LA SONNERIE

DE ST-PIERRE

EXTRAIT DE « EGLISE SAINT-PIERRE DE CAEN »

PAR EUGENE LIOT, ANCIEN CAPITAINE DE MOBILES, ANCIEN JUGE DE PAIX , ETC.

CAEN – IMPRIMERIE E. ADELINE, RUE FROIDE, 16

1892

ELLE SE COMPOSE DE QUATRE CLOCHES :

ANNE OU SAINT-NICOLAS, PAUL, PIERRE et MARIE*.

À l’époque où fut fondue la cloche Saint-Nicolas, l’art campanaire était loin de cette perfection de détails à laquelle il est arrivé aujourd’hui. Néanmoins, sous le rapport du dessin et de la pureté des lignes, par la délicatesse et la beauté de ses reliefs, la justesse de ses accords et l’harmonie de ses notes, l’éclat et la durée de ses vibrations, elle a, pour le visiteur, beaucoup d’intérêt et de charme. Sur la partie supérieure de cette cloche, on remarque, d’abord, huit fleurs de lis régulièrement espacées sur le pourtour inférieur du cerveau ; puis, au haut du vase, une élégante couronne de lis entremêlés de têtes de croix rayonnantes, d’une hauteur de cinq centimètres.

Au-dessus se trouve l’inscription principale, occupant sur trois lignes, le pourtour entier de la cloche. Elle est formée de capitales romaines, la voici :

† JAY ESTE BENITTE PAR NOBLE ET DISCRETTE PERSONNE, MIRE PIERRE DE GALLON, ptre, CVRE DE St NICOLAS DE CAEN, NOMMÉE PAR DOM VICTOR TIXIER DAMAS, PRIEVR DES RELIGIEVX BENEDICTINS REFORMES DE L’ABBAYE DE St ESTIENNE DE CAEN, ANNE, NOM DE L’HONNESTE DAME ANNE RENOVF, MARAINE, VEUFVE de MAISTRE JACQVES AVBREE, EN SON VIVANT BOVRGEOIS DE LA PAROISSE SAINCT NICOLAS DE CAEN.

Une frise, composée d’arabesques et haute de 35 millimètres, se déroule sur toute la circonférence de la cloche. Parallèle à la guirlande supérieure, elle forme avec elle une sorte d’encadrement à la première inscription, qu’elle sépare en même temps d’une seconde ainsi conçue :

A LA DILIGENCE DV DIT SIEVR CVRE, DE CLAVDE VARIN, GILLES DELESSARD, NICOLAS LE BOVRGEOIS, BOVRGEOIS DE CAEN, THRESORIER DE LA DITTE PAROISSE EN L’ANNEE 1668.

Sous cette seconde inscription se trouvent encore, sur le pourtour de la cloche, dix fleurs de lis.

Si des ornements, aussi variés que nombreux, décorent la partie supérieure de l’instrument, la partie inférieure en offre aussi quelques uns.

Les comptes de l’œuvre de l’église de Saint-Nicolas, 1668, semblent indiquer que le fondeur de cette cloche fut Michel de la Chastie. Cette cloche sert de timbre à l’horloge de la paroisse.

Elle donne le comme note fondamentale et doit peser 1.300 kilogrammes.

La seconde cloche est presque entièrement dépourvue d’images et de vignettes, quelques filets d’ornements, quelques simples cordons formant l’encadrement de l’inscription suivante :

† L’an 1808, au mois de 7bre, j’ai été faite sous l’administration de Mrs de la Pigacière, Chretien et Desmalis, marguilliers de la Fabrique extérieure de l’église Saint-Pierre de caen, benite par Mgr Charles Brault, eveque de Bayeux, assiste de Mr Gervais de la Prise, curé de Saint-Pierre, et nommée Paul par Mr Pre Jean-François de la Pigacière, ancien mousquetaire, marguillier de la dite église, et dame Louise-Eugénie d’Auray, son épouse, et du règne de Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie.

Cette cloche mesure 98 millimètres d’épaisseur à la panse, 1 mètre 405 millimètres à son plus grand élargissement, et mesure 1 mètre 92 millimètres de hauteur diagonale de la pince au cerveau ; elle doit peser, à peu près, 2.050 kilogrammes. Le do dièze est sa note fondamentale.

La troisième, la plus grosse, Pierre, mesure 108 millimètres d’épaisseur à la panse, 1 mètre 565 millimètres de diamètre à sa partie la plus large, et 1 mètre 22 centimètres de hauteur diagonale de la pince au cerveau ; elle pèse environ 2.850 kilogrammes. Elle donne le si comme note fondamentale.

Voici l’inscription tracée sur cette cloche :

† L’an 1808, au mois de 7bre, j’ai été faite sous l’administration de Mrs de la Pigacière, Chretien et Desmalis, marguilliers de la Fabrique extérieure de l’église Saint-Pierre de Caen et benite par Mgr Charles Brault, eveque de Bayeux, assisté de Mr Gervais de la Prise, cure de St-Pierre et president du tribunal civil sceant a Caen et directeur de l’école de Droit, et dame Marie-Anne-Julie Barbey, epouse de Mr Housset de Catteville, ancien tresorier de la guerre, et du regne de Napoléon Ier, empereur des Français et roi d’Italie.

MARIE* : cette cloche a probablement été fondue.