Une première utilisation du prompt et de la matrice qualitative des opérations métacognitives a permis de vérifier leur fonctionnement. Si ceux-ci sont corrects, il apparait qu'ils sont insuffisants pour répondre à cette question : Un LLM qui utilise explicitement un référentiel d'opérations métacognitives pour intervenir dans un dialogue conduit-il l'auteur à expliciter davantage son propre processus de pensée qu'un LLM qui se contente de dialoguer avec lui ?
Résumé de l'échange avec Chat GPT à partir des résultats du prompt et de la matrice produits par Claude sur le texte "La matrice des OTG".
L’analyse du dialogue autour de la matrice des OTG montre que la matrice qualitative des opérations métacognitives est un outil pertinent pour décrire et qualifier a posteriori les opérations métacognitives présentes dans un échange. Sa structure « trace / interprétation / limites » permet notamment de distinguer ce qui est effectivement observable de ce qui relève de l’inférence. Elle possède également un pouvoir de discrimination intéressant, notamment pour distinguer le contrôle de la représentation de l’auteur par l’interlocuteur et les transformations produites par l’interaction elle-même.
Cependant, cette application met en évidence une limite : la matrice décrit principalement ce que l’auteur a fait métacognitivement, mais elle ne constitue pas encore un dispositif permettant au LLM de faciliter ou provoquer ces opérations. L’analyse fait ainsi apparaître plusieurs points susceptibles de susciter une réflexion métacognitive — distinction entre désaccord sur le fond et correction d’une représentation, origine d’une idée, attribution des responsabilités, portée générale d’une posture — mais ces points restent principalement formulés après coup.
Il serait donc pertinent de changer le statut de la matrice. Elle ne serait plus seulement une grille d’analyse, mais le référentiel théorique à partir duquel concevoir, piloter et évaluer un dispositif de facilitation métacognitive.
Le passage envisagé serait alors : matrice des opérations métacognitives → conception d’interventions du LLM → dialogue auteur–LLM → explicitation par l’auteur → analyse et évaluation des effets.
Dans cette perspective, plusieurs outils complémentaires seraient à construire.
Le premier serait une matrice « opération métacognitive → intervention du LLM ». Elle traduirait chaque dimension de la matrice en familles de questions et de relances destinées à provoquer l’opération correspondante. Par exemple, l’explicitation d’un présupposé pourrait conduire le LLM à demander : « Sur quelle hypothèse repose cette décision ? » ; l’analyse de la portée d’une posture pourrait conduire à demander : « Qu’est-ce que cette position t’autorise à affirmer et qu’est-ce qu’elle t’interdit d’affirmer ? » ; le contrôle de représentation pourrait conduire à demander : « Est-ce bien ce que tu penses, ou est-ce une interprétation que je projette sur toi ? ».
Le deuxième serait un protocole de dialogue métacognitif, définissant quand et comment le LLM intervient. Le principe central serait que le LLM ne détermine pas lui-même qu’une opération métacognitive a eu lieu : il doit créer les conditions permettant à l’auteur de l’effectuer et de l’expliciter. Cette précaution est importante puisque certaines dimensions, notamment l’origine d’une idée, ne peuvent pas être déterminées de manière fiable par un observateur extérieur.
Le troisième serait un journal métacognitif de l’auteur, permettant de recueillir directement son explicitation du processus : ce qu’il pensait avant l’échange, ce qu’il pense après, ce que l’interaction a modifié, ce qu’il maintient, ce qu’il remet en question et ce qu’il décide de modifier. Cet outil permettrait de compléter les traces dialogiques par une donnée déclarative de l’auteur sur son propre processus.
Enfin, une grille d’évaluation permettrait d’étudier les effets du dispositif : présence ou absence des opérations, caractère spontané ou provoqué, degré d’explicitation, profondeur, mise en conséquence et éventuel transfert. La matrice initiale pourrait alors être réutilisée comme référentiel d’évaluation, sans être confondue avec le dispositif de facilitation lui-même.
L’architecture générale serait donc :
1. Matrice qualitative — définir les opérations métacognitives recherchées.
2. Matrice des interventions — traduire ces opérations en questions et relances du LLM.
3. Protocole de facilitation — organiser les interventions dans le dialogue.
4. Journal métacognitif — permettre à l’auteur d’expliciter son propre processus.
5. Grille d’évaluation — déterminer ce que le dispositif a effectivement produit.
La matrice conserve ainsi une fonction centrale, mais son rôle évolue : elle devient le modèle de conception et d’évaluation d’un dispositif de facilitation métacognitive, plutôt qu'un simple instrument de description.
Cette évolution permet surtout de déplacer la question de recherche. Il ne s’agirait plus seulement de demander si la matrice permet d’identifier la métacognition dans un dialogue, mais de tester si un LLM utilisant explicitement un référentiel d’opérations métacognitives peut conduire l’auteur à expliciter davantage son propre processus de pensée qu’un LLM qui se contente de dialoguer avec lui.
À terme, cela permettrait donc de passer d'une logique de description de la métacognition à une logique de conception, facilitation et évaluation de la métacognition par le dialogue avec un LLM.