Utilisation pédagogique de l’IA à l’université : trois récits de pratique en orthodidactique du français, en psychologie et en histoire
Marie-Ève Gonthier, Université du Québec à Rimouski (Canada)
Marie-Josée Tremblay, Université du Québec à Rimouski (Canada)
Maxime Gohier, Université du Québec à Rimouski (Canada)
Lien : www.ritpu.ca/ritpu/files/numeros/124/ritpu-v22n1-14.pdf
L’article « Utilisation pédagogique de l’IA à l’université : trois récits de pratique en orthodidactique du français, en psychologie et en histoire » (2025) présente trois expériences concrètes d’intégration de l’intelligence artificielle (ChatGPT et Transkribus) dans différents contextes universitaires.
L’objectif principal est de montrer comment l’IA peut enrichir l’enseignement, stimuler la réflexion et développer l’esprit critique des étudiants.
Les auteures décrivent trois récits de pratique :
1. En orthodidactique du français :
Trois activités ont été proposées à des étudiants en enseignement pour évaluer de manière critique les réponses de ChatGPT sur des sujets liés au développement du langage et à la lecture/écriture.
Les étudiants devaient comparer leurs analyses avec celles de l’IA, repérer ses erreurs, puis rédiger des réponses plus pertinentes.
Cette approche a favorisé la pensée critique, la prudence face à l’IA et la conscience des limites de l’outil.
Les auteures soulignent que l’IA est utile pour générer des exemples et études de cas, mais qu’elle ne remplace pas le jugement professionnel.
2. En psychologie :
Une professeure a utilisé une capsule vidéo interactive où ChatGPT (sous forme d’un robot animé) répondait à des questions psychologiques posées par des personnes de différents âges.
Les étudiants ont comparé les réponses de l’IA à celles de vrais experts selon deux critères : qualité de l’information et empathie humaine.
Résultat : ChatGPT fournit souvent des réponses justes, mais manque d’humanité, d’émotion et de flexibilité.
Cette expérience a aidé les étudiants à réfléchir aux différences entre intelligence humaine et artificielle, ainsi qu’aux enjeux éthiques du domaine.
3. En histoire :
L’outil Transkribus a été utilisé pour aider à la lecture de manuscrits anciens.
L’IA transcrit automatiquement des documents historiques, puis les étudiants corrigent les erreurs et apprennent à lire l’écriture ancienne.
Cette approche rend l’apprentissage de la paléographie plus motivant et interactif.
En plus, les transcriptions corrigées par les étudiants servent à améliorer le modèle d’IA et à rendre les archives accessibles au public.
Cela valorise leur travail et leur donne le sentiment de contribuer à la recherche collective.
Conclusion générale :
Les auteures concluent que l’intégration raisonnée de l’IA en pédagogie est préférable à son interdiction.
L’IA devient un outil de soutien à l’enseignement et à la réflexion, à condition d’en maîtriser les limites, les biais et les enjeux éthiques.
Elles recommandent aux enseignants de s’informer, d’expérimenter et de guider les étudiants vers une utilisation critique et responsable.
J’ai trouvé cet article très intéressant et concret, car il illustre des usages variés et réalistes de l’intelligence artificielle à l’université.
Les trois expériences montrent que l’IA peut favoriser la créativité, l’analyse et la participation active des étudiants, surtout lorsqu’elle est utilisée comme outil de réflexion plutôt que de remplacement.
J’apprécie aussi la diversité des disciplines : chaque domaine (français, psychologie, histoire) met en avant une approche différente mais complémentaire.
L’article transmet une vision équilibrée, éthique et ouverte : il encourage l’innovation tout en rappelant l’importance de l’esprit critique, de la prudence et du rôle central de l’humain dans l’apprentissage.
En somme, c’est un texte inspirant pour tous ceux qui veulent intégrer l’IA à l’université sans perdre la dimension humaine de l’éducation.