par Didier Carsin
1/ Enregistrement de la séance du 3 mars 2026
Pour accéder à l'enregistrement vidéo, cliquer sur le lien ci-après:
enregistrement séance du 03.03.2026
2/ Plan du cours de la séance du 3 mars 2026
C'est notre 7ème séance. Elle est consacrée à la lecture du chapitre 5 qui a pour objet les cérémonies religieuses et le récit des histoires contenues dans les livres saints. Son titre: "« De la raison pour laquelle des cérémonies ont été instituées et de la foi aux histoires ; pour quelle raison et à quels hommes elle est nécessaire »
Comment expliquer le fait religieux ?
1- L'Ecriture confirme que les cérémonies et le rites n'ont aucune finalité spirituelle
a- rappel de ce qui a été établi dans les chapitres 3 et 4: la loi divine est "comme écrite en l'âme humaine" : elle n'a aucunement besoin des cérémonies et des rites. Ils sont institués en vue de la "seule félicité temporelle des corps et de la tranquillité de l'Etat" (exemple des Hébreux)
b- Les prophètes Isaïe et David condamnent le ritualisme dans l'Ancien Testament ; les commandements prescrits dans la Pentateuque (la Torah) visent seulement le "bien temporel de l'Etat » ; la différence entre Moïse "qui ordonne à la façon d'un législateur et d'un prince" et le Christ qui donne seulement des enseignements moraux universels.
c- Malgré l'apparence, l'exemple des Pharisiens (qui conservent les cérémonies israëlites après la perte de l'Etat) et celui des Patriarches (qui se livrent à des sacrifices avant que Moïse n'institue les lois de l'Etat hébreu) confirment bien que les cérémonies et les rites ne s'expliquent pas pour des raisons spirituelles
2- Comment expliquer l'institution des cérémonies et des rites, s'ils n'ont aucune raison d'être spirituelle?
Montrer pourquoi Moïse a eu besoin de les établir dans l'Etat hébreu.
a- Explication de la genèse de la société et de l'Etat par des "principes universels"
- Nécessité de la société pour protéger des ennemis et assurer un "grand nombre de commodités"
- Nécessité de l'Etat pour régler la vie en commun et empêcher que les conflits passionnels empêchent toute coopération.
b- L'usage problématique de la contrainte par le pouvoir d'Etat
- L'Etat démocratique dans lequel le pouvoir appartient à la collectivité, est le plus solide de tous les Etats car les lois y sont établies par le consentement commun. A leur sortie d'Egypte, les Hébreux sont incapables de se gouverner eux-mêmes. Il leur faut un Etat dirigé par un homme.
- Les trois conditions requises pour disposer les hommes à l'obéissance et maintenir un tel Etat : "la vertu divine" de Moïse ; la religion comme moyen efficace de conserver l'Etat, en ce qu'elle présente les règles de droit comme des commandements divins révélés à Moïse.
- La véritable fonction des cérémonies et des rites est de faire en sorte que la vie des Hébreux soit "une constante pratique de l'obéissance". Ne pas confondre l'emprise exercée par l'Etat sur tous les aspects de la vie des hommes avec un esclavage : la distinction entre l'esclave et l'enfant (les Hébreux sont traités comme des enfants par Moïse)
c- L'examen des cérémonies chrétiennes confirme que les cérémonies n'ont aucun caractère sacré
3- Pourquoi est-il nécessaire que la majorité des hommes croient aux récits historiques contenus dans les livres saints?
a- Les conditions de formation d'une conviction : comment "faire accepter aux hommes une croyance ou les en détourner" ? Les deux voies : l'expérience et la raison. La deuxième est la meilleure mais elle n'est accessible qu'à très peu d'hommes.
b- L'Ecriture établit sa doctrine sous la forme de récits qui racontent des expériences qui frappent l'imagination des hommes. La connaissance de ces récits est nécessaire au "vulgaire", aucunement aux hommes qui connaissent la loi divine par la "lumière naturelle" (la raison)
c- La nécessité d'un clergé pour sélectionner les récits les plus importants et guider la lecture des fidèles afin qu'ils y puisent des modèles de moralité. Du bon usage politique de la religion : Spinoza ne défend pas une séparation laïque du politique et du religieux.