Numéro 3
Le numéro 3 fait l’objet d’un appel à contributions. Les propositions pourront porter sur les différentes formes, pratiques et expériences de cobotique rédactionnelle, dans une perspective ouverte à la diversité des approches et des écritures.
Numéro 2 en cours d'élaboration
Ce numéro, composé de huit articles, est consacré à la création d’outils permettant de retracer les processus de cobotique rédactionnelle. Ces outils viennent interroger et compléter la nomenclature des gestes déjà à l’œuvre dans les articles du numéro 1.
Parution du n°1
varIA est désormais en ligne et publie son premier numéro, composé de deux articles. Le premier propose une fondation théorique de la cobotique rédactionnelle ; le second revient sur ce qu’elle doit à l’expérience Variations dialogiques et sur ce qui l’en distingue.
varIA est une revue francophone consacrée à la cobotique rédactionnelle
Nous appelons cobotique rédactionnelle la pratique d’une écriture dans laquelle humains et intelligences artificielles collaborent à la production d’un texte. Cette collaboration peut prendre des formes multiples : dialogue, confrontation, reformulation, traduction, génération, correction, déplacement, amplification, sélection ou détournement.
varIA part d’une conviction simple : lorsque l’intelligence artificielle entre dans le processus d’écriture, elle ne constitue pas seulement un nouvel outil. Elle modifie les conditions dans lesquelles un texte est pensé, élaboré et écrit.
La revue accueille des textes issus de ces collaborations, quels qu’en soient les auteurs et les formes, dès lors qu’ils interrogent, expérimentent ou mettent en œuvre une relation particulière entre écriture humaine et intelligence artificielle.
Les contributions peuvent être littéraires, critiques, théoriques, réflexives, documentaires ou relever de formes encore difficiles à nommer.
varIA n’est pas une publication automatique
Les textes sont soumis au choix éditorial du directeur de publication, qui décide des contributions retenues et de leur publication dans la revue. Cette sélection constitue une part essentielle de l’identité de varIA.
Il ne s’agit ni de célébrer l’intelligence artificielle, ni de la condamner.
Il s’agit de regarder ce qui se produit lorsque l’IA entre dans l’écriture.
Qui écrit lorsqu’un texte naît d’un dialogue entre un auteur et une machine ?
Que devient l’intention lorsque l’écriture devient conversation ?
Que gagne-t-on, que perd-on, que découvre-t-on lorsque la formulation n’est plus exclusivement humaine ?
Quelles formes nouvelles peuvent apparaître ?
varIA ne prétend pas répondre à ces questions une fois pour toutes. Elle veut les mettre à l’épreuve des textes. Chaque publication est ainsi à la fois une œuvre ou une réflexion et une expérience de cobotique rédactionnelle. Lorsque cela éclaire la lecture, la revue peut rendre visible le dispositif de collaboration ayant conduit au texte : échanges, consignes, interventions, choix ou transformations. Cette transparence n’a pas pour but de mesurer mécaniquement la part de l’humain et celle de la machine. Elle vise à permettre au lecteur de comprendre les conditions dans lesquelles le texte a pris forme. La valeur d’un texte ne se mesure pas à la quantité d’intelligence artificielle qu’il contient. Elle se mesure à ce qu’il fait au langage, à la pensée et au lecteur.
varIA publie des textes issus de la cobotique rédactionnelle. Elle entend surtout constituer, au fil des contributions qu’elle choisira de retenir, un espace où l’on puisse observer ce que l’écriture devient lorsqu’elle cesse d’être exclusivement humaine. varIA est une revue sans périodicité. Un numéro paraît lorsqu’un texte, ou un ensemble de textes, mérite de l’être.
varIA ne fige pas non plus le sens de ce qu'elle explore. Ce que cette collaboration doit être pour mériter pleinement le nom de cobotique rédactionnelle, la revue en fait une question ouverte plutôt qu'une doctrine. Son premier numéro en propose une théorisation, qui engage son auteur et non la revue.
Une autre voie éditoriale
Certaines revues, notamment parmi celles qui recourent à une évaluation par les pairs, excluent ou restreignent fortement les textes ayant fait intervenir une intelligence artificielle dans leur élaboration.
varIA entend constituer une alternative à ces modes de publication.
La présence d'une intelligence artificielle dans le processus d'écriture ne constitue pas, en elle-même, un motif de refus. Elle constitue au contraire une donnée essentielle du projet éditorial de la revue, dès lors qu'elle s'inscrit dans une démarche de cobotique rédactionnelle et qu'elle est déclarée. Ce choix ne signifie pas que varIA renonce à sélectionner les textes qu'elle publie. La revue n'est pas un espace de publication automatique : elle conserve une exigence de sélection éditoriale.
varIA substitue ainsi à la question « L'IA a-t-elle participé à ce texte ? » une autre question : « Que produit cette collaboration ? » La revue entend donner à ces textes un espace où ils puissent être lus, discutés et jugés pour ce qu'ils sont, sans que le seul fait de leur mode de production suffise à les disqualifier.
Le champ de varIA
Ce choix éditorial ne signifie pas que tout texte ayant recours à une intelligence artificielle trouve naturellement sa place dans la revue. varIA possède un champ propre, défini par son intérêt pour la cobotique rédactionnelle et ses effets sur l'écriture. Son champ thématique porte donc prioritairement sur les pratiques, les formes, les expériences et les conséquences de la cobotique rédactionnelle.
La revue peut notamment accueillir des textes consacrés :
à l'écriture littéraire et à la création ;
aux pratiques journalistiques, documentaires et éditoriales ;
à l'écriture scientifique, critique ou théorique ;
aux transformations du métier d'auteur et des pratiques rédactionnelles ;
aux rapports entre auteur, texte, langage et intelligence artificielle ;
aux questions d'auctorialité, de responsabilité et de propriété intellectuelle ;
aux effets des modèles de langage sur les formes et les styles d'écriture ;
aux méthodes et expériences de collaboration entre humains et intelligences artificielles ;
aux dimensions esthétiques, philosophiques, sociales, culturelles ou politiques de ces nouvelles pratiques d'écriture.
Cette liste n'est pas exhaustive.
Un texte peut traiter de tout autre sujet dès lors que la cobotique rédactionnelle constitue une dimension réelle et significative de son élaboration ou de son propos. À l'inverse, un texte simplement consacré à l'intelligence artificielle, mais qui ne met pas en jeu ou n'interroge pas véritablement une pratique d'écriture cobotique, n'entre pas nécessairement dans le champ de la revue. Le sujet du texte peut être largement ouvert ; c'est la relation entre le sujet, l'écriture et la cobotique qui détermine sa pertinence pour varIA. La revue entend ainsi maintenir un champ ouvert, mais identifiable : non pas tout ce qui parle d'IA, mais tout ce qui permet d'explorer ce que devient l'écriture lorsque son pouvoir d'agir est partagé avec une intelligence artificielle.