L'usage de placer des bénitiers à l'entrée des temples remonte à la plus haute antiquité, nous le retrouvons dans la religion des Hébreux et des Romains.
Les Hébreux, à l'entrée de leurs temples avaient un grand vase en forme de cuve nommé labrum. C'est là que les sacerdotes faisaient leur service divin. Ils prenaient de l'eau pour se laver les pieds et les mains. Pour faire de l'eau bénite, ils prenaient des cendres du bois de la victime qui avait été brûlée. Le sacrifice étant achevé, ils mettaient le tout dans un vase qu'ils remplissaient d'eau et, prenant un rameau d’hysope qu'ils plongeaient dans l'eau, ils arrosaient et purgeaient les assistants.
Il en était de même à Rome car, après avoir donné le dessin de leurs bénitiers et de leurs aspergilles, on s'est aperçu de la similitude avec les Hébreux qui utilisaient une branche de laurier ou d'olive.
De là vint l'eau de ................ auprès de la porte d'Appic, le peuple de Rome s'arrosait la tête, invoquant Mercure pour effacer ses péchés.
Dom Martin nous apprend que chez les anciens gaulois, dans les temples de Belenus, outre les sacrificateurs et les prêtres, il y avait des ministres nommés Edituë. Ils étaient les gardiens des temples et leurs charges répondaient à celle de nos sacristains.
Ceux qui en étaient chargés aspergeaient toutes les personnes qui entraient dans le temple avec l'eau d'une piscine placée à l'entrée.
Suivant Montfaucon, les anciens appelaient amula, aquinarium, le vase contenant l'eau lustrale dont on aspergeait ceux qui devaient prendre part au mystère.