René Emmanuel LE PAPE est né le 13 mars 1901 à 14h00 au 23 de la Rue de Gonesse (aujourd'hui disparue) à La Courneuve dans le département de l'ancienne Seine, devenu celui de la Seine-Saint-Denis. Il est le fils Emmanuel Louis LE PAPE et de Anna Alexandrine SOHIÉ.
Son ascendance paternelle
Emmanuel Louis LE PAPE est né le 4 juillet 1874 à Plouisy dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d'Armor) de Louis LE PAPE et de Marie-Jeanne LE MEN (la sœur de mon arrière grand père Jean-Louis LE MEN), tous deux commerçants et aubergistes. On retrouve tous les ascendants de ce couple dans nombre de petits villages du Trégor de Guingamp et Pontrieux où ils exercent souvent les petits métiers ruraux : tailleurs, couvreurs en chaume ou en glé (roseaux), tissiers (tisserands), filotiers (commerçants en fil), cordonniers...
Emmanuel Louis avait deux frères aînés issus d'un premier mariage de Marie-Jeanne LE MEN avec François Marie PRIGENT, et deux frères plus jeunes de son second mariage. Deux jeunes sœurs mourront en bas âge. Marie-Jeanne, très pieuse, aurait aimé que ses enfants se consacrent à Dieu. L'un de ses fils Louis Marie PRIGENT réalisa son rêve en devenant prêtre. Ordonné le 22 décembre 1889, on le découvre Professeur de théologie au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers en Vendée puis à Limoux dans l'Aude en 1891 avant d'aller participer à la fondation de l'Ecole française de Caracas en 1903 avec les Fils de Marie immaculée après l'expulsion des congrégations. De retour en France il est professeur puis curé en Vendée et décède le 1er mars 1930 à Saumur (Maine-et-Loire). Emmanuel Louis LE PAPE et ses deux autres frères choisirent une autre voie en quittant la Bretagne pour la région parisienne où ils se marièrent.
Le 23 avril 1898 Emmanuel Louis LE PAPE épouse à La Courneuve Anna Alexandrine SOHIÉ. Ses témoins sont Jean-Baptiste LE MEN, son oncle, Préposé en chef d'octroi demeurant à Montreuil-sous-Bois et Yves Marie LE PAPE, son frère, Employé d'octroi, demeurant à Sèvres, ce qui démontre que les liens familiaux et de solidarité étaient restés forts entre ces bretons déracinés. Il avait d'ailleurs été hébergé par son oncle à l'occasion de son service militaire. Sur son acte de mariage il est dit exerçant la profession de Jardinier mais, trois années plus tard, à la naissance de son fils, il est Employé au chemin de fer.
Emmanuel Louis LE PAPE était athée, peut-être conséquence d'un passage contraint au petit séminaire qu'il avait fui, syndicaliste et socialiste, admirateur de Jean JAURES. De ce fait, les relations épistolaires qu'il entretenait avec son demi-frère Louis Marie PRIGENT (qui était son parrain) étaient orageuses, chacun défendant avec ardeur des points de vues antagonistes. Mais elles traduisent au-delà de ces querelles un profond amour fraternel...
Les engagements de son père ont certainement contribué à la l'éveil de la conscience politique de René. C'est pourquoi j'inclus ici la copie d'une lettre de Louis, membre de la congrégation 'Les fils de Marie l'Immaculée', à Emmanuel. Il répond à une correspondance de son cadet ( Louis a 46 ans, Emmanuel 36) qui a évoqué son rôle pendant les grèves de chemin de fer de 1910. Louis est à Castrie, principale ville de Sainte-Lucie aux Caraïbes où les membres de sa congrégation, dissoute en 1903, se sont installés. Il manque quelques mots, le bas de la première page du manuscrit s'étant effrité. Ce document ne figure pas dans le site de Christian Sourdaine
Les enfants d'Emmanuel et d'Anna n'ont pas été baptisés. Cependant ayant eu recours aux soeurs de Saint-Vincent-de-Paul, qui tenaient dispensaire à La Courneuve, pour quelques soins, il était devenu leur homme à tout faire et intervenait gratuitement dès qu'elles lui demandaient un service. Plus tard, pour améliorer son ordinaire de retraité des chemins de fer il entretiendra le stade de football de l'usine RATEAU à La Courneuve avec, en contrepartie, l'autorisation d'y cultiver un lopin de terre non loin des vestiaires. Il est décédé à La Courneuve le 18 mai 1948 âgé de 73 ans.
Son ascendance maternelle
Anna Alexandrine SOHIÉ (ou SOHIER, SOYER) est née le 10 septembre 1879 à Aulnay-sous-Bois fille de Louis Victor SOHIÉ, Maçon et de Anne MATHIEU, Gantière. Lors du mariage d'Anna en 1898 ses parents semblent séparés. A preuve, Louis Victor n'assiste pas à la cérémonie mais donne son consentement par acte reçu par un notaire d'Aubervilliers. L'ascendance d'Anna Alexandrine SOHIÉ est beaucoup plus disparate que celle de son époux. En effet cette proche banlieue de Paris qui s'étend du nord-est de la Brie jusqu'aux confins de la Picardie et de la Champagne a connu de profondes mutations économiques dès le XIXe siècle qui ont entraîné d'importants brassages humains. Située sur la route des Flandres elle va devenir une terre de maraîchage destinée à l'alimentation d'une population parisienne en forte croissance. Puis la création des lignes de chemin de fer et la présence du Canal de l'Ourcq vont favoriser la création d'industries qui vont drainer une main d'œuvre venue de toute la Franc
Lavoir sur le Croult, petite rivière désormais couverte qui prend sa source à Goussainville, irrigant les cultures maraîchères de la vallée et qui se jetait dans la Vieille Mer, un petit affluent de la Seine. Derrière le lavoir on aperçoit une maison de maraîcher avec son réservoir d'eau d'arrosage.
Les SOHIÉ, exerçant essentiellement la profession de marchands, sont originaires de Geffosses, petite commune maritime de la Manche face à l'île de Jersey. Ils ont migré en région parisienne au début du XVIIIe siècle. Ensuite on trouve pêle-mêle des maréchaux ferrant et des charpentiers de la Beauce, des sabotiers et vignerons du sud de la Sarthe, des scieurs de long installés à Thieux près de Roissy dont l'ancêtre a quitté ses vignes champenoises des coteaux de la Marne, des tissiers lorrains de Custines et Nancy, un régent d'école (maître d'école) en 1728 dans la même région et, surprise... ou ironie de l'histoire, un maître tisserand à Lahr, en Allemagne, dans le duché de Bade-Wurtemberg !
Anna SOHIÉ est décédée le 3 janvier 1961 à La Courneuve à l'âge de 81 ans, entourée des siens, après une vie entièrement consacrée à son travail et à sa famille. En effet elle travaillait dans les champs, pour le compte d'un maraîcher à La Courneuve. Elle prenait une parcelle, une année d'oignons, la suivante d'autres légumes, qu'elle s'engageait à entretenir. La famille était requise pour l'aider lorsque l'herbe poussait trop vite. C'était à l'emplacement de l'actuel parc départemental... Un autre monde...
La généalogie complète de René LE PAPE a été déposée auprès du Centre généalogique des Côtes-d'Armor
et figure dans la Base collaborative GRANITE-NET avec d'autres célébrités aux racines costarmoricaines.