Comme souvent, ce boombox est resté de longues semaines dans son carton, non ouvert. Il était temps de s’y mettre ! Aucune mauvaise surprise, car le vendeur avait fait un colis de très haut niveau. Je démonte la bête et j’en ai bavé un peu avec les vis, assez raides à enlever, ce qui voulait dire aussi que le poste n’avait jamais été ouvert ! Cela paraît assez galère au début, mais finalement tout se passe super bien et il est très facile de tout démonter. Tous les fils sont branchés et non soudés, et il est rare de pouvoir tout retirer aussi facilement. Le plastique a été mis de côté pour passer sous la douche car à l’intérieur, c’est vraiment crado.
Hé oui, en vérité c'est très facile à démonter.
Un peu sale quand même...
Je rentre maintenant dans le vif du sujet. Bien sûr, tous les boutons et caches-poussière ont été mis à tremper. Je démonte le lecteur cassette afin de pouvoir nettoyer tout ce qui est possible, et ça fait un paquet d’endroits ! Je nettoie également la bande déroulante des stations radio. On verra plus tard, mais il est clair que ce ghettoblaster est d’une conception peu banale. Voilà déjà le switch record/play arrosé au WD-40 classique ainsi que tous les potars et autres commutateurs.
C'est quoi ça ?
Je me lance ensuite dans la maintenance du lecteur avec une première opération pénible : le changement de la courroie du système d’amortissement de la trappe à cassette. Pénible, car il faut repousser les deux axes pour faire passer la nouvelle courroie, vraiment petite, et j’ai eu du mal à trouver la bonne dimension. Cette opération a donc été assez fastidieuse, une petite mauvaise surprise.
Le système d'amortissement sans la courroie.
J'ai des lustres orange dans la cuisine...
Je démonte ensuite le lecteur car la courroie principale est vraiment détendue (mais pas fendue !). Les touches forcent pas mal : il va falloir nettoyer pour enlever la graisse séchée. Je fais ça à l’alcool ménager avec une brosse à dents pour ne pas abîmer les éléments en caoutchouc. Il me faut insister un peu pour que le lecteur fonctionne normalement, en particulier sur la touche pause qui pinaille. L’alcool ménager vient finalement à bout de la graisse séchée. Je donne ensuite un coup de soufflette puis je mets de l’huile fine un peu partout. Je remplace maintenant l’unique courroie du mécanisme (sans compter celle du compteur). Tant que j’y suis, je peux régler la vitesse de lecture après avoir laissé tourner une bonne heure. Pleurage très limité et réglage à 3000Hz les doigts dans le nez !
La périphérie du cabestan a eu droit à un coup de papier de verre fin, car devenu trop rugeuse.
Mais je constate en même temps un souci : l’éclairage de l’échelle des stations est permanent, ce qui n’est pas normal car il est commandé par un bouton poussoir. Il faut vérifier ça. Si j’ai bien compris le système, le positif et le négatif passent par ce bouton poussoir, mais quelque chose déconne à l’intérieur et le circuit reste fermé en permanence. Pour simplifier, je décide de n’agir que sur le positif. Le négatif est relié directement à la lampe et le positif passe par le bouton poussoir, en m’assurant qu’il sera soudé à un endroit qui ne déconne pas. Pour cela, j’utilise mon testeur.
Voilà, tout est maintenant rentré dans l’ordre. Il ne reste plus qu’à remonter, mais me vient l’idée de tester l’horloge intégrée, qui fonctionne avec deux piles AA, comme sur mon Wilco CRS-1047. Et là, ça ne marche pas. La panne classique est l’affaissement de l’écran LCD, mais étant donné que ce boombox est très qualitatif, je décide de fouiner un peu. Ce n’était finalement pas grand-chose : juste un fil cassé, mais c'est visuellement très difficile à repérer. Voilà, le courant est rétabli et l’horloge LCD est de retour, pour mon plus grand bonheur.
Panne vicieuse : le fil jaune est cassé au niveau de la soudure.
La fin se profile doucement. Avant l'assemblage final, je dois recoller la plaque en alu du panneau de commande, ce qui me conduit à enrubanner tout l'ensemble comme une momie.
Pendant le séchage, la façade récupère les grilles, les quatre haut-parleurs, les vu-mètre ainsi que l'horloge.
Pour le remontage, il faut donc présenter la façade puis la partie inférieure qui a fini de sécher. Attention, tous les boutons carrés doivent être d'abord remis en place . Seuls les boutons rotatifs se placent en dernier (bien sûr). Je finis en vissant le fond : terminé !
Tellement de choses à dire sur ce ghettoblaster hors du commun. Le design est exceptionnel et bien sûr clivant, on aime ou on aime pas. Il y a un côté militaire ou technovintage style le Batman de Tim Burton.
Un grand film !
je retrouve aussi un petit air de l’Aiwa TPR-950. Notons que les boutons de l’horloge, les vu-mètre et la trappe à cassette forment un visage souriant, une fois qu’on le sait on ne voit que ça. Les deux barres de protection sont en métal c’est pas du bidon. Ainsi, de de très nombreuses aspérités caractérisent ce ghettoblaster. Tout d'abord l’horloge avec fonction alarme. On a le choix entre un buzzer et la radio ou cassette, vraiment top !
Egalement la disposition très basse des boutons de commande, la possibilité de mémoriser mécaniquement 5 stations FM, l’échelle des stations cylindrique rétroéclairée trop magnifique.
Le petit tournevis de réglage est présent et ça ne gâche rien hein ?
L'élément le plus marquant, c’est la bande FM qui ne dispose pas d’une échelle de station classique mais d’un système à aiguille. C’est évidement peu précis mais particulièrement original.
Pour revenir à du conventionnel, le lecteur est full HD, il y a la stéréo élargie et le loudness : c'est trop trop complet ! La connectique est plus modeste même s’il y a bien une entrée auxiliaire mais en Din, et deux sorties pour des HP supplémentaires. Finissons avec la qualité sonore et la radio : le son est sympa mais un peu métallique. Le seul vrai reproche est la qualité de réception qui n’est pas très bonne dans ma cambrousse mais on pardonne facilement à radio-cassette d’exception, tellement original et qualitatif.