Alors, notre séjour au Japon a commencé plutôt mal car Pierre a trouvé très malin d'oublier son carnet de route dans l'avion. Oui celui la même offert par ses copains pour son anniversaire, mais surtout ledit carnet contenait déjà 3 mois de récits quotidiens qui sont donc irrémédiablement perdus pour l'humanité. Il n'est pas besoin de préciser ici à quel point la littérature française, l'ethnologie empirique et la gastronomie descriptive sont en deuils.
Après avoir difficilement surmonté cette épreuve, nous débarquons donc en territoire nippon, ni mauvais (désolé). Sacrés changements après un mois de Birmanie. On passe des charrues à bœufs au train à sustentation magnétique. Et même si on a adoré l'Asie du sud est, on est bien content de retrouver le confort moderne. En fait ce qu'on apprécie le plus dans un premier temps c'est de pouvoir à nouveau boire l'eau du robinet, de ne plus se tartiner de crème solaire et de ne plus avoir de moustiques. Rien que pour ça déjà, ça valait le coup de venir.
Nous allons d'abord rester quelques jours à Kyoto pour visiter des temples, puis nous passerons une semaine dans le train car ils sont très confortables au Japon. Ensuite nous séjournerons dans une ferme et pour finir ce sera la visite de Tokyo.
Kyoto c'est la deuxième ville du pays. Bien plus petite que Tokyo, elle n'a pas subi beaucoup de dégâts pendant la guerre et est donc restée plus authentique, les bâtiments sont plus bas et de nombreux temples sont magnifiquement conservés.
Il faudrait plusieurs semaines pour tous les visiter. On a beaucoup aimé les jardins zen, taillés aux ciseaux, si précis. On ne va pas ici se lancer dans une énumération laborieuse des temples qui serait pénible au lecteur comme au rédacteur tapant sur une tablette préhistorique.
De deux choses l'une. Soit notre aimable lecteur connait le Japon et donc il connait, soit il ne connait pas et alors il faut qu'il aille voir de lui même.
Car c'est vraiment un pays superbe à visiter. C'est un mélange entre une modernité occidentale qui nous est familière et entre les traditions et art de vivre asiatiques.
Tout y est confortable, surtout après les trajets de bus birmans, tout est joli et élégant.
Je crois que c'est cette élégance qui nous a le plus marqué les premiers jours. Dans les magasins d'abord, il y a plein de choses et tout est mignon, les souvenirs, les confiseries, la vaisselle, les objets. Après la Birmanie ça fait un choc de se retrouver dans une grand magasin de Kyoto.
Et les gens dans la rue sont étonnamment distingués. Chic et au top de la mode. Surtout les femmes bien sur. Ça ne rigole pas au niveau du look et du maquillage. Paris peut aller se rhabiller. A Kyoto c'est peut être un peu coincé mais on verra des looks pas possibles a Tokyo. Beaucoup de vintage, dans le genre des magasins qui vendent de la frippe deux fois le prix du neuf. Oh le grand retour des pulls 'Des chiens' et des teeshirts de Mickey. Mais avec classe.
Après Kyoto nous avons voyagé en train pendant une semaine, en passant par les villes d'Osaka et d'Hiroshima puis en visitant trois régions de montagne plus naturelles, le Fuji, Hakkone et Nikko.
Nous avons acheté le pass JR de 7 jours. Le Japon , on s'en doute, c'est pas le même budget que la Thaïlande, et les trains sont assez chers. Heureusement ce pass est bon marché, mais il n'est destiné qu'aux touristes et il faut impérativement l'acheter dans une agence physique à l'étranger, très pratique quand on vient de Birmanie....
Osaka est une grande ville moderne, un avant goût de Tokyo.
A Hiroshima c'est bien entendu le mémorial et le musée de la bombe qu'il faut visiter. La maquette représente la boule de 'feu' quelques fractions de secondes après l'explosion ainsi que les dégâts sur la ville rasée sur des kilomètres. Beaucoup de bâtiments étaient en bois et les incendies ont été terribles. Ils ont gardé une seule ruine, qui se trouvait juste sous l'explosion. Sa structure en béton a ainsi résisté aux forces de compressions verticales alors que tous les autres bâtiments n'ont pas résisté aux pressions latérales.
Nous n'avons pas pu monter au sommet du Mont Fuji car ce n'était pas la saison comme par hasard. Mais bon, déjà en voiture à la station n°5, on a eu une belle vue sur la mer de nuages et sur la neige au sommet. On comprend en le voyant que ce volcan bien rond et isolé soit devenu aussi mythique.
