Adopté en 1920
Correspondance d’Hugo Grotius 1597-1645
Hugo de Groot (Delft, 10 avril 1583 - Rostock, 28 août 1645), mieux connu dans les cercles intellectuels sous son nom latin, Hugo Grotius, fut une figure éminente du gouvernement et du monde scientifique au cours de la première moitié du XVIIe siècle. Cependant, ce sont ses prouesses académiques dans les domaines du droit néerlandais, du droit international, de la philologie, de l’exégèse et de l’historiographie en particulier qui lui ont valu une renommée internationale.
Sa vaste correspondance est la source d’information la plus importante concernant sa vie et son travail. Cette publication contient les textes de lettres qui ont été écrites à la fois pour et par Grotius, chacune étant accompagnée d’un bref commentaire sur son contexte historique. Quatre index permettent au chercheur d’accéder directement au contenu des lettres en latin, néerlandais, français et allemand. L’oeuvre couvre dix-sept volumes, chacun contenant une correspondance classée de manière chronologique. Le volume final est un volume supplémentaire complétant la série de trois addenda qui facilitent l’accès aux différents volumes de la correspondance. Ces addenda, qui incluent un index supplémentaire des noms de personnes et de lieux pour les volumes I à XVII, sont désormais disponibles en ligne.
Éditions publiées
P.C. Molhuysen, B.L. Meulenbroek, P.P. Witkam, H.J.M. Nellen et C.M. Ridderikhoff (éds), Briefwisseling van Hugo Grotius, La Haye, 1928-2001.
L’édition a été publiée sous les auspices de l’Institut Huygens ING. Le texte complet de la correspondance de Grotius, édité dans le Briefwisseling van Hugo Grotius, y compris l’annotation détaillée, les index et les introductions, est disponible en ligne sous le titre The Correspondence of Hugo Grotius, éd. Numérique, 1ère éd. (Octobre 2009).
Projet CKCC
Le projet Circulation of Knowledge [CKCC] a été créé en 2008 en partenariat avec le Centre Descartes de l’Université d’Utrecht, la Koninklijke Bibliotheek (Bibliothèque nationale des Pays-Bas), l’Institut Huygens pour l’histoire des Pays-Bas (Huygens ING), le Data Archiving and Networked Services (DANS) et l’Université d’Amsterdam (UvA). Le projet a débuté par la numérisation des métadonnées et l’organisation des transcriptions existantes, en texte intégral, d’environ 20 000 lettres à destination ou en provenance de neuf intellectuels éminents résidant dans la République néerlandaise du XVIIe siècle.
En 2013, ce matériel a été publié en libre accès dans une application web sophistiquée – l’ePistolarium – qui offre aux chercheurs de multiples moyens d’explorer et d’analyser à la fois les métadonnées et les textes complets dans les neuf correspondances. En plus de permettre les recherches dans le texte intégral, de cartographier et de représenter graphiquement les métadonnées et d’extraire les noms des personnes mentionnées, l’ePistolarium est capable d’interroger l’ensemble du corpus pour analyser et visualiser les réseaux de co-citation, et produit les résultats de l’extraction de mots clés et de la modélisation expérimentale de thématiques précises.
Les 20 020 enregistrements de CKCC représentent le plus grand ensemble de données ayant contribué à EMLO pendant la deuxième phase du projet Cultures of Knowledge. La republication de ces données au sein d’EMLO marque le lancement de l’incorporation continue de nouveaux catalogues majeurs qui se poursuivra jusqu’en 2015 et au-delà. En plus d’intégrer les métadonnées de CKCC dans un vaste catalogue collectif, les enregistrements d’EMLO renvoient aux textes originaux des lettres publiés dans l’ePistolarium.
Les métadonnées et les transcriptions de la correspondance d’Hugo Grotius ont été fournies à CKCC par l’Institut Huygens ING.
Adoptés en 1930 et 1958
Codices Latini Antiquiores (CLA)
Codices Latini Antiquiores (« Les manuscrits latins les plus anciens »), généralement abrégé CLA, est un catalogue de tous les manuscrits en latin qui nous sont parvenus (qu’il s’agisse de codex ou de parchemins) écrits avant le IXe siècle. Le titre complet du projet est Codices Latini Antiquiores: A Paleographical Guide to Latin Manuscripts Prior to the Ninth Century. Le paléographe américain Elias Avery Lowe a fondé le projet en 1929 et l’a dirigé lui-même jusqu’à sa mort en 1969. Au début du XXe siècle, l’histoire de l’écriture latine était très mal connue et ne reposait que sur des analyses partielles. La nécessité d’un catalogue complet des premiers manuscrits, à caractère international, était criante afin d’évaluer les différences d’importance entre les divers centres culturels de production du livre, la transmission de la culture ancienne et la création de nouvelles façons d’écrire.
CLA ne couvre que les oeuvres littéraires ; cela inclut les textes juridiques mais pas les textes documentaires tels que les chartes. Il comprend 11 volumes, organisés en fonction de l’emplacement actuel des manuscrits. Ceux-ci ont été suivis d’un supplément en 1971 et de deux séries d’addenda publiés en 1985 et 1992. La paléographie est le principe fondateur du projet : chaque entrée est accompagnée d’une photographie du manuscrit en noir et blanc, à l’échelle 1:1, ainsi que d’une description de son contenu, de son état de conservation, du type d’écriture utilisé, de la date et de l’origine géographique possibles.
CLA est un ouvrage majeur pour la compréhension de l’histoire de l’écriture à la fin de l’Antiquité et au début du Moyen Âge. La collection, représentant le chef-d’oeuvre d’Elias Avery Lowe pendant son activité à l’Université de Princeton, a ses racines dans sa thèse de doctorat sur les plus anciens calendriers du Mont Cassin (1908) sous la direction de Ludwig Traube. Le paléographe allemand Bernhard Bischoff a travaillé sur le CLA à partir de 1933 et est l’auteur de nombreuses descriptions. Il s’est par la suite lancé dans un catalogue comparable de manuscrits continentaux du IXe siècle qui restaient inachevés à sa mort ; deux volumes sont depuis parus, couvrant par ordre alphabétique les bibliothèques d’Aix-la-Chapelle à Paderborn. R. A. B. (Roger Aubrey Baskerville) Mynors (1903–1989), professeur de latin à l’Université d’Oxford et éditeur, a co-écrit les derniers volumes.
Le projet a été adopté par l’UAI en 1930 à l’initiative de l’American Council of Learned Societies.
