EGLISE DE LA NATIVITE DE NOTRE-DAME
Inauguration de la restauration le lundi 18 juillet 2022.
L'église de Ramburelles est sous le vocable de la nativité de Notre-Dame.
La nef est basse et très ancienne, antérieure au XVIème siècle et probablement du XIIème.
Eglise Notre-Dame de la Nativité, dessin de Gillard en 1864
L'écolâtre et le pénitencier d'Amiens, présentaient tour à tour à la cure, qui produisait 16 livres au XIIIème siècle et, selon le Ms. de 1692, 300 livres prises sur la dîme et en formant le tiers; un autre tiers appartenait aux patrons, et le dernier à l'abbé de Saint-Valéry.
Eglise de la Nativité de Notre-Dame, le chœur
En 1499, sous le règne de Louis XII, Jean Cornu, écuyer, demeurait à Ramburelles.
En 1507, les coutumes locales de Ramburelles sont rédigées conformément à un édit de Louis XII.
En 1536, sous le règne de François 1er, le chœur de l'église est achevé de construire.
Il a été commandé par Jacques de Fontaines. Il s'agit d'un chœur gothique qui se compose de trois travées droites et de trois pans coupés égaux.
Il est éclairé par neuf fenêtres, toutes semblables à trois formes divisées en trois parties, dont les meneaux prismatiques se contournent en flammes capricieuses ; ces meneaux sont anciens.
Les culs de lampe de style renaissance sont ornés de feuillages et d'anges tenant des écussons nus. Sur l'un, à droite, on a sculpté après coup trois fleurs de lys mal ordonnées.
Croix latine, seuil de l'entrée principale à l'ouest.
En 1218, l'évêque Evrard attacha les revenus de la cure à la dignité de pénitencier. La paroisse est alors du doyenné d'Oisemont.
En 1550, Raoul de Fontaines, écuyer, seigneur de Ramburelles, épouse, par contrat du 16 janvier, Françoise de Bacouël.
Leur fils René de Fontaines, est représenté avec ses père et mère et ses frères Hector, Claude, Beaugeois, Nicolas et Jacques, et chacun leurs écussons, sur la vitre derrière l'autel du chœur de l'église de Ramburelles.
Cette verrière a depuis disparu sans que l’on sache pourquoi ni où elle a pu aller.
Elle a alors été remplacée en 1869 par Lévêque à Beauvais.
Les Fontaines portaient: "d'or, à l'écu bordé de gueules, chargé de trois écussons de vair de quatre traits, aussi bordés de gueules.
En 1574, trois cloches sont posées. Elles portent les inscriptions suivantes:
1) "Noble seigneur Raoult des Fontaines, seigneur de Ramburelles, Rambehen, Forcheville et Arondel; Nicolas de Fontaines l'aîné et Jacques de Fontaines, ses enfants, 1574. Nous feit Me Ancel Gourdin".
2) "Jean du Gard, écuier, seigneur de Morvillier et Fresneville et Saulsoy, conseiller du Roy notre sire, son séneschal et gouverneur de Ponthieu. Dame Jeanne de Fontaines, sa femme, et Marguerite de Fontaines, sa soeur, l'an 1574".
3) "Jacques Charles, lieutenant de Ramburelles; Pierre Caullier, menglier, Jehan Bizet, Guillo Olive et Louis Davin, tous particuliers dudit lieu de Ramburelles, en l'an MDLXXIV"
En 1598, ont été inhumés dans l'église: Raoul de Fontaines, écuyer et Françoise de Bacouël, sa femme.
Les seigneurs de Ramburelles
En 1648, Gabrielle de la Radde, femme de Jacques de Fontaines, est à son tour inhumée dans l'église.
En 1689, la nef est entièrement tombée, il n'y a plus de fonts baptismaux. Les vitres sont à "raccommoder" et il faut un tabernacle et un marchepied à l'autel.
En 1701, le 24 mars, Antoine Jain, curé est inhumé dans l'église
Entre le 1er septembre 1715, date d’un baptème dans les bms de Ramburelles (Somme) et l’acte suivant daté du 13 octobre 1715 on trouve le texte retranscrit ci-après :
"Le même jour Louis quatorze Roy de france et de navarre de très méchante mémoire est décédé dans son chasteau de Versailles - Resquiescat in pace -"
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On ne peut donc dater avec précision l’épitaphe formulée par le curé de Ramburelles, qui a quand même ajouté la formule latine pour adoucir (?) son jugement.
