PROGRAMME :
nb. sauf mention contraire, les séances sont tenues par Dorothée Legrand
16 octobre : "sans, pas sans, passant François-David Sebbah"
(nb. la séance ne se fera pas avec FD Sebbah mais depuis son travail)
13 novembre : "Se faire violence – depuis Jacques Derrida : traumatisme, survie, cruauté, hospitalité, archive"
18 décembre : intervention de Riyadh Zidane (étudiant en médecine) : "L’hospitalité n’a pas d’anatomie"
Cette intervention interroge ce que signifie pour le soignant d’accueillir lorsque la médecine rencontre ce qu’elle ne peut ni réparer, ni anticiper dans le contexte très particulier de la mort périnatale. En choisissant l’obstétrique comme lieu d’examen, discipline chirurgicale apparemment dominée par le geste technique, le visible, l’anatomie, il s’agira de montrer que le soin ne peut se réduire à ce régime de découpe et de maîtrise. La mort fœtale révèle au contraire une zone où la logique anatomique échoue, parce qu’elle impose une exigence irréductible aux catégories et aux découpages de l’ana-tomie et de l’ana-lyse qui gouvernent notre propension à savoir, cadrer, classer, ranger les outils du soin dans des tiroirs.
Qu’accueille-t-on lorsque l’arrivant n’arrive pas ? Quelle est cette responsabilité qui demeure, de recevoir ? Comment tenir un espace quand aucun protocole ne peut en tracer les contours ? L’hospitalité commencerait-t-elle donc déjà là où l’anatomie n’a pas prise ?
Parce que l’hospitalité ici semble déjà s’imposer au-delà de ce qui est gouverné par la forme et la structure, l’étude de l’accueil d’une venue suspendue montrera qu’elle oblige la clinique à rencontrer ses propres limites pour que quelque chose puisse encore avoir lieu.
22 janvier à venir
19 février : intervention de Jacob Rogozinski (Professeur émérite de Philosophie à l'Université de Strasbourg) : "Prendre contact, perdre contact : une chair (in)hospitalière".
Aujourd’hui, la xénophobie -le rejet et la haine des étrangers-, c’est-à-dire une forme extrême d’inhospitalité, s’accroît dans tous les pays occidentaux. Il s’agit de comprendre ce phénomène afin de pouvoir lui résister. Pour cela, nous nous référerons d’abord à l’anthropologie pour analyser les rituels d’hospitalité qui consistent à prendre contact avec l’étranger afin de désamorcer sa charge d’ « étrangèreté ». Puis, nous aurons recours à la psychanalyse pour comprendre comment le contact originel avec le corps de l’autre et avec mon propre corps constitue le « moi-peau » et permet d’expliquer ses pathologies. Nous ferons enfin appel à la phénoménologie, à son analyse du « transfert charnel » de mon corps à autrui et de la rupture de ce transfert. Ce qui nous aidera à comprendre comment l’hospitalité et l’inhospitalité s’originent dans notre expérience primordiale de notre chair. C’est en chacun de nous que commence le combat pour l’hospitalité. Référence pour cette séance : Inhospitalité, éditions du Cerf, 2024.
19 mars à venir
16 avril à venir
21 mai : salon de lecture ⚠️ salle Dussane
chacun.e est convié.e à partager un texte qu'il ou elle aura rencontré cette année au grès de ses lectures, au fil des séances de l'année, quelques mots, quelques lignes, quelques pages qui feront écho au travail mené ensemble au cours du séminaire.