Depuis des temps immémoriaux, notre cimetière se trouve au pied de l'église. Cela permettait plus facilement aux personnes âgées de venir se recueillir auprès d'un époux, d'une épouse, un parent, d'un enfant. La coutume remonte à l'origine du christianisme.
Notre cimetière était autrefois peuplé de croix en fer situées à la tête d'une motte de terre garnie de fleurs souvent arrosées avec des larmes. Sur cette croix, on trouvait une plaque en cuivre en forme de cœur portant le nom et les dates de naissance et de décès du défunt.
Le dernier fossoyeur de Ramburelles fut Vincent Delhomelle. Il était en même temps garde champêtre et sonneur.
Maintenant notre cimetière comme tous les autres est rempli de monuments funéraires. Certains cimetières sont mal ordonnés avec des caveaux dans tous les sens. D'autres sont alignés, avec des allées comme si c'était un village, avec des tombes qui ne manquent pas d'originalité.
Dans le cimetière de la Madeleine, à Amiens, on voit le tombeau de Jules Verne, de Lapostolle, l'inventeur du parafoudre, etc. c'est presque un lieu touristique.
Les Égyptiens gardaient le corps de leurs parents pour leur témoigner plus de respect. Cet usage qui remonte à l'origine du monde avait été défendu dans les premiers temps par la monarchie romaine et il avait été interdit d'enterrer les morts à l'intérieur de la cité. Cependant, cette loi ne fit pas disparaître cette ancienne coutume. Il est à remarquer que pour l'anéantir, les décemvirs[1] se crurent plus tard obligés de la renouveler par la « Loi des Douze Tables[2] ». Qu'est-ce que la loi des "Douze tables" : dans le principe comme dans tous les temps, ces lois n'avaient qu'un but, celui d'assurer la salubrité publique dans l'intérieur des cités. Elles ne touchaient en rien les cendres des morts.
Suivant Sénèque, tout endroit où l'on enterrait un mort devenait par là même un lieu religieux.
Il y avait des peines contre les violateurs de tombeaux. Violer un tombeau c'était aussi y mettre quelqu'un qui n'y avait aucun droit. Le tombeau d'un ennemi n'était pas regardé comme un lieu religieux, la loi ne prononçait aucune peine contre celui qui le violait.
Près des tombeaux, les juifs plaçaient toujours une colonne (une pierre élevée). Les sépulcres qui ne portaient pas cette marque étaient blanchis tous les ans au mois de février. C'est à cet usage que Jésus-Christ faisait allusion quand il appelait les Pharisiens « les sépulcres blanchis ».
C'est sous le règne de l'empereur Léon XIII que fut abolie la loi des "Décemvirs" et les décrets des Empereurs. L'empereur Constantin fit enterrer les chrétiens près des églises.
Suivant le témoignage d'un nommé Guillaume Durand, il en était ainsi au XIVe siècle, les cimetières étaient placés autour des églises et leur étendue était ordinairement de 30 pieds.
De l'usage d'enterrer les morts près des églises ou dans les églises, Saint-Augustin disait : « il est avantageux pour ceux qui ont bien vécu d'être enterrés près des églises parce que les fidèles en venant faire leurs prières sont retenus par les monuments funéraires à prier pour ceux qui y reposent ». Il y eut une époque où les anciens avaient choisi leur sépulture soit dans des vestibules[3], soit dans des baptistères[4], soit sous des portiques[5] ou même contre les murailles des temples chrétiens. Le premier à qui cette permission fut accordée est l'empereur Constantin. Plus tard cela fut accordé aux évêques puis encore beaucoup plus tard aux prêtres.
Cet honneur était admis aux laïcs s'ils avaient mené une vie exemplaire où étaient morts en odeur de sainteté.
Dans les premiers siècles on accorda le privilège aux martyrs de reposer dans les églises mais cela ne dura pas longtemps.
L'empereur Théodore fit emporter hors des villes toutes les urnes et sarcophages qui enfermaient les cendres des morts jusqu'à la seconde partie du Ve siècle.
Il faut noter que la coutume de se faire enterrer près des églises n'est pas une chose particulière au christianisme.
L'empereur Léon en accord avec l'église a constamment empêché d'enterrer dans les églises mais il y a toujours eu des exceptions.
Furent inhumés dans l'église (ou dans le cimetière) de Ramburelles :
- Antoine Jain, curé décédé le 24 mars 1701.
- Nicolas Belleguise, curé, doyen de chrétienté d'Oisemont, décédé le 3 mai 1743.
- Charles Poirier, curé décédé le 1er décembre 1757 à 55 ans.
- Louis Simon, décédé le 10 mars 1782 à 74 ans.
Certains refusaient de se faire enterrer dans des cimetières communs. Ils affectaient de placer sur leur tombeau des monuments que Saint Charles Borromée appelait à juste titre les trophées de l'orgueil et le dernier tribut de la vanité humaine. La puissance de l'or l'emportant sur la vertu, la terre qui devait recevoir la dépouille des morts devint un objet de spéculation.
Il fut un temps où l'on vendait aux héritiers la terre où reposait le corps d'un défunt, certains personnages de l'église se sont élevés contre cette pratique avec indignation pour la faire abolir.
Saint Jérôme dit qu'il est d'usage d'enterrer dans un même endroit le mari la femme et les enfants.
[1] Nom des magistrats de Rome chargé en 304 de rédiger un code de loi dit « Loi Douze Tables ». Membre de toute espèce de commission de 10 personnes nommée légalement.
[2] J’ai souvent ouï dire par Cicéron que la « Loi des Douze Tables » était la plus parfaite que les Romains aient eue.
[3] Vestibule : espace laissé entre la porte de la maison et la rue, pièce d’entrée d’un édifice.
[4] Baptistère : petit édifice à l'intérieur des cathédrales pour administrer le baptême ou bien chapelle où se trouvent les fonts baptismaux dans une église.
[5] Portique : colonne et balustrade servant d’entrée couverte pour différents édifices. Ici c’est à l’entrée des temples que l’on adorait Dieu.