DIEU ET DARWIN
Monsieur Jacques ARNOULD, historien des sciences et théologien, chargé des questions éthiques au CNES, l’agence spatiale française, analyse dans cette conférence la manière dont le conflit entre créationnisme et théorie de l’évolution s’est construit historiquement.
Il rappelle que le créationnisme recouvre plusieurs positions distinctes : le littéralisme biblique, qui lit la Genèse comme un récit factuel ; le concrétisme qui accepte une part de symbolisme tout en cherchant des preuves scientifiques du texte sacré ; et l’intégrisme, qui rejette l’évolution pour des raisons doctrinales et morales.
Il montre que l’opposition à Darwin n’est pas d’abord scientifique, mais culturelle et théologique.
Aujourd’hui, la théorie de l’évolution est pleinement établie dans le champ des sciences. Les Eglises chrétiennes majoritaires reconnaissent désormais l’évolution comme description du « comment » du vivant, laissant à la théologie la question du sens et du « pourquoi ».
Le débat contemporain ne porte donc plus sur une rivalité entre Dieu et la science, mais sur l’articulation entre savoir scientifique, foi, et responsabilité humaine.
La conférence s’est conclue par un large débat. Mais la question reste ouverte…