Le 19 mars 2017, le candidat socialiste a tenu un discours devant environ 20 000 personnes lors de son meeting à Bercy. Il a notamment visé ses adversaires Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen.
Visant sans les citer ses adversaires Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen, le candidat a dénoncé la présence importante dans l’élection présidentielle du « parti de l’argent » :
« Je veux d’abord le dire solennellement : le parti de l’argent a trop de candidats dans cette élection. Ce parti de l’argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis. »
Il a donc fait allusion à la célèbre tirade de François Hollande, lors de son discours du Bourget en 2012, contre la finance, un « ennemi » qui n’a ni « nom », ni « visage ».
Alors que le début de sa campagne est marqué par l'abandon de ses alliés socialistes lui préférant Emmanuel Macron, plus à même selon eux de faire échouer Marine Le Pen, Benoît Hamon a lancé :
« Ils prétendent faire barrage au Front national pour demain mais ils construisent un pont pour après-demain. »
Il s’en est pris à la notion de « vote utile », jugeant que « l’indifférenciation est dangereuse pour la démocratie ». M. Hamon a par ailleurs dit « tenir bon dans la tempête », même si « certains ont quitté le navire dès le premier zéphyr ». « Ces dernières semaines n’ont ébranlé aucune de mes convictions, elles les ont confirmées. »
Un message, grandement adressé à la jeunesse, qu'il a achevé sur un ton exalté : "Allez, allez voir les Français, ceux qui sont en colère, déçus, perdus (...) Allez au delà des partis politiques, des appareils, des prédictions et des sondages. Allez, allez convaincre ceux que plus rien ne convainc. Allez parler à ceux à qui plus personne ne parle désormais. Allez chercher les femmes, les hommes dont nous avons besoin, mais surtout qui ont tellement besoin de nous (...) Allons ensemble jusqu'à la victoire !".
Malgré ce meeting, cela n'a pas suffit à convaincre suffisamment de personnes pour pouvoir faire remonter le candidat dans les sondages
"Programmer le meeting de Bercy la veille du grand débat télévisé a été une faute, confie un lieutenant écologiste. Parce qu'aussi bon que fut ce meeting, et objectivement il l'a été, ce moment a tellement fatigué Benoît qu'il est arrivé éreinté au débat des cinq favoris qui avait lieu le lendemain. Il a été mauvais parce qu'il a laissé les échanges se dérouler sans lui." Or dans cette campagne si atypique, les débats télé ont joué un rôle crucial, que ce soit pendant les deux primaires ou lors de cette présidentielle. Et alors qu'elle devait marquer le début de sa remontée, la séquence a au contraire précipité sa chute dans les sondages et ce qui lui a rendu impossible la "remontada" tant attendue .
De plus, après sa rencontre avec Jean-Luc Mélenchon lors du débat, la fuite de socialistes vers Emmanuel Macron s'est accélérée, marquant une cassure nette entre différents courants du PS que le quinquennat de François Hollande avait déjà mis en lumière et que le candidat n'est pas parvenu à réconcilier.