Articulations Philosophiques et Psychanalytiques:

La rencontre, clinique

 

Séminaire de recherche organisé par Dorothée Legrand (CNRS-ENS, Archives Husserl)

 

Comment comprendre « qu’il n’est pas de parole sans réponse, même si elle ne rencontre que le silence, pourvu qu’elle ait un auditeur » (Jacques Lacan, Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse, 1953) ?

Qu’est-ce que parole, qu’est-ce que silence ? Qu’est-ce qu’écoute, qu’est-ce que réponse ? Qu’est-ce qu’adresse ? Qu’est-ce que demande, qu’est-ce que désir ?

Quelle responsabilité est-elle engagée dans l’acte de répondre, dans l’acte d’écouter, dans l’acte de dire ?

Comment la parole de l’un s’adresse-t-elle à l’écoute de l’autre, y recevant sa plus fondamentale réponse ? Comment l’écoute de l’un appelle-t-elle la parole de l’autre à surgir depuis sa singulière subjectivité ?

Comment parler-écouter rend-il nécessaire, et donc possible, d’être deux, irréductibles l’un à l’autre ?

Comment la parole – les silences qui la ponctuent, les demandes qu’elle adresse, le désir qu’elle porte, les réponses qu’elle appelle – comment la parole œuvre-t-elle au sein de la rencontre de l’un avec l’autre, et en particulier au sein de la rencontre clinique où la singularité de l’un échappe radicalement à l’altérité de l’autre ?

Comment dire sa souffrance, comment l’adresser à l’autre, telle une intarissable demande de survie ? Comment écouter, et ainsi répondre à l’inaudible, l’indicible souffrance de l’autre ?

Comment la parole, et l’adresse même qui la structure, surgit-elle de la souffrance, de la passion du corps ? Comment l’écoute de l’un touche-t-elle le corps de l’autre ? Qu’est-ce donc que le corps, s’il porte ainsi l’adresse de l’un à l’autre ?

Comment comprendre que « c’est parce que […] la matière est le lieu même du pour-l’autre […] que le sujet est de chair et de sang, homme qui a faim et qui mange, entrailles dans une peau et, ainsi, susceptible de donner le pain de sa bouche ou de donner sa peau » (Emmanuel Levinas, Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, 1974) ?

 

Telles sont les questions, entre autres, qui se déplieront au cours de ce séminaire.

 

DATES

9 octobre 2014

18 décembre 2014

5 février 2015

9 avril 2015

11 juin 2015

Séances le Jeudi de 19h à 21h

Salle PASTEUR

École Normale Supérieure - 45 rue d'Ulm

Pavillon Pasteur - immédiatement à droite après la loge

1er étage - immédiatement à gauche en haut de l'escalier


PROGRAMME


9 octobre 2014

La rencontre: espace de réponse

Bibliographie indicative


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18 décembre 2014

Intervention de Emmanuel de Saint Aubert (CNRS, ENS, Archives Husserl)

Écouter le silence de l'être: 

Approche théorique et clinique de la "portance"

Résumé

A partir d’un contexte clinique marqué par les difficultés du lien éducatif et par la question de l’engagement du corps en psychothérapie, nous tenterons d’explorer une modalité essentielle de notre rapport au monde et à autrui : ce que nous nommerons la « portance ». La nécessité de penser celle-ci procède notamment de deux constats que l’on peut formuler brutalement en disant que le désir et la parole ne suffisent pas, du moins ne se suffisent pas à eux-mêmes. Se pose ainsi la question de leur assise, de ce qui soutient leur naissance et leur expression. Répondre à une telle question exige de revenir aux fondements de notre ouverture au monde, pour y discerner certaines spécificités d’une vie perceptive qui traverse l’ensemble de nos relations. Ceci permet de mieux comprendre les subtilités de l’articulation entre silence et parole, ou encore l’écoute d’autrui comme situation secrètement triangulaire. En deçà même du désir et de la parole, à leur point d’émergence ou de résurgence, se joue dès la moindre perception une invitation à endurer l’indétermination et se déposer dans le silence de l’être.

Bibliographie indicative


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5 février 2015

L'autre: transcendance sensible

Bibliographie indicative

De et sur Paul Celan

 

De et sur Maurice Merleau-Ponty

 

De et sur Emmanuel Levinas


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9 avril 2015

Le sujet vit de ce qu'il mort

Bibliographie indicative

Phénoméno-logie : Soustraire au retrait ce qui est en question dans le discours

 

« Parler, au lieu de "laisser-être", sollicite autrui »

 

Les porcs d’Ulysse : « cette parole est parole exactement dans la mesure où un auditeur y croit »

 

« Sans alibi »

Le corps « entre »

 

« Tenir à l’extériorité »

« L'importance de ce qui est »

 

« Situer en dehors de l'emprise de la subjectivité sa justification »

« L’arrachement de la bouchée de pain à la bouche qui savoure en pleine jouissance »

 

« L’impuissance originelle de l’être humain … la source première de tous les motifs moraux »

 

« Un désir en dehors de lui »

 

La mante religieuse : « jouissance aux dépens de l’autre »

 

Le chat noir : « je vous assure que parfois, au crépuscule, le chat du voisin saute à travers mon corps, en m’ignorant, ou pour prouver aux choses ahuries que je n’existe point »

 

La mort, « le sans réponse »


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11 juin 2015

Donner lieu à la rencontre: 

l'écoute sensible entre toute-puissance et indifférence

Bibliographie indicative