Chartae Latinae Antiquiores (ChLA)
Les Chartae Latinae Antiquiores sont destinées à fournir aux spécialistes de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge – diplomatistes, historiens, paléographes, juristes, linguistes, topographes, anthropologues – un résumé, une édition, une description des caractéristiques externes et internes, une bibliographie et une reproduction à l’échelle 1:1 de toutes les chartes qui nous sont parvenues parmi celles produites jusqu’à la fin du IXe siècle. La première série des Chartae Latinae Antiquiores (ChLA), fondée et dirigée par Albert Bruckner et Robert Marichal, est terminée. Elle se compose de quarante-neuf volumes et comprend des documents sur papyrus et parchemin produits avant l’an 800. Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution active d’un grand groupe de chercheurs qualifiés.
La deuxième série (ChLA2), qui bénéficie de la coopération de spécialistes également qualifiés, s’ouvre sur le volume 50 et a été fondée par Guglielmo Cavallo et Giovanna Nicolaj. Elle vise à publier tous les documents du IXe siècle conservés dans les archives et bibliothèques européennes. La première phase du projet était consacrée à l’Italie et s’est achevée avec la publication du volume 99. Le volume 100 marque le début de la série consacrée à Saint-Gall et représente, avec ses 12 volumes, la plus grande collection de chartes hors d’Italie. Les volumes 112 à 114 sont consacrés aux chartes d’Espagne. Le volume 115 contient les chartes privées de l’Allemagne et le volume 116 les chartes de l’Autriche et de la Belgique. Avec la publication des volumes 117 (Addenda I, suppléments de l’Italie) et 118 (Addenda II, suppléments de Suisse, du Luxembourg et de l’Espagne) à l’automne 2019, la série Chartae Latinae Antiquiores sera complétée.
Ce deuxième projet a été adopté par l’UAI en 1958, à l’initiative de l’Académie suisse des sciences humaines.
Adopté en 1932
XIa. Concordances and Indexes of the Islamic Tradition
Ce projet a pour but la compilation d’un index alphabétique des six livres canoniques de la tradition islamique, complété par les trois livres qui sont considérés comme également importants par les musulmans. L’index alphabétique, ou Concordance, doit comprendre tous les mots qui apparaissent dans les neuf livres de la tradition et doit être suivi d’index de noms propres, de noms géographiques et de citations du Coran.
Avec la publication du volume VII, la concordance de la tradition islamique a été achevée en 1969. Les travaux sur les index ont commencé en 1972. Il a été décidé d’omettre les noms propres de l’Isnād. L’index des noms géographiques ainsi que l’index des citations du Coran étaient déjà complets.
C’est en 1916 que la Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen (KNAW – Académie royale des sciences des Pays-Bas) prit l’initiative de ce projet, et l’UAI l’adopta en 1932.
XIb. The Encyclopaedia of Islam
L’Encyclopaedia of Islam expose l’état actuel de notre connaissance du monde islamique. Il comprend des articles sur des musulmans distingués de tous âges et de toutes les régions, sur les tribus et les dynasties, sur l’artisanat et les sciences, sur les institutions politiques et religieuses, sur la géographie, l’ethnographie, la flore et la faune des différents pays et sur l’histoire, la topographie et les monuments des grandes villes. Il y a aussi des articles traitant de la terminologie religieuse, philosophique et scientifique – en fait de toutes les facettes de la culture islamique depuis l’époque du Prophète jusqu’à nos jours. En ce qui concerne sa portée géographique et historique, l’Encyclopaedia of Islam englobe l’ancien empire arabo-islamique, les états islamiques d’Iran, d’Asie centrale, du sous-continent indien et de l’Indonésie, l’Empire ottoman et les divers états et communautés musulmans du monde entier.
La première édition a été calquée sur l’Encyclopédie Pauly-Wissowa consacrée au monde antique et coordonnée par l’Université de Leiden. Elle a été publiée par Brill en quatre volumes et un supplément de 1913 à 1938, avec des éditions anglaise, allemande et française.
Une version abrégée a été publiée en 1953 sous le nom de Shorter Encyclopaedia of Islam, couvrant principalement le droit et la religion. Des extraits de la SEI ont été traduits et publiés en turc, en arabe et en ourdou.
La deuxième édition de l’Encyclopédie de l’Islam (EI2) a débuté en 1954 et s’est achevée en 2005 (plusieurs index ont été publiés jusqu’en 2007 ); elle a été par Brill et est disponible en anglais et en français. Depuis 1999, EI2 est disponible sous forme électronique, à la fois sur CD-ROM et sur internet. Outre une grande expansion du contenu, la deuxième édition de l’EI diffère de la première principalement par l’incorporation du travail de chercheurs d’origine musulmane et du Moyen-Orient parmi ses centaines de contributeurs.
Adopté en 1958
Viljem Trencner
Né à Copenhague, son nom complet était Carl Wilhelm Trenckner, mais lui-même l’écrivait toujours V. Trenckner. Après avoir suivi les cours d’un collège allemand à Copenhague, il reçut un enseignement privé et s’inscrivit à l’université (1841) où il se tourna d’abord vers l’étude de la philologie classique (en particulier, les cours du professeur Madvig). En même temps, il s’appliqua de son côté à l’étude du persan, de l’arabe, du syriaque, de l’éthiopique et d’autres langues orientales, sans parler des langues européennes modernes (comme l’allemand, l’anglais, le français, l’espagnol, l’italien et le russe), pour lesquelles il conserva un vif intérêt toute sa vie. Les résultats retentissants des célèbres expéditions de Rask et Westergaard en Perse et en Inde attirèrent son intérêt vers l’Orient, et il n’obtint jamais son diplôme universitaire en philologie classique. Une fortune modérée lui permit de se livrer à des études linguistiques durant sa jeunesse. Comme on peut le voir dans ses écrits, il était particulièrement compétent en arabe et en persan.
À partir de cette petite esquisse de la vie de Trenckner, on ne comprend pas facilement que nous avons affaire ici à l’un des plus ingénieux érudits du pali. En effet, nous avons omis tout ce qui concerne ses études indiennes, qu’il a commencées avant 1850 sous la direction de Westergaard (sanskrit, zend et pehlevi), et nous voyons dans ses écrits qu’en 1854, il était également occupé par l’étude du bengali, de l’hindi, du cinghalais et du birman. À la même période, au cours de laquelle il lut l’intégralité du Mahābhārata, il se familiarisa également avec les transcriptions des textes pali de Fausbøll, qu’il copia pour lui-même, en les corrigeant à partir des originaux. Plus tard, il fit des transcriptions pour son propre compte de la plupart des manuscrits pāli de la Collection de Copenhague et de quelques autres venant de Londres. Toutes ses transcriptions sont très fines et scrupuleusement élaborées dans le système sténographique spécialement inventé à cet effet par Fausbøll.