Au Japon, il y a beaucoup de sources chaudes et les gens en ont fait des termes ou bains appelés 'Onsen' où on se lave collectivement et tous nus. Ça fait un peu bizarre au début, on se croirait au cap d'Agde.
Certains hôtels ont des sources et c'est une expérience complète que d'y aller y séjourner. Ce sont des 'ryokans'. Dès l'arrivée dans la chambre, on se met en kimono, puis c'est le bain collectif (non mixte) puis un super dîner avec 30.000 petits plats, puis retour à la chambre où ont été installés en notre absence les futons. Et rebelotte au petit dej. On a essayé ça à Hakkone, où on peut aussi visiter un lac et des montagnes fumantes de souffre.
<--- Petite balade sur le lac en mini bateau tellement 'Kawai'
Le Japon a la réputation d'être très cher et donc de ne pas être adapté aux routards. C'est pas faux. Mais on peut quand même bien s'en tirer en étant un peu créatif, surtout sur le logement. Les hôtels conventionnels et ryokans sont en effet inaccessibles pour qui voyage longtemps. Il faut se rabattre sur d'autres solutions et franchement c'est tout aussi confortable et en fait bien plus enrichissant. Nous avons par exemple testé un 'capsule hotel', sorte de mix entre un dortoir et une morgue qui est en général occupé par des travailleurs trop tardifs ou trop bourrés pour rentrer chez eux. On a aussi beaucoup utilisé airbnb pour loger chez l'habitant et c'est vraiment beaucoup plus sympa surtout que les hôtes sont en général super accueillants, on dort vraiment chez eux. Il est aussi possible de passer la nuit dans les cafés internet mais en couple c'est mois avantageux.
C'est dans cette logique que nous avons passé une semaine dans une ferme bio, échangeant 6 heures de travail hebdomadaire contre le gite, le couvert et surtout une découverte de la vie d'une famille et de leurs techniques agricoles.
<-- Le papy qui fait des pates 'Udon' ou 'Soba' on ne sait plus trop...
Je crois qu'on a trouvé la famille parfaite pour ce genre d'échange, ils étaient super réglo et super sympa. On a pris tous nos (traditionnels, délicieux et sains) repas avec eux. Ils sont a la fois hyper motivés par leur culture bio et leurs traditions japonaises, mais sans être dogmatiques et utilisant aussi les techniques modernes. Je veux dire qu'on avait l'électricité et le chauffage. Et ils brassaient de la bière. Leur idée c'est de faire le max par eux même et sans polluants, sans polluer. C'est beaucoup de travail mais ils vivent confortablement. Il n'est pas question d'autonomie totale mais de réduire les déchets.
Notre travail a été de : couper du bois, enlever les mauvaises herbes, aérer les plants, préparer le soja, ramasser les oeufs et nourrir les sales poules agressives, nettoyer des trucs, embouteiller les bières, couper des bidules, préparer un workshop pour faire ses briques soi même, aider en cuisine et faire beaucoup beaucoup de vaisselle (a l'eau froide et sans produit, on est bio ou on ne l'est pas).
Franchement la meilleure partie du voyage, la plus immersive.
Vidéo de présentation de la ferme avec les murs en boue.
Pour la recette du bœuf bourguignon et des autres plats que nous leur avons fait découvrir c'est sur cette page.
Après tout ce travail, on se pose dans un mini appart airbnb pour visiter les différents quartiers de Tokyo. A oui et avec des supers toilettes à la japonaise, car on a pas encore parlé des formidables toilettes, avec lunette chauffante et petit jet qui va bien.
A Tokyo, il ne faut pas rater les énormes néons des énormes boutiques et les tenues manga des jeunes filles vers Shibuya, le quartier de l'électronique, des salles de jeux vidéos, des boutiques de manga à Akihabara.
Il faut également monter au Skytree pour avoir une vue incroyable sur la ville, le Mont Fuji au loin. Manger, faire du shopping un peu partout, quelques musées. On s'est notamment bien régalés de sushis au marché aux poissons par exemple. Et par contre, on n'a pas vu de sumos car ce n'était pas la saison bien sûr.
Le fameux hôtel capsule
Devant la gare de Shibuya
Impossible de tourner ce robot!
Voilà pour notre petit tour au Japon. Je n'ai pas tout raconté car c'est déjà bien trop long. Et ça vaudrait bien le coup d'y retourner au printemps pour les cerisiers en fleur ou en hiver pour le ski. Sans parler d'un jour de l'an à Tokyo.