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Adopté en 1920
Premier projet adopté par l’Union Académique Internationale, le Corpus Vasorum Antiquorum fut initié par Edmond Pottier, conservateur au Musée du Louvre, qui en définit les grands principes et qui publia le premier fascicule en 1922. Les collections des musées du monde entier s’étant grandement enrichies dans le courant du XIXe siècle grâce aux grands programmes de fouilles, autorisées ou illégales, et à l’acquisition de collections privées souvent anciennes, Pottier développa l’idée de réaliser un catalogue raisonné reprenant l’ensemble des vases antiques conservés dans les musées publics, les céramiques provenant de fouilles régulières devant être publiées dans le cadre des rapports de fouilles. Si de tels catalogues existaient déjà, agrémentés de notices détaillées, de dessins, voire de photographies lorsque les progrès de cette dernière technique furent suffisamment avancés, ces catalogues ne couvraient souvent que les collections, voire une partie des collections de chaque musée, selon des chartes différentes pour chaque publication. Ce fut là l’apport de Pottier de mettre en place un corpus qui visait à publier les vases antiques du monde entier dans une publication commune qui suivait une charte identique.
Depuis les premiers fascicules, les principes fondamentaux proposés par E. Pottier ont été remarquablement respectés. La présentation du catalogue, les notices et les illustrations suivent ainsi un format identique, qui a bien sûr évolué au fil du temps, et les volumes sont idéalement rédigés dans une des quatre langues officielles du CVA : le français, l’anglais, l’italien et l’allemand. Les premiers volumes avaient toutefois une visée universaliste puisque Pottier envisageait de cataloguer non seulement les céramiques peintes de Grèce ancienne, mais également les céramiques orientales, étrusques, italiennes, espagnoles, gauloises, germaniques… Cependant, au cours des réunions qui ont eu lieu régulièrement sous l’égide de l’UAI, plusieurs modifications ont légèrement altéré la classification et le système mis en place par Pottier. Ainsi, les membres des comités nationaux du CVA réunis à Lyon en 1956 décidèrent d’éliminer certaines catégories de matériel du projet originel et seules les céramiques grecques ou produites par des cultures périphériques de la Grèce sont depuis publiées dans les volumes du CVA (céramique étrusque, italiote, ibérique, thrace, phrygienne…). De plus, le nombre et la taille des photographies publiées pour un même vase ont augmenté au fil du temps. On a également vu apparaître des dessins de profils des vases avec le développement des études morphologiques.
En 100 ans d’existence et plus de 400 volumes publiés, le CVA est devenu une référence incontournable pour les spécialistes des céramiques grecques et apparentées. Dans ce laps de temps, le projet s’est également adapté aux technologies nouvelles. Les volumes du CVA, à l’exception des volumes les plus récents, sont ainsi disponibles en ligne depuis 2004 sur un site dédié au projet grâce au travail des chercheurs des Beazley Archive, à l’Université d’Oxford. Dans un premier temps, le but était de mettre à disposition des chercheurs les 250 premiers volumes dont la plupart étaient épuisés, avant d’intégrer progressivement les volumes suivants. De nouvelles sous-séries ont également été inaugurées et différents pays membres tels que l’Allemagne, l’Autriche et la France ont organisé des colloques thématiques – sur des formes, des techniques, des motifs décoratifs, des questions économiques telles que la distribution des vases… – dont les actes ont été publiés dans des suppléments au CVA, assurant ainsi l’avenir du projet au-delà du travail de catalogage
Adopté en 1920
L’histoire de ce projet remonte à la publication par Marcellin Berthelot et Charles-Émile Ruelle de la Collection des anciens alchimistes grecs, 3 vols, Paris, 1887-1888 (CAAG). Berthelot illustrait ainsi l'intérêt scientifique de cette entreprise d'édition et de publication d'un corpus exceptionnel :
« Il existe dans la plupart des grandes bibliothèques d’Europe une collection de manuscrits grecs, fort importante pour l’histoire des Sciences naturelles, de la Technologie des métaux et de la Céramique, ainsi que pour l’histoire des idées philosophiques aux premiers siècles de l’ère chrétienne : c’est la collection des manuscrits alchimiques, demeurés inédits jusqu’à ce jour. <...>. Ce Corpus des Alchimistes grecs a été formé vers le VIIIe ou IXe siècle de notre ère, à Constantinople, par des savants byzantins, de l’ordre de Photius et des compilateurs des 53 séries de Constantin Porphyrogénète, savants qui nous ont transmis sous des formes analogues les restes de la science grecque. Les auteurs qu’il renferme sont cités par les Arabes, notamment dans le Kitab al-Fihrist, comme la source de leurs connaissances en chimie. Ils sont devenus, par cet intermédiaire, l’origine des travaux des savants occidentaux, au moyen âge, et par suite le point de départ initial des découvertes de la Chimie moderne. En raison de cette connexion leur publication offre une grande importance. Ils renferment d’ailleurs une multitude de procédés et de recettes techniques, susceptibles de jeter un jour nouveau sur la fabrication des verres, des alliages et des métaux antiques sujet jusqu’ici si obscur et si controversé dans l’histoire des grandes industries. »
Berthelot et Ruelle fournissaient ainsi aux chercheurs une remarquable collection de textes alchimiques. En même temps, Berthelot soulignait la nécessité de poursuivre les recherches en examinant les manuscrits alchimiques des bibliothèques d’Europe que les éditeurs n’avaient pu examiner. C’est ainsi que le projet d’un Catalogue des manuscrits alchimiques grecs prit tout naturellement la suite des travaux de Berthelot et Ruelle. Cette entreprise proposée par Joseph Bidez fut adoptée par l’Union Académique Internationale en 1924. Il s’agissait de faire l’inventaire et la description des manuscrits alchimiques. Ce travail a été mené à bien sous forme d’un Catalogue des manuscrits alchimiques grecs en 8 vols, Bruxelles 1924-1932.
Comme l’écrit le R. P. Saffrey dans l’introduction du premier volume des Alchimistes grecs :
« ... dès le départ, dans l’esprit de Joseph Bidez, le but de l’entreprise était de rechercher et de décrire les manuscrits alchimiques en vue d’éditer les textes, les étudier, en tirer des enseignements variés. J. Bidez a pu réaliser la première étape de cette valeureuse entreprise grâce à l’admirable réunion, autour de lui, des meilleurs collaborateurs possibles : Henri Lebègue, Armand Delatte, Marie Delcourt, C. O. Zuretti, Otto Lagercrantz, D. W. Singer, G. Goldschmidt et J. L. Heiberg. <...> Quand la guerre est arrivée en 1939, les huit volumes décrivant les manuscrits alchimiques des principales bibliothèques de l’Europe avaient été publiés... »
Le projet actuel, Textes alchimiques, se situe dans la continuation de ces travaux inestimables et se donne comme but d'offrir de nouvelles éditions critiques mises à jour et répondant aux exigences scientifiques actuelles. En 1968, le R. P. André Festugière proposait d’entreprendre l’édition des textes alchimiques grecs. Le programme initial, proposé par le Père Saffrey et publié dans le premier volume des Alchimistes grecs comportait 12 volumes à paraître dans la Collection des Universités de France (Collection Budé).
Adopté en 1922
« Dictionnaire du latin médiéval » est l’intitulé de la cinquième entreprise de l’UAI, proposée dès 1920 et lancée en 1924, à partir d’une suggestion de Ferdinand Lot devant le Congrès historique international de Londres en 1913. Il s’agissait de doter les médiévistes d’un instrument de recherche comparable au Thesaurus Linguae Latinae, en remplaçant l’auguste Glossarium Mediae et Infimae Latinitatis de Charles Du Cange (1678) par un dictionnaire scientifique moderne, destiné à rendre compte de tous les usages du latin sur tout le territoire européen pendant toute la période médiévale.
Les premières années furent essentiellement consacrées à l’accumulation des données lexicographiques, sous forme de dépouillements manuels de la documentation médiolatine, répartis entre les pays membres de l’UAI, chacun devant se charger des oeuvres produites sur son territoire . Mais il fallut bientôt se rendre à l’évidence : le millénaire médiéval nous avait transmis beaucoup plus de textes que la période couverte par le Thesaurus Linguae Latinae, et le Novum Glossarium Mediae Latinititas devrait réduire ses ambitions. Le « Comité Du Cange », coordinateur du projet, prit alors l’initiative de limiter l’amplitude chronologique du dictionnaire international à la période centrale du Moyen âge (800-1200), en invitant chacun de ses membres à le compléter par la rédaction d’un instrument « national » qui rendrait compte de la diversité géographique et chronologique du latin médiéval, en mettant à profit les dépouillements déjà effectués . La complémentarité de l’ensemble fut soulignée par la décision de commencer la rédaction du dictionnaire international au milieu de l’alphabet (par la lettre L), pendant que les dictionnaires nationaux commenceraient au début (par la lettre A), dans l’objectif d’en couvrir l’ensemble deux fois plus rapidement.
A la veille de son centenaire, le « Dictionnaire du latin médiéval » de l’UAI est donc la somme d’un dictionnaire international, d’une quinzaine de dictionnaires nationaux, et de la revue Archivum Latinitatis Medii Aevi , associée au projet dès 1924 pour offrir un lieu d’échange et de publication aux équipes du réseau, sans attendre la parution des premiers fascicules de dictionnaire . Selon l’ampleur de leur documentation et des moyens mis en oeuvre, certains dictionnaires sont achevés, d’autres toujours en cours de rédaction, et la couverture de l’alphabet demeure largement disparate. Mais tous ces ouvrages ont leurs caractères propres, reflétant leur histoire autant que celle qu’ils racontent : le traitement des variations graphiques, de l’ordre alphabétique, ou des références au latin antique sont autant de divergences qui n’enlèvent rien à la complémentarité de ces instruments. Par ailleurs, la rédaction du dictionnaire international ayant privé la France d’un dictionnaire français du latin médiéval, le Novum Glossarium Mediae Latinitatis se doit d’en tenir compte.
Qu’on l’appelle parfois « Nouveau Du Cange » ne signifie pas que le « Dictionnaire du latin médiéval » soit une refonte de l’ancien Glossarium Mediae et Infimae Latinitatis. Même à l’achèvement du projet, ce dernier restera indispensable pour l’étude de la fin du Moyen âge, dans la mesure où la plupart des dictionnaires de l’Europe occidentale ne dépassent pas le XIIIe siècle. Et si les principaux dictionnaires de l’UAI se limitent généralement aux textes édités, les manuscrits ont représenté une part importante des sources de Charles Du Cange. Avec les instruments de l’UAI et leur ancêtre du XVIIe siècle, les médiévistes ont les moyens d’éviter le risque permanent d’anachronisme que leur font courir les dictionnaires de latin antique.
LISTE DES DICTIONNAIRES NATIONAUX
Allemagne (a. 500-1280) Mittellateinisches Wörterbuch bis zum ausgehenden 13. Jahrhundert, Bohême (a. 800-1500) Latinitatis Medii aevi Lexicon Bohemorum, Castille-León (a. 700-1230) Lexicon Latinitatis medii aevi regni Legionis imperfectum, Catalogne (a. 800-1100) Glossarium Mediae Latinitatis Cataloniae, Danemark (ante 1560) Lexicon Mediae Latinitatis Danicae, Finlande (ante 1530) Glossarium Latinitatis Medii aevi Finlandicae, Grande-Bretagne (a. 500-1600) Dictionary of Medieval Latin from British Sources, Hongrie (a. 1000-1526) Lexicon Latinitatis Medii aevi Hungariae, Irlande (a. 400-1200) The Non-Classical Lexicon of Celtic Latinity, Italie (ante 1022) Latinitatis Italicae Medii aevi Lexicon imperfectum, Pays-Bas (a. 800-1500) Lexicon Latinitatis Nederlandicae Medii aevi, Pologne (a. 1000-1600) Lexicon Mediae et Infimae Latinitatis Polonorum, Roumanie (a. 1000-1500) Glossarium Mediae Latinitatis Actorum Transylvaniae, Moldaviae et Transalpinae Historiam Illustrantium, Suède (a. 1150-1500) Glossarium Mediae Latinitatis Suediae, Yougoslavie (a. 800-1526) : Lexicon Latinitatis Medii aevi Iugoslaviae.
Adoptés en 1922 et 1957, fusionnés en 2004
Le projet TIR-FOR découle de l’unification méthodologique et conceptuelle des projets Tabula Imperii Romani (TIR) et Forma Orbis Romani (FOR), deux projets clés du XXe siècle sur la topographie cartographique de l’Antiquité romaine, conçus comme une oeuvre majeure de collaboration scientifique entre différents pays.
Le projet TIR fut lancé en 1928 par le géographe anglais O.G.S. Crawford et promu par une « Commission pour la production d’une carte de l’Empire romain » lors du 12e Congrès géographique international. Au départ, l’objectif était de produire « une carte de l’ensemble de l’Empire romain » comprenant 56 planches à l’échelle 1/1.000.000, en prenant pour exemple l’International Map of the World (IMW) qui venait d’être publiée. Le projet est précieux car il apporte une meilleure compréhension topographique de l’Empire romain non seulement dans le cadre des sciences géographiques, mais également dans les domaines de l’histoire, de l’archéologie et des relations économiques et sociales du monde romain antique. Après la Seconde Guerre mondiale, le projet fut placé sous les auspices de l’UAI. Une commission internationale fut constituée, présidée initialement par G. Lugli (1957-1967), qui promut et renouvela les orientations du projet. Après Lugli, le projet fut successivement dirigé par J.B. Ward Perkins (1967-1980), E. Condurachi (1981-1988), G. Carettoni (1988-1991) et P. Sommella (1992-2013).
En parallèle, à partir de 1919, l’UAI présenta le projet FOR comme une collaboration majeure entre pays visant à produire la carte du monde romain. Ce fut une grande tentative d’unification méthodologique que de publier des cartes archéologiques de l’Empire romain dans son entièreté selon le même schéma, à l’échelle 1/50.000 ou 1/25.000, ainsi que les volumes correspondants détaillant les sites archéologiques qui y figurent.
Dès le départ, les deux projets ont été très bien acceptés et ont eu une grande continuité. Du côté de la TIR, les volumes de planches correspondant à presque tous les pays européens et à certains pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont été publiés sur papier, en 34 volumes, les trois derniers correspondant à la planche J-34 publiée par l’Académie d’Athènes en 2016. En ce qui concerne la FOR, les 52 volumes publiés des Forma Italiae se distinguent par leur qualité scientifique.
La mise en oeuvre progressive des nouvelles technologies et la réduction de l’importance de l’échelle qui en a résulté ont incité l’UAI, lors de son assemblée générale de 2004, à unifier les projets. Avec les nouvelles applications, FOR est devenu une extension et un développement en profondeur du TIR pour des régions données, particulièrement riches en documentation écrite ou archéologique du monde romain antique.
Depuis 2014, la Commission internationale TIR-FOR a défini un nouvel objectif de grande envergure pour ce projet. Ainsi, sur base des informations rassemblées dans ses nombreuses publications, il s’agit de numériser toutes les informations géographiques et archéologiques du TIR-FOR dans une base de données volumineuse, selon des critères unifiés, placée dans un site web unique en libre accès. Le premier objectif est de produire une carte interactive de l’empire romain, avec des informations et des liens supplémentaires en accès libre (Linked Open Data), tout en produisant une nouvelle méthodologie avec une base de données commune à tous les pays, accessible en ligne et pouvant être optimisée avec un SIG. En bref, un répertoire topographique lié à une base de données cartographique avec des révisions et des mises à jour scientifiques.
Le développement de cet objectif permet la visualisation et la consultation de données sur des cartes utilisant différentes bases cartographiques. Des liens sont attendus vers d’autres ressources informatiques (telles que Pelagios, GAP, ORBIS et Europeana) et l’introduction d’informations supplémentaires, telles que des photographies, des vidéos, des liens vers des musées, des informations sur des sites pouvant être visités, etc. Cela implique la création et la maintenance d’un outil de travail dans lequel les chercheurs peuvent trouver : la carte de l’empire romain (cartes thématiques, typologiques et chronologiques) avec des informations de base sur tous les sites et noms de lieux, les ressources disponibles pour chacun d’entre eux, les voies de communication, les richesses naturelles exploitées dans l’Antiquité et les informations géographiques issues des sources anciennes et de l’archéologie. Cette nouvelle conception globale du projet, associée à l’amélioration de son utilité scientifique, ouvre la possibilité de l’exploiter en tant qu’outil de grande envergure pour la promotion de la culture, de l’éducation et du tourisme.
Adopté en 1922
Les objectifs de ce projet à long terme dirigé par l’Académie du Japon sont les suivants : rassembler des reproductions sur microfilms de documents historiques non publiés concernant le Japon et conservés à l’étranger afin de les analyser, d’en établir des inventaires, de les retranscrire, de les traduire et de les publier avec des annotations.
La collection est de loin la plus importante au Japon et est principalement composée de documents historiques des États-Unis et d’Europe, ainsi que de documents concernant les ministères des affaires étrangères de divers pays et la Compagnie des Indes orientales.
Ce projet a été proposé et accepté en 1922 lors de la troisième assemblée générale de l’UAI sur proposition de l’Académie impériale du Japon. Au cours de la période 1923-1940, l’Académie a rassemblé des copies manuscrites des quelques 1985 volumes conservés aux Pays-Bas.
Après la Seconde Guerre mondiale, en 1954, le projet a été repris à la demande de l’Académie, désormais rebaptisée Académie du Japon. Le travail a été confié à l’Institut historiographique de l’Université de Tokyo, qui a continué de recueillir des documents par microfilmage au lieu de les copier à la main.
Au moment où l’Institut historiographique publia l'Historical Documents relating to Japan in Foreign Countries: An Inventory of Microfilm Acquisitions in the Library of the Historiographical Institute (The University of Tokyo, en 14 volumes, Tokyo, 1963-1969), il avait établi une collection de 700.000 prises de vues provenant de 16 pays. Ceux-ci incluent des copies de documents historiques conservés aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, en Suède, au Vatican, en Italie, au Portugal, en Espagne, au Mexique, en France, en Australie, en Inde, en Indonésie, au Royaume-Uni, en Autriche, au Danemark et en Belgique. Le projet a été subventionné pour une première période entre 1954 et 1966 (par l’UAI en 1954, par l’UNESCO et le Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), de 1954 à 1966).
Sur recommandation de l'UAI, l'UNESCO et le CIPSH ont soutenu le projet pour une seconde période de 1975 à 1985. Le gouvernement néerlandais a également apporté son soutien à ce projet à ses débuts.
A la fin de cette seconde période, le nombre total de microfilms s'élevait à 1 141 088 prises de vues sur 2 052 bobines. Ces documents provenaient de 61 institutions dispersées et dans 19 pays.
Bien que le financement du projet soit terminé, l’Institut historiographique continue de collecter des reproductions de documents au moyen de microfilms et d’images numériques et s’emploie actuellement à numériser ses collections de microfilms, y compris les documents étrangers. L’Institut a entrepris la publication des documents importants de ces collections dans leur langue originale avec des traductions en japonais, sous le nom de « Nihon Kankei Kaigai Shiryo (documents historiques en langues étrangères relatives au Japon) ». Des progrès réguliers ont été réalisés, avec pour résultat les publications ci-dessous.
L’Institut historiographique a mis au point la « Catalogue Database of the Batavia's Uitgaand Briefboek, 1621-1792 (BUB) », dont les volumes originaux sont conservés aux Archives nationales des Pays-Bas, à La Haye.
Ces activités bénéficient du soutien du gouvernement japonais et d’autres organismes de financement.
L’Académie du Japon et l’Institut historiographique poursuivent leurs recherches sur divers documents inédits concernant le Japon. Récemment, ils ont rassemblé des documents historiques en Asie de l’Est et en Russie. L’Institut historiographique développe désormais des relations de collaboration avec les Archives historiques de l’État russe, les Archives navales de l’État russe, l’Institut des manuscrits orientaux de l’Académie des sciences de Russie et les Premières Archives historiques de Chine. Ils ont publié trois catalogues de documents historiques relatifs au Japon conservés en Russie et en Chine. Chaque année, l’Académie du Japon subventionne des échanges de recherche avec des instituts étrangers afin de développer de futures activités de collaboration liées à ce projet.
Adopté en 1922
Les objectifs de ce projet à long terme dirigé par l’Académie du Japon sont les suivants : rassembler des reproductions sur microfilms de documents historiques non publiés concernant le Japon et conservés à l’étranger afin de les analyser, d’en établir des inventaires, de les retranscrire, de les traduire et de les publier avec des annotations.
La collection est de loin la plus importante au Japon et est principalement composée de documents historiques des États-Unis et d’Europe, ainsi que de documents concernant les ministères des affaires étrangères de divers pays et la Compagnie des Indes orientales.
Ce projet a été proposé et accepté en 1922 lors de la troisième assemblée générale de l’UAI sur proposition de l’Académie impériale du Japon. Au cours de la période 1923-1940, l’Académie a rassemblé des copies manuscrites des quelques 1985 volumes conservés aux Pays-Bas.
Après la Seconde Guerre mondiale, en 1954, le projet a été repris à la demande de l’Académie, désormais rebaptisée Académie du Japon. Le travail a été confié à l’Institut historiographique de l’Université de Tokyo, qui a continué de recueillir des documents par microfilmage au lieu de les copier à la main.
Au moment où l’Institut historiographique publia l'Historical Documents relating to Japan in Foreign Countries: An Inventory of Microfilm Acquisitions in the Library of the Historiographical Institute (The University of Tokyo, en 14 volumes, Tokyo, 1963-1969), il avait établi une collection de 700.000 prises de vues provenant de 16 pays. Ceux-ci incluent des copies de documents historiques conservés aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, en Suède, au Vatican, en Italie, au Portugal, en Espagne, au Mexique, en France, en Australie, en Inde, en Indonésie, au Royaume-Uni, en Autriche, au Danemark et en Belgique. Le projet a été subventionné pour une première période entre 1954 et 1966 (par l’UAI en 1954, par l’UNESCO et le Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), de 1954 à 1966).
Sur recommandation de l'UAI, l'UNESCO et le CIPSH ont soutenu le projet pour une seconde période de 1975 à 1985. Le gouvernement néerlandais a également apporté son soutien à ce projet à ses débuts.
A la fin de cette seconde période, le nombre total de microfilms s'élevait à 1 141 088 prises de vues sur 2 052 bobines. Ces documents provenaient de 61 institutions dispersées et dans 19 pays.
Bien que le financement du projet soit terminé, l’Institut historiographique continue de collecter des reproductions de documents au moyen de microfilms et d’images numériques et s’emploie actuellement à numériser ses collections de microfilms, y compris les documents étrangers. L’Institut a entrepris la publication des documents importants de ces collections dans leur langue originale avec des traductions en japonais, sous le nom de « Nihon Kankei Kaigai Shiryo (documents historiques en langues étrangères relatives au Japon) ». Des progrès réguliers ont été réalisés, avec pour résultat les publications ci-dessous.
L’Institut historiographique a mis au point la « Catalogue Database of the Batavia's Uitgaand Briefboek, 1621-1792 (BUB) », dont les volumes originaux sont conservés aux Archives nationales des Pays-Bas, à La Haye.
Ces activités bénéficient du soutien du gouvernement japonais et d’autres organismes de financement.
L’Académie du Japon et l’Institut historiographique poursuivent leurs recherches sur divers documents inédits concernant le Japon. Récemment, ils ont rassemblé des documents historiques en Asie de l’Est et en Russie. L’Institut historiographique développe désormais des relations de collaboration avec les Archives historiques de l’État russe, les Archives navales de l’État russe, l’Institut des manuscrits orientaux de l’Académie des sciences de Russie et les Premières Archives historiques de Chine. Ils ont publié trois catalogues de documents historiques relatifs au Japon conservés en Russie et en Chine. Chaque année, l’Académie du Japon subventionne des échanges de recherche avec des instituts étrangers afin de développer de futures activités de collaboration liées à ce projet.
Adopted in 1971
Adopté en 1972
Dans le cadre du Corpus Philosophorum Medii Aevi, le projet Avicenna latinus (conçu par Simone Van Riet sous l’impulsion du professeur Gérard Verbeke, historien de la philosophie médiévale), a pour but de publier en éditions critiques les traductions latines médiévales des traités philosophiques d’Avicenne (Ibn Sīnā) contenus dans le Shifā’. Les quatre parties du Shifā’ sont, comme on le sait, la Logique, les Sciences naturelles, les Mathématiques et la Métaphysique.
Dans la collection de l’Avicenna Latinus, créée en 1968, Simone Van Riet publia les traductions latines de la Métaphysique (Liber de Philosophia prima sive Scientia divina, en 1977, 1980 et 1983) et celles de plusieurs livres de Sciences naturelles (Naturalium) : le livre VI (Liber de anima seu sextus de naturalibus, en 1968 et 1972), le livre III (De generatione et corruptione, en 1987), le livre IV (De actionibus et passionibus qualitatum primarum, en 1989) et le premier traité du livre I, consacré à la Physique (De causis et principiis naturalium, en 1992).
Simone Van Riet n’eut pas à s’occuper des Mathématiques, non traduites au Moyen Âge, et elle n’envisagea pas d’éditer elle-même la traduction latine de la Logique.
Lorsque la mort la surprit — le 28 novembre 1993 — la philologue préparait une édition augmentée des Codices décrits par Marie-Thérèse d’Alverny (ouvrage publié posthume, par les soins de Pierre Jodogne, en 1994) et elle avait entrepris l’édition du Tractatus secundus (De motu et de consimilibus) du Liber primus naturalium (consacré à la Physique).
Après son décès, André Allard, philologue classique, historien des sciences, fut chargé par l’Académie royale de Belgique de veiller à l’achèvement de l’oeuvre. Celui-ci s’adressa à M. Jules Janssens, spécialiste de la philosophie médiévale et philologue arabisant, qui accepta de poursuivre, dans les pas de Simone Van Riet, le grand travail interrompu.
Les efforts conjugués d’André Allard et de M. Jules Janssens aboutirent, en 2006, à l’édition du Tractatus secundus du Liber primus naturalium. Ce travail respecte scrupuleusement la structure choisie par Simone Van Riet pour la collection de l’Avicenna Latinus : le texte latin, objet de l’édition, est confronté avec le texte original arabe et les résultats de cette confrontation sont présentés dans l’apparat latino-arabe et dans les notes qui accompagnent le texte latin.
Le travail des deux philologues se concentra ensuite sur la traduction du Tractatus tertius, quand le décès prématuré d’André Allard, survenu le 16 mai 2014, laissa M. Jules Janssens seul aux prises avec les difficultés nombreuses présentées par le texte latin. La traduction (non intégrale) de ce traité III, réalisée en deux temps dans l’Espagne des XIIe et XIIIe siècles, est, en majeure partie, conservée dans un unique manuscrit dont le texte latin contient d’innombrables erreurs et dont le texte arabe qu’il traduit n’est pas encore accessible dans une édition critique. Aidé par Marc Geoffroy (CNRS, Paris) (†), M. Janssens a eu le mérite de mener à bien cette tâche ardue. Son édition de la traduction latine du Tractatus tertius, publiée en 2017, achève donc l’ambitieux travail philologique entrepris par Simone Van Riet. Il sera toutefois complété par l’édition des Index lexicaux des livres de Sciences naturelles.
Adopted in 1974
Adopté en 1952
L’objectif du projet « Arnau de Vilanova » (Arnaldi de Villanova Opera Theologica Omnia) consiste à publier en édition critique l’oeuvre spirituelle ou théologique d’Arnau de Vilanova.
Dès le début de sa création, l’Institut d’Estudis Catalans a démontré son intérêt par la personnalité du penseur et médecin Arnau de Vilanova. En 1948, l’Institut d’Estudis Catalans a constitué une commission chargée de promouvoir la publication des oeuvres spirituelles d’Arnau de Vilanova, composée par les docteurs Ramon Aramon, Miquel Batllori, Pere Bohigas, Joaquim Carreras i Artau, Jordi Rubió et Ferran Soldevila. Ramon Aramon a présenté le projet intitulé Arnaldi de Villanova Opera Spiritualia à l’Union Académique Internationale lors de la réunion de la XXIVème session (Bruxelles, 1950). Au cours de la XXVème session (London, 1951), l’Union Académique Internationale a décidé que ce projet ferait partie du Corpus Philosophorum Medii Aevi.
Olga Marinelli, Josep Morató, Anscari M. Mundó et Joan Nadal ont rejoint le projet plus tard. Le projet a donné lieu à des publications remarquables : l’Expositio super Apocalypsi (1971) et les versions grecques d’oeuvres spirituelles d’Arnau de Vilanova (2002).
Entre les années 2002 et 2004, le projet a été redéfini. Les nouvelles recherches arnaldiennes effectuées par Josep Perarnau i Espelt ont amélioré considérablement les études arnaldiennes. D’un côté, des nouveaux manuscrits et des nouvelles oeuvres arnaldiennes sont apparues ; de l’autre, l’Expositio super Apocalypsi, l’oeuvre la plus importante d’Arnau de Vilanova, est considérée maintenant apocryphe. La paternité d’autres oeuvres a été également reconsidérée. Les Trobades Internacionals d’Estudis sobre Arnau de Vilanova, tenues à Barcelone en 1994, 2004 et 2011, ont abordé des problèmes liés aux oeuvres d’Arnau de Vilanova et à leur édition.
À partir de 2004, le nom du project a été changé, et on l’a appelé Arnaldi de Villanova Opera Theologica Omnia (AVOThO), dont les objectifs sont de publier : a) les oeuvres latines, b) le recueil épistolaire, et le reste de versions anciennes. Jusqu’à aujourd’hui, on a publié trois volumes (numéros III, IV, V) et le quatrième est déjà en train d’imprimer. Les oeuvres déjà publiés sont l’Introductio in librum Ioachim de semine scripturarum, l’Allocutio super significatione nominis tetragrammaton, l’Alphabetum catholicorum sive de elementis catholicae fidei, le Tractatus de prudentia catholicorum scolarium et le Tractatus de tempore adventus antichristi.
Les caractéristiques techniques des Arnaldi de Villanova Opera Theologica Omnia sont les suivantes :
Édition du texte, avec un triple apparat critique avec : 1) variantes des divers manuscrits connus de l’ouvrage édité ; 2) sources ; et 3) commentaires. Les lignes du texte sont numérotées et les apparats critiques utilisent cette numérotation comme système de référence.
Une étude qui offre aux lecteurs les informations nécessaires pour bien comprendre le texte édité : contexte, analyse du contenu, information sur les manuscrits connus, stemma codicum, ratio editionis et bibliographie.
Index complémentaires : 1) des mots utilisés dans le travail édité, 2) des citations bibliques, 3) des sources utilisées ; 4) des anthroponymes, et 5) l’index général.
En 2011, l’Institut d’Estudis Catalans et la Facultat de Teologia de Catalunya (Ateneu Universitari Sant Pacià) ont créé le Centre Internacional d’Estudis sobre Arnau de Vilanova (directeur : Josep Perarnau i Valls, directeur adjoint : Jaume Mensa i Valls) dont le but est la promotion de l’édition et l’étude des oeuvres arnaldiennes.
En 2017, l’Institut d’Estudis Catalans nomme une nouvelle commission formée par Josep Perarnau, Jaume Mensa, Josep Alanyà, Lluís Cifuentes, Sebastià Giralt, Francesco Santi et Barbara Scavizzi.