Le curé de Ramburelles et celui de St. Sulpice avaient donc la même opinion au sujet du roi « Soleil » !
Ce qui est assez étonnant, c’est qu’ils aient consigné leurs pensées sur des registres paroissiaux, très probablement pour la postérité... !
Effectivement, le « Requiescat in pace » ajoute un peu de baume à l’affaire !
Leur avis rejoint celui de l’ensemble des sujets du royaume.
Peut-être Louis XIV a-t-il régné trop longtemps.
Comme il est dit dans « Le Cid » : « pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes.... »
Église Notre-Dame de la Nativité, dessin au trait de Gillard en 1856
Le 31 mai 1728, le consentement est donné au curé de la paroisse de Notre-Dame les demoiselles de Ramburelles de refondre les trois cloches endommagées (extrait des registres paroissiaux). Elles sont conduites à des fondeurs de cloches reconnus dans le voisinage au village de Valines commune de Franleu.
Le sixième jour de juin 1728, les trois nouvelles cloches « rendues sonneuses à la satisfaction des demoiselles de Ramburelles furent bénies »...et ainsi baptisées : Suzanne pour la plus grosse cloche du nom de baptême de mademoiselle Suzanne de Gaillard Longjumeau, Françoise pour la deuxième par mademoiselle Françoise de Gaillard Longjumeau, demoiselle de Fayel et Marie pour la troisième par mademoiselle Marie de Gaillard Longjumeau, demoiselle de Courcelle.
En 1733, une fracture apparaît au fond du chœur qu'il est urgent de réparer.
La poutre de gloire de la nef de l'église porte l'inscription "1749".
En 1757, le 1er décembre, Charles Poiriez, curé décédé à 55 ans, est inhumé dans l'église.
En 1782, le 10 mars, Louis Simon, curé décédé à l'âge de 74 ans, est inhumé dans le cimetière.
1789 : extrait des cahiers de doléances de Ramburelles, texte original :
« EXTINGTIONS DES EXEMPTIONS ET PRIVILEGES: Les biens de la noblesse et du clergés ne doivent point être affranchies des impositions; mais malheureusement jusqu'alors l'oppression a triomphée de l'équittée et de la raison.
REUNION DES COMMUNAUTE: On ne peut pas prononcer l'inutilitée des religieux, ni par conséquent, leurs suppressions, mais leurs réunion pour les biens de l'Etat et de religion. Quarante moines sont épart dans dix maisons religieuses, dont la dotte se monte à un million. Rassembler-les dans un seul, dotter-la de soixante mille livres; neuf cent quarante mille donne du secourt à l'Etat, et cette saignée faite à propos guérira les malades, nous voulons dire qu'elle fera renêtre le bon ordre et l'esprit de la premierre institutions qui est peut-être trop souvent négligé. »
En 1739, le 1er mai, Belleguise était alors curé de Ramburelles, deux châsses ont été déposées à l’église, en présence des curés de Witainéglise, Rambures, Biencourt, Doudelainville, du vicaire de Villeroy et autres. Les copies des authentiques qui sont enchâssées avec les reliques existent sur l'un des registres civils, ce sont:
1. lettres de N.S.P. Clément XII, du 3 juillet 1738;
2. certificat ainsi conçu:
La première renferme les reliques de Saint Fructueux, la seconde celles de Saint Exupérance.
Dans le chœur se trouvent:
Anecdote
Antoine de FONTAINES, sieur de PELLEVERT, qui avait épousé en secondes noces damoiselle Hippolyte de SAINT-BLIMONT, était aussi seigneur de quelques fiefs situés en la même paroisse, tenus et mouvants du Seigneur de Ramburelles, mais n'avait pas droit de haute justice ni les autres prérogatives au moyen desquelles il eut pu contester et révoquer en doute la jouissance des droits de celui-ci.