Le dictionnaire
Il peut être approprié de rappeler le but et les objectifs de ce dictionnaire, mentionnés dans la préface du volume I à la p. X : « Nous avons appelé cet ouvrage ‘Dictionnaire critique du pāli’, à la fois parce que le matériel de Trenckner fut le premier à être organisé sur une base critique, et parce que la nature de nombreuses éditions modernes des textes nous impose l’obligation de tester à nouveau les lectures. Le dictionnaire prétend donc être critique, mais sa critique relève uniquement d’un ‘lower criticism’, dans la mesure où nous travaillons exclusivement sur le Canon Pāli et les livres plus récents qui en font partie. Notre plan a simplement été de fournir du matériel vérifié pour cette critique plus élevée qui vérifie le Canon de Theravāda [p. VIII] avec les documents laissés par d’autres écoles bouddhistes ainsi qu’avec les couches plus profondes de la tradition Jain. Ainsi, nous avons essayé de montrer ce qui peut être accompli par le Pāli seul, mais nous devons laisser à d’autres le soin de tirer les conclusions d’une étude comparative plus approfondie. Nous pensons également que le fait que nous ayons, selon le plan de Trenckner, inclus les Nomina propria et les titres de livres et leurs sections séparées, ainsi que les éléments les plus nécessaires de la grammaire pāli traditionnelle – de Kaccāyana à Saddanīti – contribueront à rendre plus utile le matériel que nous fournissons ici. »
Grâce à la collaboration entre l’Académie royale danoise et l’Akademie der Wissenchaften und der Literatur de Mayence (Allemagne), trois volumes ont été publiés (1948, 1960 et 1992).
Une base de données en ligne – A Critical Pāli Dictionary Online – est gérée par le Data Center for the Humanities de l’Université de Cologne en coopération avec la Pali Text Society. Le projet a été initialement réalisé par le Département des études interculturelles et régionales (ToRS) de l’Université de Copenhague.
Adopté en 1964
Le projet comprend l’édition critique des oeuvres complètes de Desiderius Erasmus de Rotterdam (Rotterdam, probablement 1466 - Bâle, 1536). Le projet est également connu sous le nom de ASD, l’édition d’Amsterdam, d’après l’Académie royale des Arts et des Sciences des Pays-Bas et son éditeur d’origine, la North-Holland Publishing Company, tous deux basés à Amsterdam. Elle est précédée de deux éditions des oeuvres complètes d’Erasme : la première publiée à Bâle quelques années après sa mort (BAS), et l’édition de Leiden au XVIIIe siècle (LB). Les deux éditions sont constituées des dernières versions des oeuvres imprimées du vivant d’Erasme, sans tenir compte des adaptations apportées par Erasme dans les versions publiées antérieurement, et ne peuvent pas être considérées comme des éditions critiques.
La nécessité d’une édition critique moderne a été formulée par un petit groupe d’universitaires néerlandais au début des années 1960. Cette idée impliquait de rédiger une introduction aux écrits d’Erasme, d’élucider leur genèse et l’histoire de leur première impression, de replacer également les oeuvres dans leur contexte, de prendre en compte toutes les révisions qu’Erasme leur a apportées et de proposer des notes et des commentaires philologiques et historiques. Avec le soutien de l’Académie royale des Pays-Bas, de la ville de Rotterdam et de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique, le projet a été lancé sous le patronage de l’Union Académique Internationale. Au cours de premières années, l’UAI a également offert un soutien financier. En octobre 1969, le premier volume a été présenté à Rotterdam à la reine Juliana des Pays-Bas.
À ce jour (mai 2018), cinquante volumes ont été publiés, deux sont sous presse et treize autres attendent d’être publiés. Le Conseil international pour l’édition des oeuvres complètes d’Érasme, fondé en 1963, dirige les travaux d’édition. Ses réunions triennales ont généralement lieu à Rotterdam. En règle générale, les membres néerlandais du Conseil qui appartiennent au conseil exécutif se réunissent deux fois par an. Le travail éditorial lui-même est effectué par des universitaires situés dans plusieurs pays, parfois en étroite collaboration avec le Collected Works of Erasmus (CWE) en traduction anglaise, publié par les presses de l’Université de Toronto. Le conseil d’administration du CWE est représenté au Conseil. Il existe un Comité de Rédaction chargé d’examiner les mérites scientifiques des textes édités avant leur publication. Les rédacteurs rédigent leurs introductions, notes et commentaires en anglais, français ou allemand. Le Secrétariat exécutif assiste les rédacteurs et coordonne l’édition avec l’aide du Comité de Rédaction, ainsi que la diffusion des volumes. Le Secrétariat, à l’origine un petit institut pratiquement indépendant de l’Académie royale des Pays-Bas, fait maintenant partie d’un institut considérablement plus récent de la même Académie, l’Institut Huygens pour l’histoire des Pays-Bas basé à Amsterdam. L’éditeur actuel du projet est Brill, à Leiden.
L’édition est organisée selon le canon établi par Érasme lui-même, c’est-à-dire que ses écrits sont divisés en catégories (Ordines). Ordo I : écrits sur la philologie et l’éducation ; Ordo II : proverbes et dictons similaires (Adagia) ; Ordo III : correspondance, non publiée dans l’ASD en raison de l’existence de la superbe édition des lettres d’Erasme par P.S. Allen, H.M. Allen et H.W. Garrod ; Ordo IV : écrits sur des questions morales ; Ordo V : écrits liés à l’enseignement religieux ; Ordo VI : édition, traduction latine et annotation du Nouveau Testament grec ; Ordo VII : paraphrases du Nouveau Testament ; Ordo VIII : écrits relatifs aux Pères de l’Église ; Ordo IX : polémiques (Apologiae). Un tome peut contenir une seule oeuvre volumineuse ou plusieurs textes.
Les volumes sont distribués par abonnement à la série, mais des volumes individuels peuvent également être acquis. De plus, de nombreux ouvrages peuvent être consultés sur internet via la bibliothèque en ligne et la plateforme de publication OAPEN. Non seulement ceux qui s’intéressent à Érasme et à ses écrits consultent l’ASD, mais aussi de nombreux chercheurs travaillant sur l’histoire et la littérature européennes modernes en général, car l’édition ouvre également de nouvelles perspectives dans ces domaines
Adopté en 1973
L’ensemble des mythes et des légendes que les Anciens nous ont transmis, et auxquels nous donnons le nom de mythologie classique, constitue un élément essentiel de notre patrimoine. L’étude exhaustive de son imagerie est la mission que s’est donnée la Fondation pour le LIMC, une fondation de caractère international mais de droit suisse. Son but premier a été la réalisation du Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC). L’ouvrage a été complété ensuite par le Thesaurus Cultus et Rituum Antiquorum (Th esCRA), centré sur le domaine cultuel et rituel.
Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae
Un lexique illustré sur les mythes antiques
L’imagerie des mythes antiques a constitué un langage majeur de la civilisation gréco-romaine, langage transmis à la postérité et resté vivace au travers d’innombrables témoignages. Le LIMC propose une approche pratique de notre connaissance actuelle de l’iconographie de la mythologie grecque, étrusque et romaine ainsi que de celle des cultures méditerranéennes périphériques, à la fois aux chercheurs et à tous ceux qu’intéresse l’Antiquité, source inépuisable d’inspiration également pour les artistes, les poètes, les auteurs dramatiques et les cinéastes.
Le LIMC traite, par ordre alphabétique, tous les personnages figurés de la mythologie grecque, étrusque et romaine, le plus souvent dans un article particulier, de structure toujours identique.
L’ouvrage se compose de huit volumes de texte et de planches (8400 pages de texte et 32000 photographies en noir/blanc sur 5800 planches), de deux volumes d’Indices (1026 pages) et du Supplementum 2009, publiés par la maison d’édition Artemis (Zürich, München, Düsseldorf) entre 1981 et 2009:
Le Supplementum 2009 se compose de compléments aux articles parus lorsqu'ils enrichissent et/ou modifient nos connaissances (nouvelle version ou variante d'un mythe connu; documents plus anciens ou plus récents que les documents connus jusqu'ici ou provenant d'une aire géographique différente; représentation d'un personnage sur un support non attesté jusqu'ici) ainsi que de nouveaux articles, pour des personnages jusqu'ici inconnus ou non attestés par des documents figurés. Tout document nouveau mais purement répétitif est, en revanche, exclu de ce supplément. Ce volume est complété par un Index rendu possible grâce à un important soutien financier accordé par la Alexander S. Onassis Public Benefit Foundation.
Grâce à leur parution régulière et rapide, les volumes du Lexique sont devenus un point de départ important pour la recherche. Au cours de ces dernières années, le LIMC a ainsi contribué à susciter un certain nombre de thèses de doctorat et d’études individuelles. Une oeuvre telle que le LIMC ne sert pas seulement l’expansion des connaissances mais pose également des questions nouvelles. Le LIMC se révèle être également un fondement important pour l’étude des survivances de l’Antiquité dans la culture occidentale.
L’une des richesses du LIMC est d’y trouver réunies les différentes expressions régionales d’une même culture classique, alors que les témoignages en sont dispersés de l’Inde à la Péninsule ibérique et tout autour du bassin méditerranéen. C’est pourquoi la Fondation pour le LIMC a également organisé un certain nombre de colloques autour de thèmes périphériques. Les travaux présentés lors de ces rencontres ont donné lieu à des publications séparées.
Thesaurus Cultus et Rituum Antiquorum
Une ouverture sur le domaine cultuel et rituel
Le ThesCRA (Thesaurus Cultus et Rituum Antiquorum) a pour but de rassembler et mettre à la disposition des chercheurs et d'un très large public les témoignages du monde classique dans le domaine cultuel et rituel. Il n’existait jusqu'ici aucun ouvrage de référence traitant de manière systématique des cultes et des rites de l’Antiquité classique. Le ThesCRA envisage sur le même plan les représentations figurées relatives aux cultes et aux rites, les objets de culte et les textes qui s’y rapportent. Les images, les monuments et les textes sont traités de manière équivalente. Le ThesCRA n’écarte pas les questions ouvertes mais fait le point sur l’état actuel de la recherche. Des spécialistes de différents domaines ont collaboré au ThesCRA.
Le ThesCRA ne se présente pas sous la forme d’un lexique alphabétique mais est subdivisé par thèmes en chapitres distincts, à l'intérieur desquels la documentation relative aux cultes et aux rites est développée. Sa structure de base est à trois niveaux:
un niveau 'dynamique': les activités rituelles telles que les processions, les sacrifices, les banquets, la purification, la prière, la mantique, etc.
un niveau 'statique': les lieux de culte avec leurs bâtiments, images cultuelles, offrandes votives, etc., le personnel avec les instruments et les parures de culte.
un niveau de synthèse en cours d'élaboration
Adopté en 1979, 1983 & 1987
36a. Language Atlas of the Pacific Area (LAPA)
L’Atlas des langues de la zone Pacifique avait pour but la présentation graphique, sur 47 grandes cartes multicolores, de la situation linguistique extrêmement complexe dans la zone Pacifique proprement dite et dans les régions adjacentes à l’ouest, à savoir les langues qui se trouvent dans la région de la Nouvelle-Guinée. Des textes montrant le regroupement et la classification des langues et des dialectes et le nombre de leurs locuteurs, des explications et des notes appropriées ainsi que des données bibliographiques accompagnaient chaque carte, et des textes et des index généraux complétaient les ensembles de cartes couvrant diverses zones. Grâce à la forte implication des chercheurs, les deux parties de la carte sont terminées et ont été publiées respectivement en 1981 et 1983 par l’Académie australienne des sciences humaines en collaboration avec l’Académie du Japon.
Le projet a été adopté par l’UAI en 1979 à l’initiative de l’Académie australienne des sciences humaines et de l’Académie du Japon.
36b. Language Atlas of China
L’Atlas des langues de Chine constitue une continuation du projet LAPA. Son objectif était la présentation graphique, sur 36 grandes cartes multicolores, des nombreuses langues et dialectes parlés par les Chinois non-Han en Chine – qui ont été largement inclus dans un certain nombre de minorités nationales – et des nombreux dialectes du chinois lui-même. Les cartes sont expliquées par des indications relatives au regroupement et à la classification des langues et des dialectes, au nombre de leurs locuteurs. Des explications et des notes ainsi que des données bibliographiques ont été ajoutés à chaque carte. Des cartes et des index généraux accompagnent les deux sections principales traitant des langues chinoises non-Han et des dialectes chinois. Plusieurs cartes générales ont été ajoutées à l’Atlas qui est paru en deux parties, chacune d’elles étant subdivisée en une section de langues chinoises non-Han et une section de dialectes chinois. La publication existe en anglais et en chinois et les deux éditions ont été achevées en 1987-90.
Cette poursuite du projet LAPA avait été proposée à l’UAI en 1983 par l’Académie australienne des sciences humaines qui l’a initiée avec l’Académie chinoise des sciences sociales.