Adopted in 1965
Adopté en 1984
Dans les années 1980, le manque d'éditions critiques fiables des oeuvres des philosophes byzantins constituait un obstacle majeur à l'étude détaillée de la philosophie de cette période importante. L'Académie d'Athènes a fondé en 1984 une nouvelle série d'éditions critiques, Philosophi Byzantini, en tant que sous-série du Corpus Philosophorum Medii Aevi, afin de remédier à ce manque.
Tous les volumes comprennent le texte grec, un appareil critique reprenant les variantes et un appareil de sources. L'introduction est un compte rendu du contexte historique et philosophique de l'oeuvre. Le volume est également enrichi d'une traduction du texte grec dans l'une des langues internationales lorsque la longueur des travaux le permet.
Durant les années qui ont suivi la publication du premier volume des Philosophi Byzantini (A critical edition with an Introduction on Nicholas' Life and Work par Athanasios Angelou, 1984), l'importance de publier de façon critique et scientifique l'impressionnant corpus des commentaires d'Aristote rédigés par les philosophes de Byzance est devenue de plus en plus évidente et nécessaire.
Devant cette constatation et suivant alors une proposition exprimée par le Comité international de supervision de la série des Philosophi Byzantini, l'Académie d'Athènes a vivement encouragé en 1994 l'élargissement de la série de base des oeuvres et travaux consacrés aux philosophes byzantins à une nouvelle série qu'elle a baptisée Commentaria in Aristotelem Byzantina, dans laquelle plusieurs volumes ont déjà vu le jour.
Adopté en 1933
Le projet Monumenta Musicae Byzantinae a pour objectif de rendre accessibles de manière très large les traditions musicales du rite byzantin, qui sont importantes mais qui étaient, jusqu’au début de ce projet, presque inaccessibles. Le projet vise à reconstruire autant que possible l’origine de ces traditions musicales et à les interpréter, et a tenté d’y parvenir à travers la publication de manuscrits liés à la musique de l’Église byzantine au Moyen Âge, ainsi que par des transcriptions et des études de la notation, de l’histoire et des types de musique byzantine.
Les Monumenta Musicae Byzantinae se composent de cinq séries :
Série principale (manuscrits byzantins en fac-similé)
Series Subsidia (études concernant la musique byzantine)
Series Transcripta (transcriptions modernes de types centraux de chants liturgiques byzantins)
Series Lectionaria (Prophetologium)
Corpus Scriptorum de Re Musica (écrits théoriques)
Le projet a été adopté par l’Académie royale danoise des Sciences et des Lettres (Det Kongelige Danske Videnskabernes Selskab) en 1931 et peu de temps après par l’UAI. Le programme éditorial des MMB a commencé en 1935 sous la direction de Carsten Høeg. Depuis lors, l’Université de Copenhague a hébergé des activités de recherche continues dans le domaine du chant byzantin.
Collection de microfilms et de photographies
La collection de microfilms des MMB contient plus de 680 numéros. Elle est destinée aux universitaires attachés aux MMB, à l’Institut, aux universitaires invités et aux étudiants diplômés qui ont choisi le chant byzantin comme sujet de recherche. L’accès à autant de sources en un seul endroit est extrêmement utile lors de l’étude des différents genres de chant byzantin ou des lectures multiples d’un chant spécifique.
L’inventaire (qui sert de clé à la collection) est mis ici à la disposition des collègues conformément aux objectifs de l’International Musicological Society Study Group Cantus Planus, qui encourage la coopération dans les projets assistés par ordinateur et l’échange de données sous forme électronique.
L’inventaire se veut avant tout un outil d’identification des sources contenant des répertoires spécifiques de chant byzantin en phase de recherche initiale. Par conséquent, un certain nombre de références à des descriptions déjà existantes sont incluses chaque fois qu’elles présentent des données plus détaillées que cet inventaire. Les questions codicologiques telles que les matériaux, l’état de conservation, la taille, le nombre de lignes, etc. ne sont généralement pas prises en compte.
Un ancien dossier sous format papier (cartes) fut le point de départ du projet. Il devait être mis à jour et la recherche systématique dans la collection n’était pas aisée. Grâce à la conversion en un inventaire informatisé, des informations inestimables, stockées au fil des ans dans cet index de cartes et dans un certain nombre de cahiers par Carsten Høeg, Jørgen Raasted, Christian Thodberg et Sysse Engberg, ont été rendues plus accessibles. Cette partie du projet a été lancé en 1992 et financée grâce à une subvention de la Fondation Carlsberg.
Adopté en 1951
Le Catalogus Translationum et Commentariorum (CTC) fournit aux chercheurs et aux étudiants un guide sans égal sur la tradition classique et son devenir dans toute son inépuisable diversité.
Le plan initial du projet a été élaboré entre 1945 et 1946 sous l’égide de l’American Council of Learned Societies. Son organisation e été formalisée en 1946 et implique un comité exécutif, un comité de rédaction et un comité consultatif international. Le projet a été adopté par l’Union Académique Internationale en 1951 à l'initiative de la Medieval Academy of America.
Les objectifs généraux de Catalogus ont été définis à ses débuts en 1958 par le fondateur et premier rédacteur en chef du projet, Paul Oskar Kristeller, et ont été publiés comme préface du premier volume de la série. Le CTC est destiné à illustrer la transmission des idées et l’influence des auteurs grecs et latins antiques (jusqu’en 600 de notre ère) au Moyen Âge et à la Renaissance (jusqu’en 1600 de notre ère). Au fil du temps, la conception initiale du Catalogus a évolué dans des directions reflétant les développements dans le domaine en pleine expansion des études relatives à la réception de l’Antiquité classique. La période couverte par les articles a été étendue au-delà du terminus d'origine pour permettre aux contributeurs d’explorer l’historique de la réception de leurs auteurs après cette date, et ce jusqu’à la période contemporaine. Des traductions vernaculaires et des commentaires ont également été inclus dans le champ de la série. En outre, certains des principes les plus austères énoncés par le fondateur du projet ont été modifiés : la portée des articles s’est élargie pour inclure non seulement de longues dédicaces dans des manuscrits ou des éditions imprimées anciennes, mais aussi d’autres documents paratextuels utiles à la compréhension de la Nachleben des auteurs antiques.
Chaque article du CTC traite d’un auteur classique individuel, en commençant par une étude approfondie de la réception de l’auteur de l’Antiquité à l’époque moderne. Cette étude de la « Fortuna » est suivie d’une bibliographie complète et de listes détaillées de commentaires et de traductions des oeuvres de l’auteur dans différentes langues. Pour chaque traduction et chaque commentaire, le Catalogus fournit une brève introduction sur le contexte historique, une description de l’oeuvre et une liste de tous les manuscrits et éditions imprimées connus. Une brève bio-bibliographique de chaque traducteur ou commentateur médiéval ou postérieur est également incluse.
Un volume typique du CTC contient des articles sur des auteurs grecs et latins, avec une section d’Addenda et de Corrigenda à la fin, ainsi que divers index. Depuis la publication du premier volume en 1960, dix autres volumes ont été publiés, comprenant plus de 100 articles ; de nombreux autres articles sont en préparation.
Au cours de sa longue histoire, le Catalogus Translationum et Commentariorum est devenu un outil de recherche indispensable pour les chercheurs s’intéressant à l’histoire de la tradition classique en Occident au Moyen Âge, à la Renaissance et au-delà. Le projet regroupe une équipe internationale de contributeurs de douze pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Étant donné l’intérêt croissant que suscite l’histoire de la réception de la littérature grecque et latine classique dans les départements d’anglais, de français, d’allemand, de diverses autres langues européennes et de littérature comparée, la recherche fondamentale qui caractérise le CTC est plus vitale que jamais pour la recherche en sciences humaines
Les vastes ressources représentées par le Catalogus sont également accessibles électroniquement : des versions numérisées des neuf premiers volumes sont disponibles dans la collection de livres électroniques ACLS Humanities, et des index composites d’auteurs, traducteurs et commentateurs anciens, de manuscrits et d’auteurs de tous les articles peuvent également être trouvés sur le site web du projet.
Adopté en 1951
Le Chicago Assyrian Dictionary est le projet principal à l’origine de cette série de dictionnaires. Il fut adopté par l’UAI en 1951 et trois projets auxiliaires lui furent adjoints au fil du temps. Ces projets sont les suivants :
Chicago Assyrian Dictionnary (CAD)
Le Chicago Assyrian Dictionary, lancé en 1921 par James Henry Breasted, compile un dictionnaire complet des divers dialectes de l’akkadien, la première langue sémitique connue qui fut écrite sous forme de textes en écriture cunéiforme, entre ca. 2400 av. J.-C. et 100 ap. J.-C. – textes qui furent récupérés lors de fouilles archéologiques sur d’anciens sites du Proche-Orient. Ce dictionnaire assyrien est une entreprise conjointe de chercheurs résidents et non-résidents du monde entier qui ont consacré leur temps et leur travail à la collecte des sources et à la publication du dictionnaire pendant une période de soixante-dix ans. Le dictionnaire a été achevé en 2010 avec la publication de son 21e volume.
Materialien Zum Sumerischen Lexikon (MSL)
Il s’agit d’une reconstruction des textes lexicaux sumériens et akkadiens publiés sous le parrainage de l’Institut biblique pontifical (16 volumes).
Materials for the Assyrian Dictionnary (MAD)
La série est publiée par l’Oriental Institute de l’Université de Chicago (5 volumes).
Materiali per il vocabolario neosumerico
Ce sous-projet fut initié par l’Unione Accademica Nazionale en 1971 (22 volumes).
I Dizionari del Vicino Oriente Antico
Le projet « I Dizionari del Vicino Oriente Antico » vise à relancer et à achever le projet « Dizionario Sumerico and Dizionario Assiro », pris en charge par l’Unione Accademica Nazionale.
Le nouveau plan de travail du projet – qui a débuté à la fin de l’année 2015 – comprend la préparation d’une série presque complète de dictionnaires sur les langues parlées et écrites dans le Proche-Orient ancien – à savoir les régions syro-levantine, mésopotamienne, iranienne, anatolienne et égyptienne – depuis l’Âge du Bronze jusqu’à la fin de l’Antiquité. Ce projet ambitieux vise tout d’abord à fournir aux chercheurs – aussi bien aux étudiants universitaires qu’aux spécialistes – des instruments facilement accessibles, concis et en même temps très fiables pour l’étude des textes anciens. Le comité scientifique est d’avis que la connaissance des langues anciennes du Proche-Orient est essentielle à la compréhension de la richesse culturelle de la région et de ses relations profondes avec la culture européenne et, par conséquent, toute la série des dictionnaires est essentielle pour les chercheurs de différentes disciplines (philologie, histoire et archéologie). Il faut également souligner que, si le choix de l’italien comme langue de traduction correspond à la fonction principalement didactique des dictionnaires, il est également motivé par l’intention de promouvoir une nouvelle étude lexicographique approfondie, basée sur des connaissances linguistiques et philologiques actualisées, et qui recourt aux dictionnaires existants en anglais et en allemand, mais propose une refonte radicale des matériaux lexicaux.
Au cours des deux dernières années, le travail s’est concentré sur deux dictionnaires : le sumérien et le néo-assyrien.
Dans le premier cas, les lemmes appartiennent à un secteur spécifique de la documentation, qui apparaît central dans la pratique didactique des cours universitaires, c’est-à-dire les inscriptions royales, et est particulièrement intéressant même pour les non-spécialistes. Par rapport aux répertoires existants, le dictionnaire se veut facilement consultable, concis et caractérisé par une perspective historique pour chaque lemme. Les travaux de recherche et de rédaction ont été confiés au Dr Massimo Maiocchi, sous la supervision du Prof. Dr Gebhard Selz. La publication du volume est prévue avant fin 2019.
Le dictionnaire néo-assyrien est conçu comme un complément important aux dictionnaires existants, dans la mesure où il considère une variante spécifique de la langue akkadienne, utilisée en Assyrie aux Xe-VIIe siècles av. J.-C., surtout dans les documents issus des bureaux de l’administration impériale. Le dictionnaire spécifiquement consacré à ces textes est considéré comme un outil important et innovant pour la compréhension de cette langue et est, en même temps, un outil concis et facilement utilisable pour l’étude de la documentation. La préparation du volume a été confiée au Dr Silvia Salin, avec la collaboration et la supervision des Prof. M.M. Fales et S. Ponchia. La publication est prévue dans environ deux ans.
Le travail sur ces deux dictionnaires est possible grâce à la coopération entre les départements des universités de Vérone et de Venise – Ca’ Foscari et, principalement, de l’ISMEO et d’un projet dirigé là par le professeur Adriano Rossi et financé par le ministère italien des universités (MIUR). Ces institutions financent le travail des chercheurs par des subventions annuelles.
Entre-temps, le début des travaux sur d’autres dictionnaires (à savoir : babylonien standard, élamite, hittite, ougaritique, égyptien, phénicien et punique, araméen, et en plus syriaque et copte) est planifié selon un calendrier qui sera progressivement défini en fonction de la disponibilité des ressources.
Adopté en 1956
Le but du Corpus Vitrearum est l’enregistrement minutieux de tous les vitraux historiques, à la fois en Europe et dans les musées américains et canadiens, sur la base de directives communes et contraignantes définies par le projet. Celui-ci, actuellement actif dans quatorze pays, a été confié au Comité International d’Histoire de l’Art (CIHA) immédiatement après sa création en 1952 et, depuis 1956, il est sous le patronage de l’UAI. Au début, sous le nom de Corpus Vitrearum Medii Aevi, l’entreprise a limité son travail à la documentation des vitraux médiévaux. Depuis lors, plusieurs comités de différents pays (ceux de Belgique, de France, des Pays-Bas et de Suisse) ont étendu leur ère de recherche pour inclure les vitraux jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. En 2014, l’Assemblée générale a également décidé d’étendre le projet à l’étude des oeuvres de 1800 à nos jours.
L’organisation du Corpus Vitrearum est basée sur les comités nationaux de ses états membres, composés de chercheurs, de restaurateurs et de scientifiques associés. Tous les quatre ans, un conseil est élu dans leurs rangs, composé d’un président, de deux vice-présidents, dont l’un est désigné comme trésorier et d’un secrétaire. Le Corpus Vitrearum et l’ICOMOS partagent également un comité international pour la conservation des vitraux (composé d’un président, d’un vice-président et d’un secrétaire). Les membres actuels sont l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Russie, l’Espagne avec la Catalogne, la Suisse et les États-Unis. Les pays scandinaves, la République tchèque et la Slovaquie ont publié leurs corpus de vitraux médiévaux en 1965 et 1975, puis ont abandonné le projet.
Ce travail systématique est né grâce à la documentation photographique rendue nécessaire par le sauvetage des vitraux médiévaux pendant la Seconde Guerre mondiale. Les initiatives individuelles ont été regroupées par l’historien de l’art suisse Hans R. Hahnloser et ont conduit, en 1952, lors du Congrès International d’Histoire de l’Art à Amsterdam, à la fondation du Corpus Vitrearum Medii Aevi (CVMA), la première entreprise d’histoire de l’art à être organisée au niveau international.
Les panneaux des vitraux – décimés, partiellement remplacés au cours des siècles et, plus récemment, affectés par des facteurs environnementaux – sont documentés photographiquement et soumis à une autopsie critique, panneau par panneau. Toutes les traces d’entretien et de restauration entreprises au fil du temps, généralement visibles de près uniquement, sont documentées au moyen de dessins schématiques. L’ensemble du processus est reconstitué, sur la base d’une recherche archivistique approfondie, dans les chapitres traitant de l’histoire du vitrail lui-même et de sa restauration. Les fenêtres sont ensuite examinées en fonction de leur programme iconographique et de leur contexte artistique, ainsi que de leur fonction dans l’espace intérieur de l’église. Les résultats sont publiés sous forme de monographies, classées topographiquement par région et conformément aux directives convenues par l’International Corpus Vitrearum (www.corpusvitrearum.org/Guidelines).
Depuis sa création, plus de 140 volumes du Corpus ont été publiés, dont 92 monographies sur les vitraux de bâtiments individuels, de villes et de régions, 25 volumes dans les séries Recensement, Catalogue sommaire et Checklist, et 22 études et documents occasionnels sur des sujets clés spécifiques. Et cela, sans compter les actes de colloques internationaux (www.corpusvitrearum.org/Status of Publications).
Les colloques réguliers représentent l’outil le plus important de diffusion et d’échanges pour les experts et une interconnexion étroite de la communauté scientifique du Corpus Vitrearum. Se déroulant à l’origine à intervalles irréguliers, des intervalles biennaux ont été introduits après 1982 et les membres du Comité international du Corpus Vitrearum se réunissent tous les deux ans depuis cette date (à une exception près). Parmi les lieux les plus récents figurent Anvers (2018), Troyes (2016), York (2014), Vienne (2012), Saint-Pétersbourg (2010), Zurich (2008), Tours (2006), Nuremberg (2004), Bruxelles (2002) et Bristol (2000). Une limitation volontaire aux trois langues officielles du Corpus Vitrearum – anglais, français et allemand – garantit la communication. Les jeunes chercheurs sont invités à assister régulièrement aux colloques et sont ainsi encouragés à poursuivre les travaux commencés en 1952.
Adopté en 1961
Lors de sa 82ème assemblée, l’Union Académique Internationale a chargé l’Institut d’Études Catalanes de la poursuite du projet Corpus des Troubadours, qui avait été lancé et dirigé par Ramón Aramon i Serra (en collaboration avec Aurelio Roncaglia, à partir de 1982), puis, plus récemment, par le Prof. Alberto Várvaro. C'est le professeur Aurelio Roncaglia qui a fait de ce projet un projet pilote dans l'étude des troubadours.
L’oeuvre des troubadours, mise à cette époque — et aujourd’hui encore — à la hauteur des classiques, constitue une des pièces fondamentales de l’histoire de la culture européenne. L’objectif initial du projet, en 1962, était donc d’offrir une édition fiable de l’ensemble de leur production qui se trouvait éparpillée dans des éditions individuelles, bien souvent d’accès difficile. Il s’est révélé que le niveau des études et des éditions disponibles à ce moment-là ne permettait pas d’atteindre cet objectif, c’est donc pour cette raison que fut créée la collection « Corpus des Troubadours » afin de mener à bien les études de base nécessaires et de les publier ensuite.
Bien évidemment, nous considérons la culture des troubadours et non seulement leur lyrique, comme l’une des pierres angulaires de l’idiosyncrasie européenne et c’est pourquoi, elle doit toujours être analysée dans une perspective rigoureuse, universelle et actuelle ; fort heureusement, la recherche a énormément progressé au cours des cinq dernières décennies. Il va sans dire que l’approfondissement de nos connaissances sur la tradition des troubadours recevra, à l’avenir, le même accueil qu’à l’époque précédente. De plus, au cours de cette nouvelle étape, avec le parrainage et la gestion de l’Institut d’Études Catalanes, la promotion et la publication d’études et d´éditions se poursuivront avec la même rigueur et le même niveau qui ont caractérisé notre projet depuis le début.
Nous voulons, en premier lieu, mettre l’accent sur l’importance des troubadours dans l’histoire européenne et fomenter les études sur leur impact et sur leur réception, si pertinents dans la perspective des études littéraires actuelles. Ainsi, l’analyse de l’empreinte des troubadours dans la tradition européenne constituera un nouvel axe de nos recherches ; nous accorderons donc une attention toute particulière aux troubadours catalans et à la tradition littéraire occitane en Catalogne, pays qui a toujours été, depuis ses origines, étroitement lié à la culture occitane.
De nos jours, les études occitanes se sont développées dans le monde entier. Malheureusement, les éditions sont encore difficilement accessibles car elles sont souvent très anciennes et, en raison de leurs tirages limités, elles n’arrivaient qu’aux bibliothèques ou aux centres de recherches où il existait un intérêt pour ces sujets. Le parrainage économique et les moyens mis à la disposition du projet par l’Institut d’Études Catalanes nous permettent de relever ce défi.
Le temps écoulé et le niveau d’excellence atteint dans les travaux sur l’occitan font qu’il nous est possible, aujourd’hui, d’affronter l’avenir depuis de nouvelles perspectives et, qui plus est, avec de nouveaux outils. C’est pour cette raison que nous avons créé ce site web, préparé pour reproduire, pour les chercheurs et les lecteurs intéressés, toutes ces éditions encore en vigueur ou utiles pour un travail philologique et pour lesquelles nous avons pu obtenir les permis correspondants.
Il est clair qu’Internet est devenu un outil fantastique et incontournable, capable de nous livrer à domicile les contenus les plus incroyables : facsimilés des manuscrits, reproduction de livres introuvables, de revues anciennes difficilement accessibles, catalogues de bibliothèques, bases de données… Avec ce site web spécifique pour le Corpus des Troubadours, nous espérons contribuer à sa connaissance et à la recherche, en offrant aux spécialistes de la culture occitane et aux lecteurs passionnés par les troubadours l’ensemble des ressources que la technologie, le travail et la passion ont réuni entre nos mains. Nous espérons que leur utilité pour la recherche et la culture compensera notre labeur.
Adopté en 1962
Adopté en 1964
Le projet comprend l’édition critique des oeuvres complètes de Desiderius Erasmus de Rotterdam (Rotterdam, probablement 1466 - Bâle, 1536). Le projet est également connu sous le nom de ASD, l’édition d’Amsterdam, d’après l’Académie royale des Arts et des Sciences des Pays-Bas et son éditeur d’origine, la North-Holland Publishing Company, tous deux basés à Amsterdam. Elle est précédée de deux éditions des oeuvres complètes d’Erasme : la première publiée à Bâle quelques années après sa mort (BAS), et l’édition de Leiden au XVIIIe siècle (LB). Les deux éditions sont constituées des dernières versions des oeuvres imprimées du vivant d’Erasme, sans tenir compte des adaptations apportées par Erasme dans les versions publiées antérieurement, et ne peuvent pas être considérées comme des éditions critiques.
La nécessité d’une édition critique moderne a été formulée par un petit groupe d’universitaires néerlandais au début des années 1960. Cette idée impliquait de rédiger une introduction aux écrits d’Erasme, d’élucider leur genèse et l’histoire de leur première impression, de replacer également les oeuvres dans leur contexte, de prendre en compte toutes les révisions qu’Erasme leur a apportées et de proposer des notes et des commentaires philologiques et historiques. Avec le soutien de l’Académie royale des Pays-Bas, de la ville de Rotterdam et de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique, le projet a été lancé sous le patronage de l’Union Académique Internationale. Au cours de premières années, l’UAI a également offert un soutien financier. En octobre 1969, le premier volume a été présenté à Rotterdam à la reine Juliana des Pays-Bas.
À ce jour (mai 2018), cinquante volumes ont été publiés, deux sont sous presse et treize autres attendent d’être publiés. Le Conseil international pour l’édition des oeuvres complètes d’Érasme, fondé en 1963, dirige les travaux d’édition. Ses réunions triennales ont généralement lieu à Rotterdam. En règle générale, les membres néerlandais du Conseil qui appartiennent au conseil exécutif se réunissent deux fois par an. Le travail éditorial lui-même est effectué par des universitaires situés dans plusieurs pays, parfois en étroite collaboration avec le Collected Works of Erasmus (CWE) en traduction anglaise, publié par les presses de l’Université de Toronto. Le conseil d’administration du CWE est représenté au Conseil. Il existe un Comité de Rédaction chargé d’examiner les mérites scientifiques des textes édités avant leur publication. Les rédacteurs rédigent leurs introductions, notes et commentaires en anglais, français ou allemand. Le Secrétariat exécutif assiste les rédacteurs et coordonne l’édition avec l’aide du Comité de Rédaction, ainsi que la diffusion des volumes. Le Secrétariat, à l’origine un petit institut pratiquement indépendant de l’Académie royale des Pays-Bas, fait maintenant partie d’un institut considérablement plus récent de la même Académie, l’Institut Huygens pour l’histoire des Pays-Bas basé à Amsterdam. L’éditeur actuel du projet est Brill, à Leiden.
L’édition est organisée selon le canon établi par Érasme lui-même, c’est-à-dire que ses écrits sont divisés en catégories (Ordines). Ordo I : écrits sur la philologie et l’éducation ; Ordo II : proverbes et dictons similaires (Adagia) ; Ordo III : correspondance, non publiée dans l’ASD en raison de l’existence de la superbe édition des lettres d’Erasme par P.S. Allen, H.M. Allen et H.W. Garrod ; Ordo IV : écrits sur des questions morales ; Ordo V : écrits liés à l’enseignement religieux ; Ordo VI : édition, traduction latine et annotation du Nouveau Testament grec ; Ordo VII : paraphrases du Nouveau Testament ; Ordo VIII : écrits relatifs aux Pères de l’Église ; Ordo IX : polémiques (Apologiae). Un tome peut contenir une seule oeuvre volumineuse ou plusieurs textes.
Les volumes sont distribués par abonnement à la série, mais des volumes individuels peuvent également être acquis. De plus, de nombreux ouvrages peuvent être consultés sur internet via la bibliothèque en ligne et la plateforme de publication OAPEN. Non seulement ceux qui s’intéressent à Érasme et à ses écrits consultent l’ASD, mais aussi de nombreux chercheurs travaillant sur l’histoire et la littérature européennes modernes en général, car l’édition ouvre également de nouvelles perspectives dans ces domaines
Adopté en 1964
Le projet international d’édition et de publication des Fontes Historiae Africanae a été proposé en 1962 par le professeur Ivan Hrbek de l’Institut oriental de l’Académie tchécoslovaque des Sciences de Prague, et adopté par l’UAI en 1964 à l’initiative du CIPSH en tant que projet de catégorie A (Projet dirigé par une Académie).
Origines
Les origines du projet Fontes Historiae Africanae et d’une nouvelle recherche sur l’histoire africaine se situent dans les années 1950 et 1960, lorsque les connaissances historiques existantes sur l’Afrique ont commencé à être réévaluées de manière critique et radicalement redéfinies.
La difficulté propre à l’histoire de l’Afrique est double : d’une part, il existe un problème de sources et, d’autre part, un problème de méthodologie. Tout effort pour réévaluer et réécrire l’histoire africaine du point de vue africain, pour reconstituer et reconstruire l’histoire précoloniale constitue une étape cruciale de la décolonisation de l’histoire africaine. Cette tache a toutefois été rendue difficile par la rareté comparative des sources documentaires pour les périodes les plus anciennes, par les différences de type, de provenance et de quantité des sources écrites et leur répartition inégale dans le temps et dans l’espace. Cela a entrainé la nécessité d’accorder une grande attention à la découverte, à l’examen et à l’authentification des sources de l’histoire africaine, à développer d’autres sources historiques jusque-là non conventionnelles, et à développer et affiner les méthodes d’étude des matériaux du passé qui ont été produits sans faire intervenir la pratique de l’écriture. Une autre des carences initiales importantes de l’historiographie africaine était, à l’époque de la création du projet, le manque total d’ouvrages heuristiques, de travaux de base et d’éditions de documents qui, dans pour d’autres régions déjà couvertes par le travail de l’historiographie, avaient déjà été publiés au cours des siècles précédents. Les études historiques africaines ne disposaient pas de tels travaux et ont dû les créer « sur le tas ».
Au fil des ans, les historiens de l’Afrique ont démontré les possibilités de reconstructions historiques basées sur des traditions historiques orales et ont attiré l’attention sur différentes catégories de sources écrites dont l’existence a souvent été ignorée dans le passé. Il s’agit des premiers écrits de provenance africaine, des documents conservés dans les archives territoriales africaines et à travers lesquels « la voix africaine » peut être mieux documentée, ou des sources arabes dont l’importance et la richesse ont par le passé été clairement sous-estimées. D’immenses domaines documentaires ont commencé à apparaître ainsi que de nombreuses sources historiques jusque-là peu ou pas utilisées, telles que des documents arabes, des traditions historiques orales et des textes historiques africains écrits localement à la fois en arabe, en ajami, via des systèmes d’écriture locaux ou en alphabet latin. Toutes ces sources combinées avec les témoignages des premières activités européennes en Afrique ont permis de réunir une documentation conséquente.
Objectifs
Les objectifs principaux du projet, tels que déclarés dans la proposition soumise à l’UAI, sont de préparer et de publier des éditions critiques et des traductions de sources écrites et orales, de textes historiques ou de collections de documents traitant de sujets particuliers de l’histoire de l’Afrique subsaharienne. Les textes, présentés dans la langue d’origine, sont accompagnés d’une traduction en anglais ou en français. Le but premier est que la traduction des textes en langues étrangères vers l’anglais ou le français et la publication des documents originaux et d’archives améliorent l’accès de ceux-ci pour les universitaires basés en Afrique et à l’étranger. La priorité est donnée aux textes ou aux recueils de fragments jusqu’à présent inédits, mais de nouvelles éditions critiques de textes déjà publiés pourraient être envisagées ultérieurement.
Trois séries principales ont été établies en regroupant les publications sur la base des principales langues, ou groupes de langues, du matériel source : l’arabe, les langues éthiopiennes et les langues africaines autres que l’éthiopien. Une quatrième série, la série Varia, a également été créée pour accueillir les textes rédigés dans d’autres langues et pour lesquelles un très petit nombre de textes sont connus (par exemple, le latin).D’autres séries organisées selon la langue pourraient être créées si cela semble souhaitable. Une série intitulée Subsidia Bibliographia a également été lancée.
Adopté en 1969
La série Sylloge Nummorum Graecorum a été fondée en 1930 au Royaume-Uni par le Conservateur des Monnaies grecques du British Museum, Sir Stanley Robinson. Initialement, le projet fut conçu sur une base nationale et mis en place sous forme de projet de recherche de la British Academy. À terme, le projet s’étendit à d’autres pays et, à Paris, le 21 avril 1969, le projet fut adopté par l’Union Académique Internationale sous la direction de la British Academy et de la Commission Internationale de Numismatique (INC-CIN).
L'origine et la nature de la série Sylloge Nummorum Graecorum
En envisageant la production d'un volume du SNG, il est important de garder à l'esprit l'intention initiale de la série, telle qu'elle a été exprimée par son fondateur, Sir Stanley Robinson :
« L’objet de la publication, dont c’est la première partie, est de reproduire par la photographie des pièces de monnaie grecques conservées dans des collections qui n’ont pas déjà été publiées avec des illustrations adéquates ; faire, en fait, mutatis mutandis, ce que fait le Corpus Vasorum pour les vases grecs... L'étude des pièces de monnaie anciennes, et en particulier grecques, entre maintenant dans une nouvelle phase et doit employer de nouvelles méthodes. La plupart des pièces existantes et qui sont d’une importance exceptionnelle, d’un point de vue historique ou autre, ont été correctement publiées et discutées ; et les grandes lignes ont été établies une fois pour toutes. Il reste à remplir les détails avec la plus grande richesse possible. Cela ne peut être fait que par un travail intensif sur des périodes et des questions spécifiques. Au cours de ce travail, un grand nombre de pièces similaires, communes ou rares, sont étudiées dans leurs variétés mineures et des séquences chronologiques rigides sont établies sur la preuve de leurs identités.
Quelques monographies suivant ces lignes ont déjà été préparées et les résultats obtenus montrent à quel point la nouvelle méthode d'approche peut être fructueuse. Mais avant que des progrès rapides puissent être faits, il est nécessaire d’augmenter la quantité de matériel facilement accessible pour étude. À l’heure actuelle, la nouvelle méthode n’est possible que pour celui qui a accès à des collections privées, peut visiter des musées étrangers et accumuler un grand nombre de moulages en plâtre. Car il est essentiel qu'ilsoit en mesure d’étudier autant de spécimens que possible en même temps.
