Auteur : Isabelle Savard
Source : Distance et Médiations des Savoirs
Lien : doi-org.ezproxy.u-bordeaux-montaigne.fr/10.4000/dms.5577
Synthèse :
Dans cet article, Isabelle Savard propose une réflexion personnelle et prospective sur l'évolution de la technologie éducative, fortement influencée par l'expérience de la pandémie de COVID-19. Elle identifie trois mots qui ont marqué les décennies passées (miniaturisation, puissance, instantanéité) et propose trois mots-clés pour l'avenir : flexibilité, diversité, et collaboration.
L'article s'articule autour de plusieurs axes :
L'autonomie de l'apprenant : Elle n'est pas plus indispensable, mais différente. Elle évolue d'un apprenant isolé suivant un parcours prédéfini vers un apprenant actif et coconcepteur de son parcours de formation tout au long de la vie.
La formation des acteurs : Présentation d'un référentiel de compétences élaboré à l'Université TÉLUQ, structuré autour de six rôles (professionnel, conseiller, concepteur, gestionnaire/leader, chercheur, facilitateur). Les compétences en gestion de projet et en collaboration interprofessionnelle sont désormais cruciales.
Le renouvellement des pratiques : La pandémie a agi comme un accélérateur, forçant un virage vers la FAD. Elle a créé une opportunité unique de transformation durable des pratiques, loin du simple "basculement" d'urgence, à condition de mener les bilans nécessaires.
Avis personnel :
Cet article est rafraîchissant car il offre une perspective concrète et tournée vers l'action, ancrée dans l'expérience de formation des futurs ingénieurs pédagogiques à la TÉLUQ.
La grande force de ce texte est de dépasser le constat pour proposer des pistes très opérationnelles, comme le référentiel de compétences, qui constitue un outil précieux pour mieux définir et structurer la profession. La proposition des trois mots-clés pour l'avenir (flexibilité, diversité, collaboration) est pertinente et capture parfaitement les enjeux actuels.
L'optimisme prudent de l'auteure est convaincant : la pandémie est vue non comme une simple crise, mais comme une opportunité paradigmatique de "casser" le modèle traditionnel et de repenser durablement les pratiques. Son appel à ne pas négliger les bilans pour transformer ce renouvellement incontournable en renouvellement durable est essentiel.
En résumé, cet article est une contribution motivante qui insuffle une dynamique positive et pratique au débat, en montrant comment former les acteurs de demain et saisir les opportunités nées d'une crise pour construire l'avenir de la FAD.