Néanmoins s'étant résolu à les faire valoir alors que le Seigneur de Ramburelles n'était pas moins résolu à ne souffrir aucune atteinte à ses prérogatives, le Seigneur de PELLEVERT avec l'assistance de quatre de ses fils issus de ses deux mariages eut le dessein d'attenter à la vie de son seigneur et voilà comment il s'y prit:
Le jour de la Pentecôte 1624, il fit poser un banc dans l'église de Ramburelles et s'y trouva le premier en compagnie de ses quatre fils, dans l'intention de susciter une querelle qui dégénérerait de telle sorte qu'il aurait sujet d'assassiner le Seigneur de Ramburelles comme il en avait le dessein; mais son projet ne réussit pas, car ce dernier se contenta de lui dire doucement qu'il se plaindrait de l'entreprise. M. de PELLEVERT n'insista pas et chercha un autre moyen pour mettre son projet à exécution.
Le 23 juin suivant, veille de la Saint-Jean, il fit, contre la coutume, allumer un feu au-devant de son logis, en même temps qu'il y rassemblait plusieurs personnes armées avec une espèce de corps de garde. Le Seigneur de Ramburelles envoya pour lui en faire plainte son propre fils, Nicolas de FONTAINES, assisté du lieutenant de justice de la seigneurie et d'un gentilhomme voisin, M. de BEZONVILLE.
Le Seigneur de PELLEVERT et sa troupe reçurent cette plainte tellement mal qu'à coups d'arquebuse, de pistolets et de carabines, ils tuèrent sur le champ le lieutenant de justice et M. de Bezonville; Nicolas de FONTAINES s'en tira plus heureusement puisqu'il n'eut qu'un bras de rompu; mais tout cela entraîna un tel désordre et un tel tumulte que le Seigneur de PELLEVERT et un de ses fils furent à leur tour tués par leurs propres gens qui ne purent les reconnaître à cause de la fumée procédant du grand nombre de coups de feu qui furent tirés.
A la suite de cette boucherie, il y eut procès criminel et arrêt bénin qui ne porta condamnation que de quelques amendes contre le fils de M. de PELLEVERT; mais l'aîné de ceux-ci, François de FONTAINES résolut de continuer le dessein de son père et d'assassiner le Seigneur de Ramburelles.
Il essaya plusieurs fois mais sans succès, notamment le vendredi saint de l'année 1625, mais enfin arriva à ses fins et en décembre 1626, Pierre de FONTAINES, frère de Nicolas, fut tué lui et son serviteur sur le grand chemin où l'attendait son agresseur, caché derrière une haie et qui tira ou fit tirer sur lui jusqu'à cinq coups de pistolet.
De ce crime, il eut plainte, décret, récolement, confrontation et enfin arrêt par contumace rendu le 19 janvier 1628, par lequel Jacques de FONTAINES, sieur de PELLEVERT, était condamné à être rompu sur la roue.
GALERIE PHOTOS
Ange à la flûte au-dessus de la chaire
Autel sud de la nef
Autel du chœur
Croix de fer
Chaire
Chœur vu de la mezzanine
Fonts baptismaux et confessionnal
Bénitier au portail d'entrée
Cul de lampe à fleurs de lys
Détail du précédent
Cul de lampe sculpté
Cul de bouteille
Vitrail du chœur au-dessus de l'autel
Statue de Saint-Vincent de Paul
Statue angle nord-est du chœur
L'immaculée conception
Saint Jean_Baptiste
Statue remisée dans la sacristie
Détail de vitrail
Détail de vitrail
Détail de vitrail
Intervention du couvreur Tellier 1932
Intervention du couvreur Tellier 1935
Intervention du couvreur Tellier 1943
La chapelle
Chapelle nord
Vespéral romain sur lutrin
La restauration de l'église 2019-2022
L'état antérieur
Les travaux
Le résultat
au pied de l'église restaurée
Les travaux antérieurs
Réfection de la toiture du chœur par l’entreprise Laroque 1987
A gauche Roger Seigneur, à droite M. Laroque
Réfection de la toiture du chœur par l’entreprise Laroque 1987
A gauche, Gaston Bacouël (maire) puis Roger Seigneur, M. Laroque et son employé
Plan du clocher
Réfection de la base du clocher
Réfection de la toiture du clocher
Le coq avec son bouquet d'inauguration