Au préalable, des illustrations photographiques, du même genre que celles fournies ici, lui indiqueront où se trouvent ses documents et réduiront considérablement le nombre de moulages en plâtre dont il aurait autrement besoin pour son étude. Il existe de nombreuses collections dans les universités et les musées anglais, sans parler de celles qui sont entre des mains privées, qui peuvent fournir uniquement le matériel requis.
Le texte est aussi bref que possible, aucune référence courante n’ayant été donnée en dehors des seuls les détails ne ressortant pas des illustrations elles-mêmes ; mais les notes sur les points d’intérêt particulier n’ont pas été exclues. L'axe est indiqué, sauf bien sûr, dans le cas où il n’y a pas de revers, et les poids sont donnés en grammes. »
Le SNG est destiné à être le véhicule permettant la publication rapide de toutes les informations de base sur les spécimens d'une collection, informations qui seront nécessaires à un chercheur travaillant sur une étude de matrice ou un corpus de monnaies. La série SNG n'a pas été conçue pour servir de catalogue pour la publication complète d'une collection ; son objectif principal n'est pas non plus de servir d'ouvrage de référence pour une pièce de monnaie particulière (même si certains volumes, de par leur nature complète ou ésotérique, ont peut-être d'ailleurs joué ce rôle). Le SNG est l’outil destiné à aider les personnes impliquées dans le projet de création de ces ouvrages de référence en mettant à disposition de nombreux spécimens.
Les auteurs du SNG sont donc encouragés à ne pas accumuler des appareils critiques inutiles faire obstacle à une publication rapide. L’INC a d’ailleurs établi une liste des catégories d’informations utiles (a) dans le but de déterminer ce qu’il est nécessaire d’inclure dans une publication du SNG pour pouvoir porter la mention « sous les auspices de l’INC », et (b) comme guide aux auteurs et aux éditeurs sur ce qui peut en outre être inclus ou omis dans l’intérêt de la publication.
Adopté en 1973
Le Corpus Inscriptionum Iranicarum a pour objectif de publier un corpus complet d’inscriptions et de documents dans les langues de la famille iranienne, ainsi que ceux en langues non iraniennes s’ils ont été trouvés en Iran ou sont des versions de textes en langue iranienne. Les textes littéraires, ainsi que les inscriptions persanes postérieures au début de la période safavide, sont exclus. La série comprend à la fois de la documentation photographique et des éditions de texte (avec traductions, commentaires, etc., selon les cas). Une Série supplémentaire prévoit l’inclusion d’oeuvres pertinentes, par exemple des glossaires et des grammaires, qui n’entrent pas dans le cadre de la série principale. Les premières publications du CII ont pris la forme de portfolios de fac-similés sur des planches détachées ; les volumes plus récents, qu’ils soient constitués de planches, de textes avec traduction et commentaire, ou des deux ensemble, ont pour la plupart été reliés sous forme de livre.
Le CII a été fondé en réponse à une résolution du 22e Congrès international des orientalistes à Istanbul (1951) avec H.B. Henning comme premier président et Sayyed Hasan Taqīzāda (Taqizadeh) comme président d’honneur. Le projet, soutenu par la British Academy, a été adopté par l’UAI en 1973 ; il est enregistré en Angleterre en tant qu’organisme de bienfaisance à but éducatif et en tant que société à but non lucratif à responsabilité limitée.
Les travaux du CII sont dirigés par un conseil et un comité international de quarante membres au maximum, qui représentent actuellement dix pays différents. Les membres du comité international, qui sont élus en reconnaissance de leur expertise en philologie, linguistique et histoire iraniennes, sont amenés à contribuer par des volumes au projet ou à suggérer des chercheurs à qui des volumes pourraient être commandés, et à apporter des conseils sur les questions relevant de leur domaine d’expertise particulier. Ils sont invités à l’assemblée générale annuelle et sont responsables de l’élection du Conseil. Le Conseil, qui se réunit généralement une fois par an, a un rôle de supervision et examine les questions de politique générale ainsi que la décision finale d’accepter ou non un volume soumis pour publication.
Le CII n’a pas de directives éditoriales formelles et est flexible en ce qui concerne la langue et le format des volumes individuels, mais insiste pour maintenir les normes universitaires les plus élevées. Ses publications constituent une oeuvre majeure et nombre d’entre elles sont reconnues comme des éditions définitives des documents concernés. En 2018, 52 volumes au total avaient été publiés dans les catégories suivantes : inscriptions de l’Iran ancien (5 vol.) ; inscriptions des périodes séleucide et parthe, et de l’Iran oriental et de l’Asie centrale (25 vol.) ; inscriptions en pahlavi (11 vol.) ; inscriptions en persan (5 vol.) ; et série supplémentaire (6 vol.). En outre, le CII a agi en tant que sponsor ou co-éditeur de plusieurs volumes qui n’ont pas été publiés dans le cadre de sa propre série, tels que Joseph Naveh and Shaul Shaked, Aramaic documents from ancient Bactria (Londres, The Khalili Family Trust, 2012.
Le Corpus ne comportant aucun document postérieur au XVIe siècle, sa portée est théoriquement limitée. Toutefois, il est actuellement impossible de fixer une date pour l’achèvement du projet, car de nouveaux documents continuent d’être découverts aussi rapidement que les publications avancent. Plusieurs publications du CII, par exemple Sogdian and other Iranian inscriptions of the Upper Indus (2 volumes) et Bactrian Documents from Northern Afghanistan (3 volumes) sont entièrement constituées de documents dont l’existence n’était même pas suspectée au moment de la fondation du CII. Les directeurs du projet sont également désireux de rendre rapidement disponible le matériel nouvellement découvert et de combler les lacunes de longue date dans le Corpus.
Adopté en 1978
Voltaire est l’une des figures majeures de la littérature française, ainsi qu’une icône de la culture européenne au sens large. Il est le porte-parole le plus puissant de ces valeurs des Lumières – rationalisme, liberté d’expression, tolérance – qui demeurent au coeur des démocraties libérales occidentales modernes. Les défis du multiculturalisme et de la tolérance religieuse dans le monde moderne montrent que les valeurs voltairiennes n’ont jamais été aussi pertinentes.
Les écrivains et les historiens doivent être capables de lire Voltaire dans une version définitive et, étonnamment, aucune n’existait jusqu’à ce que la Fondation Voltaire de l’Université d’Oxford commence à publier les Complete Works of Voltaire / OEuvres complètes de Voltaire en 1968. Pour la toute première fois, nous rassemblons l’intégralité des écrits de Voltaire : non seulement ses poèmes, romans, pièces de théâtre, essais, ouvrages historiques et philosophiques, mais aussi toutes ses lettres, ainsi que les marginalia dans les livres de sa bibliothèque.
Les oeuvres de Voltaire sont toutes présentées dans une édition savante complète, en s’appuyant sur l’expertise des spécialistes du XVIIIe siècle les plus éminents. L’édition suit une progression chronologique. De cette manière, l’évolution de la pensée de Voltaire est plus facilement discernable. Pour la première fois, grâce aux recherches contenues dans ces volumes, les lecteurs peuvent explorer les sources des idées de l’auteur et découvrir la manière dont ses écrits ont pris forme.
Les OEuvres complètes offrent de nouvelles perspectives sur certains des projets les plus ambitieux de Voltaire, notamment dans son édition en neuf volumes de l’Essai sur les moeurs et l’esprit des nations, une oeuvre monumentale qui changea à l’époque le visage de l’historiographie occidentale, couvrant toutes les périodes et tous les continents à l’intérieur du concept global d’une « histoire universelle ». Cette première édition critique complète de l’Essai sur les moeurs, travail d’une équipe internationale de chercheurs, s’est achevée en janvier 2019.
Deux autres sous-séries majeures des OEuvres complètes ont été achevées en 2018, à savoir les Questions sur l’Encyclopédie et le Corpus des notes marginales.
Les Questions sur l’Encyclopédie constituent l’oeuvre la plus longue de Voltaire et pourtant il s’agit de l’une de ses moins connues. Dans notre édition critique, les chercheurs explorent pour la première fois en profondeur la relation entre les Questions et son objet d’enquête, à savoir l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Cet ouvrage est un recueil des idées de Voltaire dans tous les domaines, tels que la religion, l’histoire, l’art, la science et la littérature. La nouvelle édition des Questions en huit volumes par la Fondation Voltaire est la première édition authentique de cette oeuvre parue en plus de deux siècles.
Enfin, les treize volumes de la série Corpus des notes marginales offrent dans un même dossier toutes les notes marginales et marques que Voltaire a laissées dans les livres qui composaient sa vaste bibliothèque personnelle, désormais hébergée à Saint-Pétersbourg. Des notes éditoriales détaillées montrent comment les lectures de Voltaire ont influencé sa pensée et son écriture. Ce projet a été réalisé en collaboration avec nos collègues de la Bibliothèque nationale de Russie.
Les travaux sur les OEuvres complètes de Voltaire ont commencé en 1968 ; au cours des dix dernières années, notre taux de publication moyen a été de six volumes par an et nous sommes en bonne voie d’atteindre notre objectif ambitieux de terminer l’édition en 2020. Actuellement, 185 des 196 volumes prévus sont parus en version imprimée.
La nouvelle édition d’Oxford transforme radicalement notre connaissance de Voltaire et, une fois terminée, elle constituera un jalon dans notre compréhension des Lumières. Le projet a déjà reçu de nombreux éloges et a reçu d’importantes subventions d’institutions telles que l’AHRC et le Leverhulme Trust, ainsi qu’un soutien régulier de la British Academy, pour qui les OEuvres complètes constituent un des projets de recherche. Nous avons également reçu le Prix Hervé Deluen de l’Académie française en 2010.
Alors que la publication imprimée touche à sa fin, nous planifions activement la meilleure façon de déplacer l’ouvrage complet dans le domaine numérique. L’ambition est que la Fondation Voltaire devienne un leader de l’édition numérique, des sciences humaines numériques et de la recherche sur les Lumières, en s’appuyant sur sa réputation et son expertise de longue date dans les éditions critiques. Nous avons récemment reçu une subvention substantielle de la Fondation Mellon pour commencer la première phase du « Digital Voltaire ».
Adopté en 1979
L'Index Bezalel Narkiss de l'Art juif est une collection d'images numérisées et d'informations sur les objets juifs du monde entier. La collection en ligne comprend plus de 300 000 images provenant d'environ 800 musées, bibliothèques, collections privées et synagogues de 41 pays, ainsi que des plans architecturaux d'environ 1 500 synagogues documentées in situ. Les images sont classées seon leur sujet iconographique, le type d'objet, l'origine et la date. La numérisation de l'index se fait actuellement en coopération avec la Bibliothèque nationale d'Israël et la Judaica Division de la bibliothèque de l'Université d'Harvard.
Adopté en 1985
En mai 1983, lors d’une réunion à Athènes, les membres du Comité pour l’Histoire de l’Art Byzantin de l’Association Internationale des Études Byzantines convinrent de la nécessité de publier un corpus de la peinture monumentale byzantine. Les lignes directrices, approuvées par d’éminents spécialistes tels que Manolis Chatzidakis (Athènes), secrétaire général de l’AIEB et président du Comité, qui fut l’initiateur du projet, Vojislav Djurić (Belgrade), Marcell Restle (Munich), Robin Cormack (Londres), Jacqueline Lafontaine Dosogne (Louvain), Elka Bakalova (Sofia), Mara Bonfioli (Sienne), Athanasios Papageorgiou (Nicosie) et d’autres, étaient les suivantes :
La période couverte par le Corpus s’étend du milieu du VIIe à la fin du XVe siècle. Le Corpus comprend non seulement des monuments peints sur le territoire byzantin, mais également des documents connexes fortement influencés par l’art byzantin, inclus dans des manuels tels que l’History of Byzantine Painting de Victor Lazarev. Les monuments de chaque pays sont publiés dans différentes séries, par province. Le texte comprend une description détaillée des différentes fresques ou des mosaïques, sans commentaires iconographiques ou stylistiques. Les inscriptions sont publiées séparément pour chaque monument. Les fresques ou les mosaïques ultérieures présentes dans ces monuments sont mentionnées sommairement. Le texte est illustré par un grand nombre de photographies et accompagné de dessins architecturaux montrant l’emplacement exact de chaque sujet. Les volumes du Corpus sont publiés dans la langue du pays et en anglais.
Le but du Corpus est évidemment de faire connaître l’ensemble des peintures existantes, non seulement celles qui sont de grande qualité et déjà bien étudiées, mais aussi celles qui sont difficilement accessibles ou en danger de destruction. Le projet a été proposé par le professeur Chatzidakis à l’Union Académique Internationale, qui a décidé de lui accorder son patronage et de confier sa coordination à l’Académie d’Athènes.
Les premiers pays impliqués dans le projet furent la Grèce, l’Italie et Chypre. En 1997, le Centre de recherche sur l’art byzantin et post-byzantin de l’Académie d’Athènes a publié un volume sur les fresques de l’île de Cythère (Cerigo), rédigé par M. Chatzidakis et I. Bitha, en grec, qui a également été publié en anglais en 2003 dans une version mise à jour. Ont suivi plusieurs volumes sur la peinture monumentale en Macédoine orientale et en Thrace occidentale par E. Papatheophanous-Tsouri en 2016 et sur les îles Ioniennes par divers auteurs en 2018, tous deux en grec. Des éditions en anglais pourraient suivre lorsque la situation financière de la Grèce s’améliorera. En 2010, le Centre a également publié un Repertory of Monumental Painting on Mount Athos from the Tenth to the Seventeenth Century par N. Toutos et G. Fousteris. Un volume sur les XVIIIe et XIXe siècles devrait suivre. Bien que la Suède n’ait pas été représentée à la conférence de 1983 à Athènes, un corpus des quelques fresques de style byzantin existantes en Suède est paru en deux volumes, par feue le professeur Elisabeth Piltz (1988 ; 2008).
Le Corpus italien a connu un début prometteur grâce à un comité ad hoc dirigé par le professeur Mara Bonfioli (Sienne, puis Rome I), mais progresse très lentement. Un volume sur l’Ombrie est paru en 2012, mais un autre sur les Marches a dû être reporté après la mort de l’auteur, le professeur Patrizia Angiolini Martinelli. Entretemps, le professeur Antonio Iacobini (Rome I) a succédé au professeur Bonfioli et un volume sur les fresques de la Calabre est prêt depuis 2017.
L’ancien directeur des Antiquités de Chypre Athanasios Papageorgiou, qui devait éditer les volumes relatifs à la peinture byzantine sur l’île, a renoncé il y a une douzaine d’années, et le projet chypriote est actuellement au point mort. La Bulgarie a quant à elle publié quelques volumes sur ses fresques mais sans adhérer aux normes du Corpus, par exemple en ce qui concerne la période chronologique étudiée et la publication d’une région par volume.
Une conférence a été organisée par l’Académie d’Athènes en 2003, afin d’évaluer les progrès réalisés jusque-là et d’encourager d’autres institutions à rejoindre le projet. La conférence a été un succès et les représentants de plusieurs pays ont manifesté leur intérêt.
Adopté en 1985
L’histoire du Corpus des Astronomes byzantins remonte à 1981 : c’est, en effet, cette année-là, au Congrès Byzantin de Vienne, que le projet a été lancé ; il fut accueilli très positivement par le rapporteur Robert Browning. Le projet a été accepté par l’UAI en 1985.
Le projet puise ses racines dans une tradition bien plus ancienne, en particulier dans l’enseignement du Chanoine Adolphe Rome (1889-1971) à l’Université Catholique de Louvain. Le Chanoine Rome a été un des grands promoteurs de la recherche en Histoire des Sciences de l’Antiquité. Très doué pour les sciences et les mathématiques, ses supérieurs l’avaient envoyé à l’Université catholique de Louvain pour y faire des études de philologie classique, mais son goût pour les sciences l’avait conduit à s’intéresser à de nombreux textes scientifiques anciens. Il fut l’un des grands redécouvreurs de l’astronomie de Ptolémée par le biais de ses éditions des Commentaires de Pappus et de Théon à l’Almageste de Ptolémée, publiés dans la collection Studi e Testi de la Bibliothèque Vaticane (54, 72 et 106) et de nombreux articles sur la science grecque. Autour de lui se regroupaient de nombreux étudiants qui devaient consacrer des mémoires ou des thèses de doctorat à des textes scientifiques grecs. Parmi eux, son successeur, l’abbé Joseph Mogenet. Chargé par le Chanoine Rome d’éditer les commentaires de Théon d’Alexandrie aux Tables Faciles de Ptolémée, J. Mogenet avait été appelé comme collaborateur scientifique à la Bibliothèque vaticane, où il récoltait, durant ses séjours romains, quantité de textes scientifiques inédits d’époque byzantine, notamment des textes astronomiques. Ces trouvailles donnèrent lieu à de nombreux mémoires d’étudiants (plus de 40), où une édition provisoire avec traduction et commentaire s’efforçait de défricher les textes inédits, aussi bien d’inspiration grecque ancienne que d’inspiration arabe, juive ou latine. J. Mogenet aurait souhaité publier ces textes, sous forme d’Anecdota, qui auraient été un couronnement de ses nombreuses recherches. C’est dans cette optique que, en prévision de l’éméritat de Joseph Mogenet, j’ai pensé à un véritable Corpus des Astronomes byzantins. Malheureusement, le décès inopiné de mon maître en février 1980 ne lui permit pas de voir le lancement de ce Corpus. Le Corpus des Astronomes Byzantins fut proposé au XVIe Congrès International des Etudes Byzantines à Vienne en 1981 :
A. TIHON, Un projet de Corpus des Astronomes Byzantins, XVI Internationaler Byzantinistenkongress, Akten I, Beiheft, Jahrbuch 125
der Oesterreichischen Byzantinistik 31 (1981) (2. 1) (pas de pagination).
Le projet a bénéficié de l’appui d’éminents byzantinistes, comme I. Ševčenko (†), Gilbert Dagron, de codicologues, comme Jean Irigoin (†), Mgr Paul Canart (†), et d’éminents historiens de l’astronomie ancienne comme Otto Neugebauer (†) et Paul Kunitzsch. De plus la série a tout de suite reçu la collaboration de David Pingree (†) et d’Alexander Jones. Un problème majeur était de trouver un éditeur qui accepterait de publier et de financer ce corpus : l’astronomie byzantine intéressait peu de monde, et les grandes maisons d’édition n’ont pas donné suite à ce projet. Il a fallu recourir à un système plus artisanal, et présenter des textes « camera ready » prêts à la reproduction. Les premiers volumes ont paru chez J. C. Gieben (Amsterdam). Mais, comme on peut le supposer, les textes astronomiques byzantins ne sont pas destinés à un vaste public, et l’entreprise n’était pas d’un rendement commercial évident ... L’éditeur ayant stoppé la publication, les volumes suivants ont été publiés par A. Hakkert, puis par Academia à Louvain-la-Neuve. Actuellement la publication des volumes du Corpus a été confiée aux éditions Peeters, dans le cadre de la collection des Publications de l’Institut Orientaliste de Louvain.
Pendant longtemps, l’astronomie byzantine est restée un secteur marginal : si elle a conquis rapidement droit de cité auprès des historiens de l’astronomie arabe qui ont vu très vite l’apport que les sources byzantines apportaient à la connaisance de l’astronomie arabe et persane, elle est restée longtemps ignorée des historiens des sciences médiévales occidentales et des byzantinistes eux-mêmes. Il n’en va plus de même aujourd’hui. Les progrès rapides de la paléographie grecque, et notamment les identifications des copistes de l’époque paléologue (XIVe et XVe siècles), la mise à disposition des reproductions de manuscrits sur internet, et les nombreux articles généraux que j’ai publiés sur ce sujet, ont décidé des jeunes chercheurs à se lancer dans l’aventure.
L’édition critique d’un texte scientifique, particulièrement astronomique, est un travail long, difficile et ingrat. Il s’agit d’un travail trans-disciplinaire qui demande des compétences approfondies en paléographie, codicologie, langue grecque d’époque classique et byzantine, langues orientales, une bonne connaissance du contexte historique et culturel, sans oublier les connaissances astronomiques nécessaires, la création de programmes informatiques adaptés à l’analyse et à la comparaison des tables astronomiques. Il faut donc s’assurer la collaboration de divers spécialistes, soit en langues orientales, soit en informatique, et la coopération entre différents projets de recherches et de rencontres.
Adopté en 1987
Le projet « Corpus des papyrus philosophiques grecs et latins : textes et lexique » (CPF) est en cours depuis 1983 : il vise à rassembler les papyrus de l’époque gréco-romaine découverts en Égypte et qui préservent des textes grecs et latins relatifs à la philosophie.
Promu par l'Accademia Toscana di Scienze e Lettere « La Colombaria » (Florence), par l'UAN et par l'UAI, il a reçu au fil des ans un soutien financier du Centre national de recherche (CNR) et du Ministero per l'Istruzione e la Ricerca Universitaria, qui considère le CPF comme un « projet de recherche d’importance nationale ».
Les critères fondateurs de l’ouvrage se trouvent dans la préface du premier volume (CPF I.1*) de Francesco Adorno sur le site web du projet, où vous pouvez également trouver le plan de travail détaillé, le contenu des volumes individuels, ainsi que la liste de tous les collaborateurs du CPF et du STCPF.
Le modèle pour les publications de la série est de rédiger une entrée pour chaque papyrus. Le texte est analysé à partir d’une description paléographique et bibliologique du papyrus, puis le texte grec est présenté avec des apparats critiques, une traduction (dans le cas des auteurs qui n’ont pas eu de tradition dans les manuscrits médiévaux) et un commentaire. Les entrées sont préparées par des chercheurs ayant des compétences combinées en papyrologie et en histoire de la philosophie ou de la philologie, ou sont réalisées par un groupe de chercheurs qui s’associent pour produire une édition de haut niveau. Les collaborateurs comprennent à la fois les chercheurs italiens les plus qualifiés et de nombreux savants étrangers issus de diverses universités. L’évaluation finale des contributions est effectuée par le comité de rédaction.
Couvrant la période hellénistique et la fin de l’époque romaine, le CPF rassemble d’une part, dans la Partie I, les textes philosophiques sur papyrus d’auteurs connus (couverts pour la plupart par une transmission médiévale), accompagnés de références biographiques et doxographiques. D’autre part, sont également inclus des fragments d’auteurs qui ne sont pas strictement considérés comme des « philosophes » par l’histoire moderne de la philosophie, mais qui sont réputés dans l’Antiquité pour avoir eu une influence sur le champ de la philosophie, tels qu’Isocrate et Galien (voir vol. I.2**), et Xénophon ou Plutarque (I.2***).
Un volume spécifique a été consacré aux Commentaires, un genre important en philosophie. Les deux derniers volumes parus rassemblent des fragments de papyrus de la littérature dite « gnomique », un champ de préceptes moraux à la limite de la philosophie et des outils pédagogiques. Ce champ revêtait une grande importance pour l'enseignement secondaire et pour la formation spirituelle des individus.
La « Partie II.1 : Fragments non attribués » est en cours de préparation. Elle traite des fragments philosophiques classés dans les répertoires comme « sujets philosophiques » mais qui ne sont pas immédiatement attribuables à un auteur. Les écoles les plus importantes de l'Antiquité sont impliquées. Ce sera le volume le plus intéressant de la série, dans la mesure où il présente un ensemble de textes qui n’ont jamais été regroupés, même partiellement, dans le domaine de la papyrologie ou de la philosophie ancienne, et qui constitue donc un outil essentiel pour obtenir une vue d'ensemble du matériel philosophique préservé sur papyrus.
En outre, une série d’études distinctes a été créée pour approfondir des thèmes particuliers et publier des éditions commentées de fragments individuels issus de l’analyse des papyrus publiée dans le CFP avec un bref commentaire. Dans cette série, intitulée « Studi e Testi per il Corpus dei Papiri Filosofici » (STCPF), dix-huit volumes ont été publiés à ce jour.
De nombreuses études préliminaires ou éditions préparées pour le CPF ont permis des avancées notables dans l'étude d'auteurs tels qu'Isocratee ou l’Anonymus Londiniensis, P.Lond. inv. 137 (édité par D. Manetti, dans la série Teubner), Menandri Sententiae (le texte est basé sur un nouveau classement de tous les codex avec les nouvelles éditions de recensions non publiées, édité par C. Pernigotti, STCPF, vol. 15) ou la première édition du papyrus de Derveni (T. Kouremenos, G. Parássoglou, K. Tsantsanoglou, STCPF, vol. 13) et de la nouvelle édition et du commentaire des premières colonnes du Papyrus avec la reconstruction unique du rouleau par V. Piano (STCPF, vol. 17 et 18). Dans les volumes du CPF, les nouvelles éditions d’auteurs connus uniquement de la tradition papyrologique, comme Antiphon, le stoïcien Hieroclès ou le fameux Commentaire sur le Théétète, ont apporté d’énormes contributions, tant du point de vue papyrologique que philosophique.
Adopté en 1987
Les traités juridiques constituent l’un des genres littéraires les plus représentatifs de la pensée indienne et se sont propagés bien au-delà des frontières du sous-continent, exerçant leur influence sur les cultures d’Asie centrale et, principalement, d’Asie du Sud-Est. La connaissance de cet héritage culturel, social et religieux exceptionnel est absolument essentielle pour pénétrer les traditions anciennes et la réalité contemporaine de l’Inde et des pays indianisés.
Cette littérature, dont le développement chronologique peut être tracé entre le IXe-Ve siècle av. J.-C. et le XVIIIe siècle de notre ère, est vraiment exceptionnelle. P.V. Kane dans son livre monumental, History of Dharmaśastra, mentionne environ 1 500 auteurs et énumère des milliers de textes : certains d’entre eux sont déjà édités, certains sont encore inédits et d’autres ne sont connus que par des citations. Il s’agit d’un matériel impressionnant – ancré dans les croyances religieuses et sociales les plus anciennes – dont les caractéristiques particulières le caractérisent davantage comme un corpus de prescriptions que comme un ensemble de règles liées au corps législatif du droit positif.
Le travail des commentateurs qui ont assumé une position plus exégétique que théorique ne sert pas toujours à éclaircir l’essence même de la loi, ni à définir exactement le rôle du corpus législatif coopératif et les préceptes été publiés en tant que volumes indépendants avec des méthodes éditoriales différentes. Cette réalité objective et l’opportunité réelle de proposer une nouvelle lecture de ces textes, sur la base d’une documentation plus récente, ont suggéré les grandes lignes de la Série du Corpus Iuris Sanscriticum, dans laquelle le choix des textes et les critères d’édition sont rigoureusement établis selon des principes stricts d’homogénéité critique. Depuis le début, la charte d’édition du projet a été conçue avec Ludwik Sternbach selon l’article de K.V. Sarma « Some new techniques in collating mss. and editing texts ». Une tâche aussi exigeante et ardue a demandé une longue phase d’organisation au cours de laquelle la collaboration du professeur Colette Caillat et de Siegfried Lienhard s’est révélée inestimable.
Le projet a été honoré par le patronage de l’Unione Accademica Nazionale, Rome (1980), de la Sahitya Akademi, Delhi (1987) et de l’Union Académique Internationale, Bruxelles (61e Assemblée, Barcelone (14-20 / 06/1987), en considération de la «nature internationale hautement scientifique du projet ».
Académie responsable du projet : Unione Accademica Nazionale, Rome ; académies partenaires : Accademia delle Scienze, Turin, Sahitya Akademi, Delhi ; autres institutions partenaires : Università di Torino.
Le projet a reçu le prix « Hikuo Hirayama » de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l’Institut de France en 2000 et 2016.
Adopté en 1990
L’idée originale de cette entreprise scientifique a été conçue par le célèbre orientaliste et archéologue italien Sabatino Moscati, qui a joué un rôle de premier plan au cours de la seconde moitié du XXe siècle dans l’énorme développement des recherches archéologiques et des études historiques sur les civilisations phénicienne et punique, suscitant un très large intérêt du public dans ce domaine. Un tel intérêt fut clairement démontré par le succès de l’exposition internationale intitulée « I Fenici » organisée à Venise (Palazzo Grassi) en 1988, qui accueillit plus de 750 000 visiteurs.
Au cours de la même année, dans ce contexte scientifique et culturel, un projet de recherche pour un Corpus des antiquités phéniciennes et puniques – élaboré par Sabatino Moscati – fut soumis à l’UAI. Le projet fut adopté par l’UAI en 1990 et gagna rapidement le soutien et la collaboration d’autres pays méditerranéens avec en premier lieu l’Espagne et la Tunisie. Au cours des années qui suivirent, d’autres pays s’associèrent au projet – Belgique, France, Portugal –, tous avec leurs propres comités scientifiques nationaux.
Cette recherche vise à rassembler, classer et étudier les monuments artistiques et épigraphiques des civilisations phénicienne et punique, en prenant comme point de départ les collections des musées les plus importants, les collections locales ainsi que les collections privées, afin de constituer un corpus organique de documents classés selon différentes catégories et qui seront ensuite publiés.
Dans le cadre des objectifs généraux mentionnés ci-dessus, l’activité de recherche vise en premier lieu à localiser les collections phéniciennes et puniques regroupant du matériel archéologique – encore inédites ou seulement partiellement publiées – dans le but de réaliser des catalogues généraux et des études connexes. Cette activité est réalisée et se poursuit toujours en accord avec les institutions publiques (musées, universités, surintendances archéologiques, etc.) et les collections locales (par exemple, particuliers, etc.).
Le mérite le plus important de ce projet est d’offrir aux spécialistes des monuments artistiques et épigraphiques des civilisations phénicienne et punique – chercheurs et étudiants – un corpus homogène réunissant des objets, pour la plupart inédits, accompagnés d’un catalogue raisonné et d’études critiques adéquates. Il s’agit donc d’un outil scientifique essentiel pour l’élargissement de nos connaissances dans ce domaine de recherche spécifique.
L’accroissement continu des découvertes dans tous les pays méditerranéens et, par conséquent, l’abondance de nouveau matériel archéologique – héritage d’une civilisation qui a été étudiée de manière plus approfondie au cours des quatre dernières décennies – font du Corpus un projet d’une grande utilité et offrent de nombreuses perspectives pour l’avenir.
Adopté en 1990
Association pour l’Étude de la Littérature Apocryphe Chrétienne (AELAC)
L’Association pour l’Étude de la Littérature Apocryphe Chrétienne (AELAC), fondée en 1981, a pour but l’édition critique, la traduction et le commentaire de tous les textes pseudépigraphiques ou anonymes d’origine chrétienne qui ont pour centre d’intérêt des personnages apparaissant dans les livres bibliques ou qui se rapportent à des événements racontés ou suggérés par ces livres. Dans la mesure où ils ont été christianisés au cours de leur transmission, les écrits se rattachant à des personnages de l’Ancien Testament ou reprenant des traditions juives appartiennent également à cette littérature. Les écrits postérieurs au IVe siècle qui, dans des langues diverses, répondent aux caractéristiques de la littérature apocryphe chrétienne font également partie du champ d’études de l’AELAC.
Corpus Christianorum Series Apocryphorum (CCSA)
L’Association regroupe tous les chercheurs qui collaborent à la préparation d’un volume pour la Series apocryphorum du Corpus christianorum (CCSA).
