Una película híbrida de duración variable, de unas 6 horas y 30 minutos, con lecturas seleccionadas de los Comentarios Reales del Inca Garcilaso de la Vega.
Un film hybride d’une durée variable autour de 6h30, sur des lectures choisies des Commentaires Royaux se l’Inca Garcilaso de la Vega.
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Un valle. Sagrado. Inmóvil.
Une vallée. Sacrée. Immobile.
Manco Cápac, hijo del Sol y de la Luna.
Manco Capac, fils du Soleil et de la Lune.
Una ciudad sagrada en el corazón de las altas montañas.
Une ville sacrée au cœur des hautes montagnes.
A su alrededor, el mundo cambia.
Autour d’elle, le monde évolue.
Un escenario que se abre y se cierra.
Une mise en scène qui s’ouvre et se referme.
La luz aparece, se ajusta, vuelve.
La lumière apparaît, s’ajuste, revient.
Los elementos se transforman, se dispersan, se repliegan.
Les éléments se transforment, se dispersent, se replient.
Todo avanza lento, al ritmo de una lectura.
Tout se déroule lentement, au rythme d’une lecture.
No hay cámara humana.
Pas de caméra humaine.
Hay trayectorias programadas, movimientos previstos.
Des trajectoires programmées, des mouvements prévus.
No hay voz.
Pas de voix.
Solo una banda sonora nacida de la máquina.
Seulement une bande sonore produite par la machine.
Las músicas surgen en las transiciones.
Les musiques émergent aux transitions.
Nunca las mismas.
Jamais les mêmes.
Lo que se oye es siempre una primera vez.
Ce que l’on entend est toujours une première fois.
Y también una última.
Et une dernière.
Este film es un juego sin jugador.
Ce film est un jeu sans joueur.
Se desarrolla solo.
Il se déroule de lui-même.
Aparece Viracocha.
Apparaît Viracocha.
Príncipe en desgracia.
Desterrado para domar su carácter.
Prince en disgrâce.
Exilé pour adoucir son tempérament.
Un fantasma real. Su tío. Un aviso.
Un fantôme royal. Son oncle. Un avertissement.
Una rebelión en acecho.
Une rébellion en embuscade.
El ombligo del mundo abandonado por el Inca.
Le nombril du monde abandonné par l’Inca.
Socorrido por el príncipe.
Secouru par le prince.
La montaña mira. Implacable.
La montagne observe. Implacable.
Al final, Huaina Cápac.
À la fin, Huaina Capac.
Los presagios oscuros.
Les présages funestes.
Habla del futuro, de los que llegarán.
Il parle de l’avenir, de ceux qui viendront.
Un final escrito desde antes.
Une fin annoncée.
Texte, vidéo et voix : Ange Delamaure
Musique : Anachrone
Ce projet est une chanson sur la paix et sur la nécessité d’en parler en temps de guerre.
Elle assume une part de naïveté, parce que rappeler la paix reste essentiel quand les discours dominants privilégient la riposte militaire et que la diplomatie se fait discrète.
La démarche est lucide : la paix est difficile, exigeante, et implique un travail réel sur la peur et la défiance.
Cette chanson s’inscrit dans le contexte des dernières éditions de l’Eurovision, où le concours a servi à porter des récits liés à un conflit en cours.
Elle tente de respecter les règles d’apolitisme tout en rappelant l’esprit fondateur du concours : construire des ponts et défendre la possibilité de la paix.
Le projet n’a pas été retenu pour le moment, mais il continue, avec pour objectif de remettre la paix au centre du débat.
[Couplet 1]
Tu m’as écrit comme on revient
Quand on s’est perdu l’air de rien
Des mots polis, un ton léger
Comme si rien n’avait brûlé
Tu dis que l’amour, c’est fragile
Balances entre feu et exil
T’oublies les soirs où ton silence
Jetais de l’ombre sur nos danses
[Pré-refrain]
Je veux bien t’écouter encore
Même si toujours, tu parles plus fort
Je te raconte ce qu’on efface
Quand tu reprent les vieilles menaces
[Refrain]
שלום על כל הארץ
בוא נחזיק ידיים באור
לב פתוח, גם לפחד
אחדות מתוך הריבוי
Paix sur toute la terre
Tenons-nous la main dans la lumière
Un cœur ouvert, même à la peur
Unité dans la diversité
[Couplet 2]
Je t’ai connu un peu plus fier
Avant les murs, avant les guerres
Tu portais l’aube dans tes gestes
Maintenant le crépuscule te guette
Mais si tu veux, on peut se voir
Pas pour blanchir, ni pour se croire
Juste pour panser quelques blessures
Pour voir si l’amour brave l’usure
[Pré-refrain]
Il faut du temps pour revenir
Et du silence pour reconstruire
Mais si tu viens sans camouflage
Mes mains sont prêtes pour le partage
[Refrain]
[Refrain final]
[Outro]
Ce qu’on relève d’entre les ruines
Porte plus loin que les doctrines
Même si ton cœur a fait la guerre
Et le pardon te semble amer
שלום
Film bilingue
1h10
On ne badine pas avec l’Iamour est un film expérimental réalisé par Ange Delamaure, explorant les frontières entre amour, langage et génération artificielle.
À travers des extraits de plusieurs interprétations contemporaines de la pièce On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset, le film tisse une narration fragmentée mêlant théâtre, 3D, paysages péruviens et mémoire affective.
Au cœur du film, une relation à distance entre un Béarnais et un Péruvien se déploie en filigrane. Leur lien, à la fois intime et suspendu, ne s’exprime jamais frontalement, mais affleure à travers des fragments de souvenirs, des projections mentales, des lettres impossibles. Cette relation transcontinentale, filtrée par le prisme du langage et du manque, prend corps dans des chansons générées procéduralement : des ballades inachevées, oscillant entre le béarnais et l’espagnol ou le quechua, qui deviennent les témoins fantomatiques de leur amour dispersé. Entre voix synthétiques et vers brisés, c’est toute la fragilité de la mémoire affective à l’ère de l’automatisation qui est mise en scène.
Le film s’interroge sur la représentation des cultures dans les systèmes d’intelligence artificielle, sur la perte et la tentative de réparation par le langage, qu’il soit humain, machine ou mythologique.
C’est aussi une déclaration d’amour à la parole perdue, au geste qui ne se programme pas.
Vidéo en tryptique
50min
Une traversée du Pérou racontée au fil des errances et des rencontres, lors d’une résidence d’artiste en janvier et février 2020.