36c. The Atlas of the Language of Korea
L’Académie nationale des Sciences de la République de Corée a décidé de créer un comité chargé de produire un atlas linguistique de la Corée, dans le prolongement du projet LAPA et de l’atlas linguistique de la Chine. Le projet a été soumis à l’UAI en 1987. L’Atlas a été publié en 1993 (Sunji Munhwasa, Séoul).
Adopté en 1979
Le projet Corpus dei Manoscritti Copti Letterari (Corpus des manuscrits littéraires coptes) a été lancé en 1970 et a reçu le patronage de l’UAI en 1979. Son objectif est de publier des reproductions photographiques de tous les manuscrits connus en copto-sahidique, une des premières langues de l’Égypte chrétienne, en particulier ceux provenant du monastère de Chénouté. La bibliothèque du monastère d’Apa Chénouté sur le site (montagne) d’Atripe, près de Shmin (Panopolis, Achmim) est le plus important dépositaire de textes littéraires coptes puisqu’elle les regroupe en fait presque tous. Elle fut utilisée jusqu’aux environs du XIIIe siècle de notre ère, lorsque les coptes adoptèrent la langue arabe pour leurs textes littéraires. Les codex coptes furent alors transférés dans une petite pièce de l’église principale, où ils furent soumis à une inévitable décomposition et à d’autres dommages dus à l’invasion du monastère par des étrangers.
Lorsque l’intérêt des savants occidentaux pour les manuscrits coptes s’éveilla à partir du milieu du XVIIIe siècle, les moines commencèrent à vendre sur le marché de l’art de petits lots de folios, en démembrant les codex. Ces fragments participèrent à la formation des collections coptes dans les bibliothèques et les musées européens d’abord, américains ensuite : à Rome (Cité du Vatican), à Oxford, à Venise, à Londres, à Vienne et dans bien d’autres endroits. À la fin du XIXe siècle, Eugène Revillout et Gaston Maspero découvrirent le lieu d’origine des manuscrits et réussirent à acquérir le reste de la collection, c’est-à-dire environ un tiers de la totalité des manuscrits conservés, pour la Bibliothèque nationale de Paris.
Il est évident que la reconstruction de l’histoire de la littérature copte, complètement ignorée jusqu’au XIXe siècle et loin d’être suffisamment étudiée aujourd’hui, doit commencer par la reconstitution des codex originaux, dont les feuilles sont conservées dans différentes collections. La meilleure façon d’y parvenir est de constituer une collection de photographies de tous les fragments, afin que les chercheurs puissent facilement les parcourir pour découvrir quels fragments sont complémentaires les uns des autres et appartiennent au même codex. Tel était le but du Corpus dei Manoscritti Copti Letterari. Mais il est rapidement devenu évident que les photos devaient être accompagnées d’archives systématiques et analytiques dans lesquelles toutes les informations pertinentes sur les manuscrits eux-mêmes, ainsi que sur la littérature copte dans ses diverses manifestations, pouvaient être stockées et récupérées.
Les objectifs fondamentaux du projet de recherche, tels qu’ils ont été présentés à l’Union Académique Internationale lorsque le parrainage a été demandé, peuvent désormais être considérés comme atteints. Les collections de manuscrits du monde entier et connues des chercheurs sont toutes répertoriées et un inventaire des codex ou fragments conservés est prêt, contenant leur identification, leur édition, le cas échéant, et leur bibliographie. L’histoire des manuscrits après la dispersion de la bibliothèque d’origine en Égypte est également enregistrée. En fait, le projet a été déclaré achevé en 2014, mais ses résultats continuent d’être mis à jour et mis à la disposition des chercheurs sur Internet. L’organisation du projet continuera de fonctionner, afin de maintenir les données à jour, dans ses deux sièges de Rome (Istituto Patristico Augustinianum) et de Hambourg (Hiob Ludolf Zentrum, Université de Hambourg). De nouveaux manuscrits qui seraient découverts à l’avenir pourront ainsi être reproduits ; la bibliographie sera mise à jour ; la Clavis Coptica sera actualisée en fonction des progrès quotidiens dans l’étude de la littérature copte ; de nouveaux textes seront publiés et analysés du point de vue linguistique.
L’académie responsable de ce projet est l’Unione Accademica Nazionale, en partenariat avec l’Istituto Lombardo di Scienze e Lettere (Milan).
La recherche se développe selon les axes suivants : Étude et catalogage des collections conservant des manuscrits coptes littéraires. Acquisition de la reproduction de ces manuscrits, qui est archivée et cataloguée. Identification du contenu des textes et de leurs originaux ou parallèles dans la littérature patristique grecque. Recherche de tout type d’informations et bibliographie concernant la littérature copte. Reconstitution des codex démembrés du monastère d’Apa Chénouté à Atripe (Sohag). Édition et analyse syntaxique des textes. Mise à disposition de toutes les informations sur une page web, en accès public, et toujours mise à jour.
Une attention particulière est consacrée à la reconstitution des codex de la bibliothèque du monastère de Chénouté, la plus grande bibliothèque de l’Égypte copte. Ils ont été démembrés et dispersés dans le monde entier. Beaucoup d’entre eux ont pu être reconstitués mais, étant donné l’état du matériel conservé, ce long travail est loin d’être achevé. Une bibliographie complète concernant la littérature copte est disponible et constamment mise à jour.
Adopté en 1993
L’Atlas Barrington du monde gréco-romain est un atlas de langue anglaise de l’Europe ancienne, de l’Asie et de l’Afrique du Nord, édité en grand format par Richard J. A. Talbert. La période couverte s’étend de l’époque archaïque grecque (pré-550 av. J.-C.) à l’Antiquité tardive (640 ap. J.-C.). L’atlas a été publié par Princeton University Press en 2000. Le livre a remporté en 2000 le prix du meilleur ouvrage dans la catégorie Best Professional/Scholarly Multivolume Reference Work in the Humanities décerné par l’Association of American Publishers Award.
En 102 cartes couleur réparties sur 175 pages, l’Atlas Barrington recrée l’entièreté du monde des Grecs et des Romains des Îles britanniques au sous-continent indien et dans une très grande partie de l’Afrique du Nord. Il s’étend sur le territoire de plus de 75 pays modernes. Son grand format (33,7 x 46,4 cm) a été conçu sur mesure par un des principaux producteurs de cartes, MapQuest.com, Inc., et n’a pas son pareil en matière de clarté et de détail. Plus de 70 experts, aidés par un nombre égal de consultants, ont travaillé à partir de cartes aéronautiques générées par satellite pour restituer le l’apparence ancienne des paysages modernes, et pour renseigner les noms et les caractéristiques anciens conformément aux recherches historiques et aux découvertes archéologiques les plus récentes. Chronologiquement, l’Atlas Barrington s’étend de la Grèce archaïque à l’Empire romain tardif, et seules deux échelles standard (1: 500 000 et 1: 1 000 000) ne sont utilisées pour représenter la plupart des régions.