La Series apocryphorum entend renouveler et enrichir la connaissance de la littérature apocryphe chrétienne par le regroupement, l’édition critique, la traduction et l’interprétation de textes le plus souvent dispersés, quand ils ne sont pas inédits. Du fait des voies de transmission de cette littérature, nombre d’écrits apocryphes ne nous sont pas parvenus dans leur langue originale ou ne le sont que partiellement ; en revanche, ils ont souvent laissé des traces dans des versions ou remaniements conservés dans une grande variété de langues.
Le but de la Series apocryphorum est de regrouper tous ces textes qui contribuent directement ou indirectement à la connaissance d’un écrit apocryphe dans un même volume afin de faciliter l’étude de l’écrit concerné et pour permettre de percevoir comment il a été transmis et remanié au cours des temps et dans des milieux divers. Les volumes de la Series apocryphorum prennent donc l’aspect d’un dossier, élaboré à partir d’un écrit apocryphe.
Pour faciliter l’utilisation de ces dossiers rassemblant des pièces d’époques et d’expressions linguistiques différentes, les textes sont présentés et traduits dans une langue moderne internationale. La complexité des problèmes littéraires et l’obscurité dans laquelle sont encore plongées les origines de ces écrits ont conduit les éditeurs à réserver une place importante aux introductions et aux commentaires.
Parallèlement à la Series apocryphorum, la collection des Instrumenta (CCSAI) accueille des concordances ainis que d’autres outils de travail : études préliminaires, états de la question, éditions de textes auxiliaires, études de la tradition manuscrite, répertoires de textes apocryphes, bibliographies.
Il est prévu, dans un premier temps, de publier les concordances sous forme de livres. Par la suite, elles pourront être réunies sur un autre support (Instrumenta)
À côté de la Series apocryphorum, l’AELAC dirige la collection APOCRYPHES, qui offre la traduction de textes originaux publiés ou en voie de publication dans la Series Apocryphorum. Une introduction au texte et des notes précises mais simples guident le lecteur de ces oeuvres.
L’AELAC a également patronné la publication des deux volumes des Écrits apocryphes chrétiens pour la “Bibliothèque de la Pléiade” (vol. 442 et 516), parus à Paris en 1997 et 2005, sous la direction de F. Bovon, P. Geoltrain et J.-D. Kaestli.
Adopté en 1993
L’étude de l’épigraphie amphorique constitue, de nos jours, un instrument fonda- mental pour la connaissance de la production et du commerce des aliments dans le monde ancien. L’amphore était le conteneur d’aliments le plus répandu dans le monde greco-romain. En particulier, elle a été utilisée pour transporter le vin, l’huile d’olive et les salaisons de poisson.
Le but du projet est l’étude et l’édition des matériaux épigraphiques amphoriques du monde gréco-romain. L’épigraphie amphorique a été exclue de grands corpora épigraphiques et se trouve à un niveau extrême de dispersion. Le projet cherche à poser les bases pour une systématisation des méthodes d’étude et d’édition de ces matériaux, poussant les chercheurs à les publier d’après un système homogène qui permette de comparer les résultats entre eux. Étant donné leur grand nombre et leur caractère inédit, il est en principe impensable d’éditer un corpus général de ces matériaux. Les lignes prioritaires d’édition sont doubles : l’édition des matériaux par centre de production et l’édition des matériaux par centre de réception, se référant soit à un seul gisement, soit à une région. L’élection du critère dépendant uniquement des opportunités d’étude mises à notre portée. Dans l’un ou l’autre cas on travaille avec du matériel édité et inédit. D’un autre côté, l’aspect corpus général peut être, de nos jours, développé moyennant une base de données informatiques et sa mise à disposition publique via Internet.
Même si à ses débuts le projet avait pour objectif la seule étude des timbres, il est aujourd’hui devenu plus ambitieux et s’adresse aussi à l’étude d’autres élé- ments qui peuvent faire partie d’une amphore : tituli picti et grafiti. Il semble inacceptable de nos jours de séparer le contenu épigraphique de l’objet qui le supporte, l’amphore ; c’est pour cela que doivent être acceptées aussi dans notre travail les études typologiques des amphores auxquelles sont associés des éléments épigraphiques.
L’objectif ultime de ce projet est de promouvoir un débat scientifique sur l’économie du monde gréco-romain, en étudiant un matériel très dispersé qui n’a jusqu’à ici pas été étudié dans son ensemble. Cette étude va permettre de connaître les relations économiques établies entre les différentes régions du monde ancien. Dans le cas de l’Empire Romain, elle permettra d’étudier les relations qui ont été établies entre les différentes régions de l’Empire et entre celles-ci et la capitale : Rome. Le contrôle de l’acquisition et de la distribution des aliments nécessaires pour le ravitaillement de l’armée romaine et de la plèbe urbaine de Rome permet d’étudier sous un jour nouveau les relations entre la vie économique et politique, et comment le contrôle des aliments a pu influencer le développement de la vie politique.
Du point de vue de l’analyse historique, la recherche générée par le projet a également acquis une grande réputation internationale.
Outre le travail de chaque académie dans son propre pays, le projet a dévelop- pé un certain nombre de recherches internationales liées principalement à l’Aca- démie royale d’Histoire (Madrid) et à l’Université de Barcelone, comme l’étude des matériaux de la Colonia Ulpia Traiana (Xanten, Allemagne), Brigantium (Bregenz, Autriche) et Leptis Magna (Libye). Mais, parmi tous les projets, les plus importants sont les fouilles du Monte Testaccio (Rome).
Le « Monte Testaccio » est une colline artificielle, d’environ un kilomètre de périmètre et une hauteur de 45 mètres au pied de l’Aventin, au sud de ce qui était la zone d’entrepôt, les horrea, de l’ancienne ville de Rome. Le Testaccio est composé des restes de millions d’amphores qui atteignirent Rome contenant de l’huile d’olive. Heureusement, ont été conservés ici non seulement les timbres imprimés sur l’argile avant cuisson, mais les inscriptions (tituli picti) qui, comme des étiquettes modernes, nous informent sur la tare de l’amphore, le poids de l’huile, le nom de la personne responsable du transport de l’amphore et un complexe contrôle douanier, etc.
En outre ces documents permettent, pour la première fois, de disposer d’une documentation en série pour l’étude de l’économie et de l’administration de l’Empire ro- main, (nous disposons déjà de don- nées abondantes, classées entre 140 et 257 apr. J.-C.) En bref, le Testaccio, qui pour les Romains n’était qu’une, décharge, est devenu pour nous le meilleur dossier pour l’étude de l’économie antique. Selon des études géologiques et volumé- triques effectués sur le Mont, le Testaccio – qui au fil des siècles a perdu une grande partie de ses matériaux – conserve encore les restes de plus de 25 millions d’amphores.
Adopté en 1994
Travailler avec des manuscrits dans la langue culturelle classique de l’Inde
Projet de l’Académie des Sciences et des Sciences humaines de Göttingen
Dans les ruines et les monastères de grottes désertes, le long de la route septentrionale qui est une des deux anciennes Routes de la Soie dans le Turkestan oriental (aujourd’hui : province du Xinjiang, Chine), des fouilles archéologiques ont été effectuées par des expéditions russes, anglaises, françaises, japonaises, suédoises et par quatre expéditions allemandes pendant les deux dernières décennies du XIXe et les premières décennies du XXe siècle. Au cours de ces expéditions, un grand nombre de manuscrits, écrits dans de nombreuses langues, ont été découverts. Une grande partie était écrite en sanskrit, la langue culturelle classique de l’Inde. La plupart de ces manuscrits se sont retrouvés dans la « collection Turfan » de Berlin, du nom de l’un des principaux lieux de découverte, et sont devenus des objets de recherche pour les spécialistes des « Turfan studies ». Comme le travail sur les manuscrits l’a rapidement révélé, ceux-ci – en plus de la « littérature scientifique » (grammaire, métrique, astronomie, médecine) et d’autres textes – contiennent principalement des textes bouddhiques en sanskrit, qui appartiennent en grande partie au canon du Sarvāstivādin, une école bouddhiste du « Hīnayāna » du nord-ouest de l’Inde qui a contribué à la propagation du bouddhisme en Asie centrale et orientale. À l’heure actuelle, de nombreux textes ont été édités et, en partie, également traduits. Le catalogage des manuscrits sanskrits de cette « collection Turfan » est un projet, basé à Göttingen, de l’Académie des Sciences et des Sciences humaines de Göttingen (The Union Catalogue of Oriental Manuscripts in German Collections: Sanskrit Fragments from Turfan).
Le dictionnaire sanskrit des textes bouddhiques issus des découvertes de Turfan (Sanskrit-Wörterbuch der buddhistischen Texte aus den Turfan-Funden [= SWTF]), qui est en cours de compilation à Göttingen, est un dictionnaire bilingue (sanskrit-allemand), dont le but est l’analyse lexicographique de cette littérature bouddhique ancienne. En raison des citations détaillées et – à quelques exceptions près – de l’inclusion complète du vocabulaire des textes analysés, le dictionnaire a le caractère d’une concordance spécialisée ainsi que celle d’une phraséologie générale du sanskrit bouddhique des textes canoniques du Sarvāstivāda.
Les textes inclus dans le dictionnaire contiennent en grande partie des phrases courantes du sanskrit bouddhiste. Les dictionnaires standard du sanskrit classique par O. Böhtlingk et R. Roth (publiés en 1855-1875 et 1879-1889) et M. Monier-Williams (publié en 1899) ne contiennent que très peu de documents textuels bouddhiques ; il en va de même pour les autres dictionnaires sanskrits. Le dictionnaire du « Buddhist Hybrid Sanskrit » de F. Edgerton (publié en 1953) se limite à une partie seulement du vocabulaire des écrits sanskrits bouddhiques en mettant l’accent sur la phonétique et la morphologie, et considère principalement les écarts par rapport au sanskrit classique. De plus, les textes inclus dans le SWTF étaient largement inaccessibles au moment de la publication de ces dictionnaires. Ainsi, le SWTF apporte une contribution importante à la lexicographie indienne.
Le dictionnaire est publié par fascicules de 80 pages ; à la fin, il y aura 29 fascicules regroupés en 4 volumes, achevés en 2017. Le volume I (voyelles), le volume II (k-dh) et le volume III (n-m) ont été publiés en 1994, 2003 et 2008 (éditeurs : Heinz Bechert † et Klaus Röhrborn ; avec la collaboration de (par ordre alphabétique) : Andreas Bock-Raming, Sven Bretfeld, Jin-il Chung, Siglinde Dietz, Jens-Uwe Hartmann, Petra Kieffer-Pülz, Michael Schmidt, Georg von Simson, Martin Straube, Klaus Wille). À partir du quatrième volume, Jens-Uwe Hartmann est devenu éditeur du dictionnaire. Le projet est financé dans le cadre du Programme des Académies par la Conférence scientifique conjointe (Die Gemeinsame Wissenschaftskonferenz) des gouvernements fédéral et des Länder ; la publication se trouve sous le patronage de l’Union Académique Internationale, Bruxelles.
De nouvelles éditions de textes et d’autres documents pertinents sont régulièrement publiés dans des suppléments. Dans le cadre de la « Commission pour les études bouddhistes », fondée en 1973, quatre colloques interdisciplinaires internationaux sur les études bouddhistes ont été organisés, dont les résultats ont été publiés dans les Abhandlungen de l’Académie des Sciences et des Sciences humaines de Göttingen ; les deuxième et troisième symposiums ont porté sur l’analyse et la classification des écrits bouddhiques canoniques de Turfan.
Adopté en 1995
À des fins scientifiques et didactiques, les MPMA, publiés in folio (45,5 x 30,5 cm), reproduisent à grandeur d’original des textes médiévaux constituant des séries cohérentes et transmis sur toutes sortes de support, sans exclusive – pierre, métal, bois, papyrus, parchemin, papier, tablettes de cire, etc. – Chaque volume comporte une introduction contenant toutes les informations nécessaires sur le contexte historique et sur le système d’écriture avec des spécimens de tous les graphèmes et des indications linguistiques. L’album de planches s’accompagne d’une transcription intégrale des textes, avec une annotation et des observations paléographiques. La paléographie est étudiée autant pour elle-même, comme une discipline autonome, que comme un marqueur culturel. C’est pourquoi les volumes des MPMA peuvent servir de sources fondamentales aussi bien aux codicologues et paléographes, qu’aux historiens, aux philologues et aux linguistes. Chaque volume se termine par un ou plusieurs index spécialisés.
La collection a été fondée en 1995 par Hartmut Atsma (1937-2009) et Jean Vezin, qui avaient contribué aux Tomes XIII à XIX des Chartae Latinae Antiquiores. Constatant qu’à partir du IXe siècle le nombre des documents conservés aurait rendu onéreuse et répétitive leur publication intégrale, et prenant en compte l’intérêt des inscriptions, graffiti, ostraca et autres sources précieuses sur l’usage et l’évolution des écritures, ils décidèrent de créer une nouvelle collection, à la fois plus ouverte et résolument sélective.
Depuis leur fondation, les MPMA se sont assigné un double objectif :
1. Illustrer par des exemples représentatifs la parenté foncière et l’extrême variété des systèmes, des types et des styles d’écriture qui s’imposent, d’un bout à l’autre de l’Europe, depuis la fin de l’Antiquité jusqu’à l’épanouissement culturel du Moyen Âge.
2. Montrer le développement et la diversification du rôle de l’écrit dans le monde médiéval. Chaque type de document développe un caractère spécifique : un support déterminé, une certaine présentation et un style graphique tendent à s’imposer. Cette nécessaire corrélation entre la forme matérielle et le fond, l’allure, le format et la fonction du texte se superpose à la variété des traditions nationales. Des extensions informatiques sont envisagées pour certains volumes ; toutefois la collection privilégie la reproduction à grandeur d’original sur support papier, qui rend mieux compte de l’aspect matériel des documents originaux, notamment du module de l’écriture. De plus, la publication papier contribue à la sauvegarde des originaux. En effet, elle permet de restreindre la communication de documents fragiles et en offre une réplique fidèle sur un support pérenne
Prévoyant d’emblée des séries distinctes (Gallica, Hispanica, etc.), selon le pays de conservation des documents et le contexte culturel auquel ils renvoient, ils choisirent de présenter les corpus les plus caractéristiques, en privilégiant, dans chaque tradition, la spécificité et l’exemplarité. En effet, puisque l’on renonce à l’exhaustivité, on se concentre sur ce qui est le plus caractéristique de chaque tradition nationale et sur ce qui contribue le plus efficacement à l’avancée des connaissances.
Les séries nationales s’élaborent en rapport étroit avec les structures académiques. C’est la même logique qui a permis la constitution d’une « République des lettres » dans l’Europe savante à la Renaissance et à l’Âge des Lumières.
Après accord préalable avec les directeurs des MPMA sur le plan de la série (spécifique à l’histoire de chaque pays), le choix des documents édités et les normes de présentation, les responsables des séries travaillent en toute liberté, avec l’irremplaçable compétence que leur donne l’imprégnation de la tradition culturelle et historiographique à laquelle ils appartiennent.
À travers ce projet, un véritable réseau interacadémique et interuniversitaire se constitue. Pour le moment, la collection reste ouverte et l’éventail des séries est encore appelé à se diversifier.
SÉRIES EXISTANTES :
Series Belgica, Series Gallica, Series Graeca, Series Hebraica, Series Hispania, Series Ibero-caucasica, Series Polonica, Series Rossica ; Sub-series Codices, Inscriptiones
Consulter la liste des publications sur le site de Brepols
Adopté en 1995
Le Clavis monumentorum litterarum Bohemiae est un projet de longue date du Centre d’études classiques de l’Institut de philosophie (Académie tchèque des Sciences), entrepris en collaboration avec d’autres institutions et des chercheurs extérieurs. Le projet consiste en une recherche heuristique, une analyse, une interprétation et une révision de la production littéraire des auteurs néo-latins nés ou ayant travaillé dans le Royaume de Bohême ou dans d’autres pays de la couronne de Bohême. Les archives photographiques numériques du Centre sont spécialisées dans la numérisation du patrimoine culturel des territoires tchèques, en particulier des sources écrites créées avant 1800.
a) De nos jours, la tâche principale du CMLB est de réaliser le projet Johann Peter Cerroni a historia litteraria jeho doby [Johann Peter Cerroni et l’historia litteraria de son époque]. L’essence du projet (qui a été subventionné pour sa première partie par la Fondation tchèque pour la science) est de rendre accessible le dictionnaire latin des écrivains du royaume tchèque Scriptores regni Bohemiae, écrit par le collectionneur morave et historien du Siècle des Lumières Johann Peter Cerroni (1753-1826), et de le replacer dans le contexte de la pensée et des travaux sur l’histoire de l’apprentissage (dite historia litteraria) dans les pays tchèques de l’époque. Comme Cerroni a inclus dans son dictionnaire des écrivains dont les oeuvres sont de langues différentes, des experts de plusieurs institutions universitaires, spécialistes du latin, de l’allemand, du tchèque et de l’hébreu participent au projet. Une partie du projet consiste à préparer une édition commentée des travaux de Cerroni, jusqu’à présent à l’état de manuscrits, complétée par les entrées bio-bibliographiques traduites des auteurs. L’édition doit être publiée en plusieurs parties. Les données bio-bibliographiques de l’ouvrage seront également présentées par voie électronique. Le deuxième objectif du projet consistera en un ouvrage collectif proposant des portraits de J. P. Cerroni et de ses contemporains qui ont écrit des dictionnaires similaires de savants des territoires tchèques. Ceux-ci seront analysés du point de vue de l’histoire de l’apprentissage et de l’histoire de la littérature. En dehors de cette collection d’essais, des études partielles seront publiées dans des revues scientifiques.
b) Projets individuels des membres du CMLB : La recherche sur la production littéraire latine sur les terres tchèques, du XVIe au début du XIXe siècle, est également entreprise sur la base de projets individuels des membres du CMLB qui interprètent, analysent et éditent la prose et la poésie néo-latines de genres divers : poésie humaniste, carnets de voyage, livres de cantiques, alba amicorum, drame scolaire et édifiant, historia litteraria, rhétorique jésuite, historiographies, correspondance des époques humaniste et des Lumières, etc. Le projet individuel le plus important actuellement est « Europa humanistica. Édition et traduction des classiques anciens en Bohême et en Moravie au tournant du XVIe siècle ». L’objectif du projet est d’analyser la transmission de textes anciens dans les pays tchèques au tournant du XVIe siècle. Les résultats comprendront des articles et deux monographies (publiées chez Brepols) : l’une sur les humanistes de Bohême occidentale et du nord-ouest et le cercle d’Olomouc (Paulus Niavis, Honorius Cubitensis, Johannes Dubravius), l’autre sur les traducteurs du latin et du grec ancien en tchèque (Gregorius Gelenius, Wenceslaus Piscensis). Les résultats de ces études sur les genres et les auteurs sont présentés sous forme d’éditions critiques et d’analyses d’oeuvres individuelles, ou éventuellement sous forme d’articles présentés lors de colloques.
Adopté en 1997
Ce projet comprend toutes les sources historiques écrites sur le Río de la Plata et le Chili entre 1500 et 1900. Il couvre la zone géographique de la vice-royauté du Río de la Plata, la Capitainerie générale chilienne et une partie de ce que l’on appelle aujourd’hui le Brésil, à savoir les états modernes de Santa Catalina et du Río Grande.
Les documents officiels de chaque état et les documents relatifs aux relations entre l’Église catholique, les États et Rome ne sont pas inclus. Le but du projet est de proposer un regard différent sur le passé, différent de celui reflété dans les sources politiques et administratives. Les villes et le pays sont décrits, ainsi que les usages et les modes de vie, en plus d’une vision critique des événements politiques. Dans certains cas, des informations précieuses sont fournies concernant la taille de la population, la faune et la flore ou le climat.
Le projet a été créé en 1996 et proposé à l’UAI lors de l’Assemblée générale de 1997. Le Dr García Belsunce fut responsable du projet depuis sa création jusqu’en août 2018 ; il a immédiatement commencé à travailler sur les premiers documents et a édité la Descripción del Perú, Tucumán, Río de la Plata y Chile. Cette chronique a été écrite par le Frère Reginaldo de Lizárraga – un frère dominicain – pour rendre compte de ses voyages dans les dernières années du XVIe siècle jusqu’à sa mort en 1609. Comme beaucoup d’autres documents de cette collection, la chronique a été éditée en 1909 et a été très difficile à trouver.
Les sources sélectionnées pour ce projet incluent la correspondance privée – comme l’édition de la Correspondencia 1802-1806 de Juan Martín de Pueyrredon –, des revues et des manuels, comme le Diario de la Invasión écrit par John Bent ou Fracasos de la fortuna y otros sucesos acaecidos écrit par Miguel de Learte. Les sources qui n’avaient jamais été publiées ont été choisies en priorité mais il est également possible de trouver dans le projet des sources éditées il y a longtemps et difficiles à trouver, même dans les bibliothèques, comme l’ouvrage de Lizárraga déjà mentionné. De courts récits et des autobiographies sont également inclus.
Ce projet a atteint une portée régionale avec l’inclusion de l’Uruguay et du Paraguay. Cela a permis la publication des Noticias del Paraguay, une chronique de Julio Ramón de César. Un an plus tard, l’Académie uruguayenne a publié un récit de voyage intitulé Tres viajeros a las costas orientales del Río de la Plata, édité par Fernando Assunçao.
Certains de ces manuscrits appartenaient à des collections privées, comme les textes de Learte ou les Mémorias de la prisión : Las casasmatas de El Callao 1815-1827, écrits par des prisonniers de cette époque. D’autres ont été trouvés dans des archives publiques et des bibliothèques, dans leur pays d’origine ou à l’extérieur. C’est le cas des mémoires de David Angus, ingénieur écossais dont les écrits ont été retrouvés par Garcia Belsunce à la Bibliothèque nationale d’Edimbourg. Le manuscrit de Jerónimo del Portillo a également été découvert par Mme Ripodas Ardanaz à la Hispanic Society of America.
Dans tous les cas, le directeur du projet a choisi un spécialiste pour rédiger une étude préliminaire. Tous parlent de l’auteur et des thèmes inclus dans le document. Des informations sur son lieu de conservation sont également incluses, si nécessaire. Dans certains cas, une liste de vocabulaire est incluse pour une meilleure compréhension. Ce groupe de sources éditées s’adresse aux historiens mais aussi à tous ceux qui aiment les livres de voyage et les mémoires.
Adopté en 1997
Adopté en 2002
L’Encyclopædia Iranica est consacrée à l’étude de la civilisation iranienne au Moyen-Orient, au Caucase, en Asie centrale et dans le sous-continent indien. Ce travail de référence académique couvrira à terme tous les aspects de l’histoire et de la culture iraniennes, ainsi que toutes les langues et littératures iraniennes, facilitant la gamme complète des études iraniennes, de l’archéologie aux sciences politiques.
L’Encyclopædia Iranica est un projet collaboratif international soutenu par la Fondation Encyclopaedia Iranica et réalisé à l’Université Columbia. Le projet était supervisé jusqu’en 2017 par son fondateur et rédacteur en chef, le professeur Ehsan Yarshater, auquel a succédé le professeur Elton Daniel. Une équipe de rédacteurs-conseils, tous spécialistes de renommée internationale des études iraniennes, aident au choix et à la modification des entrées. L’équipe éditoriale interne travaille au Ehsan Yarshater Center for Iranian Studies de l’Université Columbia. Les entrées sont sollicitées uniquement sur invitation et sont soumises à un comité de lecture pour garantir la fiabilité des faits, l’objectivité scientifique et l’indépendance politique.
En reconnaissance de ses réalisations académiques élevées, l’Encyclopædia Iranica a reçu un soutien financier, depuis sa création dans les années 1970, de la part de sponsors majeurs, tels que le National Endowment for the Humanities. La Fondation Encyclopaedia Iranica, créée en 1990, a pour mission de garantir l’indépendance intellectuelle de l’Encyclopædia Iranica en couvrant son budget de fonctionnement.
Auteurs
L’Encyclopædia Iranica est une entreprise internationale et s’appuie sur les chercheurs les plus prestigieux au monde pour garantir la qualité et la fiabilité de ses articles. À ce jour, plus de 1 300 universitaires du monde entier ont rédigé des articles dans diverses langues, dont l’anglais, le russe, le persan, le turc et le chinois. Le seul volume I compte 285 auteurs.
Histoire du projet
Au début des années 1970, Ehsan Yarshater, alors professeur de la chaire Hagop Kevorkian d’études iraniennes à l’Université Columbia, lança le projet Encyclopædia Iranica, l’envisageant comme un ouvrage de référence complet sur les études iraniennes. L’objectif du professeur Yarshater était de fournir aux spécialistes de l’Iran une plate-forme pour la publication de recherches en dehors de revues hautement spécialisées, tout en donnant aux universitaires dans des domaines connexes, ainsi qu’au grand public, un accès aux connaissances sur la civilisation iranienne.
En 1982, le premier fascicule de l’Encyclopædia Iranica fut publié. En janvier 2019, 15 volumes et les fascicules XVI/1, XVI/2 et XVI/3 du volume 16 étaient parus sous forme imprimée, avec des entrées allant de « Āb » à « Khavaran-nameh ». En 1996, l’Encyclopædia Iranica lança son premier site web, iranica.com, pour offrir un accès gratuit aux fichiers PDF des fascicules publiés précédemment. En 2009, Encyclopædia Iranica commença à développer son site web actuel. Depuis 2010, ce site offre aux lecteurs un accès facile à toutes les entrées grâce à des recherches dans le texte intégral. En septembre 2018, la version en ligne comprenait environ 7300 entrées, dont plus de 850 sont disponibles uniquement sur internet. La Fondation Encyclopaedia Iranica s’est engagée à développer de manière permanente les versions imprimée et numérique de l’Encyclopædia Iranica ainsi que, sous réserve d’un financement adéquat, l’accès libre au site web Iranica. Toutefois, l’édition imprimée est actuellement priorisée car la conservation à long terme des contenus numériques reste un défi.
Depuis sa création, le projet Encyclopædia Iranica a reçu un financement de la part d’organismes subventionnaires indépendants, tels que le National Endowment for the Humanities (NEH) et l’American Council of Learned Societies (ACLS). En 1990, la Fondation à but non lucratif Encyclopædia Iranica a été créée pour garantir l’indépendance intellectuelle du projet et assurer sa viabilité à long terme.
Adopté en 1998
Le prophète Mani (226-266), qui a établi sa religion universelle au IIIe siècle de notre ère, était un grand défenseur de la diffusion de ses idées religieuses grâce à l’écriture. Des textes manichéens rédigés dans une variété de langues anciennes et médiévales allant du latin au chinois ont été retrouvés dès le début du XXe siècle, principalement dans des contextes archéologiques. La majorité de ces textes, beaucoup dans un état très fragmentaire, sont conservés dans des bibliothèques à Berlin, Dublin, Paris, Londres et Pékin. Ce projet, qui a reçu le parrainage de l’UNESCO sous l’égide de l’Integrated Study of the Silk Road Program (1996-2003), est la publication officielle de l’Association internationale des études manichéennes (IAMS). Les réunions officielles des directeurs du projet et des différentes séries du CFM ont lieu lors du symposium quadriennal de l’Association internationale des études manichéennes et lors des réunions semestrielles du conseil d’administration de l’Association. Les directeurs accordent une priorité élevée à l’obtention de financements permettant le travail des chercheurs en équipe via la tenue régulière de réunions et de workshops. Au total, 20 volumes ont été publiés entre 1996 et 2018.
Les principales sous-séries
Le but principal de ce projet est de publier, dans un seul corpus, des textes, des traductions et des commentaires de tous les textes manichéens authentiques connus et des principaux textes polémiques contre la religion manichéenne. En raison de la diversité linguistique des textes manichéens, le projet est divisé en un certain nombre de sous-séries construites chacune autour d’une langue majeure. Le CFM est actuellement subdivisé en huit sous-séries selon la langue du texte original : Arabica, Coptica, Graeca, Iranica, Latina, Sinica, Syriaca et Turcica. Chaque sous-série a son propre directeur qui s’assure que les volumes soumis pour publication par Brepols répondent aux normes de recherche les plus élevées. Les volumes contiennent des textes, des traductions, des commentaires détaillés, des index de mots et des bibliographies à jour ainsi qu’une sélection de photographies des manuscrits originaux. Depuis sa création en 1996, huit volumes de textes ont été publiés.
Dictionary of Manichaean Texts et Series Subsidia
L’équipe de cette importante sous-série est placée sous la direction du professeur Nicholas Sims-Williams, FBA avec un financement de l’AHRC (Royaume-Uni) et de la British Academy. Elle fut basée à l’Ancient India and Iran Trust à Cambridge de 2000 à 2004. Cinq des six volumes prévus du dictionnaire, destinés à couvrir l’intégralité du vocabulaire et de la terminologie technique des textes manichéens, ont été publiés.
Series Archaeologica
Les vestiges matériels de la secte manichéenne ne sont pas négligés et deux des volumes publiés du CFM sont consacrés à des collections d’art manichéen dans les musées de Berlin (Allemagne), de Quanzhou et de Jinjiang (Chine).
Analecta Manichaica
Cette série, lancée en 2017, est destinée à accueillir de manière irrégulière une revue et des actes de conférence de l’IAMS avec des contributions axées sur l’édition, la traduction et les études de textes manichéens originaux.
Biblia Manichaica
Une autre nouvelle série a également été lancée en 2017 pour permettre la compilation et l’analyse de textes manichéens dans toutes les langues connues qui sont clairement influencés par les textes judéo-chrétiens (canoniques et apocryphes).
Electronic publications
Un élément important du projet est la base de données électronique intitulée Database of Manichaean Texts. Cette grande « banque électronique » contient des versions de presque tous les textes manichéens publiés avant 1998. La mise à disposition d’une ressource aussi importante au format électronique a considérablement allégé la tâche d’édition et de compilation de données lexicales, en particulier pour le Dictionary of Manichaean Texts. Cette base de données ou corpus électronique sera progressivement mise à la disposition de tous les chercheurs travaillant sur les textes manichéens. De plus, Brepols, l’éditeur du CFM, a accepté que 10% du Corpus, en particulier les volumes du Dictionary, soient disponibles en ligne gratuitement via le site web de l’Association internationale des études manichéennes.
Consulter la liste des publications sur le site de Brepols
Adopté en 2000
Depuis son lancement en 2000, les éditeurs en chef de ce projet ont engagé plus de quarante spécialistes du vieux norrois de dix pays (dont l’Australie, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Russie et les États-Unis d’Amérique) afin de produire de nouvelles éditions d’un grand corpus de poésie en vieux norrois, datant de la fin du IXe à la fin du XIVe siècle. Les éditions ont été basées sur un nouvel examen minutieux des sources primaires (principalement des manuscrits, ainsi que des pierres runiques et d’autres objets pour le volume VI) et une réévaluation de la littérature scientifique pertinente. Le vaste appareil textuel et les commentaires sont en anglais, et les textes en vieux norrois sont normalisés selon leurs périodes chronologiques respectives.
Depuis le début, le projet vise à publier ses travaux à la fois sur papier (avec Brepols) et par voie électronique. Le site web du projet, qui a été conçu et est géré par le Dr Tarrin Wills, maintenant à l’Arnamagnæan Institute for Old Norse-Icelandic Studies de l’Université de Copenhague, héberge les éditions en cours et beaucoup de matériel auxiliaire les concernant, ainsi que les éditions finales. Celles-ci sont accessibles aux abonnés uniquement dans un premier temps, puis, au bout de deux ans à compter de la publication, sont disponibles en libre accès.
