La première mouture du circuit bleu-clair a été créée en 1955 par M. Deschenaux à partir de voies ouvertes par Tony Vincent qui étaient alors repérées d'un signe rouge. Puis elle fut prolongée par Pierre Nédelec au cours des années 60. Sauf qu’il ne restait plus que quelques marques, quand il fut à nouveau repris et modifié en 1998 par Jean-Jacques Naëls et Yann Bruneau à l'occasion de la préparation du premier topo-guide sur les escalades de Trois Pignons. Reprise qui a été effectué avec le soucis de conserver son esprit initial, c'est-à-dire en conservant toutes les boucles et enchaînements de blocs sans mettre pied au sol.
Cette seconde et très longue mouture ne proposait pas moins de 80 passages à enchaîner pour cinquante numérotés. Quinze ans plus tard, au moment de l'entretenir, nous nous sommes posé cette question : puisque seuls les passages numérotés sont gravis, et encore pas tous, puisqu’en somme personne n'enchaîne intégralement ce circuit dans l'esprit, est-ce que ça vaut la peine de continuer à brosser durant des heures les passages inutilisés pour en conserver le caractère initial ? Non, ont dit ceux qui usent leurs brosses… Aussi, en 2014, seuls les passages numérotés ont été entretenus.
Yves dans La Gingembre - Le 3 bleu clair
Mais voilà que, dix ans plus tard, soit en 2023, nous nous aperçûmes qu’en fait assez peu de voies étaient de nos jours parcourues. Les délaissées étant faciles à identifier puisque beaucoup d’entre elles étaient en partie envahies de lichens. On pouvait conclure que la piste dans son ensemble ne plaisait à personne, du moins les voies qui ne sont parcourues par plus personne. En particulier les très hautes et la plupart des voies en bout de circuit situées dans la zone humide du site. Considérant ce que nous avons observé, nous avons naturellement pensé qu’il serait vain de rebrosser les voies qui ne semblent manquer à personne ; que quitte à faire quelque chose pour celles encore en service, il fallait agir et entretenir uniquement la première moitié du circuit, la plus aérée, la plus populaire relativement. En clair, de laisser l’autre moitié à la nature. Ce qui implique que ceux qui veulent les faire ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour les nettoyer. (Abandon de la seconde partie a été accepté par le Cosiroc et approuvé par l’ONF).
Sébastien dans la traversée Chien Fou.
Nath dans la vieille classique : Maudits Chasseurs.
Le 16 bleu-clair
Le projet d’une troisième mouture ambitionnait de redessiner un circuit d’une amplitude moindre avec un lot de nouvelles voies afin que leur nombre reste autour de cinquante. Pas si facile ! Après bien des essais de parcours, après une longue période d’abandon du projet à cause du sentiment d’inutilité du travail, de discussions, d’atermoiements, de recherches, nous avons fini par opter pour inverser la progression du circuit et établir le départ près de ceux des circuits jaune et orange. La raison étant que le démarrage de la piste serait moins exigeant que l’initial, celui qui rebutait trop de grimpeurs pour leur donner l’envie de poursuivre l’escalade du circuit. Sachant qu’il était toujours possible pour les nostalgiques des hauts frissons d’entrée de jeu de commencer par la fin et de faire la piste à l’envers… Et pourquoi pas de brosser les passages non repris pour parcourir le circuit intégralement dans sa version initiale, celle de la seconde mouture ? Ce nouveau départ n'est pas un si mauvais compromis que ça !
En vérité, il a été compliqué de trouver une liaison satisfaisante pour retrouver les voies anciennes et nous dûmes expérimenter trois cheminements, d’où les discussions, les atermoiements, les hésitations. Au total, tout cela s’est étalé sur trois ans.
On participé à cette réorganisation compliquée du circuit bleu clair : Catherine, Valérie, Noëlle, Martine, Yann, Jean-Yves, Philippe, Antoine, Jean-Louis, Jean-Jacques, Sébastien et moi-même.
Note : C'est une action indépendante au Cosiroc qui ne devrait pas figurer dans le bilan de leurs actions annuelles comme des dizaines autres dans le passé.
Encore une belle classique du couloir en L : La Rapeuse.