Depuis les années 1870, toutes les tentatives de cartographie globale du monde classique avaient échoué. L’Atlas Barrington a finalement atteint cet objectif difficile. Il fut initié en 1988 à l’Université de Caroline du Nord, Chapel Hill, sous la direction de Richard Talbert, historien de l’Antiquité, et fut développé avec environ 4,5 millions de dollars en soutien financier.
L’atlas qui en résulte est un ouvrage de référence de grande valeur. Il présente un attrait exceptionnel pour tous ceux qui s’intéressent aux anciens Grecs et Romains, aux terres qu’ils ont occupées et aux peuples et aux cultures qu’ils ont rencontrés en Europe, en Afrique du Nord et en Asie occidentale. Il constitue en cela un ouvrage essentiel pour les chercheurs et les bibliothèques. Il est également destiné aux étudiants, aux voyageurs, aux amateurs de cartographie fine et à tous ceux désireux de retracer les marches d’Alexandre vers l’est, de franchir les Alpes avec Hannibal, de traverser la Méditerranée orientale avec Saint-Paul ou de réfléchir sur les routes, les aqueducs et les ouvrages de défense de l’Empire romain. L’Atlas Barrington fait ainsi revivre le passé antique d’une manière inoubliable, vivante et inspirante.
Répertoire carte-par-carte
Un répertoire carte par carte de l’Atlas Barrington est disponible en ligne ainsi que dans une édition imprimée séparée en deux volumes de près de 1 500 pages. Le répertoire est conçu pour fournir des informations sur chaque lieu ou caractéristique de l’Atlas Barrington. La section dévolue à chaque carte comprend :
un texte concis attirant l’attention sur les difficultés particulières liées à la cartographie d’une région, telles que les vastes changements du paysage depuis l’Antiquité ou une exploration moderne inégale.
une liste de chaque nom et caractéristique repris sur la carte, avec des données de base sur la période d’occupation, les équivalents modernes des noms de lieux anciens, le pays moderne dans lequel ils se trouvent et de brèves références à des témoignages anciens ou à des études modernes pertinentes.
une bibliographie des ouvrages cités.
Le répertoire carte-par-carte est un compagnon essentiel de l’Atlas Barrington puisque les précieux renseignements ouvrent la voie à une immense variété d’autres initiatives ou projets de recherche.
Adopté en 1996 - Achevé en 2022
Il existe des dizaines et des milliers de manuscrits orientaux conservés dans les collections allemandes et de nouvelles acquisitions sont toujours en cours, distançant ainsi les efforts antérieurs dans la production de catalogues. Ces manuscrits sont des sources précieuses pour les études orientales en langues, littérature, religions, culture et histoire, mais aussi dans d’autres domaines, comme l’histoire de l’art. Pour permettre et faciliter l’accès à ces manuscrits orientaux et pour répondre aux besoins des chercheurs, les orientalistes allemands ont suggéré la création d’un catalogue collectif des manuscrits orientaux en 1957, qui a été mis en oeuvre la même année avec le projet de recherche « Union Catalogue of Oriental Manuscripts in German Collections » (« Katalogisierung der Orientalischen Handschriften in Deutschland », en abrégé KOHD).
Le projet a été lancé par Wolfgang Voigt, alors directeur du département oriental à la Westdeutsche Bibliothek de Marburg, sous les auspices de la German Oriental Society (Deutsche Morgenländische Gesellschaft). Jusqu’en 1989, le projet était financé par la Fondation allemande pour la recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft). En 1990, il est devenu un projet de recherche de l’Académie des Sciences et des Sciences humaines de Göttingen, financé à la fois par le gouvernement fédéral et les Länder allemands (Akademienprogramm der Gemeinsamen Wissenschaftskonferenz von Bund und Ländern). En 1996, l’Union Académique Internationale de Bruxelles a placé le catalogue collectif en tant que projet n°53 sous son patronage. Le projet KOHD, qui comprend actuellement des groupes de travail pour les manuscrits arabes (Hambourg et Jena), coptes (Berlin), khmers/thaï-khmers (Göttingen), en vieux turc (Berlin), persans (Marburg), tamouls (Köln), tibétains (Bonn et Hambourg) et en sanskrit (Göttingen) devraient se poursuivre jusqu’en 2022.
L’objectif du projet est de répertorier les manuscrits des collections allemandes écrits dans des langues et systèmes d’écritures orientaux qui n’ont pas encore été catalogués et de les rendre accessibles via des catalogues imprimés et via une base de données. Les catalogues imprimés sont publiés dans la série de publications « Verzeichnis der Orientalischen Handschriften in Deutschland (VOHD) » par le Franz Steiner Verlag Stuttgart, édité par le directeur du projet pour le compte de l’Académie de Göttingen. En juin 2019, 172 volumes avaient été publiés dans la série (et 52 autres dans la série des suppléments, qui comporte des monographies sur des manuscrits spécifiques et des sujets liés aux manuscrits). Les entrées du catalogue fournissent des descriptions détaillées concernant le contenu de chaque manuscrit, ainsi que des informations codicologiques, selon des règles précises pour la compilation et la description, ces dernières étant adaptées aux besoins particuliers des groupes linguistiques respectifs. Les sous-éléments considérés par défaut incluent le numéro d’étagère, la couverture, le matériau, l’état de conservation, le nombre de pages, le format, le nombre de lignes, le style d’écriture, les enluminures, le scribe, la date, l’origine, l’auteur, le titre de l’oeuvre, la citation de la première et de la dernière ligne du texte ainsi que du colophon, des remarques complémentaires et un certain nombre de registres ou de concordances.
Depuis 2016, les autres manuscrits non catalogués conservés par la Bibliothèque d’État de Bavière, l’Académie des sciences de Berlin-Brandebourg, le Musée d’art asiatique – Musées d’État de Berlin, la Bibliothèque d’État et universitaire de Göttingen, la Bibliothèque d’État de Berlin –, le Patrimoine culturel prussien, la Bibliothèque d’État et universitaire de Hambourg, la Bibliothèque scientifique municipale de Mayence et la Collection de papyrus de Berlin sont répertoriées dans deux bases de données en ligne. Ce sont (1) KOHD Digital pour les manuscrits en vieux turc, arabe, dravidien, khmer, persan, sanskrit et tibétain, et (2) KOHD Coptica, qui est adapté aux besoins des manuscrits coptes et compatible avec d’autres bases de données papyrologiques. Ils ont tous deux été relancés en 2019 et sont constamment mis à jour avec de nouvelles descriptions de manuscrits. Les entrées qui se trouvent en ligne sont basées sur les mêmes règles de présentation que les catalogues imprimés, mais dans une version plus courte afin d’assurer le plus rapidement possible et le plus largement possible le traitement des manuscrits non catalogués.