L’édition imprimée devrait comprendre neuf volumes, huit 35 volumes de textes édités plus un volume final de bibliographie complète des études skaldiques et un certain nombre d’index.
Adopté en 2001
L’étude des relations entre le monde gréco-romain et ses voisins a toujours été un des domaines les plus prometteurs des sciences de l’Antiquité. Le problème des relations entre les Grecs et le monde des steppes occupé dans l’Antiquité par les nomades iraniens (Scythes, Sarmates etc.) ne représente pas une exception. Ces contacts ont commencé immédiatement après la fondation des premières colonies grecques dans la région pontique (seconde moitié du VIIe siècle av. J.C.) et sont restés très actifs jusqu’à la fin de l’existence de la civilisation gréco-romaine. La civilisation urbaine a rencontré ici une culture d’un type complètement différent, celle des pasteurs nomades. Le résultat de ces contacts a été la formation dans cette région d’une culture unique qui réunifiait des éléments d’origines complètement différentes.
Le projet Le monde scytho-sarmate et la civilisation gréco-romaine a pour but d’assurer la coordination des recherches internationales dans des domaines différents (histoire, archéologie, philologie, linguistique etc.) liés aux problèmes d’étude du monde scytho-sarmate et de ses relations avec la civilisation gréco-romaine. Le projet prévoit avant tout l’étude et la publication des matériaux provenant des fouilles des sites de la région pontique, aussi bien grecs que barbares. Beaucoup de découvertes d’importance scientifique considérable qui se trouvent dans des musées russes et ukrainiens ne sont pas encore publiées et restent inconnues des chercheurs.
Deux entreprises principales sont effectuées actuellement dans le cadre du projet. Le premier est la préparation d’un nouveau corpus des inscriptions grecques et latines du littoral nord de la Mer Noire, sous titre Inscriptiones antiquae orae septentrionalis Ponti Euxini Graecae et Latinae, édition 3(IOSPE3). Le premier corpus de ces inscriptions a été publié en 1885-1901 par V. Latyshev. Latyshev a pu publier la deuxième édition du premier volume de son corpus (Tyras, Olbia, Chersonèse et d’autres sites la partie occidentale de la région) en 1916. Il a fallu cependant attendre 1965 pour que la deuxième édition du deuxième volume (royaume de Bosphore) soit publiée. Rédigé par de nombreux auteurs, ce volume (Corpus inscriptionum Regni Bosporani, CIRB) inclut des parties de qualité variée aussi bien du point de vue de la lecture des textes que de leurs restitution et commentaire. Le nombre de nouvelles inscriptions découvertes depuis la dernière publication de ce corpus a quasiment doublé grâce aux fouilles intensives dans la région pontique menées durant les dernières cinquante années. Une grande partie de ces inscriptions reste inédite ; les éditions des autres, pas toujours d’une bonne qualité, sont dispersées dans de nombreuses publications souvent difficilement accessibles même pour un chercheur russe. Une nouvelle édition d’un corpus des inscriptions du littoral nord de la Mer Noire représente donc un desideratum des recherches dans ce domaine, ce qui a été plusieurs fois noté dans la littérature scientifique.
Le projet en question se propose de combler cette lacune et représente une continuation des traditions fondées par V. Latyshev. Le corpus est considéré comme la troisième édition de son ouvrage (le CIRB est assimilé à la deuxième édition du deuxième volume) et reprend son nom Inscriptiones antiquae orae septentrionalis Ponti Euxini Graecae et Latinae. La structure de son corpus n’est changée que légèrement. Les deux volumes de Latyshev sont remplacés par 4 qui seront subdivisés en fascicules, si nécessaire : 1. Tyras et vicinia; 2. Olbia et vicinia (la région nord-occidentale, y compris Leuké) ; 3. Chersonèse et vicinia (la Crimée centrale et occidentale y compris Neapolis Scythica) ; 4. Royaume du Bosphore. A ces volumes s’ajoutent un volume supplémentaire : 5. Les inscriptions byzantines de la Mer Noire. On prévoit également une publication d’un supplément au corpus qui comprendra les inscriptions de provenance inconnue parfois inédites qui se trouvent dans les collections des musées russes et ukrainiens (l’Érmitage, le Musée historique de Moscou, le Musée archéologique d’Odessa, le Musée historique de Kiev etc.).
La deuxième entreprise est la publication du corpus des tumuli scythes et sarmates (Corpus tumulorum scythicorum et sarmaticorum), qui sont la source principale de nos connaissances sur l’histoire et la culture des anciens nomades des steppes eurasiatiques. La nécessité de ce corpus a été déjà signalée par Mikhail Rostovcev, un des fondateurs des recherches dans ce domaine. Le nombre des tumuli fouillés augmente constamment grâce aux fouilles actives en Ukraine et en Russie méridionale, mais les résultats de ces fouilles sont souvent publiés avec un grand retard. Des nombreux sites importants restent inédits, ou n’ont été publiés que partiellement, sous forme des courtes informations dans la littérature scientifique, ou même des objets les plus prestigieux inclus dans des catalogues d’exposition. Même les célèbres tumuli « royaux » des Scythes fouillés à la fin du XIXe et au début du XXe siècles ne sont pas tous publiés (ainsi, Alexandropol, Oguz et Kozel restent inédits). La collection « Corpus tumulorum scythicorum et sarmaticorum » a pour but d’améliorer cette situation. Elle comprendra des nouvelles publications originales des tumuli scythes et sarmates indépendamment de l’époque de leur découverte. Chaque publication doit comprendre toute l’information disponible sur le monument publié notamment la description des constructions funéraires accompagnées des plans et d’autres illustrations, le catalogue complet des objets trouvés etc. Les livres du corpus seront publiés en deux variantes : en russe et en anglais (ou éventuellement en français ou allemand).
Institut des recherches sur l’Antiquité et le Moyen-Age « Ausonius » (CNRS et Université de Bordeaux 3, France) et Institut archéologique allemand (Berlin). Le comité scientifique de la collection comprend des chercheurs de la Russie, de l’Ukraine, de la France, de l’Italie, de l’Allemagne et des Etats-Unis.
Adopté en 2001
Dans le cadre de son activité scientifique, S.I.S.M.E.L. (Société internationale pour l’étude du Moyen Âge latin) publie le C.A.L.M.A., le Compendium Auctorum Latinorum Medii Aevi, une bibliographie complète, bien que sélectionnée selon des critères scientifiques, des textes écrits en latin d’auteurs médiévaux dont les oeuvres se situent dans un intervalle d’un millénaire compris entre la fin du Ve et le premier tiers du XVIe siècle, c’est-à-dire entre Boèce et Érasme.
Fondé par Michael Lapidge et le regretté Claudio Leonardi, et désormais édité par Michael Lapidge, Silvia Nocentini et Francesco Santi, C.A.L.M.A. est conçu comme une bibliographie complète d'auteurs médiévaux et humanistes. En particulier, C.A.LM.A. fournit des informations complètes sur les manuscrits liés à la transmission d’oeuvres d’auteurs latins du Moyen Âge, notamment pour ceux dont une édition critique n’est pas encore disponible. Bien que divers ouvrages de référence bibliographiques existent pour des disciplines spécialisées (par exemple la médecine) ou pour divers ordres religieux (par exemple les Franciscains), C.A.L.M.A. est le seul ouvrage de référence qui tente de couvrir tous les auteurs latins de toutes les disciplines et de tous les ordres religieux.
Pour chaque auteur, C.A.L.M.A. fournit les informations suivantes :
Tout d'abord, une bibliographie générale (BIBL.GEN.) énumérant les études biographiques et culturelles sur l'auteur et son milieu, dans l'ordre de leur date de publication. Cette rubrique contient des références à des entrées dans les encyclopédies médiévales pertinentes (par exemple, le Lexikon des Mittelalters) et dans des histoires littéraires (par exemple, Manitius), ainsi que tous les articles et ouvrages monographiques pertinents sur l'auteur ;
Suit ensuite une liste des oeuvres individuelles de l’auteur (y compris les oeuvres d’authenticité douteuse), par ordre alphabétique. Les études publiées pour chaque oeuvre sont répertoriées sous les rubriques suivantes :
REF : références à l’oeuvre dans les répertoires alphanumériques (par exemple, Bibliotheca Hagiographica Latina) ;
MSS : liste des principaux manuscrits qui transmettent l’oeuvre - mais ceux-ci ne sont énumérés que dans les cas où l’oeuvre n’est pas publiée ou dans les cas où une oeuvre est transmise dans un manuscrit autographe ;
ED : une liste des éditions publiées de l’oeuvre (incluant fréquemment des incunables) ;
STU : liste des études publiées - philologiques, historiques, etc. - sur chaque oeuvre.
C.A.L.M.A. est le fruit de la coopération de plusieurs chercheurs européens et nord-américains issus de diverses universités : Barcelone, Bologne, Cambridge, Cassino, Columbus (OH), Florence, Fribourg I.Br., Gênes, Genève, Milan, Paris, Pérouse, Pise, Rome, Sassari et Valladolid. Les entrées compilées par ces divers chercheurs sont supervisées et éditées selon un format standard par les éditeurs des deux principaux centres de rédaction, à savoir Cambridge et Florence. Chaque volume de C.A.L.M.A. se compose de six fascicules ; les fascicules sont publiés tous les six mois. Les éléments suivants ont déjà été publiés :
Volume I : Abaelardus Petrus - Bartholomaeus de Forolivio + Elenchus adbreviationum et Indices (6 fascicules, 2000-2003)
Volume II : Bartholomaeus Fracancianus - Conradus de Mure + Elenchus adbreviationum et Indices (6 fascicules, 2004-2008)
Volume III : Conradus Mutianus Rufus - Galterius Anglicus + Elenchus adbreviationum et Indices (6 fascicules, 2009-2011)
Volume IV : Galterius de Argentina - Guillelmus de Congenis + Elenchus abbreviationum et Indices (6 fascicules, 2012-2014)
Volume V : Guillelmus Conventuensis - Hermolaus Barbarus iunior + Elenchus abbreviationum et Indices (6 fascicules, 2015-2017)
Volume VI : Hermolaus Barbarus iunior - Jérôme de Prague magister (premier fascicule, 2018)
La bibliographie du CALMA est disponible sous forme imprimée aux Edizioni del Galluzzo.
Adopté en 2003
L’espagnol, langue officielle de 21 pays parlée par environ 400 millions de locuteurs, possède plusieurs bons dictionnaires de termes littéraires (par exemple le Diccionario de Terminos Literarios de D. Estébanez Calderón, 1996). Toutefois, il n’existe pas d’encyclopédie à grande échelle proposant une recherche actualisée de tous les termes utilisés dans la critique culturelle. Il convient donc de produire un important ouvrage de référence, actualisé, en espagnol sur ce qui se fait dans d’autres langues. L’encyclopédie traitera avec une attention particulière les termes qui pèsent davantage dans la culture espagnole, ainsi que les mots espagnols qui ne sont presque pas représentés dans les autres cultures.
Le Dictionnaire espagnol des termes littéraires internationaux (DETLI) appartient au genre du dictionnaire encyclopédique et inclut, du point de vue de la culture de langue espagnole, les termes utilisés dans la critique littéraire mondiale et, dans certains cas, même des termes non strictement littéraires, mais qui sont des termes clés de la critique culturelle en général. Il comprend 6 000 entrées étudiées sur 6 000 pages et réparties dans 500 articles.
La mention de l’ « espagnol » dans le titre signifie que :
Tous les termes exclusifs de la culture en espagnol seront étudiés, même s’ils ont peu ou pas de présence internationale : así, aljamiado, antipoema, aparte, astracán, bobo, bululú, calavera, cantiga de amigo, casida, copla, cordel, corrido (mexicain), costumbrismo, esperpento, fábula, gauchesca (Argentine/Uruguay), gaya ciencia, género chico, gracioso, greguería, indigenismo (ibéro-américain), ingenio, jornada, manriqueña, mariano, mester de clerecía, mester de juglaría, modernismo, morisco, ñaque, paragoge, patraña, postismo, pulla, saeta, sainete, sefardí, teatro campesino (EEUU), tertulia, tetrástrofo monorrimo, vejamen, villano, zamacueca (Chili), zarzuela, zéjel ;
2. Les termes d’importance singulière dans la culture espagnole seront abordés, avec une largeur et une profondeur plus grandes que dans les encyclopédies réalisées dans d’autres médias culturels : auto sacramental, picaresca, etc. ;
3. Les approches générales seront illustrées et souligneront ce qui est nécessaire à l’étude de la culture de langue espagnols ;
4. Les termes d’autres cultures qui ont été intégrés au niveau international seront étudiés : outre les termes latins et grecs, Agit prop, alba angry young men, Aufklärung, beat generation, bestseller, Biedermeier, Bildungsroman, cansó, cobla, commedia dell’arte, dazibao, dolce stil novo, euphuism, fabliaux, gemüt, gender studies, graffiti, grio, haiku, happening, haskalah, kabuki, kitsch, lai, Lied, lost generation, midrash, Minnesang, new criticism, noucentismo, nouveau roman, nouvelle critique, pastimen, pléiade, rococó, rousseauisme, sirventes, spatialisme, spleen, Sturm und Drang, Trivialliteratur, Upanisad, vaudeville, verismo, virelai, Volksgeist, Weltliteratur, wit, Zeitgeist. Nous n’en inclurons pas d’autres (inhabituels dans notre culture), qui devront être recherchés dans des inventaires spécifiques : par exemple, camathara (sanskrit), nyugat (hongrois), etc.
Tous les articles comprennent quatre parties : étymologie, définition, étude et bibliographie ainsi que, le cas échéant, une traduction en anglais, français, italien, allemand et portugais.
Il y a deux colonnes dans la liste des termes : d’une part, les articles qui composent l’encyclopédie et, d’autre part, tous les termes mentionnés, même ceux qui n’ont pas d’article spécifique mais qui ont été traité dans une référence plus large. On peut également trouver des articles très spécifiques dans la première colonne si leur titre ne fait pas partie d’une référence plus large.
Ce travail fait partie des résultats du projet du même titre réalisé au sein du Conseil supérieur de la recherche scientifique financé par les appels DEGSIC (PB 998-0692) et suivants, et parrainé par l’Union académique internationale (projet n°63).
Il a également reçu des subventions du BSCH et de la Fondation internationale « Obra Pia de los Pizarro ». Nous devons également remercier les personnalités des différentes Académies de langue espagnole membres du comité international pilotant le projet, répondant ainsi à l’une des exigences requises par l’UAI pour accepter le parrainage d’un projet.
Adopté en 2003
Le Corpus Epistularum Ioannis Dantisci (CEID) est l’édition critique et annotée de la correspondance de Ioannes Dantiscus (1485-1548 ; en polonais, Jan Dantyszek) – un poète humaniste et néo-latin né à Gdańsk, diplomate exceptionnel au service du roi Sigismond Ier Jagellon de Pologne et de son épouse Bona Sforza, puis, dans les dernières années de sa vie, évêque de Culm et de Varmie en Prusse. La correspondance de Dantiscus est l’une des plus importantes collections de lettres (plus de 6 000) d’Europe centrale et orientale et la plus importante collection de sources manuscrites concernant l’humanisme et la diplomatie de la Renaissance européenne et polonaise de la première moitié du XVIe siècle. Parmi les près de 650 correspondants de Dantiscus, nous trouvons des dirigeants, des politiciens, des chevaliers, des banquiers ainsi qu’un nombre considérable d’humanistes et d’érudits. Bien que la correspondance de Dantiscus intéresse les chercheurs depuis le XVIIIe siècle, la majeure partie reste pour l’instant inédite.
Le CEID fait partie d’un projet de recherche à long terme intitulé « Registration and Publication of the Correspondence of Ioannes Dantiscus », lancé en 1989 et actuellement mené au Laboratory for Source Editing and Digital Humanities de la Faculté « Artes Liberales » de l’Université de Varsovie. La deuxième partie de ce projet comprend la publication sur internet du « Corpus of Ioannes Dantiscus Texts & Correspondence » et inclut – en dehors des lettres – des poèmes de Dantiscus, des mémoriaux diplomatiques, des discours et des archives d’envoyés et de représentants officiels.
La correspondance de Ioannes Dantiscus constitue la plus grande collection de lettres d’Europe centrale et orientale (plus de 6 000 lettres, environ 12 000 documents sources) concernant la cour royale de Pologne et ses partenaires dans le monde contemporain. Il s’agit d’une source d’information unique pour les chercheurs en histoire, littérature, culture et histoire des idées de la Pologne et de la Renaissance européenne. Il documente le rôle de la Pologne et de la diplomatie polonaise dans l’Europe de la Renaissance et fournit des informations précieuses sur l’élite culturelle et intellectuelle de l’époque, qui partageait une communauté de formation spirituelle définie par la latinité (Latinitas) et la religion chrétienne (Christianitas).
La publication de la correspondance de Dantiscus a été envisagée à plusieurs reprises à partir du XVIIIe siècle, mais l’énorme volume de documents manuscrits, paléographiquement différents, et sa dispersion dans les archives et les bibliothèques d’Europe ont rendu cette demande impossible à satisfaire. Avant la première version du Corpus of Ioannes Dantiscus’ Texts & Correspondence (2010), environ 30% des lettres avaient déjà été publiées dans diverses éditions imprimées (les plus importantes étant Acta Tomiciana, Stanislai Hosii Epistulae, Herzog Albrecht von Preussen und das Bistum Ermland) et comme annexes à des études savantes. Certaines de ces éditions ne présentent que des résumés ou des traductions des textes sources ; certaines, en particulier les plus anciennes, ne présentent pas une grande valeur en tant qu’éditions académiques. La nature fragmentaire et dispersée de ces publications rend nécessaire la collecte et la systématisation des informations les concernant dans un inventaire de l’ensemble de la correspondance. Ce type d’inventaire est un prélude, bien éprouvé dans l’édition européenne, à la publication de recueils de correspondance de la Renaissance (par exemple l’inventaire de la correspondance de Justus Lipsius ou la publication des registres de correspondance de Philip Mélanchthon).
Adopté en 2003
Le but principal du CHLEL (Histoire comparée des Littératures de Langues européennes) est de publier des recherches d’histoire comparée en littérature, à la fois collaboratives et expérimentales. CHEL a quatre sous-séries : une série géographique, une série historique, une série thématique et une série orientée vers des problématiques spécifiques. Les livres des trois premières séries comprennent généralement 2 à 4 volumes tandis que ceux de la dernière série se concentrent en un seul volume sur un problème historiographique littéraire précis.
Les critères d’acceptation d’un projet dans l’une ou l’autre de ces séries reposent essentiellement sur la mise en oeuvre d’une nouvelle approche d’un domaine spécifique de l’histoire littéraire ainsi que sur une méthodologie comparative. Tous les volumes sont publiés aux éditions John Benjamins. CHLEL s'est engagé à publier au moins un volume chaque année mais, ces dernières années, cet objectif a souvent été dépassé. Comme le titre du projet l’indique, il se concentre sur les littératures en langues européennes, mais toujours par le biais de nouvelles perspectives.
En 2016, le deuxième volume de "A Comparative History of Literatures in the Iberian Peninsula" (éd. C. Dominguez et al.) est paru. Il ouvre la voie à une discussion sur les relations critiques entre les littératures nationales et régionales de la péninsule. L’année dernière, CHLEL a publié le premier volume de Nordic Literature qui analyse la littérature nordique sous des angles novateurs : l’approche principale de ce volume étant les « noeuds spatiaux » (y compris les paysages terrestres, les paysages marins, les paysages urbains, les paysages lumineux, etc.) (éds. S. Sondrup et M. Sandberg). Paru en 2018, le deuxième volume se concentre sur les noeuds figurés. Le dernier volume (2019) se concentrera sur les noeuds temporels. En 2017, le quatrième et dernier volume de l’immense histoire littéraire de la Renaissance est paru sous le titre L'Époque de la Renaissance (1400-1600), Tome II: La nouvelle culture (1480-1520) (éd. Eva Kushener). Un projet sur les littératures latines (éd. Francesco Stella), qui se concentre sur 1000 ans de culture « cosmopolite » en Europe, ainsi que sur l’intermédialité et la littéralité de cette culture, est actuellement en préparation.
Le CHLEL se concentre davantage sur les littératures en langues européennes hors Europe, par exemple en Afrique et en Amérique latine, sur les interactions entre la littérature européenne et la littérature hors Europe et sur la compréhension de la littérature européenne à la lumière des conséquences de la mondialisation, de la migration et des influences transculturelles. Un projet dont le premier volume sera terminé cette année s’intitule Transculture : Contemporary Literature and Migration in Europe (éd. Fridrun Rinner et al.). Un autre projet en cours, Landscapes of realism (éd. Dirk Gottsche) associe l’étude de formes de réalisme très différentes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Europe. Le CHLEL a également un projet sur les Transatlantic Cultures (éd. Jean Moura) et un projet intitulé A Comparative Literary History on Slavery (éds. M. Dobie, M. A. Baggesgaard et K.-M. Simonsen). Tous les projets repensent la littérature européenne dans un monde globalisé, y compris les littératures d’Amérique latine et d’Afrique.
La relation entre l’Europe et le monde a également été débattue à l’occasion du 50e anniversaire de l’entreprise célébré lors d’une conférence à l’Université St. Andrews le 2 juin 2017, intitulée Global Perspectives on the Past and Future in Comparative Histories on Literatures in European Languages. Les contributions à cette conférence seront publiées avec Arcadia en 2018, les éditeurs invités étant C. Dominguez et Birgit Neumann, membres du CHLEL.
Le CHLEL se concentre également sur l’objet littéraire littéraire, sa redéfinition dans une nouvelle ère numérique, ses formes de média anciennes et nouvelles, et ses relations avec d’autres formes d’art esthétique et le rapport de la littérature à la culture littéraire. En 2016 a été publié Or Words to that Effect: Orality and the Writing of Literary History, édité par Daniel Chamberlain et Edward Chamberlin, un volume consacré au problème de l’historisation de la littérature orale.
En 2018, le CHLEL a accepté deux nouveaux projets. Le premier, The literary history of writing processes (éd. Dirk van Hulle), replacera dans un cadre historique l’approche des auteurs en matière d’écriture dans différents genres. Le second, A Comparative Intermedial History of Literature in the Baroque Age (éds. M. Fusillo et H. Mitterbauer), se concentrera sur les relations entre les différents médias et formes d’art en Europe et en Amérique latine dans le baroque et le néo-baroque.
Le CHLEL regroupe des membres de 16 universités d’Europe et d’Amérique et organise une réunion chaque année dans des lieux différents.
Adopté en 2004
La Chine et le monde méditerranéen - Sources archéologiques et documents écrits, depuis les époques les plus anciennes jusqu’à la fin du XIVe siècle de notre ère
Dans le monde d’aujourd’hui, caractérisé par une mondialisation galopante dans laquelle la Chine devient un acteur de plus en plus important, la compréhension de la dynamique historique des contacts et des interactions sino-européens est plus significative que jamais. Améliorer notre compréhension dans ce domaine est l’objectif fondamental du projet de l’UAI « La Chine et le monde méditerranéen : sources archéologiques et documents écrits ».
Objectifs et subdivisions du projet :
1. Rassembler et publier les objets provenant d’une sphère culturelle donnée et découverts dans une des autres sphères culturelles grâce à l’archéologie, en particulier les objets romains trouvés en Chine et vice versa. Ce sous-projet est la tâche principale des participants chinois, en particulier des membres de l’Institut d’archéologie de l’Académie chinoise des sciences sociales de Pékin.
2. Rassembler et traduire les textes relatant les contacts Est-Ouest et la conscience de l’existence de l’autre :
(1) Textes européens sur la Chine. Une partie de ce travail a déjà été réalisée par différents chercheurs, en particulier par le savant français George Coedès dans son ouvrage Textes d’auteurs grecs et latins relatifs à l’Extrême-Orient depuis le IVe siècle av. J.-C. jusqu’au XIVe siècle (Hanoi et Paris, 1910). La toute première tâche de l’équipe de ce sous-projet dirigée par le professeur Samuel Lieu de l’Académie australienne a été de traduire avec précision cet important matériel grec et latin en anglais et de le commenter.
(2) Textes chinois sur l’ancien monde méditerranéen: La première étape, comprenant des traductions de textes jusqu’à la fin de la période Tang, a été achevée par M. Yu Taishan de l’Académie chinoise des sciences sociales et est maintenant disponible en ligne : http://sino-platonic.org/complete/spp242_china_mediterranean.pd
(3) Le troisième grand sous-projet consiste à lancer des études de synthèse sur l’importance des données collectées dans les deux premiers sous-projets. Le travail à ce sujet a déjà commencé avec la collecte de données textuelles et épigraphiques. Ce sous-projet a donc deux objectifs particuliers :
– (i) examiner et analyser les témoignages de contacts Est-Ouest établis durant la période préislamique, notamment grâce aux travaux de doctorants attachés au projet ;
– (ii) mener des études comparatives impliquant des chercheurs de différentes parties du monde. Ceci est spécialement destiné à renforcer la coopération scientifique entre la Chine et l’Europe.
Depuis le lancement du projet en 2004, cinq volumes monographiques ont été publiés par Brepols dans la série Studia Antiqua Australiensia in Silk Road Studies, deux des volumes étant basés sur des travaux de doctorat effectués par des étudiants impliqués dans le projet.
Consulter la liste des publications sur le site de Brepols
Adopté en 2005
Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme d'après les sources chinoises et japonaises
Ce titre quelque peu mystérieux est la prononciation sino-japonaise de quatre caractères chinois qui signifient « Forêt des sens du trésor de la Loi (bouddhique) » ; il décrit en termes symboliques courants dans le bouddhisme d’Extrême- Orient l’intention première du projet : mettre à la disposition du public savant, sous forme d’encyclopédie alphabétique dont les entrées étaient classées selon la prononciation japonaise, une exposition systématique des doctrines (c’est le gi du titre, signifiant « sens » ou « dogme ») bouddhiques fondamentales telles qu’elles ont été conservées dans le trésor scripturaire constitué par le canon bouddhique chinois traduit des langues indiennes et élaboré dès le haut moyen-âge, pour culminer avec la grande édition japonaise connue sous le nom de Canon bouddhique révisé de l’ère Taishô (Taishô shinshû daizôkyô), paru entre 1924 et 1934. Cette entreprise avait été conçue à l’origine par deux grands spécialistes du bouddhisme du siècle dernier : un Français, Sylvain Lévi (1863–1935), peut-être le plus grand orientaliste de son temps, et Takakusu Junjirô (1866–1945), l’un des grands pionniers des études bouddhiques d’inspiration moderne au Japon. Le premier fascicule, comportant 96 pages sur deux colonnes, illustré d’oeuvres d’art bouddhique conservées au Japon, fut publié en 1929 à Tôkyô. Il était placé sous la responsabilité éditoriale du grand sinologue Paul Demiéville, sous le haut patronage de l’Académie Impériale du Japon et de la Maison Franco-Japonaise de Tôkyô. Le second fascicule parut en 1930, mais après le troisième (1937), le projet connut une éclipse de trente ans, pour redémarrer dans les années soixante du XXe siècle, publié cette fois par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l’Institut de France.
Malgré les années passées et le progrès des études bouddhiques aux États-Unis notamment, le Hôbôgirin garde toute son utilité. Il est l’un des travaux de référence de langue française le plus systématiquement consultés à l’étranger dans une spécialité donnée et il garde un prestige particulier auprès des spécialistes japonais, malgré l’indéniable attrait exercé chez ceux-ci par la bouddhologie anglo-saxonne dans ses récents développements. Si l’on a vu l’apparition de pro- jets encyclopédiques en anglais, aucun ne recoupe les perspectives du Hôbôgirin, qui reste le seul à se consacrer aux sources chinoises et japonaises et demeure en ce sens un instrument de travail unique.
Il faut souligner que cette perspective, « extra-indienne » dès l’origine, de cette encyclopédie, s’accorde parfaitement avec les nouvelles tendances de l’étude du bouddhisme, laquelle avait été longtemps marquée par les tentatives de reconstruction de la personnalité et de la vie de son fondateur, ainsi que par l’établissment d’une chronologie du développement des doctrines et de la communauté religieuse en Inde.
Il est donc indispensable de rester dans cet axe sino-japonais, en y ajoutant toutefois de façon beaucoup plus explicite les sources coréennes, souvent non distinguées des deux premières, et en se préoccupant des sources viêtnamiennes, elles aussi rédigées en chinois classiques et très peu exploitées jusqu’à maintenant.
L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en la personne de son regretté Secrétaire perpétuel, Jean Leclant, a tenu à continuer et à achever cette oeuvre qui est sans nul doute l’un des fleurons de l’érudition de langue française. Il a été demandé à Jean-Noël Robert d’en reprendre la direction. Un certain nombre d’années ont été consacrées à trier, dans les manuscrits subsistants, les articles qui pouvaient être publiés. Il est apparu que ceux qui auraient pu l’être auraient dû être réécrits de fond en comble, ce qui n’était pas impossible sans doute, mais qu’ils représentaient une forme d’érudition trop attachée aux critères anciens pour pouvoir répondre aux exigences actuelles. Les sources chinoises et japonaises ont en effet cessé d’être les matériaux primordiaux des études bouddhiques : d’une part, depuis les années soixante du XXe siècle, un flot ininterrompu d’oeuvres écrites par les docteurs tibétains a inondé les bibliothèques d’Occident, offrant à la fois des traductions de textes sanscrits, mais aussi une tradition originale mé- ritant d’être étudiée pour elle-même ; d’autre part, la littérature du grand Véhi- cule de langue sanscrite, dont on croyait disparues un grand nombre d’oeuvres importantes, s’enrichit constamment de nouvelles découvertes, que ce soit dans les fonds manuscrits indiens et népalais systématiquement explorés ou grâce à la brusque apparition de collections cachées au Tibet.
Tout cela fait que les sources chinoises et japonaises ont vu relativiser leur im- portance comme accès privilégié au bouddhisme indien ancien. En même temps, les progrès de l’informatique ont rendu possible l’exploitation électronique du ca- non bouddhique chinois et japonais avec une finesse et une précision inimagi- nables auparavant, ce qui a donné des perspectives nouvelles aux recherches sur l’histoire des doctrines et de la pensée bouddhiques en Asie Orientale
Adopté en 2006
Quand Herman Bouchery fut invité à délivrer une laudatio sur Justus Lipsius (1547-1606) devant les membres de l’Académie royale flamande des Sciences, des Lettres, des Beaux-Arts de Belgique en commémoration du 400e anniversaire de la naissance de l’érudit, il a commença d’une manière assez inhabituelle, s’excusant de ne pas pouvoir donner un portrait clair et complet de son sujet. Bien que Lipsius ait été un savant brillant avec un large éventail de talents et ait été considéré comme un pilier et un phare par ses contemporains de l’Europe entière, les recherches sur sa vie, ses oeuvres et ses idées ont été complètement négligées malgré l’abondance de documents à notre disposition. Bouchery souligna particulièrement la nécessité d’une édition critique et annotée de sa correspondance prolifique, à l’exemple de l’édition alors presque terminée des lettres d’Erasme par P. S. Allen, comme une étape indispensable vers une biographie approfondie de cet éminent savant. Bouchery décéda peu de temps après, mais Aloïs Gerlo et Hendrik Vervliet reprirent le flambeau : ils contactèrent des bibliothèques universitaires et nationales en Europe et en Amérique pour avoir une vision claire des sources disponibles. La réponse fut écrasante : quelque 4 300 lettres (environ 600 de plus que la correspondance d’Erasme), écrites par Lipsius ou envoyées à lui, purent être retracées et cataloguées dans l’Inventaire de la correspondance de Juste Lipse (Anvers, 1968). Depuis lors, environ deux cents autres lettres ont été découvertes. La plupart d’entre elles sont écrites en latin (à peine 1% sont écrites dans une langue vernaculaire, principalement le néerlandais ou le français), et il convient de souligner que ni l’écriture de Lipsius ni son idiome ne sont une sinécure, pas même pour le latiniste qualifié disposant de tous les outils électroniques.
