Maria Impedovo, Université d’Aix-Marseille (France)
Vasileios Symeonidis, Université d’Innsbruck (Autriche)
Cet article présente une étude sur la conception, le développement et l’évaluation d’un échange virtuel entre des étudiants en formation d’enseignants du secondaire en Autriche et en France.
L’objectif est de favoriser l’internationalisation dans la formation des enseignants et de développer leur identité professionnelle en tant qu’enseignants européens, grâce à la transformation numérique.
Les auteurs utilisent une approche de recherche basée sur le design (design-based research), en trois étapes :
Analyse et exploration : revue de littérature et échanges entre formateurs pour définir les objectifs.
Conception et mise en œuvre : création d’un programme d’échange virtuel sur 6 semaines.
Évaluation et réflexion : collecte et analyse des perceptions des étudiants et des enseignants.
Déroulement de l’échange virtuel :
Partenariat entre deux universités (autrichienne et française).
45 étudiants (22 Autrichiens et 23 Français).
Objectif : comparer les systèmes de formation des enseignants et discuter du rôle de “l’enseignant européen”.
Outils utilisés : Padlet, Miro, Zoom, WhatsApp.
Activités : présentations culturelles, discussions comparatives, travaux collaboratifs, production finale commune.
Durée : 6 semaines avec 3 séances en ligne synchrones et du travail en groupe asynchrone.
Résultats principaux :
Développement de l’identité professionnelle :
Les étudiants ont commencé à se percevoir comme des enseignants européens, capables de réfléchir au-delà de leur cadre national.
→ Ils ont pris conscience des différences et des points communs entre leurs systèmes éducatifs.
Compétences développées :
Compétences interculturelles et linguistiques (communication en anglais).
Collaboration internationale et numérique.
Réflexion critique sur leur propre système éducatif.
Impact social et personnel :
Réduction du sentiment d’isolement (surtout post-Covid).
Sentiment d’appartenance à une communauté enseignante internationale.
Défis rencontrés :
Barrière linguistique (anglais difficile pour certains).
Problèmes de coordination et d’horaires entre pays.
Différences dans les attentes et les instructions données par les formateurs.
Difficultés techniques (Zoom, plateformes différentes).
Suggestions d’amélioration :
Plus de séances synchrones pour mieux interagir.
Donner aux étudiants un rôle plus actif dans la conception du projet.
Traduire certaines consignes dans les langues maternelles.
Intégrer l’échange virtuel comme partie officielle du programme (et non activité isolée).
Conclusion :
Les auteurs concluent que les échanges virtuels sont un levier puissant pour moderniser la formation des enseignants, en alliant internationalisation et transformation numérique.
Ils permettent aux futurs enseignants de :
développer une identité professionnelle ouverte et européenne,
acquérir des compétences interculturelles,
collaborer dans des environnements numériques internationaux.
Cependant, leur efficacité dépend d’une intégration réelle dans les programmes, d’une reconnaissance institutionnelle du travail des formateurs et d’une planification soignée (coordination, langues, outils).
Cet article est très pertinent et actuel, surtout dans un contexte où la mobilité internationale reste limitée.
J’ai aimé le fait qu’il montre une collaboration concrète entre deux pays, avec des bénéfices réels pour les étudiants.
Il met bien en évidence que la numérisation peut servir à ouvrir les horizons culturels et professionnels des futurs enseignants, même sans voyager.
L’étude souligne aussi les défis humains et organisationnels, ce qui la rend réaliste et équilibrée.
Je trouve que cette approche représente une belle façon d’allier innovation pédagogique et ouverture internationale, en plaçant la collaboration et la réflexion interculturelle au cœur de la formation.