etc…
b. Culpabilisation permanente des professionnels du secteur de la santé mais aussi des patients
c. Focalisation de l’attention du public sur des sujets précis comme le coût des arrêts de travail sachant bien que les professionnels ne sont pas responsables du malaise au travail ou sur les transports sanitaires oubliant que ceux-ci sont la logique conséquence du développement de l’ambulatoire qui est de l’intérêt de tous.
d. A chaque fois que le sujet des dépenses de l’état français a été mis au programme des discussions, et on l’a vu encore récemment, le sujet a « dérapé » vers le budget de l’assurance maladie passant sous silence la gabegie de structures gouvernementales et administratives de ce pays, ce mille-feuille administratif qui fait de la France le pays le plus fonctionnarisé de l’OCDE et de l’Europe, ainsi que les trop nombreux comités théodules (haute autorité de ci, haut commissariat de cela, haut conseil de ci, haut comité de cela). Les dernières discussions budgétaires ont pris trois mois pour traiter du déficit de l’assurance maladie et n’ont plus laissé le temps pour discuter du budget de l’état : pauvre France !!
e. Non Mesdames et Messieurs les politiques le déficit de la France n’est pas de la responsabilité des médecins ou des autres professionnels de santé; il représente 21 mds d’€ sur un budget de 643 Mds d’€ annuel soit 3.2% ; c’est toujours trop certes mais le déficit de la France est de 3000 Mds d’€ ce qui n’a rien à voir et devrait placer les priorités ailleurs que sur l’Assurance maladie et focaliser les responsabilités sur d’autres acteurs que les professionnels de santé
Dr Pascal CHARLES
Président CSMF 67