Cette correspondance s’est avérée être une source indispensable pour l’étude, d’une part, du renouveau de la philologie latine et de l’histoire antique durant la Renaissance et, d’autre part, de l’histoire de la civilisation de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle en général et de l’humanisme en particulier. L’index de l’Inventaire mentionne les noms de plusieurs des plus illustres humanistes de l’époque non seulement aux Pays-Bas, mais aussi en France, en Italie, dans la péninsule ibérique, dans les régions dominées par les Habsbourg, en Pologne et dans les pays baltes. La majeure partie de sa correspondance était adressée à des collègues et des étudiants ou anciens étudiants, car Lipsius était désireux de rester en contact avec eux, tant en ce qui concerne leurs études ou leur carrière que leur bien-être général et leur vie de famille. Ainsi de nombreux témoignages et des lettres de recommandation ou d’introduction ont été conservés. Les étudiants de Lipsius n’ont pas non plus oublié leur mentor et le tiennent au courant de leurs allées et venues, de leurs succès ou de leurs déceptions, et discutent avec lui de leurs activités savantes. Par ailleurs, ni Lipsius ni ses correspondants ne vivaient dans une tour d’ivoire : ils voulaient être tenus informés de ce qui se passait dans le monde. À maintes reprises, ils discutent de la situation politique aux Pays-Bas, mais aussi dans d’autres pays européens. Lipsius attendait avec impatience les lettres d’un certain nombre d’amis qui étaient occasionnellement envoyés en mission diplomatique et il s’est abonné aux premières « Gazettes », des journaux rassemblant des nouvelles de l’étranger. Lipsius invitait plus particulièrement les savants des régions éloignées à l’informer du déroulement des événements dans leur pays.
Mais surtout, la correspondance abondante de Lipsius avec d’éminents savants partout en Europe – sauf dans les régions sous domination ottomane – témoigne de sa réputation internationale couvrant de nombreux domaines et est, en tant que telle, une source inépuisable pour un biographe. En sa qualité de philologue et d’« antiquaire », Lipsius est devenu célèbre par sa familiarité avec les auteurs classiques. Ses éditions de Tacite et de Sénèque, toujours utiles pour les éditeurs modernes, montrent à la fois sa perspicacité critique envers leurs textes et sa connaissance extraordinaire du monde antique. L’étude inlassable de ses auteurs préférés lui a également fait développer son propre style concis et antithétique. En tant que philosophe, Lipsius a exercé une grande influence sur les idées des XVIIe et XVIIIe siècles. Outre ses traités philosophiques et sa correspondance, ses idées pédagogiques montrent clairement comment il a essayé d’appliquer les principes de la philosophie stoïque dans sa propre vie. D’éminents politiciens de son pays lui ont confié l’éducation de leurs fils. Convaincu que sa tâche ne se limitait pas à leur simple formation intellectuelle, il les a admis dans sa propre maison en essayant, selon les idéaux stoïciens, de les transformer en adultes capables d’assumer des tâches responsables au sein du gouvernement de l’Église et de l’État. Enfin, Lipsius a confié l’édition de toutes ses oeuvres à l’Officina Plantiniana, soit à Anvers, soit à Leiden, selon l’endroit où il habitait, et sa correspondance présente également un intérêt pour les historiens du livre. Plantin et Moretus ont fait tout leur possible pour fournir de belles éditions soignées sur du papier de haute qualité et ont gardé un oeil attentif sur le stock : chaque fois qu’un titre était presque épuisé, une réimpression était entreprise, non sans demander à l’auteur d’éventuelles corrections ou des ajouts. De plus, leurs contacts commerciaux dans toute l’Europe ont grandement favorisé une livraison fluide et sûre de la correspondance de Lipsius.
Consulter la liste des publications sur le site de Peeters Publishers
Adopted in 2005
Adopté en 2005
Grâce aux conditions climatiques exceptionnelles de la vallée du Nil, des matériaux périssables tels que les papyrus y ont été conservés en grand nombre, nous permettant d’étudier l’histoire locale avec un degré de détails similaire à celui de l’histoire des villes médiévales, des universités ou des paroisses, ce qui est normalement impossible pour l’Antiquité.
La plupart de ces textes ont été découverts soit par des fermiers égyptiens lorsqu’ils détruisaient les maisons en briques crues d’anciens villages pour les transformer en engrais, soit par des expéditions de « chasse » au papyrus qui avaient peu, voire pas, d’intérêt pour l’archéologie. Il est néanmoins clair que relativement peu de papyrus ont été trouvés isolément. Habituellement, ils étaient encore regroupés au moment des fouilles : les documents de la famille pouvaient être conservés dans une boîte ou une jarre, ou liés ensemble et placés dans une niche de fenêtre ; les papiers devenus inutiles pourraient avoir survécu après avoir été mis de côté ; les documents administratifs étaient parfois réutilisés pour bourrer les momies de crocodiles sacrés ou réaliser le cartonnage des momies ; même les papyrus retrouvés sur les tas d’ordures d’Oxyrhynque étaient souvent jetés en groupe et l’origine d’un papyrus d’une section particulière peut permettre de le relier à d’autres textes. Mais les descriptions détaillées des découvertes sont rares et, le plus souvent, le lien entre les papyrus d’un même groupe doit être douloureusement reconstruit par l’éditeur des textes plusieurs années après leur découverte.
Ces groupes de textes, conservés ensemble par des institutions ou des individus dans l’Antiquité, comprennent des documents publics et privés. Les frontières entre public et privé sont en fait souvent peu claires car au terme de leur charge, les fonctionnaires ramenèrent chez eux des documents importants pour eux et les mélangèrent à leur correspondance privée et même à leur bibliothèque privée. Dans les bureaux gouvernementaux, les lettres et rapports entrants et sortants furent souvent classés ensemble en collant chaque document au suivant pour former de longs rouleaux : ces tomoi synkollesimoi peuvent être considérés comme une forme d’archives anciennes et reçoivent une place spécifique dans notre étude.
Le projet vise à aider les historiens à s’y retrouver dans le labyrinthe des papyrus grecs en reliant les textes qui appartenaient au même ensemble, en étudiant des archives individuelles, en analysant le contexte des découvertes des papyrus et en éditant certains groupes de textes qui sont restés non publiés ou ont été publiés de manière insatisfaisante.
Notre intérêt principal porte sur trois groupes d’archives : les archives bilingues (grec-démotique) de la période ptolémaïque ; les archives de l’oasis du Fayoum, à la fois ptolémaïques et romaines ; les archives de Haute Égypte (Thèbes et Pathyris).
Programme de recherche :
Collecte du matériel : toutes les archives connues de papyrus et d’ostraca sont incorporées dans la page d’accueil « collections de papyrus dans le monde entier » du site web. Grâce à l’utilisation de la technologie informatique, nos descriptions, constituées sur la base des textes individuels, sont liées, autant que possible, aux images des papyrus dans les institutions qui les conservent, aux publications en ligne des textes et aux métadonnées disponibles en ligne à Heidelberg et à Louvain.
La présentation des archives individuelles est standardisée, expliquant l’organisation interne des archives et distinguant les textes centraux des textes périphériques, par exemple dans le cas d’ajouts ultérieurs. Ici, l’archéologie muséale, c’est-à-dire les données relatives à l’acquisition des collections de papyrus, joue un rôle clé. Les textes illustrant les personnages principaux d’une archive, mais qui n’appartiennent pas aux documents de ces mêmes personnages, seront discutés séparément.
Certaines archives, publiées de manière incomplète ou sans aucune attention quant à leur nature archivistique, nécessitent une réédition. Des travaux préliminaires ont déjà mis en avant plusieurs candidats potentiels, tels que les archives des Petrie Papyri (publiées pour la première fois en 1900) ; les archives-ostraca de Chemtsneus, dont seuls les textes grecs ont jusqu’à présent été publiés ; les archives de Pankrates, un officier de l’administration militaire du Fayoum.
Adopté en 2005
Le Corpus Rubenianum Ludwig Burchard (CRLB) est certainement un des projets d’histoire de l’art les plus ambitieux dédié à un seul artiste, en l’occurrence Pierre Paul Rubens (1577-1640).
L’historien de l’art allemand Ludwig Burchard (1886-1960) a toujours eu l’intention de compiler un catalogue raisonné entièrement illustré des oeuvres de Rubens. La documentation qu’il a réunie (classée dans quelque huit cents boîtes en carton) est revenue à la ville d’Anvers après sa mort. Cette donation a grandement enrichi le Rubenianum, centre de documentation et bibliothèque publique consacré principalement, mais non exclusivement, à l’art de Rubens et à son époque. Elle a été considérablement élargie grâce aux efforts conjoints du personnel du Rubenianum et du Centrum Rubenianum (ci-après dénommé « le Centrum »).
Le Corpus est structuré de façon thématique et comprend la totalité de la production de Rubens, ses peintures, dessins et oeuvres telles que des tapisseries, des sculptures et des gravures pour lesquelles il a produit les dessins. Chaque oeuvre est illustrée et discutée en détail. Au début de l’histoire du projet, les différentes sections ou sous-sections ont été attribuées à différents auteurs choisis soit parce qu’ils avaient déjà travaillé sur le sujet concerné, soit parce qu’ils étaient bien placés professionnellement pour avoir un accès privilégié au matériel considéré. Le Corpus est en effet une entreprise internationale alimentée par les contributions de générations passées et présentes (et futures) de chercheurs académiques.
Le Corpus est divisé en 29 parties, dont certaines se composent de plusieurs volumes (une cinquantaine au total). Les 15 volumes restants sont désormais tous à différents stades de préparation, avec une fin de l’entreprise prévue pour 2020-2021. Chaque volume est édité par un membre du Centrum, mais reste l’entière responsabilité des auteurs désignés – en prenant comme base le matériel tel qu’assemblé et commenté par Burchard. Les auteurs sont toutefois libres d’exprimer leurs propres opinions.
Le projet vise à fournir une vue aussi complète que possible des oeuvres individuelles. Une bibliographie complète et des listes de copies sont incluses, et l’historique de la propriété est fourni de manière aussi complète que possible. Les détails de la commande de l’oeuvre, sa datation et son authenticité sont discutées de manière exhaustive. Toutes les peintures de Rubens sont le résultat d’un processus créatif organisé, dont la preuve se trouve dans les dessins préparatoires et les croquis à l’huile, de sorte que chaque travail préparatoire est illustré, analysé et expliqué dans une entrée distincte. Burchard était particulièrement intéressé par les sources visuelles de Rubens et par son adaptation des poses formelles dans sa production ; ces aspects sont reflétés et développés dans le Corpus. L’accent est également mis sur le contexte culturel et le sens que Rubens entendait transmettre via ses oeuvres. Cela nécessite une expertise dans de nombreux domaines complexes et multiformes de l’érudition intellectuelle et historique, dont beaucoup se rapportent à la pensée catholique du début de l’ère moderne.
Tout écart ou chevauchement dans l’organisation du matériel peut être contourné grâce à l’utilisation de la base de données croisée et des quatre index spécialisés inclus dans chaque volume.
Un Fonds Rubenianum a été créé en 2010 sous les auspices de la Fondation Roi Baudouin afin de sécuriser les moyens financiers indispensables à la finalisation de la publication du Corpus. Grâce au soutien enthousiaste de plusieurs fondations, entreprises et amateurs d’art individuels, quelque 2 millions d’euros ont pu être levés entre 2010 et 2015, ce qui a permis à l’entreprise de passer rapidement à la vitesse supérieure. Un appel de fonds renouvelé a été lancé en 2016. Les moyens financiers actuels sont insuffisants pour atteindre notre objectif de finaliser ce projet extrêmement difficile d’ici la date cible de 2020-2021, mais nous sommes sûrs que nous pouvons compter sur la générosité future de beaucoup, à la fois soutiens existants et nouveaux, pour nous aider à atteindre cet objectif ! Parallèlement, le Fonds Rubenianum et toute la « communauté Rubens » de chercheurs, de conservateurs, d’étudiants, de collectionneurs et d’amateurs d’art sont extrêmement reconnaissants aux plus de cent généreux donateurs qui ont rendu tout cela possible.
Adopté en 2007
L’Edizione Nazionale «La Scuola Medica Salernitana» (ENSMS), instituée le 28 settembre 2006, et présidée par le prof. Agostino Paravicini Bagliani, a pour objectif la réalisation d’éditions et d’ouvrages d’études intéressant la tradition textuelle de l’École médicale de Salerne, ainsi qu’aux circonstances historiques de leur transmission. Depuis sa fondation, l’ENSMS a également organisé des séminaires et des colloques. Lors de sa fondation, le comité scientifique était composé de Ferruccio Bertini († 2012), Charles Burnett, Irene Caiazzo, Chiara Crisciani, Antonio Garzya († 2012), Monica H. Green, Danielle Jacquart, Romana Martorelli Vico († 2012), Michael McVaugh, Enrique Montero Cartelle, Piero Morpurgo, Laurence Moulinier, Marilyn Nicoud, Massimo Oldoni, Giovanni Orlandi († 2007), Ileana Pagani, Agostino Paravicini Bagliani, Francesco Santi et Paul Gerhard Schmidt († 2010).
Les publications de l’ENSMS, éditée par la SISMEL Edizioni del Galluzzo (Florence), sont à ce jour les suivantes :
La Scuola Salernitana. Gli autori e i testi. Atti del Convegno Internazionale presso l’Università di Salerno (3-5 novembre 2004). A cura di Danielle Jacquart e Agostino Paravicini Bagliani, 2007, p. XIV-589. – Le colloque a précédé à un examen détaillé de l’état de l’art, concernant la tradition textuelle salernitaine.
Alphita, édité par Alejandro García González, 2008, p. X-594. – Il s’agit de l’édition critique d’un texte significatif de la troisième génération médicale salernitaine, peut-être la plus riche en textes et références.
La Collectio Salernitana di Salvatore De Renzi. Convegno internazionale Università degli Studi di Salerno, 18-19 giugno 2007. A cura di Danielle Jacquart e Agostino Paravicini Bagliani, 2008, p. XVIII-262. – Le colloque a soumis la monumentale Collectio Salernitana à une révision historiographique, d’autant plus nécessaire vue les objectifs de l’ENSMS visant la réédition critique des textes salernitains.
Trotula. Un compendio medievale di medicina delle donne. A cura di Monica H. Green. Traduzione italiana di Valentina Brancone, 2009, p. VI-427. – Traduction italienne de l’édition critique élaborée par Monica Green, d’un compendium médical sur les maladies des femmes parmi les plus influents de l’Europe médiévale, traditionnellement attribué à la mystérieuse Trotula, qui aurait été la première femme à enseigner la médecine à Salerne lors de l’apogée de la célèbre Ecole. Selon Monica H. Green, il ne s’agit pas d’un traité unique mais de trois oeuvres indépendentes, chacune desquelles a été écrite par un auteur différent.
Bartholomaeus Mini de Senis, Tractatus de herbis (Ms London, British Library, Egerton 747). A cura di Iolanda Ventura, 2009, p. VIII-914. – Transmis par un manuscrit richement illustré, ce traité constitue un des chefs d’oeuvre de l’illustration scientifico-naturaliste du bas Moyen Âge. Rédigé sous la forme d’une compilation alphabétique, il décrit les propriétés therapeutiques des substances ‘simples’ dérivées du monde végétal.
Terapie e guarigioni in età normanno-sveva. Convegno Internazionale (Ariano Irpino 5-7 ottobre 2008). A cura di Agostino Paravicini Bagliani, 2010, p. XIV-418. – Le colloque a démontré que pour l’histoire du rapport entre thérapies et guérison, le monde normand-souabe a exercé un rôle important, dont fait état également la riche tradition de chroniques.
La Pratica de Plateario. Edición crítica, traducción y estudio de Victoria Recio Muñoz, 2016, p. XI-880. Composée par un maître de l’Ecole de médecine de Salerne vers le milieu du XIIe siècle, cette oeuvre médicale a connu un véritable succès au Moyen Âge en tant que manuel didactique.
Gilles de Corbeil, Libet de uirtutibus et laudibus compositorum medicaminum. Edition et commentaire par Mireille Ausécache, 2017, p. VIII- 523. – Le Liber de uirtutibus et laudibus compositorum medicaminum est l’oeuvre ambitieuse du médecin Gilles de Corbeil (XIIe siècle). S’adressant aux apprentismédecins il se pose alors en ardent défenseur des doctrines qui lui furent enseignées à Salerne durant ses années de formation auprès de rands maîtres dont il fait un émouvant panégyrique.
Adopté en 2007
En 1896, Paul Fridolin Kehr créa le « Göttinger Papsturkundenwerk », ce qui constitua une nouvelle étape dans l’étude des actes pontificaux. De manière systématique, Kehr, ses collaborateurs et ses successeurs exploitent les archives et les bibliothèques depuis l’Italie jusqu’au Portugal, de l’Allemagne jusqu’en Angleterre pour collectionner et publier tous les documents de l’Évêque de Rome antérieurs à 1198. À partir de cette date, les registres conservés à Rome satisfont la curiosité des chercheurs. Par contre, les sources couvrant les douze siècles de Saint Pierre à Célestin III ne sont conservées que chez les destinataires des lettres, des mandats ou des privilèges partout dans l’Europe. Très souvent, les traces des documents perdus se cachent dans les copies des cartulaires, dans les mentions ultérieures ou dans des chroniques locales. Il s’agit du fonds le plus vaste de sources écrites en Europe. Personne – pas même le pape lui-même – ne connait le nombre de documents expédiés ou conservés, qui dépasse les 30.000 à l’apogée du Moyen Âge.
Par la bulle pontificale, les portraits de saint Pierre et de saint Paul se sont répandus partout dans le monde latin. Dès les débuts légendaires, l’autorité des successeurs du chef des apôtres rayonne dans ses discours avec ses confrères d’Alexandrie, de Constantinople et de Jérusalem. À partir du XIe siècle, la curie se place en tête d’une discussion paneuropéenne. Par la plume, elle devient un des moteurs les plus importants de l’unité du continent. Ses lettres et ses diplômes traitent d’une modernisation systématique des normes théologiques et juridiques, de l’administration et même de l’essor culturel. Seuls l’accès à la totalité des sources et l’analyse comparée des voies et des modes de communication permet de comprendre le succès extraordinaire mis en oeuvre dans la chancellerie pontificale. Mais l’ensemble connu aujourd’hui ne comprend pas tous les trésors des archives et des bibliothèques. Les découvertes présentées dans des publications récentes en sont la preuve.
Le projet vise à récolter les fruits de plus d’une centaine de recherches, à tracer de nouvelles routes méthodiques et à exploiter le fonds le plus important de l’histoire européenne. Le pape s’occupe de l’administration du patrimoine en Italie et des conflits paroissiaux en Irlande. Il règle la hiérarchie des prélats en Espagne et combat les théologiens dissidents à Constantinople. Sa dispense de mariage détermine le bonheur ou la chute des dynasties. La chaire de saint Pierre devient elle-même l’objet des luttes peu pieuses entre les protagonistes de l’Église et les princes.
Quoique les documents sortent de la chancellerie pontificale, leur contenu couvre aussi les besoins des destinataires, leurs litiges, leur ordre de vie, leurs privilèges. En correspondant ou en appointant des légats, l’Évêque de Rome s’est dédié à la tâche de constituer une république chrétienne homogène.
Plus d’une centaine de publications – éditions, regestes, études – prouve le succès du « Göttinger Papsturkundenwerk » depuis 1906. Les études scrupuleuses de Kehr et de ses successeurs ont développé la série Regesta Pontificum Romanorum, qui inventorie tous les contacts du pape avec la chrétienté, incluant les sources manuscrites, les éditions scientifiques et les fruits de la recherche. Le réseau international de spécialistes a été renforcé en 1931 par la Pius-Stiftung für Papsturkundenforschung (fondation établie par le pape Pie XI) et après la guerre par des coopérations avec des instituts en France et en Espagne. À Göttingen les spécialistes se servent d’apparat de recherche unique (des photos, des dessins et des microfilms, des éditions, des livres et des articles, dont des travaux inédits).
Depuis 2007, le projet « Papsturkunden des frühen und hohen Mittelalters », basé lui aussi à l’Académie de Göttingen, élargit et intensifie le champ des recherche du « Göttinger Papsturkundenwerk ». Ses buts principaux visent à étendre le projet aux pays de l’Europe centrale aux « périphéries » d’Espagne, du Portugal, de Pologne, de Bohème, de Hongrie et de Dalmatie-Croatie, où les archives n’ont guère été traitées jusqu’ici. Le matériel publié dans des nouveaux tomes de la série « Pontificia » offre une grande richesse car il présente de nouveaux contacts jusqu’alors inconnus et donne accès à une recherche comparée dans un cadre européen. Cette recherche profite fortement de la collaboration avec les instituts ibériques et ouvre la perspective d’études se focalisant sur les zones de contacts avec l’Islam et l’église orthodoxe.
établir une liste actualisée des lettres, diplômes et actes des papes jusqu’à l’an 1198. La deuxième édition des régestes chronologiques de Philipp Jaffé date de 1885/1888 et sera remplacée par une réédition mise à jour des connaissances comprenant les découvertes du siècle dernier, les éditions modernes et les renvois aux volumes de la série « Pontificia ». Cet inventaire systématique double le matériel disponible pour la recherche et facilite l’accès à un fonds unique en son genre.
publier les matériaux du « Göttinger Papsturkundenwerk », qui comprend des photos et des transcriptions des originaux ainsi que des milliers de pages manuscrites rassemblées par les chercheurs dans les archives (surtout d’Espagne) dès environ 1920 et particulièrement dans les années 1970. Le travail des contributeurs au projet ainsi que des partenaires ibériques profite énormément de ces notices rendues accessibles. Les matériaux diplomatiques et photographiques de Göttingen (dont le nombre croît grâce aux études archivistiques du projet) seront publiés en ligne.
Depuis 2009, de nombreux résultats ont été publiés : la Bohemia et la Polonia Pontificia, ainsi que 4 volumes de l’Iberia Pontificia. La nouvelle et troisième édition de Jaffé a été publiée en trois volumes allant jusqu’en 1024, avec plus de 8000 répertoires chronologiques. Le pape François a reçu ces volumes lors d’une audience en novembre 2018.
Adopté en 2007
Le but de ce projet est de compiler et de publier un lexique intitulé Greek-Old Church Slavonic Lexicon-Index (GOCSI) basé sur les textes littéraires traduits du grec en vieux-slave, la première langue littéraire des Slaves. Cette langue a été créée par Cyrille et Méthode lors de leur mission en Grande-Moravie et plus tard acceptée par les nations slaves du Sud et de l’Est. Le GOCSI comprend des extraits de plus de 50 textes en vieux-slave à caractère biblique, liturgique, homilétique et hagiographique.
Le GOSCI est publié par fascicules. Le premier volume du projet, contenant des chapitres d’introduction, des tableaux synoptiques de manuscrits en vieux-slave et des entrées commençant par les lettres α, β et γ (au total 2500 entrées), a été publié avec succès dans 8 fascicules sous le titre « Řecko-staroslověnský index. 1. díl / Index verborum graeco-palaeoslovenicus. Tomus I. Prolegomena, Tabellae synopticae monumentorum slavicorum, A-Γ. Praha – Pragae 2014, 524 pp. ISBN: 978-80-86420-33-2 ». En 2016-2018, une équipe réduite a terminé les entrées commençant par la lettre δ et une partie des entrées commençant par la lettre ε. Ces entrées seront publiées dans les fascicules 9, 10 et 11, qui sont en cours d’édition.
Depuis 2016, l’Institut des Études slaves de l’Académie tchèque des sciences gère le projet « Gorazd: The Old Church Slavonic Digital Hub », qui comprend la numérisation du GOSCI sous la forme d’une base de données consultable en ligne. Le premier volume entier du GOSCI a été inclus dans la version numérisée. Au cours du processus de numérisation, toutes les entrées ont été vérifiées et les erreurs ont été corrigées. De courts suppléments et corrections placés à la fin du premier volume ont été intégrés directement dans les entrées numériques. Outre ces améliorations, la base de données propose également des options de recherche avancées. Il s’agit notamment de la recherche par mots-clés et sous-entrées en grec, par mots-clés en vieux-slave, par genres grammaticaux, par parties du discours des lexèmes grecs et dans le texte intégral. À l’avenir, nous prévoyons de relier la base de données GOCSI à la base de données du dictionnaire du vieux-slave (créée dans le cadre du projet Gorazd) ainsi que d’enrichir la base de données avec d’autres entrées. Les nouvelles entrées, couvrant les mots-clés commençant par d’autres lettres de l’alphabet grec, sont déjà en cours de préparation.
Le projet est réalisé en coopération avec d’autres centres d’études paléo-slaves, dont les représentants constituent le comité de rédaction international du GOCSI.
Adopté en 1922
ITALIE
Le projet se concentre sur la publication de suppléments épigraphiques pour les volumes relatifs à l’Italie du Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL) et des Inscriptiones Graecae (IG). Il s’agit de deux projets distincts, mais qui poursuivent le même objectif : mettre à la disposition des chercheurs les nouveaux textes, en latin et en grec, trouvés en Italie et en Espagne avec des photographies, des commentaires et une bibliographie mise à jour. La Commission travaille sur trois séries distinctes :
Supplementa Italica, nuova serie. Chaque volume comprend, pour toute ville italienne considérée, un historique, une mise à jour bibliographique des textes publiés et une édition avec commentaire des nouvelles inscriptions latines. Le premier volume est paru en 1981. Cette série a le mérite de mettre à jour progressivement les volumes de CIL relatifs à l’Italie, publiés à la fin du XIXe-début du XXe siècle, avec les nouveaux textes accompagnés de photos et d’une bibliographie récente. Pour chaque ville, nous fournissons une importante mise à jour de l’actualité historique avec des références aux sources littéraires, aux anciennes et nouvelles inscriptions, et aux découvertes archéologiques récentes. Cela fait suite à une large mise à jour bibliographique de tous les textes publiés dans les volumes du CIL. Enfin, nous publions les textes inédits ou publiés après le CIL, avec une description précise des objets inscrits, une transcription des textes selon des critères modernes et un commentaire approprié avec une proposition de datation. Des éléments dont les anciens volumes du CIL ne tiennent pas compte.
Supplementa Italica – Imagines. Chaque volume comprend des photographies d’inscriptions latines conservées dans des musées publics ou privés de Rome ou d’autres villes, avec des commentaires synthétiques pour chaque inscription. Roma 1, dédiée à la collection épigraphique des musées du Capitole, a été publié en 1999 (632 pp. + 2239 photos). Roma 2 (2003) est consacré aux inscriptions des Musées du Vatican et de l’Antiquarium Comunale del Celio (672 pp. + 1207 photos). Roma 3 (2008) regroupe les inscriptions de Rome conservées dans les collections de Florence (540 pp. + 702 photos). Roma 4 (2014) est dédié aux inscriptions de Rome au Musée national de Naples et dans les musées de Vérone (216 pp. + 596 photos). Roma 5 (2016) rassemble les inscriptions de Rome conservées dans les palais historiques de la ville (368 pp. + 726 photos). Un volume sur les inscriptions des villes du Latium Vetus (2005, 864 pp. + 1090 photos) a également été publié. Ces volumes sont un outil utile pour les spécialistes des inscriptions latines d’Italie car les volumes du CIL ne sont pas illustrés, ce qui est indispensable pour une lecture, une interprétation et une datation correctes des textes.
Iscrizioni Greche d’Italia. Le volume XIV des IG ayant été publié en 1890, de nombreuses nouvelles inscriptions grecques ont été découvertes dans les villes d’Italie grâce aux fouilles archéologiques menées principalement depuis le milieu du siècle dernier. Ces fouilles ont également apporté de nouvelles données sur des textes déjà connus. Pour cette raison, chaque volume de la série publie intégralement le matériel épigraphique grec relatif à des villes individuelles ou à des régions entières. Chaque inscription est accompagnée de photographies, d’une transcription, d’un commentaire complet et d’une bibliographie. Le premier volume consacré à Porto est sorti en 1984. Deux volumes sont consacrés à Naples (1990, 1995) et d’autres à Reggio Calabria (2007) ; Locri I (2013) et l’ensemble des Pouilles (2015). Le second volume consacré à Locri est prévu pour 2018, avec des mises à jour et des textes relatifs aux colonies d’Hipponium et de Medma et deux volumes importants sont en préparation, un sur le reste de la Campanie (hors Naples) et un autre consacré à Ostie.
ESPAGNE
L’Archivo Epigráfico de Hispania est un centre de recherche interdisciplinaire et interdépartemental, axé sur la collecte, le catalogage systématique, l’étude et la diffusion par des moyens télématiques de l’ensemble des matériaux épigraphiques trouvés dans le sol hispanique, depuis l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, quelle que soit la langue dans laquelle elles ont été produites, préservées ou transmises par des sources littéraires, documentaires, historiques, manuscrites ou imprimées.
L’Archivo Epigráfico de Hispania fait partie du groupe de recherche consolidé de l’Université Complutense « Textos Epigráficos Antiguos de la Península Ibírica y el Mediterráneo Griego – TEAPIMEG ».
Le groupe de recherche TEAPIMEG se concentre sur l’étude des inscriptions anciennes d’Espagne et du Portugal ainsi que d’autres régions de la Méditerranée dans l’Antiquité. Notre approche de l’étude épigraphique est multidisciplinaire, combinant les méthodes et les perspectives de la philologie, de la linguistique, de l’archéologie et de l’histoire. Une attention particulière est accordée aux projets de numérisation, tels que la banque de données Hesperia des langues préromaines de la péninsule ibérique [http://hesperia.ucm.es].
Le groupe publie chaque année la série Hispania Epigraphica [https://revistas.ucm.es/index.php/HIEP] et est responsable des Epigraphic Archive of Hispania, qui contient des informations actualisées et exhaustives sur chaque inscription ancienne d’Espagne et du Portugal.
Les séries Hispania Epigraphica (HEp) est une publication périodique (annuelle) d’actualisation scientifique sur l’épigraphie latine, grecque et paléohispanique de la péninsule ibérique, s’étendant jusqu’à l’arrivée des Wisigoths
Adopté en 1974
Le Supplementum Epigraphicum Graecum est une publication annuelle qui rassemble des inscriptions grecques et des études récemment publiées sur des documents déjà connus. Chaque volume contient la collecte d’une seule année et couvre l’ensemble du monde grec. Le matériel postérieur au VIIIe siècle ap. J.-C. n’est pas inclus. Le SEG présente les textes complets en grec de toutes les nouvelles inscriptions avec un appareil critique ; il résume les nouvelles lectures, interprétations et études d’inscriptions connues et présente occasionnellement le texte grec de ces documents.