Un aperçu des activités récentes du projet et de ses progrès est fourni par les rapports annuels publiés dans le Jahrbuch der Akademie der Wissenschaften zu Göttingen. De plus amples informations sur le projet KOHD et ses groupes de travail ainsi qu’un aperçu de la série de publications VOHD sont disponibles sur le site web du KOHD.
Adopté en 2003
Le moyen perse, une langue politique et culturelle majeure de l’Antiquité tardive au Proche-Orient, était un véhicule de l’Empire sassanide et a servi un certain nombre de religions importantes, telles que le zoroastrisme et le manichéisme, et partiellement le christianisme. Toutefois, il ne possède pas encore de dictionnaire propre. Un certain nombre de dictionnaires partiels, plusieurs éditions de textes avec des glossaires utiles et plusieurs ouvrages de nature étymologique sont à ce jour disponibles, mais aucun d’entre eux ne couvre la gamme complète du moyen perse. Tel est l’objectif du présent projet. Une fois terminé, il inclura les textes littéraires zoroastriens ; les inscriptions inscrites sur la pierre et sur les sceaux ; les documents en pahlavi écrits sur du cuir, du papier et du papyrus ; les textes manichéens ; ainsi qu’une sélection de matériel écrit au moyen du pazand (pour les formes tardives de la langue). Il tiendra compte des mots du moyen perse empruntés aux langues voisines telles que l’araméen, l’arménien, le géorgien et l’arabe, dont certains ne sont pas attestés dans tous les écrits en moyen perse. Le présent projet s’ancre sur une base de données d’éditions de textes et de transcriptions de documents et utilise un logiciel spécialement développé pour ses besoins. Il a pour objectif de présenter la richesse lexicale de la langue, dans la mesure où elle est préservée à travers une histoire de transmission assez compliquée, puisqu’une grande partie du matériel littéraire qui existait autrefois a été perdue. Les exemplaires connus de textes en moyen perse emploient différents systèmes d’écriture qui présentent diverses difficultés de déchiffrement et d’interprétation. Tous sont transcrits en alphabet latin, suivant le système proposé par D.N. MacKenzie (1967), qui est devenu une norme presque universelle.
Le travail sera essentiellement basé sur les textes, publiés ou non, mais s’efforcera également de présenter les discussions lexicales les plus importantes de la littérature scientifique concernant les aspects sémantiques, étymologiques et historiques du lexique.
Plusieurs publications savantes importantes sur divers aspects de la lexicographie et de l’étymologie du moyen perse ont été publiées au cours des deux ou trois dernières décennies. Un Dictionary of Manichaean Middle Persian and Parthian par Durkin-Meisterernst (2004) est maintenant disponible. Un glossaire des textes épigraphiques parthe et en moyen perse a été publié par Gignoux (1972), qui a également publié une liste prosopographique des noms propres en moyen perse (1986, suivi d’un supplément). Une liste de noms iraniens (principalement en moyen perse) a été publiée dans Gignoux et al. (2009). Pour d’autres langues du moyen iranien, il existe des dictionnaires du sogdien, par Gharib (1995). Des textes en bactrien, langue récemment inconnue, ont été publiés par Sims-Williams (2000/07).
Le chorasmien, une langue représentée principalement par des gloses dans les manuscrits arabes, est maintenant connu grâce à Henning (1965 ; 1971), MacKenzie (1990 ; 1999) et d’autres. Il existe un dictionnaire du khotanais par H.W. Bailey (1979), et d’autres documents lexicaux ont été publiés par Emmerick et Skjaervø (1982 ; 1987). Pour l’étymologie, en plus des ouvrages plus anciens de Horn (1893) et Hübschmann (1895), les travaux récents les plus importants sont de Rastorguyeva et Edel’man (2000/07), dont trois volumes sont déjà parus. Cheung (2007) traite des racines verbales. Un dictionnaire complet du persan est en cours d’élaboration par Sadeghi (2013). Un dictionnaire étymologique du persan, regroupant les notes éparses dans de nombreuses publications savantes, a récemment été publié (Hasanust 1383 HS). Parmi les ouvrages lexicographiques pour le moyen perse, on peut citer le glossaire des textes inclus dans A manual of Pahlavi de Nyberg (1974). MacKenzie (1971) donne une liste des mots les plus courants en pahlavi et cite les formes correspondantes en moyen perse manichéen et en persan (sans citer de références). Henning (1933) a discuté des formes verbales et des étymologies pour le moyen perse manichéen. D’autres documents sont dispersés dans plusieurs livres et articles. Les glossaires de plusieurs éditions de textes publiés au cours des dernières décennies constituent une autre source de documentation pour les travaux lexicographiques. Les idéogrammes araméens de l’écriture pahlavi ont été discutés dans Nyberg (1988) et par plusieurs autres chercheurs.
Le projet prévoit de lister le lexique dispersé et partiellement perdu du moyen perse qui peut être récupéré à partir de mots empruntés par les langues voisines. Les mots du moyen perse dans différentes variétés d’araméen sont étudiés dans Ciancaglini (2008) ; Greenfield et Shaked (1972) ; Shaked (1985 ; 1986 ; 1991 ; 1994 ; 1995a ; 1995b ; 2003 ; 2005). Les mots emprunté au moyen perse en arménien sont traités dans Hübschmann (1897), Perikhanian (1968 ; 1985) et par d’autres. Les mots emprunté par l’arabe ancien ont été discutés dans Jawālīqī(1966), Shushtar¬i (1347 HS), Eilers (1961/2 ; 1971) et d’autres.
Les travaux préliminaires sur le projet d’un dictionnaire du moyen perse ont été réalisés en collaboration avec Carlo Cereti de La Sapienza – Università di Roma. Au cours des dernières années, le professeur Cereti a toutefois exercé une activité au sein du service diplomatique italien et n’a pas été en mesure de poursuivre son association avec le projet du dictionnaire.
Le but fondamental de ce projet, comme indiqué ci-dessus, est de préparer un dictionnaire complet pour le moyen perse sous toutes ses formes écrites. Cela n’a encore jamais été entrepris. Cet ouvrage répondra à un besoin urgent des chercheurs et des étudiants en études iraniennes et dans des domaines connexes (tels que l’araméen), et encouragera de nouvelles recherches sur divers autres aspects linguistiques du moyen perse ainsi que sur la littérature, l’histoire, la religion ou tout autre sujet relatif à la culture de l’Iran durant l’Antiquité tardive et au début de la période islamique. Dans le domaine de la lexicographie, il peut permettre une discussion plus éclairée sur les mots iraniens empruntés par d’autres langues et sur les mots empruntés par le moyen perse à des langues étrangères.