Chaque année, plus de 1 000 inscriptions grecques sont trouvées dans toute la Méditerranée et publiées dans des centaines d’articles et de monographies. De plus, environ le même nombre d’articles analytiques et de livres sur les textes déjà publiés sort chaque année. Un grand nombre de ces publications (en particulier les revues savantes de pays de la Méditerranée orientale, par exemple la Turquie, qui ont une distribution limitée) sont difficilement accessibles. Il est donc impossible d’avoir une vue d’ensemble de l’ensemble du matériel épigraphique à partir de ces seules publications, ce qui est cependant une condition indispensable de la recherche dans divers domaines des études classiques. Le Supplementum Epigraphicum Graecum (SEG) s’engage à fournir, sous forme de volumes annuels, cette vue d’ensemble en republiant toutes les inscriptions récemment publiées et en résumant la littérature scientifique pertinente sur les inscriptions publiées par le passé.
Le SEG a été fondé par J.J.E. Hondius à Leiden (Pays-Bas) en 1922 dans le but d’informer rapidement le public universitaire (historiens de l’Antiquité, classiques, archéologues, historiens de la religion) des nouvelles éditions, restaurations et interprétations des inscriptions grecques. Hondius était l’éditeur des volumes I à XI (1922-1940) et, après sa mort et une interruption de 1940 à 1955, A. G. Woodhead lui succéda (volumes XII à XXV, 1955-1971). Après une nouvelle interruption, la tâche a été reprise par H.W. Pleket (Leiden) et R.S. Stroud (Berkeley) en 1976, et la publication est maintenant entre les mains de A. Chaniotis (Princeton), T. Corsten (Vienne), N. Papazarkadas (Berkeley) et R.A. Tybout (Leiden). Ils sont soutenus par six rédacteurs adjoints à Oxford, Athènes, Vienne, Heidelberg et Thessalonique ainsi que par neuf rédacteurs consultatifs.
Le Supplementum Epigraphicum Graecum est également disponible sous forme de base de données en ligne : Supplementum Epigraphicum Graecum Online (SEG Online).
Consulter les publications sur le site de De Gruyter Brill
Adopté en 2011
Le projet Codices Graeci Antiquiores (CGA) répond à un besoin ressenti par les chercheurs depuis le début du siècle dernier. Il vise le recensement, l’étude et la description analytique des codex en langue grecque les plus anciens, rassemblés dans un corpus aussi complet et organique que possible. Les Codices Latini Antiquiores (CLA) d’Elias A. Lowe (I-XI, Oxford 1934-1966 ; Supplement, Oxford 1971) constituent le modèle de base du projet et leur structure générale est d’ailleurs reproduite par les CGA. Toutefois, par rapport à ce modèle et à des projets isolés visant les documents grecs qui, dans le passé, ont été attendus ou présentés mais abandonnés, le CGA propose plusieurs innovations : elles sont dues, d’une part, à la spécificité de la production des livres grecs et byzantins et, d’autre part, à la nécessité de prendre en compte, dans la sélection et l’étude des résultats, les progrès réalisés ces dernières années par les disciplines concernant le livre manuscrit grec. Tout d’abord, contrairement au choix de Lowe d’inclure parmi les CLA quelques documents littéraires latins sous forme de rouleaux – un choix évidemment permis par le nombre limité de ces pièces – le nombre très élevé de documents grecs incite à limiter strictement le recensement et la description aux codex et aux fragments de codex sur papyrus et parchemin. Par conséquent, bien que la forme du codex ne se soit imposée qu’à partir du IVe siècle, le projet prévoit d’inclure également les documents antérieurs à cette date afin d’illustrer, sur la base des documents qui nous sont parvenus, la phase la plus ancienne dans l’histoire de ce type de livre. Enfin, la limite chronologique du projet - qui pour les CLA coïncide avec l’an 800 – a été fixée à la fin du IXe siècle, afin de documenter l’ensemble du processus de transposition de l’écriture en minuscule dans la pratique du livre.
Compte tenu de ces données chronologiques et en incluant tout type de support (papyrus, parchemin et, exceptionnellement, papier oriental) et tout type d’écriture (majuscule/minuscule), une première estimation permet de chiffrer le nombre des CGA à environ 2500, ce qui comprend les codex sous forme de fragments de papyrus ou de parchemin découverts lors de fouilles archéologiques (vers 1900) ainsi que les manuscrits qui nous sont parvenus grâce au travail de conservation effectué par différentes bibliothèques (environ 500 ou 600, y compris les palimpsestes). Une comparaison utile est fournie par les CLA : les documents étudiés par Lowe sont au nombre de 1811.
Au cours du projet, les CGA conservés en Italie seront étudiés, étudiés et décrits, ce qui représente environ 600 pièces. Les unités impliquées dans le projet sont composées d’universitaires bien établis et de jeunes chercheurs et, bien que dotées de leurs caractéristiques propres, elles additionnent des compétences paléographiques, papyrologiques, codicologiques et philologiques. La combinaison de ces compétences multiples et différenciées est essentielle pour mener à bien un vaste projet qui vise à combiner les données d’une analyse interne avec les aspects matériels et paléographiques des pièces examinées. Quant à la répartition du travail, l’unité de Padoue s’occupera des CGA conservés dans le nord de l’Italie, l’équipe de Rome de ceux conservés dans le centre de l’Italie, l’unité de Bari de ceux du sud de l’Italie : la collaboration, l’osmose et le partage des résultats entre les différentes unités seront bien entendu nécessaires.
La recherche est divisée en quatre phases :
1. recensement des documents grâce à des contrôles systématiques des catalogues et des répertoires (papier et sur le web) ;
2. recherche sur les documents recensés afin d’identifier ceux qui peuvent appartenir aux CGA ;
3. description et étude du document ;
4. acquisition des photographies des CGA.
La description des CGA se fera en ligne et sur papier :
une base de données en ligne sera créée avec une description des pièces et un grand nombre de reproductions numériques, accessible aux chercheurs impliqués dans le projet et, par la suite, - à l’ensemble de la communauté scientifique ;
une série de volumes répartis par zones géographiques (selon le modèle des CLA) sera publiée à l’issue du projet.
La préparation d’un corpus complet, qui comprend l’étude analytique du matériel, des auteurs et des aspects textuels, et les reproductions nécessaires, nous permettra de mener des recherches générales et spécifiques sur les manuscrits grecs avec de nouveaux outils et de nouvelles connaissances. Ce travail donnera également une impulsion et bénéficiera aux multiples disciplines (paléographie, papyrologie, codicologie, philologie, histoire de la culture) liées aux recherches sur le livre manuscrit grec.
La collecte systématique dans un seul corpus de tous les Codices Graeci Antiquiores permettra de combler un vide ressenti depuis plus d’un siècle. La réalisation de ce corpus représente donc en soi un premier résultat important et il constituera une base essentielle pour la recherche sur le codex grec aux époques couvertes par le projet.
Adopté en 2011
Les frontières romaines dans leur ensemble représentent une partie importante du patrimoine commun de l’humanité. Le CLIR a élaboré un plan à long terme pour la recherche systématique, la description et la présentation scientifique du limes romain dans une structure unifiée. Il s’agit du premier programme de recherche international sur le Limes Romanus dans son ensemble. En 2010, le programme a été proposé et adopté par l’UAI, qui a également soutenu sa première conférence.
L’Empire romain s’est progressivement agrandi à la suite d’un long développement et de siècles de conquête. Il doit sa naissance au grand sens politique de l’empereur Auguste (31 av. J.-C. - 14 ap. JC). L’Empire romain s’étendant sur trois continents autour de la mer Méditerranée, triomphant pendant cinq siècles, est peut-être l’empire qui a existé pendant la plus longue période sur ce monde. En raison des progrès de la civilisation antique et de la propagation du christianisme, cette extension a des implications qui peuvent encore être tracées jusqu’à nos jours.
Il était du devoir des forces militaires de mener à bien les conquêtes et de garder les territoires conquis. L’armée, transformée en une véritable force de mercenaires par l’empereur Auguste, a recruté des citoyens de l’empire de sexe masculin et nés libres, qui ont effectué leur service militaire pendant 20 à 25 ans. Cette armée d’environ 400 000 hommes, composée de légions, d’unités auxiliaires, de flottes et d’unités spéciales, était stationnée, presque sans exception, dans les provinces frontalières sous la direction de l’empereur. Les troupes étaient commandées par de hauts officiers mandatés par l’empereur pendant quelques années. Seule la création d’une armée centrale mobile provoqua des changements importants à la fin du IIIe siècle. Elle devint bientôt la force militaire la plus importante. Ainsi, les troupes stationnées aux frontières, progressivement affaiblies, se transformèrent en garde-frontières et admirent même des étrangers à partir de la fin du IVe siècle.
La défense linéaire de la frontière, c’est-à-dire le stationnement d’unités à la frontière ou à proximité immédiate, commença à évoluer au Ier siècle de notre ère. Les stations militaires – forts, fortins, tours de guet – ont été construites avec une forme, un plan et un mode communs à tout l’empire. À mesure que les conquêtes diminuaient, les forts construits autrefois uniquement en bois et en terre furent reconstruits avec des fortifications en pierre. Le limes, la frontière qui s’est développée de cette manière, était dans le désert une simple zone frontalière mais utilisait les caractéristiques du terrain dans les zones vallonnées. Les grandes rivières, en plus de déterminer les itinéraires de transport, constituaient en elles-mêmes des frontières (ripa). La construction de murs ou les travaux de terrassements n’ont été mis en oeuvre que dans les zones les plus menacées. Les soldats servirent non seulement de gardes mais construisirent leurs tours de guet au bord de la route jouxtant la frontière.
Les frontières de l’Empire romain ont été modifiées plusieurs fois au cours des siècles. De nouveaux territoires ont été occupés et organisés en provinces ou ont été abandonnés soit pour une courte période, soit pour toujours. L’armée romaine modifia donc sa position en conséquence, créant et construisant de nouvelles lignes de défense avec de nouvelles fortifications.
L’histoire militaire et la défense des frontières de l’Empire sont presque synonymes. Ils forment avec l’histoire de l’armée l’épine dorsale de la recherche historique sur l’Empire romain. Des oeuvres d’auteurs latins et grecs, des dizaines de milliers d’inscriptions et un nombre croissant de sources archéologiques constituent une base solide pour enquêter et décrire l’histoire du Limes Romanus.
Objectif et structure du Corpus Limitum Imperii Romani
L’objectif principal du projet est d’améliorer la recherche internationale sur le Limes Romanus et sa publication sur une base commune et coordonnée. Pour atteindre ces objectifs, il faut :
effectuer tous types de recherches systématiques et complexes sur les sites du limes, les sites militaires, les routes militaires, les jalons, l’armée romaine et l’histoire militaire romaine ;
créer une base de données internationale pour ordonner correctement le matériel ;
publier une série de monographies au niveau national et international sur chaque secteur/site des frontières romaines sur la base des frontières anciennes ou modernes ; sur le réseau militaire des provinces ; sur la dislocation et l’histoire de l’armée des provinces/de l’Empire ; sur l’histoire militaire des provinces/de l’Empire d’Auguste à Romulus Augustule.
L’accent du projet doit être mis sur les sources archéologiques, en particulier sur les structures militaires. Les forts, fortins et autres sites militaires doivent être décrits en détail dans les monographies. Les découvertes archéologiques, numismatiques, épigraphiques et toutes les autres sources écrites doivent être prises en considération à une échelle limitée en fonction des besoins d’interprétation mais pas à la manière d’un corpus.
Adopté en 2011
Depuis le XIXe siècle, les recherches sur l’histoire du texte coranique ont fait abondamment usage des informations conservées par la tradition musulmane, mais n’ont pas accordé d’importance particulière à la tradition manuscrite ancienne. Or nous disposons d’un nombre appréciable de copies plus ou moins complètes du Coran qui pourraient être postérieures de moins d’un demi-siècle à la disparition de Muhammad (m. en 632 è.c.), selon des datations reposant sur la paléographie ou d’après les résultats de l’analyse du C14 du parchemin de certaines d’entre elles. Cette documentation est d’une importance particulière pour l’histoire ancienne du texte coranique et plus largement celle des débuts de l’islam. Ce n’est qu’à partir des années 80 que notre connaissance des plus anciens manuscrits du Coran a considérablement progressé et que les chercheurs ont pris conscience de leur potentiel pour cerner plus précisément l’état ancien du texte. L’accès à ce matériel est cependant malaisé, en raison tout d’abord des particularités de l’écriture de cette époque, mais aussi à cause de la dispersion très fréquente des feuillets qui faisaient initialement partie d’un même manuscrit.
La publication de facsimilés des plus anciens manuscrits du Coran répond au besoin de disposer aisément de cette documentation afin de permettre aux recherches de se développer. Deux facsimilés avaient déjà été publiés en 1998 et 2001 par François Déroche et Sergio Noja Noseda dans le cadre du Projet Amari. Ils ont servi de point de départ à la série Manuscripta de la collection Documenta Coranica qui est publiée sous le patronage de l’Union Académique Internationale.
Il était difficile de donner des contours chronologiques rigoureux à cette entreprise dans la mesure où la datation des plus anciens manuscrits coraniques — dont aucun colophon n’a été retrouvé à cette date — est encore discutée. En revanche, un critère paléographique s’est imposé comme fil conducteur : l’écriture ḥijāzīest commune aux différents manuscrits qui seront publiés dans la série, ce qui laisse penser qu’ils ont été produits avant la chute de la dynastie omeyyade en 750 è.c.
Comme cela a été signalé, l’un des problèmes auxquels doivent faire face les chercheurs travaillant sur ce matériel est la dispersion des feuillets provenant d’un même manuscrit. Cette situation est la conséquence de l’histoire des dépôts dans lesquels ces copies du Coran ont longtemps été placés. Afin de pouvoir mettre cette documentation à la disposition du public de manière satisfaisante, il a été décidé de publier ensemble les feuillets ou fragments connus d’un même manuscrit, indépendamment de leur lieu actuel de conservation et en suivant sauf indication contraire la séquence du texte de la vulgate ‘uthmanienne. En conséquence de ce remembrement, il est attribué à chaque manuscrit un nom qui fait référence à son origine : Amrensis pour ceux qui proviennent de Fustat, Damascensis pour ceux de Damas, etc.
Le premier volume de la série Manuscripta, publié en 2018, est ainsi consacré au Codex Amrensis 1 ; il a été publié par Eléonore Cellard avec le concours de Sabrina Cimiotti et réunit des images de feuillets conservés à Londres, Paris, Saint Pétersbourg et d’autres vendus à Rennes en 2011. Il offre la reproduction intégrale et en couleur du manuscrit avec la translittération du texte en regard et des informations codicologiques et paléographiques succinctes. Cette formule sera reprise dans les volumes ultérieurs de la série.
La série des Manuscripta est complétée par celle des Studia, destinée à recevoir des études portant sur ces mêmes manuscrits et plus généralement sur l’état du texte au cours de la période ancienne. On espère en particulier y accueillir des travaux recensant les variations orthographiques et textuelles, et analysant plus généralement l’histoire du texte. La question cruciale de la datation de ces manuscrits pourrait également faire l’objet d’une synthèse qui utiliserait toutes les ressources de la paléographie, de la codicologie et, le cas échéant, de l’histoire de l’art, ou encore celles des analyses physico-chimiques, en particulier le radiocarbone 14, qui se sont multipliées au cours des dernières années.
Les résultats attendus de la collection des Documenta Coranica sont nombreux et tout d’abord une vision plus claire du matériel et un accès plus facile à ce dernier. La publication parallèle des citations coraniques dans les documents datés les plus anciens (papyrus, inscriptions lapidaires, monnaies, objets, décors, tissus, etc.) viendra compléter le corpus des manuscrits en vue d’une édition scientifique du texte coranique. Cet ensemble permettra en effet de disposer d’un ensemble unique de témoignages textuels directs, mais aussi de nouveaux éléments sur l’histoire du Coran, son orthographe et son découpage. Enfin, la collection permettra de proposer une nouvelle esquisse de l’histoire de l’écriture et du livre dans les premiers temps de l’islam (mise en page, matériaux utilisés, etc.).
Adopté en 2012
Le projet de traduction du Joseon wangjo sillok vise à traduire en anglais, page par page, cette longue chronique qui a documenté l’ensemble de la dynastie Joseon, sur une période d’environ cinq siècles et, à la fin du travail sur chaque volume, à en fournir gratuitement la traduction anglaise.
L’Institut national d’histoire coréenne espère achever la traduction anglaise des archives royales d’ici 2033.
Joseon wangjo sillok
Le Joseon wangjo sillok (朝鮮王實錄 - Véritables archives de la dynastie Joseon) comprend 28 ensembles de registres chronologiques différents. Chaque ensemble couvre le règne d’un souverain et était compilé immédiatement après la mort du dirigeant en question. Ainsi, les Véritables Archives ne sont pas une histoire typique, planifiée et écrite par un individu ou une équipe d’individus spécifique. La collection couvre les règnes de 25 dirigeants, du roi Taejo au roi Cheoljong, et s’étend sur une période de 472 ans. Les Véritables Archives de l’empereur Gojong et de l’empereur Sunjong ne sont pas inclus dans le Joseon wangjo sillok car ils n’ont pas été compilés pendant la période Joseon. Ils ont en fait été produits par le Bureau du gouverneur général de Corée entre 1927 et 1932, à une époque où la Corée avait perdu sa souveraineté face au Japon impérial : les récits sur l’empereur coréen et la famille impériale ont été considérablement déformés à cette époque. De plus, les normes strictes de compilation des annales appliquées pendant la période Joseon n’ont plus été suivies après la disparition de cette dynastie. En conséquence, un grand soin est nécessaire lorsqu’il s’agit de faire référence ou de citer des documents historiques inclus dans les Véritables Archives de l’empereur Gojong et de l’empereur Sunjong.
Le Joseon wangjo sillok porte également le nom de Yijo sillok (李朝實錄 – Véritables Archives de la dynastie Yi) et est parfois désigné par son abréviation, Sillok. La collection comprend deux ensembles d’ilgi (日記 – comptes rendus quotidiens), à la place d’un sillok (實錄 – Véritables Archives), pour les deux dirigeants Joseon qui ont été dépossédés et dépouillés du titre posthume de « grand roi » (大王 – daewang), à savoir Yeonsan-gun et Gwanghae-gun. Ainsi, les annales de leurs règnes sont respectivement connues sous le nom de Yeongsan-gun ilgi et Gwanghae-gun ilgi, bien qu’elles aient été compilées de la même manière que les autres annales dynastiques, et la nature de leur contenu est également la même. Une version des Véritables Archives a été compilée pendant la plupart des différents règnes, mais les versions révisées ou complétées de certaines de ces Véritables Archives ont été compilées plus tard, car les Véritables Archives de Seonjo, de Hyeonjong et de Gyeongjong n’étaient pas satisfaisantes. En outre, dans le cas des Comptes rendus quotidiens de Gwanghae-gun, les deuxième (正草本) et dernière (中草本) versions, qui n’ont pas connu d’impression, ont également été préservées. Le projet final de ces Comptes rendus contient des informations qui sont extrêmement précieuses car elles ont été supprimées de la version finale.
La plupart des Joseon wangjo sillok ont été imprimés sur du papier grâce à des caractères mobiles en bois. Cependant, les annales des premiers règnes anciennement stockées aux archives du mont Jeongjok et deux volumes de l’ilgi Gwanghae-gun ont été transcrits à la main. Les exemplaires existants du Sillok en Corée du Sud proviennent de diverses sources et sont conservés à plusieurs endroits. L’Institut Kyujanggak d’études coréennes de l’Université nationale de Séoul possède 1 707 fascicules (卷 – gwon), reliés dans 1 187 livres (冊 – chaek), provenant des archives du mont Jeongjok, 27 livres des archives du mont Odae et certaines autres pages. De même, les Archives nationales de Corée ont dans leur dépôt de Busan 1 707 fascicules (848 livres) provenant des archives du mont Odae. Les textes conservés sur les deux sites ont été collectivement désignés comme Trésor national n°151. En 1997, Hunmin jeong-eum (Les Sons corrects pour l’instruction du peuple du roi Sejong), l’explication théorique de Han-geul, l’alphabet coréen et les Véritables Archives de la dynastie Joseon ont été inscrites au programme « Mémoire du monde » de l’UNESCO. Les Véritables Archives ont été écrites en chinois classique, les rendant inaccessibles au lecteur moyen. En 1968, la King Sejong Memorial Society commence à traduire le Sillok en coréen. Ce projet est repris par le Korean Classics Research Institute en 1972 et achevé en 1993. La version coréenne a été publiée en 413 volumes, offrant au public coréen la possibilité de lire directement le texte. Pour améliorer son accessibilité, le texte a été numérisé et fourni au public sous forme de CD-ROM par Seoul System (renommé Soltworks en 2003). Dans le même temps, l’Académie des sciences sociales de Corée du Nord a traduit la version archivée du mont Jeoksang en coréen entre 1975 et 1991, donnant 400 volumes de texte Han-geul.
Adopté en 2013
Le projet Fontes Inediti Numismaticae Antiquae (FINA), lancé en 2012, vise à collecter, étudier et publier des documents manuscrits de la période moderne (du XVIe au XVIIIe siècle) traitant de monnaies anciennes, principalement du monde gréco-romain. Le contexte du projet est double : premièrement, un intérêt général croissant pour l’antiquarianisme, dont la numismatique constitue une partie importante ; deuxièmement, une prise de conscience croissante du fait que, jusqu’à présent, les études sur la numismatique antiquaire se sont principalement basées sur des livres imprimés qui, bien que très nombreux, ne constituent qu’une petite partie des informations disponibles.
Le projet concerne principalement quatre classes de documents différentes. La correspondance entre numismates est probablement l’élément le plus important des FINA. Parmi les centaines de milliers de lettres échangées par les membres de la « République des Lettres » à l’époque moderne, plusieurs milliers appartiennent au domaine plus restreint de la « République des Médailles ». Compte tenu de leur nombre énorme et de leur variété de contenu, ces documents ont le potentiel d’accroitre nos connaissances sur n’importe quel sujet concernant la numismatique ancienne à cette période. Ces lettres complètent bien sûr les informations sur le travail de numismates célèbres que nous pouvons recueillir dans des livres imprimés, mais elles mettent également en lumière un réseau beaucoup plus étendu au-delà des quelques personnes qui étaient bien informées ou assez puissantes pour écrire (ou être citées dans) des publications numismatiques. Les inventaires des collections de monnaies constituent également une partie importante des FINA. Une approche globale et une investigation systématique permettront de reconstituer chaque collection et de la placer dans son environnement, à la fois géographique et historique, avec la possibilité de mieux comprendre la formation des collections numismatiques modernes, les questions de provenance et les fluctuations des goûts des collectionneurs. Les livres imprimés annotés conservés dans les bibliothèques publiques et privées constituent une source majeure du projet : dans certains cas, les auteurs ont annoté des copies personnelles de leurs publications en vue d’une nouvelle édition ; certains livres ont été annotés successivement par plusieurs mains bien connues. Dans tous les cas, ces copies annotées offrent aux chercheurs les connaissances les plus importantes. Les copies manuscrites ou les traductions de livres imprimés reflètent la popularité de certains livres numismatiques et fournissent des preuves de la circulation de certaines publications numismatiques au-delà des copies imprimées. Les manuscrits numismatiques non publiés (et les collections de dessins ou d’autres illustrations) sont, il va sans dire, un domaine d’étude des plus fascinants. Ils sont utiles pour la recherche car ils ajoutent souvent des informations numismatiques cruciales non signalées jusqu’à présent ; de plus, ils soulèvent parfois des questions intrigantes sur les raisons pour lesquelles ils n’ont jamais été publiés.
La date de 1800 a été choisie comme limite chronologique pour le projet non seulement pour des raisons pratiques, mais aussi parce que cette date est proche de celle de la mort de Joseph Eckhel, le «père de la numismatique antique» (1737-1798). À la fin de son vie, Eckhel a publié le Doctrina numorum veterum en huit volumes (Vienne, 1792-1798), qui allait devenir l’ouvrage de référence de la numismatique ancienne pour les siècles suivants et marque un tournant pour la discipline.
En plus de la grande quantité de nouvelles informations sur les sujets numismatiques fournies par les FINA, le projet s’avère également important dans une perspective plus large, car il ajoute des informations permettant de reconstruire l’histoire des idées au sein des réseaux sociaux de savants du début de l’époque moderne.
Le projet FINA est mené sous l’égide de l’Österreichische Akademie der Wissenschaften, de l’Académie royale de Belgique, de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de la Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften et de l’Unione Accademica Nazionale. Le projet est dirigé par Michael Alram (Österreichische Akademie der Wissenschaften), François de Callataÿ (Bibliothèque royale de Belgique) et Bernhard Woytek (Österreichische Akademie der Wissenschaften).
Adopté en 2013
L’astronome Johannes Hevelius construisit à Gdansk, dans les années 1640-1650, l’un des observatoires les plus célèbres d’Europe. Pendant plus de 40 ans, il observa une grande variété de phénomènes célestes, par exemple le mouvement et la topographie de la Lune, les taches solaires, les satellites et les taches de Jupiter, les anneaux de Saturne (qu’il n’a pas pu identifier), les comètes et leurs trajectoires. Il compléta la carte du ciel et était très habile dans la construction d’instruments. À l’aide de sa propre presse, il put agrémenter ses livres d’illustrations luxueuses. Il reçut une gratification régulière de Louis XIV et fut élu membre de la Royal Society (1664). Sa correspondance est la dernière correspondance scientifique d’importance de l’époque de Galilée à Newton qui soit non éditée. Elle se compose de plus de 2 000 lettres, principalement en latin, échangées avec plus de 400 savants en Grande-Bretagne, en France, en Italie, dans les Provinces-Unies et, dans une moindre mesure, dans l’Empire. Ses réseaux comprenaient également des princes (Léopold de Toscane), de hauts fonctionnaires (Colbert) ou de puissants courtisans (Des Noyers). Leur patronage donna plus de prestige à un amateur qui était, en fait, l’un des brasseurs les plus importants de Gdansk.
Les différents volumes prévus sont organisés en fonction des correspondants scientifiques d’Hevelius ou selon des thématiques spécifiques.
Le volume I, Ch. Grell (dir.), Prolégomènes critiques, 2014, 654 p., contient une biographie d’Hevelius (publiée séparément également en polonais), une histoire de la transmission de texte (H. Siebert), une liste des lettres volées par le célèbre Libri (S. Keyes). La partie principale du livre présente la liste chronologique de toutes les lettres identifiées. En annexe au volume se trouvent des bibliographies complètes, notamment des publications en allemand (K.D. Herbst) et en polonais (M. Jasinski).
Le volume II, Ch. Grell (dir.), Correspondance avec la cour de France, 2017, 538 p., comprend l’édition critique de 123 lettres (1654-1680) concernant le financement de la recherche au XVIIe siècle par le patronage princier. Hevelius fut récompensé de 1664 à 1672 et dédia deux de ses livres à Louis XIV, à savoir la Cometographia (1668) et la Machina Coelestis (1673). Hevelius souhaitait obtenir la faveur du roi et de son tout-puissant ministre Colbert. Ces lettres sont des documents uniques à cet égard. Ce volume a été récompensé en 2018 par la Médaille Gobert de l’Institut de France.
Le volume III, dirigé par M. Jasinski, contiendra la correspondance d’Hevelius avec Lubienietski (95 lettres de 1664 à 1674) et est prévu pour 2018. Lubienietski est l’auteur du célèbre Theatrum cometicum (1668) dont le sujet principal est l’observation et l’interprétation des mouvements des comètes.
Les volumes IV et V concernent Pierre des Noyers, élève de Roberval et secrétaire diplomatique de la reine de Pologne, soit plus de 250 lettres (1646-1686) éditées par Ch. Grell avec I. Kraszewski (Poznan) et D. Mallet (Bordeaux). Des Noyers est le correspondant le plus important d’Hevelius en ce qui concerne le nombre de lettres et la diversité des informations. Il a joué le rôle de liaison entre Hevelius, Ismaël Boulliau et les réseaux italiens et jésuites. Ces volumes sont prévus pour 2019-2020.
Consulter la liste des publications sur le site de Brepols
Adopté en 2015
Les villes méditerranéennes : les facteurs de développement. Analyse diachronique, transversale et multidisciplinaire / The Mediterranean towns: items for development. Diachronic, transversal and multidisciplinary Analysis (MEDTOWNS)
Ce projet étudie la manière dont les villes méditerranéennes ont contribué au développement des différentes sociétés à travers l’histoire de l’humanité. Celles-ci ont toujours été des centres dynamiques de développement et d’amélioration des différentes civilisations et cultures, de la Préhistoire à nos jours. La société urbaine articule son propre espace tout en transformant le paysage et en imposant un contrôle économique, social et politique sur la région. Les villes et les régions sont devenues une combinaison inséparable, et ce avec des conséquences importantes et transversales, puisque les régions dépendent des intérêts urbains et que les élites urbaines ont une incidence sur le pouvoir et le gouvernement.
OBJECTIFS ET AXES
Le projet de recherche étudie la fonction des villes dans le développement des sociétés méditerranéennes par un travail comparatif et interdisciplinaire articulé en six axes :
Villes et articulation politique et territoriale. Les villes et villages ont projeté leur vigueur sur leurs régions respectives. Dans la zone méditerranéenne, les régions se sont adaptées de différentes manières aux intérêts des élites urbaines au cours de l’histoire. Celles-ci ont imposé une orientation spécifique sur la région dans différents domaines (notamment l’économie, l’influence sociale, les actions institutionnelles et l’intervention politique).
Morphologie urbaine et identité sociale. La morphologie urbaine est un miroir de la réalité sociale qui s’inscrit dans des racines historiques. La structure des villes et des villages doit être étudiée du point de vue historique pour comprendre leur évolution sociale ainsi que l’évolution du patrimoine.
Mobilité et déplacement de personnes. La région méditerranéenne a toujours été un carrefour des mouvements de populations. Les régions méditerranéennes ont connu une série de mouvements migratoires à partir de et vers différents points cardinaux. La raison de ces mouvements fut économique mais aussi idéologique ou culturelle. Les différents espaces nécessitent une analyse diachronique très attentive pour comparer leurs parcours historiques avec les problèmes actuels.
Dynamique économique. Les villes et villages méditerranéens se caractérisent par une activité économique qui justifie leur poids, puisqu’elles ont également mené les régions et les pays dans les domaines social et politique. Eu égard à la longue évolution historique de cette région (qui comprend l’agriculture et un commerce important), sa dynamique économique devrait être mieux comprise à travers une analyse diachronique.
Relations culturelles, religieuses et diplomatiques. L’une des caractéristiques permanentes des villes et villages méditerranéens est le contact entre différents peuples, le partage ou la lutte pour des identités diverses. Tout au long de l’histoire, les sociétés urbaines ont développé différents modèles d’intégration ou de rejet. Une perspective interdisciplinaire est vitale pour comprendre les problèmes actuels autour de la coexistence des cultures dans la région méditerranéenne.
Ressources énergétiques et changement climatique. Les villes et villages méditerranéens ont historiquement excellé dans la gestion des ressources énergétiques. La production économique et l’évolution démographique ont conditionné l’approvisionnement énergétique dans toute la région méditerranéenne, avec des difficultés et des limites notables.
Adopted in 2015
Research on the historical geography of the Byzantine Empire at the Austrian Academy of Sciences is conducted by the Tabula Imperii Byzantini (TIB; project leaders: Andreas Külzer, Asia Minor; Mihailo Popović, Balkan Peninsula). This internationally renowned project, which has a long and distinguished history since 1966, was accepted by the Union Académique Internationale in Brussels in 2015, and at the same time included into the scheme of Long-Term-Projects at the Austrian Academy of Sciences in Vienna.
The tasks of the TIB can be summarised briefly as follows: It carries out systematic research of the historical geography of the Byzantine Empire for the period from 324 AD to 1453 AD, that is from Late Antiquity to the Ottoman conquest, in order to create an atlas of the Empire. The areas of research were defined in the 1960s based on the Synekdemos by Hierokles, a geographical list of the cities of the Byzantine Empire dated before 535, and the natural borders of landscapes. Since the 1970s the scholarly research of the TIB focuses on the core areas of Asia Minor and the Balkan Peninsula. Four categories of sources form the backbone of research at the TIB (as is the case in historical geography in general). These categories are the written sources from the aforesaid period (e.g. historiography, charters, inscriptions etc.), the archaeological evidence (excavation reports, monuments and their remnants), the toponyms and the physical state of landscapes. The main part of each volume of the TIB comprises a catalogue of the Byzantine names of towns, settlements, fortresses, churches, monasteries, fields, mountains, rivers and lakes in alphabetical order, which is extracted for each region/province of the Byzantine Empire from these categories of sources.
The collected and researched data is presented in headwords (i.e. lemmata). Each headword contains the localisation (if possible) of a place found in the sources and data on its history as well as monuments. The sources and the most important secondary literature are quoted at the end of each headword. There the reader also finds information as to whether field research was conducted in situ by the scholars of the TIB. Each volume of the TIB contains introductory chapters on the geography, administration, history, church history, lines of communication and the economy of the studied region/province of the Byzantine Empire as well as a register. The headwords of each volume and their monuments are marked on a map on the scale of 1 : 800,000 with respective symbols for each type of settlement or monument. Combinations of colours indicate the dating of the settlement or monument. The maps also include toponyms or regions which are attested in written sources only and localised on the basis of ethnographic studies and early modern cartography. Fourteen volumes have been published since 1976, two volumes – TIB 14 (Andreas Külzer, “Western Asia Minor: Lydia and Asia”) and 16 (Mihailo Popović, “Macedonia, Northern Part”) – will be published until 2027.
Initiatives in the field of Digital Humanities at the Austrian Academy of Sciences and also the related developments in Byzantine Studies in the last couple of years have encouraged the TIB to step up its efforts in order to provide a platform for the adequate presentation and sustainable usage of data, which was and is published in respective TIB volumes. The homepage of the TIB is a step into this very direction and at the same time work in progress. Via third-party funded projects by M. Popović a searchable online alphabetical gazetteer based on all published TIB volumes has been created by extracting the indices of places and by listing the specific pages of documented toponyms within the respective volumes.
Moreover, the TIB is taking a leadership role in the Commission for the Historical Geography and Spatial Analysis of Byzantium at of the Association Internationale des Études Byzantines (AIEB), which has the aim to observe the vibrant scholarly developments in the fields of the historical geography of Byzantium, to compare ongoing projects and to address relevant methodological questions.
Project website: http://tib.oeaw.ac.at/
Adopté en 2015
Le projet Medieval European Coinage est basé au Fitzwilliam Museum, Université de Cambridge, et supervisé par la British Academy ; nous sommes fiers que notre projet ait été le 88e adopté par l’UAI en juin 2015.
Le professeur Philip Grierson (1910-2006) a créé le projet Medieval European Coinage (MEC) en 1982 afin de produire un compte rendu à jour et faisant autorité sur la monnaie médiévale (ca. 400-1500) et pour remplacer la seule enquête comparable (et très dépassée), le Traité de numismatique du Moyen Âge d’Arthur Engel et Raymond Serrure (3 vols., Paris, 1891-1905). Le projet a ensuite été dirigé par le Dr Mark Blackburn (1953-2011) et est actuellement dirigé par le Dr Elina Screen (éditrice générale, 2011-) et géré au jour le jour par le Dr Adrian Popescu, conservateur de la section Coins and Medals au Fitzwilliam Museum. Le projet couvre l’Europe de la péninsule ibérique à la Scandinavie et de l’Irlande à la Russie et à la Roumanie d’aujourd’hui. Les volumes couvrent les pièces de monnaie de l’Europe occidentale et orientale et de l’Orient latin, mais omettent délibérément Byzance, que Grierson a couvert dans un projet séparé en plusieurs volumes sur la collection Harvard à Dumbarton Oaks. Les monnaies islamiques sont introduites brièvement dans les volumes des régions où elles ont circulé et influencé les monnaies occidentales, telles que l’Espagne et l’Orient latin, mais sont par ailleurs omises.
La numismatique médiévale est un domaine dynamique, avec de nombreuses recherches menées par des numismates universitaires et des conservateurs de musées, et par des chercheurs-collectionneurs au niveau local. La littérature souvent technique est donc dispersée dans des études spécialisées dans de nombreuses langues, ce qui rend l’accès aux recherches les plus récentes et la compréhension d’une vue d’ensemble et de ses implications difficile pour les non-spécialistes. Chaque volume du MEC fournit aux historiens, archéologues, historiens de l’art et numismates une évaluation approfondie et accessible du matériel numismatique, accompagnée d’un catalogue entièrement illustré de la collection internationalement reconnue du Musée Fitzwilliam, qui comprend environ 30 000 pièces médiévales et fut en grande partie constituée par Philip Grierson lui-même.
Les volumes contribuent particulièrement à situer les monnaies individuelles, qui sont généralement étudiées ville par ville ou souverain par souverain, dans leur contexte régional et international plus large. Les volumes stimulent également les recherches futures en identifiant différents problèmes et questionnements. De plus, chaque volume comprend des documents complémentaires tels qu’un glossaire et un index des lieux de découverte des monnaies. Les volumes du projet sont publiés par Cambridge University Press, tandis que les pièces sont également mises à la disposition du grand public via Collections Explorer, le catalogue en ligne en accès public du Fitzwilliam Museum.
Chaque volume du MEC est préparé par d’éminents spécialistes de la numismatique médiévale et le projet compte actuellement dix volumes en préparation. Vingt-trois auteurs (passés et présents) issus de douze pays participent au projet. Il est supervisé par le Sylloge of Coins of the British Isles/Medieval European Coinage Project Committee de la British Academy, présidé par le professeur Simon Keynes. Les auteurs du volume, le personnel du projet et les membres du comité ne sont pas rémunérés.
Cinq volumes sur les vingt projetés de la série ont été publiés entre 1986 et 2017. Ces ouvrages ont trouvé leur place dans les coeurs et les esprits, ainsi que sur les étagères, non seulement de la communauté universitaire, mais aussi des conservateurs de musées, des collectionneurs et des numismates professionnels, pour qui les volumes sont une référence inestimable lors du catalogage des monnaies. Un compte rendu récent de Bernd Kluge sur MEC 12: Italie (I). L’Italie du Nord décrit le projet comme « das bedeutendste Unternehmen der Mittelalternumismatik » [l’entreprise la plus importante de la numismatique médiévale] (Geldgeschichtliche Nachrichten 294, 2017, p. 374).
Adopté en 2015
Le projet Ptolemaeus Arabus et Latinus (PAL) est consacré à l’étude et à l’édition des versions arabe et latine des travaux astronomiques et astrologiques de Ptolémée et du matériel connexe. Ce « Corpus Ptolemaicum » comprend trois catégories de textes :
Oeuvres authentiques de Ptolémée : Almageste, Tétrabible, Hypothèses planétaires, Phaseis, Analemma, Planisphaerium et Tables faciles.
Pseudepigrapha (oeuvres faussement attribuées à Ptolémée), c’est-à-dire principalement le Centiloque, mais aussi d’autres ouvrages astronomiques et astrologiques, dont plus de 30 sont connus en arabe et en latin.
Commentaires sur les oeuvres A et B ci-dessus.
En plus de l’étude et de l’édition des textes, PAL propose également divers outils utiles à la compréhension de l’héritage de Ptolémée au Moyen Âge et au début de la période moderne jusqu’aux environs de 1700. Il s’agit notamment d’un catalogue d’oeuvres et de manuscrits arabes et latins ; d’un glossaire des termes techniques grec-arabe-latin ; des relevés des tables et horoscopes astronomiques arabes et latins ; et des programmes informatiques pour l’édition et l’analyse des tables astronomiques, des almanachs et des horoscopes.
Les résultats de PAL sont à la fois publiés par Brepols, dans la nouvelle série Ptolemaeus Arabus et Latinus, et en ligne. Le premier volume, par Henry Zepeda, est consacré au The First Latin Treatise on Ptolemy’s Astronomy: The Almagesti minor (c. 1200).
Le site web du PAL a été lancé en décembre 2016 et est continuellement mis à jour depuis cette date. Il propose actuellement les éléments suivants (chiffres au 30 juin 2018) :
Base de données
OEuvres : descriptions sommaires des oeuvres latines de Ptolémée, catégories A-B-C (actuellement 147 entrées).
Manuscrits : catalogue des manuscrits latins de Ptolémée, catégories A-B-C (actuellement 574 manuscrits).
Textes : transcriptions, liées à un moteur de recherche, d’oeuvres latines de Ptolémée préparées à partir d’un manuscrit spécifique (actuellement 3 transcriptions : Almageste de Ptolémée dans la traduction de Gérard de Crémone ; l’Almageste mineur et l’Epitome Almagesti de Regiomontanus).
PAL est financé par l’Union der deutschen Akademien der Wissenschaften et hébergé par la Bayerische Akademie der Wissenschaften à Munich pour une période de 25 ans (2013-2037). Il est supervisé par le professeur Dag Nikolaus Hasse (Université de Würzburg) et mené par cinq chercheurs : deux directeurs de recherche (Dr David Juste et Dr Benno van Dalen), deux chercheurs post-doctoraux et un doctorant. Le personnel du projet comprend également un programmeur de bases de données/web, trois assistants et deux secrétaires.
Coopération internationale. PAL a un partenariat avec le Warburg Institute de Londres. Ses membres, partenaires et associés viennent de Belgique, d’Allemagne, d’Égypte, de France, d’Italie, d’Iran, du Japon, des Pays-Bas, d’Espagne, de Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis. PAL organise une conférence ou un atelier international tous les trois ans. La première conférence, intitulée « Ptolemy’s Science of the Stars in the Middle Ages », s’est tenue à l’Institut Warburg en novembre 2015. Elle fut suivie d’un workshop intitulé « Astronomical and Astrological Data in Tabular Form: Storage, Edition and Mathematical Analysis », tenu à Munich en novembre 2018, en coopération avec les projets TAMAS et ALFA (Paris). PAL gère également un programme de bourses de recherche, qui permet aux chercheurs juniors et seniors du monde entier de travailler à Munich pendant 1 à 4 mois tous les deux ans.
Adopté en 2017
Le projet Corpora of Pre-Modern Christian Orthodox Mural Painting a été approuvé par l’Assemblée générale de l’Union Académique Internationale en octobre 2017 à Tokyo.
Le 3 mars 2018 à Sofia, la première réunion des responsables des comités nationaux, à savoir le professeur Nenad Makuljevic (Université de Belgrade), le professeur Liliana Stosic (Académie serbe des sciences et des arts), le professeur associé Konstantinos Giakoumis (Université européenne de Tirana) et le Dr Constantin Ciobanu (Académie roumaine) a eu lieu. Les mécanismes des projets menés sous les auspices de l’Union Académique Internationale ont été expliqués et un modèle pour la description des fresques des églises a été fourni par le professeur associé Emmanuel Moutafov (Académie bulgare des sciences) en sa qualité de chef de projet. Le Dr Ioannis Vitaliotis de l’Académie d’Athènes a également été invité à la réunion, via lequel le Centre de Recherche sur l’Art byzantin et post-byzantin de cette Académie a été invité à participer au projet. Une réponse de l’équipe grecque est attendue.
Au cours des dernières années, nos collègues bulgares ont travaillé assidument sur la troisième partie du Corpora of Pre-Modern Christian Orthodox Mural Painting. À ce jour, le Corpus of 18th Century Murals in Bulgaria (2006) et le Corpus of 17th Century Murals in Bulgaria (2012) ont déjà été publiés. À la suite des recherches scientifiques menées sur le terrain, le troisième volume, à savoir le Corpus of Mural Paintings from the First Half of the 19th Century in Bulgaria (2018) a également pu être publié. Ce dernier livre contient 900 pages de texte et 441 pages illustrées en couleur. Il présente 1115 photos de tous les monuments décorés de fresques sur le territoire de la Bulgarie moderne et qui peuvent être datés de la première moitié du XIXe siècle. Ce Corpus comprend 52 monuments de peintures murales, présentés comme des unités individuelles. Dans le Prologue de la publication, 40 autres peintures murales sont présentées sous la forme d’un article académique. L’index iconographique est compilé dans une version bilingue – en bulgare et en anglais – pour aider les spécialistes étrangers qui sont à la recherche d’un sujet particulier ou de l’icône précise d’un saint. La publication contient également environ 2 000 plans de peintures murales et plus de 10 000 inscriptions reproduites par les auteurs et des épigraphistes. Le format du livre a également été amélioré et servira de référence pour les futures éditions des collègues de Serbie, d’Albanie et de Roumanie participant au projet.
L’équipe de chercheurs qui a travaillé sur le dernier corpus comprend Emmanuel Moutafov, Alexander Kuyumdzhiev, Elena Genova, Ivan Vanev, Margarita Kuyumdzhieva, Maya Zaharieva, Katerina Dyulgerova, Nevena Dzhurkova, Ivanka Gergova, Christo Andreev, Svetla Moskova, Mina Hristemova, Nikolay Klisarov, Mariela Stoykova et Julia Varbanova. La conception graphique de la publication est l’oeuvre de Maya Lacheva et la couverture a été conçue par l’artiste Daniel Nechev. Les traductions du grec sont d’Emmanuel Moutafov et Mina Hristemova, et la traduction anglaise de Svetlana Lazarova. L’équipe était nombreuse et diversifiée, faisant de sa gestion un véritable défi.
Au cours du projet, 35 visites sur le terrain ont été effectuées et plus de 100 villes et villages bulgares ont été visités. Le Corpus of Mural Paintings from the First Half of the 19th Century in Bulgaria a été mis en oeuvre avec le soutien financier du Fonds pour la recherche scientifique du Ministère de l’Éducation et des Sciences de la République de Bulgarie.
Adopté en 2017
Adopté en 2019
Le Centre d'étude des Primitifs flamands est une unité de recherche spécialisée dans l'étude de la peinture des anciens Pays-Bas méridionaux au XVe siècle. Créé en 1949 par Paul Coremans, il fait actuellement partie du département Documentation de l'Institut royal du patrimoine artistique (KIK-IRPA), à Bruxelles, une institution scientifique belge de la politique scientifique fédérale.
Le Centre possède une documentation spécialisée et exhaustive sur la peinture des primitifs flamands. Sa photothèque comprend environ 35 000 photographies dont l'institu tdétient la majorité des droits d'auteurs, disponibles dans la photothèque online de l'IRPA. La bibliothèque spécialisée est aussi intégrée dans le catalogue en lign de l'Institut. Le Centre gère une banque de données spécialisée sur le peintures de primitifs flamands qui, bientôt actualisée, sera mise en ligne. Depuis son origine, les projets de recherche scientifique du Centre ont été réalisés en étroite collaboration avec des chercheurs belges et des spécialistes étrangers.
Un des objectifs majeurs du Centre des primitifs flamands fut l'édition de trois collections de publications scientifiques consacrées aux primitifs flamands. Le Corpus de la peinture du XVe siècle dans les Pays-Bas méridionaux et la Principauté de Liège comprend l'étude approfondie et les analyses sentifiques des tableaux du XVe siècle exécutés dans nos régions, appartenant à d'importantes collections publiques. Le Répertoire des peintures flamandes des XVe et XVIe siècles est une série consacrée à l'exament de peintures peu connues ou issues de collections moins célèbres. Il constitue un outil de travail préliminaire à une recherche ultérieure plus avancée. Les Contributions à l'étude des primitifs flamands publient les résultats d'une étude scientifique approfondie relevant du domaine précis de la peinture du XVe siècle dans les anciens Pays-Bas.
Des trois séries du Centre, toutes distribuées par Brepols Publishers, le Corpus est la plus importante. Consacrée aux plus grandes collections publiques dans le monde, elle compte aujourd'hui plus de 20 volumes. La première publication dans cette série remonte à 1957 et concerne la collection des Primitifs flamands du Groeningenmuseum de Bruges. Avec le Corpus, le Centre vise une analyse scientifique approfondie et systématique des peintures du XVe siècle des Pays-Bas. Les textes sont tous clairement rédigés par des spécialistes du domaine, richement illsutrés de photos détaillées, de documents techniques et d'images scientifiques. En combinant la recherche traditionnelle en histoire de l'art avec une recherche technique, la série du Corpus peut sans aucun doute être considérée comme le père du catalogue scientifique moderne. Depuis la publication des premiers volumes, la série du Corpus est devenue le modèle à suivre en particulier pour les musées, comme par exemple les collections du Städel Museum de Francfort ou de la National Gallery of Art de Washington.
Adopté en 2019
Le nouveau projet sceitnfique que lance l'Académie du Japon consiste à dresser un inventaire exhaustif des monnaies japonaises jusqu'à l'époque d'Edo. Ce projet correspond à un retard relatif de la recherche scientifique en matière de la monnaie, particulièrement celles coulées dans le territoire du Japon. La monnaie, une pièce métallique, ronde, sur laquelle ont été imprimés, au droit et au revers, le nom et les types de l’État émetteur, est née en Asie Mineur occidentale au début du VIe siècle avant J.-C. dans le monde eurasiatique de l’Ouest. Les monnaies japonaises, dans ce contexte historique, firent apparition entièrement à part. Elles sont produites dans le milieu historique et culturel du monde de l’Asie orientale dont la Chine détint l’hégémonie politique et culturel. La Chronique du Japon – Nihon shoki, rédigée en 720 de notre ère - à la deuxième année du règne de l’empereur Kenzo (en 486), suggère l’économie florissante de cette année et elle témoigne la quantité de 180 litres du riz valant « une pièce de la monnaie d’argent ». C’est la première indication de l’existence de la monnaie, plus précisément de la monnaie d’argent. Malgré cette attestation, on n’a pas réussi à trouver la pièce qui appartient à l’époque à l’antérieur au 7e siècle
Pour les premiers temps de l’histoire du Japon d’ailleurs, on remarquera une certaine inégalité ou disproportion entre la mention de la monnaie utilisée et la découverte de pièces elles-mêmes désignées dans les documents écrits. Une abondance des documents écrits soit sur papier, sur une tablette de bois qui se multiple en quantité grâce à la découverte archéologique, invite au classement des monnaies métalliques japonaises de manière systématique et exhaustive afin de combler cette fissure entre les témoignages écrits et la matière métallique, ainsi pour créer une perspective scientifique propre sur l’histoire de la monnaie japonaise et la minière de son utilisation.
La numismatique japonaise semble parent pauvre parmi les sciences humaines dans l’archipel japonais. On apprend à la Faculté la paléographie et la diplomatique, mais c’est presque exceptionnel que l’on puisse y apprendre la numismatique, quand on rencontre un(e) enseignant(e) rarissimus ou rarissima qui s’intéresse et fait pratique dans le domaine de la recherche de monnaie. On ne dispose pas du manuel de numismatique, mais seulement une introduction à l’archéologie numismatique signé par Pr. Shin’ichi SAKURAKI. Il ne faut pas oublier que depuis l’âge d’Édo on ne manquait pas des amateurs et des savants qui se consacraient à l’étude des monnaies, mais leurs méthodes et les explications de leur résultat acquis ne suffisent pas à remplir la condition d’être appelée la numismatique en tant qu’une vraie science. Depuis lors, l’activité de la recherche savante des monnaies frappées s’accompagnait le plus souvent de l’intérêt lucratif. La modernisation et l’aménagement du système universitaire par le gouvernement de Meiji ont constitué des départements de l’histoire dans la Faculté des Lettres et on apprenait non seulement l’histoire elle-même, mais aussi les sciences auxiliaires de l’histoire. Pourtant, la numismatique a été mise en écart de ce mouvement de modernisation des sciences humaines probablement en raison de l’image traditionnelle attachée aux praticiens de la recherche des monnaies anciennes au Japon.
Durant les années 1980, le Japon a eu l’influence également de « Social Turn » des sciences historiques et elle les a transformées profondément vers celles qui portaient avec un regard renouvelé l’intérêt aux choses et matériaux en usage dans la vie quotidienne, les monnaies en tête. Petit à petit l’intérêt scientifique sur la monnaie acquiert un terrain ferme. Il y a quatre ans que le comité de sélection auprès de Japan Society for the Promotion of Science (alias JSPS) a octroyé un fond considérable pour un projet non pas à l’étude numismatique japonaise mais celle qui avait été proposé par les historiens occidentalistes japonais. Naturellement, l’étude numismatique japonaise avait avancé largement pour telle sorte de bienfait. C’est d’autant plus avancé que la légitimation de la recherche numismatique à titre d’une science dans le Japon.
L’enjeu, donc, de ce projet est grand. En créent l’inventaire exhaustif des monnaies japonaises anciennes, on aperçoive l’image totale du phénomène numismatique du Japon, et chose plus importante et essentielle, on obtient ainsi les données de base de toute la recherche future sur les monnaies japonaises. En ce sens, on pourrait définir l’objet de ce projet, une invention de la science numismatique dans le Japon.
Adopté en 2023
Adopted in 2025
Parthian coin series cover the entire period of Arsacid rule from the middle of the 3rd century. B.C. to the early 3rd cent. A.D. Within a century after the foundation of their kingdom in north-eastern Iran by Arsaces I in 247 B.C., the Parthians expanded at the expense of the Seleucids first in Iran and then in Mesopotamia. The latter became part of their empire around 140 B.C. After the demise of the Seleucids in 64 B.C., Parthia became the other great power to share with Rome supremacy over the ancient East until the demise of the Arsacids at the hands of the Sasanians in A.D. 224. Despite this long period of rule by the Arsacids, the Parthian period remains the least known era of pre-Islamic Iran, mostly due to the scarcity and difficulty of primary sources. A large part of Parthian history is known only thanks to Greek and Roman authors.
In this dearth of documentation coins stand out as the only source continuously attested throughout the period, as they were struck from the beginning under Arsaces I until the very end in A.D. 224. Indeed, several Arsacid kings are known only thanks to coin series. At the same time coinage represents the most important primary source even in a broader perspective, as it obviously originated in a royal setting and conveyed the image the ruling dynasty wanted to transmit to its subjects. Accordingly, Parthian coins provide an invaluable basis for any enquiry about the Arsacid epoch, including any assessments of archaeological, art-historical, epigraphic and more generally historical issues relevant to the Parthian period and, on a chronologically broader perspective, also to pre-Islamic Iran as a whole.
In light of this importance, Parthian coins have been object of scholarly interest since as early as the 18th century. However, their study entered a properly scientific dimension only with the transition from the 19th to the 20th century, after which, due to a variety of reasons, Parthian numismatics accumulated a significant delay, which had a direct impact on studies on the Parthian period as a whole. After the publication of the British Museum Parthian coin catalogue by W. Wroth in 1903, only a few major contributions were made. These included the publications of the findings of the American excavations in Seleucia on the Tigris in 1935 (R. McDowell, Coins from Seleucia on the Tigris) and the French excavations in Susa in 1965 (G. Le Rider, Suse sous les Séleucides et les Parthes). In addtion, the study of a hoard of Parthian tetradrachms published in 1994 (F. de Callataÿ, Les tétradrachmes d’Orodès II et de Phraate IV: Étude du rythme de leur production monétaire à la lumière d’une grande trouvaille) must be added for its methodological approach. In the meantime, D. Sellwood published his Introduction to Parthian Coinage (1971), essentially a list of all the known Parthian coin types from the beginning to the end of the dynasty. In a general lack of scholarly commitment to an in-depth analyses of Parthian coinage, the second edition of Sellwood’s classification in 1980 definitely established itself as the standard reference work for attributions and discussions of the numismatic evidence in the whole field of Parthian studies. Its undeniable merits could nonetheless not succeed in overcoming its limits, including the lack of a structural approach, since a simple sequence of types cannot render the complexity of a phenomenon like a monetary system.
Against this background, the Sylloge Nummorum Parthicorum (SNP) project was conceived in 2007 by M. Alram (Vienna) and V. S. Curtis (London). It was modelled on the successful experience of the already existing Sylloge Nummorum Sasanidarum (SNS) project jointly carried out between Vienna, Paris and Berlin.
The goal of the SNP is to provide a complete structural reconstruction of Parthian coin production, which will in its turn represent a fundamental tool for studies of the Parthian period as a whole. To this purpose the SNP project has been able to gather most of the institutions holding the largest Parthian coin collections (see item 9), all contributing to the project. Their collections provided a total of ca. 17000 coins. In addition, secondary material from other sources, including in particular the important private collection of the late David Sellwood has been fully exploited since the launch of the project, and the holdings of the Institut für Numismatik of the University of Vienna and the online resource www.parthia.com created by C. Hopkins (see item 7) have greatly enlarged the documentary evidence.
Beside the catalogue part, which includes all the materials from the SNP participating institutions in combination with necessary secondary material for a comprehensive study of the series, each volume provides specific chapters devoted to typology, metrology and the contribution of the numismatic study to the historical reconstruction. In addition, these chapters are instrumental for the structural reconstruction of the coin productions and for connecting the coin evidence to other disciplinary fields within Parthian and ancient Iranian studies.
As seen with the SNS, the SNP volumes will in due course be accompanied by publications of other important collections. Considering that Sellwood’s Introduction has been the reference work on Parthian numismatics for nearly half a century, the SNP will take that role, on a far more thorough basis, for generations to come. In addition, the SNP will promote Parthian numismatics to a more significant role in scholarly discussions outside of Parthian studies.
Adopted in 2025
For a long time the deeds of medieval emperors and popes have been the centre of scholarly attention for older historical research. But even today, when perspectives have changed towards a stronger emphasis on consensual and rank-oriented elements, the highest authorities in both the secular and ecclesiastical spheres can still claim great interest, be it as a guiding authority in their time, as a source and centre of law and rule or as an organising force within the respective areas of responsibility. This is particularly significant in the era of increasing institutionalisation and the formation of a proper state, especially as the deeds of the exposed leaders were reflected more strongly in the sources during this period and must be valued more highly in the historical assessment. The period from Charlemagne's coronation as emperor to the end of the Middle Ages in the 16th century, which is analysed in detail in the Regesta Imperii project, is generally considered to be the formative phase.
The sources available for this eight-century period seem overwhelming, despite the limited written records of the Middle Ages. For this reason, researchers were quick to adapt a technique that had been practised in archives and chancelleries since the Middle Ages: Regesting, i.e. summarising a source. Originally limited to documents and their legal content, Regesta Imperii use this process and also summarise other types of sources (letters, narrative sources) and publish them in chronological order. In addition to this collecting and organising function, the regest represents an approximate substitute for an edition for the archival document tradition of the late Middle Ages, especially as the procedure provides for all persons involved and all places mentioned to be mentioned in the regest, as well as listing editions and the state of research. The long existence of the organisation have until now produced a collection of around 150,000 regests, which have been edited in more than 100 volumes and cover the actions of rulers and popes in their personal and local context. For the early and high Middle Ages, large sections have been almost completely processed, which also applies to important phases of the later Middle Ages for which a separate project has been running for years to record previously unedited Italian sources. The period considered basically covers the focal points of the orbis christianus of the time: The Frankish Empire in the dimension of Charlemagne's empire is recorded in its entirety from 751 until around 900. With the migration of the imperial dignity to the East Frankish, later German Empire, the horizon is centred on its three regna Germany, Burgundy and Italy. In the late Middle Ages, in addition to the northern Alpine core area of the empire, the focus is on Italy and the eastern parts of the empire; both areas are included in a separate project section or a separate research centre (Masaryk University Brno on Sigismund's regests).
The origins of Regesta Imperii date back to the early 19th century, when J.F. Böhmer compiled a collection as preparatory work for an edition of imperial and ruler charters as part of the Monumenta Germaniae HIstorica. After Regesta Imperii initially continued to work under private sponsorship, they were housed at the Austrian Academy of Sciences from 1906. The ‘Kommission für die Neubearbeitung der Regesta Imperii’ was founded there in 1939, which in turn initiated the founding of the German commission in 1967. At that time, Regesta Imperii were transferred to the German Research Foundation (DFG), before finally finding a home at the Academy of Sciences and Literature in Mainz in 1980. From there, the project is managed by a total of seven different research centres spread throughout Germany. The entire project is currently guaranteed a fully financed term until 2033. Cooperation partners are the Berlin-Brandenburg Academy and the ‘Regesta Imperii Wien’ (based at the Institute for Medieval Research of the Austrian Academy since 1998). In this sense, Regesta Imperii are a traditional inter-academic endeavour.
The technological changes of recent decades, particularly in the field of digitisation, were recognised early on by Regesta Imperii and put to good use for the company. The publication policy of the Regesta Imperii may be representative of this: All volumes published by Regesta Imperii are available online on the homepage (http://www.regesta-imperii.de) and searchable in full text. Access to register data is also guaranteed. The open access strategy also applies to the supplement series, which now comprises 50 volumes and has been available permanently since 2018, with older volumes from 2004 onwards available in the form of retro-digitised versions in free digital access. Another prominent online service is the RI-OPAC, which collects the literature processed in regests and, with just over 2.9 million titles (monographs and dependent articles), has grown into the largest, freely accessible and interdisciplinary bibliographic database for medieval studies, which is also highly sought after by international users in particular. Also worthy of mention are the formats RIplus, in which regional regests are recorded and made digitally accessible, and RILab, where work in progress and projects of a digital nature are published and discussed.
Adopted in 2025.
The SATHMA project aims to publish a comprehensive database of sculptures created in present-day Europe during Late Antiquity and the Early Middle Ages (4th century to 1000 AD). It builds upon the French research program of the same name, SATHMA, which has been in existence for approximately ten years and recently launched an online database for France in November 2024, already comprising around 1200 entries. The project seeks to federate other existing national and international initiatives on the same theme (Italy, Great Britain, Spain, Croatia) or those that may emerge (Belgium, Germany, Switzerland, etc.). Contacts are established or underway with all these countries. It is worth noting that our English colleagues, who began publishing their corpus in print format in the 1980s (Corpus of Anglo-Saxon Stone Sculpture in England, Oxford-New York, 13 volumes published since 1984), also created a website in the 2000s and subsequently an online database that makes all entries published in the print volumes publicly accessible (www.ascorpus.ac.uk). This project and website have undoubtedly served as significant models for us, as has the Italian corpus, which is the oldest national corpus on sculpture from the period in question (available only in print, 23 volumes published between 1959 and 2023). Furthermore, offering our European partners a platform that brings together all such national projects aligns with the work undertaken by numerous countries, particularly Italy, Spain, Croatia, and France, concerning elevated architecture on the European continent during the same period: the CARE project (Corpus Architecturae Religiosae Europeae saec. IV-X).