Adopté en 2015
Lancé en 1988, ce projet faisait suite à la publication des textes des Archives Royales de Mari tomes XXVI/1 et XXVI/2, deux volumes de 640 et 590 pages qui publiaient plusieurs dossiers des lettres retrouvées au tell ancien de Mari, à la frontière entre la Syrie et l’Iraq, par André Parrot.
L'entreprise envisageait d’étudier systématiquement le vocabulaire du plus important corpus en langue sémitique orientale, noté en écriture cunéiforme et retrouvé dans les ruines du palais de Mari. Il représente une masse documentaire de plus de 25 000 tablettes. Les textes littéraires y sont en minorité, mais le très important corpus épistolaire, adressé à deux rois de Mari, est complété par de nombreux documents administratifs et aussi juridiques.
Cette langue proprement dite akkadien est aussi appelée traditionnellement « paléo-babylonien », car Babylone est la ville la plus connue qui ait pratiqué ce langage et son roi Hammurabi est toujours connu aujourd’hui. L’ampleur de la documentation n’est que d’une cinquantaine d’années (aux XIX°-XVIII° siècles avant notre ère) pour ce qui est de la durée d’attestation mais les textes proviennent de l’ensemble du Proche-Orient et de sites non documentés pour cette période aujourd’hui, comme Alep ou en Syrie du Nord. Les missives sont désormais situées de façon précise dans le temps et dans l’espace. Ces textes complètent considérablement la connaissance de l’état classique du sémitique oriental, langue apparentée de très près à l’hébreu, l’araméen et l’arabe.
La collecte lexicale qu’ils permettent est d'une extrême richesse. En outre, quoique s’exprimant en akkadien, les gens étaient obligés pour désigner des activités ou des situations qui n'avaient pas leur équivalent dans leur langue d’expression d’écrite, de recourir à des termes locaux. Ils révèlent ainsi le lexique de gens qui pratiquaient avant tout l’information orale et utilisaient des dialectes non documentés par écrit. On voit ainsi apparaître des « façons de dire » qu'on n'aurait cru documentées qu'à des époques bien plus récentes, voire des registres d'expression inédits, comme les proverbes ou l'expression directe de la population féminine. En ce sens, la littérature épistolaire de Mari représente un unicum au Proche-Orient.
La retraduction complète par nos soins des lettres publiées avant le tome XXVI des Archives Royales de Mari a abouti à la publication de trois forts volumes de la LAPO (Littératures Anciennes du Proche-Orient), tomes 16 (1997, 654 p.), 17 (1998, p. 688), 18 (2000, p. 632) — plusieurs rééditions —, avec un très abondant commentaire lexical. Cela représente le résultat de collations des originaux aux musées d’Alep, de Damas et de Dêr ez-Zor.
Le vocabulaire des textes administratifs a été réparti en plusieurs secteurs sous la rubrique MDBP (Matériaux pour le Dictionnaire de Babylonien de Mari) qui regroupe les termes techniques en assurant l'édition critique des documents administratifs, publiés ou inédits.
Jusqu'à présent ont été publiés :
MDBP I (2009, p. 604) = ARM XXX, La Nomenclature des habits et des textiles par J.-M. Durand ; MDBP II (2005, p. 570) = ARM XXXI, La Vaisselle de luxe des rois de Mari par M. Guichard ; MDBP III (2012, p.538) = ARM XXXII, Le Vocabulaire de la métallurgie et la nomenclature des objets en métal dans les textes de Mari, par Ilya Arkhipov (Université de Moscou), à partir de mes collations et transcriptions. Le tome XII (2009) des Florilegium Marianum, l’autre collection dévolue aux publications sur Mari, est une étude exhaustive de la documentation sur le vin par Grégory Chambon (alors à l’Université de Bretagne Orientale, UBO). Viennent de s’y ajouter le tome XV (2018) des Florilegium Marianum, traitant de la gestion et de la comptabilité du grain dans le Palais de Mari par Grégory Chambon (EHESS) et le tome XVI de la même série (2018) traitant du vocabulaire de l’irrigation, par Hervé Reculeau (University of Chicago).
L. Marti (CNRS) termine (2019) une habilitation qui doit lui permettre de publier la documentation qui a trait à l’alimentation carnée.
En ce qui concerne les documents épistolaires, aux tomes XXVII et XXVIII vient de s’ajouter par mes soins le tome XXXIII (2019) qui — en 595 pages — traite des débuts du règne de Zimrî-Lîm. Le tome XXXIV en cours de préparation doit le compléter et traiter plus particulièrement de la documentation relative aux Nomades.
Chaque publication comporte une étude détaillée du vocabulaire et complète beaucoup les dictionnaires à notre disposition, comme le font déjà les Index des LAPO ou de ARM XXXIII. L'ensemble de ces considérations lexicales, une fois regroupées, doit ainsi fournir une contribution majeure au lexique sémitique utilisé au IIe millénaire avant notre ère, tel que révélé par les documents cunéiformes de Mari.
Les événements dramatiques qui se sont passés en Syrie risquaient de détruire les originaux de Mari, gardés intacts pendant des millénaires, lesquels sont à l’heure actuelle on ne sait où en Syrie.
Cependant nous avions pris soin, bien avant les troubles, avec l'appui du CNRS et des Affaires Étrangères françaises, de faire réaliser une couverture photographique argentique ou numérique de ces documents, tant pour ceux qui étaient à Paris que pour ceux qui se trouvaient en Syrie, dès avant le moment où les autorités syriennes ont réclamé le retour de ceux qui se trouvaient en France. Cette documentation a été actuellement numérisée. Cette précaution nous permet ainsi d'envisager la poursuite des travaux de déchiffrement et de publication, même si, une fois la paix restaurée, des vérifications de certaines propositions sur les originaux survivants seront à envisager, si c’est possible.
Ces travaux doivent permettre à la francophonie de continuer à exister dans le secteur de l'Assyriologie, ce qui permettra de se souvenir qu'un des fondateurs de la discipline était Jules Oppert, professeur au Collège de France. Le dictionnaire (DBP) doit néanmoins comporter une équivalence des termes français dans les grandes langues de culture de l'Orientalisme européen. Ce sera donc un dictionnaire plurilingue où l'aspect « histoire des techniques » ne doit pas être oublié.