Rejoindre l'Atlantique à la Méditéranée, de Bayonne à Barcares, en suivant la Vélosud ou V81, c'était notre défi de cette fin d'été 2026. Nous avons pédalé durant douze étapes par le piémont pyrénéen, parcouru 730 km avec un dénivelé de 5000 ml positif. Aucune panne de vélo, pas de découragement ou de grosses fatigues. La météo était favorable, malgré la chaleur sur les dernières étapes. Que du bonheur et un sentiment d'évasion à notre niveau.
Nous parlons souvent de recherche de victuailles car nous évitons souvent les villes, et dans les villages nous constatons une désertification des commerces. Ce jeu de piste alimentaire fait parti intégrante de l'aventure.
Sur un vélo, lorsque l'on pédale, on se régale des paysages et profitons des moments présents.
Le récit de ces 12 étapes est en dessous. Lisez et rêvez avec nous.
La préparation :
Les hébergements en chambres d'hôtes, hôtels, camping, rbnb et famille, sont réservés bien en amont. Trouver un de ces hébergements sur le trajet ou à proximité est quelquefois bien compliqué avec nos critères. (Vélos dans un abri sécurisé, petit déjeuner et repas du soir à proximité immédiate).
Nous avons choisi de prendre le train avec nos vélos pour rejoindre Bayonne, notre point de départ. Nous reviendrons de Salses (Perpignan) également en train. Oui, nous sommes joueurs !!
Donc réservation train et vélo, c'est ici que commence l'aventure avec un grand A. Entre travaux sur voies, retard dû à la météo, correspondances ratées (à cause du retard), changement de quai dans les gares, wagon vélo surchargé et pour finir, wagon vélo dans un train difficilement accessible avec des VAE un peu lourds (3 marches à monter pour rentrer dans le train et porte étroite qui a tendance à se refermer toute seule).
Heureusement, nous pouvons compter sur les cyclistes déjà présents dans les trains, l'entraide étant le mot d'ordre !
Etape 1 : Bayonne - Carresse-Cassaber. 63 km 240 ml de dénivelé positif (Découverte du bord de l'Adour et premiers paysages pyrénéens)
Mercredi 26 Aout, il est 9 heures et c'est les premiers coups de pédale pour démmarer ce périple.
Nous longeons les quais de la Nive jusqu'à son embouchure, et remontons l'Adour pour sortir de Bayonne. Maintenant, le chemin de halage de l'Adour nous conduit jusqu’à Urt où nous rentrons dans le village pour trouver de quoi manger ce midi. Ensuite nous longeons la Bidouze et nous nous arrêtons à Bidache pour le pique nique. (Pique c’est sûr avec tous ces moustiques qui nous tournent autour et qui nous poussent à écourter ce premier repas.)
L'Adour et la Bidouze, étaient des fleuves navigables en gabarre ce qui facilitait les échanges de marchandises (pierres, tuiles, bois, vins, denrées diverses) : les routes étaient peu praticables voir dangereuses. On peut encore voir les traces de ce passé fluvial, avec les ports et les cales à gradin à Guiche, Urt et Bidache. Le château de Gramont à Bidache témoigne de la richesse de la région et de l'influence du fleuve.
Changement de paysage à Came, fini les bords de rives parfois monotones et place aux doux reliefs avec vue sur les Pyrénées si proches mais encore loin !
Arrivée à Carresse-Cassaber pour la halte de la nuit et un bel orage pendant notre dîner.
Les bords de l'Adour
Port de la Guiche
Château de Gramont
Les Pyrénées au loin
Etape 2 : Carresse-Cassaber - Lahourcade. 56 km 360 ml dénivelé positif (Etape sur une ancienne voie ferrée)
Ce matin le ciel est orageux et l'on entend au loin son grondement. Des petites gouttes de pluie se font sentir et nous bâchons les sacs pour conjurer le sort. Et ça marche ! En vrai nous partons du côté opposé aux nuages.
Nous empruntons une ancienne voie ferrée qui nous conduit à Salies de Béarn, jolie ville thermale avec son casino et son sel bien connu des professionnels de la salaison.
Nous retrouvons notre ancienne voie ferrée et passons sous un tunnel ferroviaire de plus d’un kilomètre. Son éclairage en demi cercle me fait penser à un tunnel à explorer le temps ! c'est assez magique en fait. Nous continuons jusqu’à Orthez, où nous achetons notre repas de midi.
A Maslacq, une table de pique nique sur la place du village nous arrête. Nous y rencontrons et engageons la conversation avec un jeune qui voyage à pied. D’où vient-il et où va t-il, nous n’avons pas tout compris, à part qu’il n’a plus de carte bancaire et qu’il demande de la monnaie !
Maintenant les montées et descentes s’enchaînent. Nous arrivons dans la vallée de la Geü, sous le village de Lagor et une belle côte se dessine devant nous pour rentrer dans ce bourg. C’est un petit mur de 18 % ! Merci l’assistance de nous aider dans cette courte mais belle montée.
Nous terminons facilement notre fin détape. Un petit tour au super marché pour approvisionner les bières (il paraît que c'est bon pour les muscles !) et le repas du soir, une pause café et nous voici dans notre gîte du soir.
Les joueurs
Le Tunel inter-galactique
Etape 3 : Lahourcade - Arros de Nay. 60 km 280 ml dénivelé positif (Le gave de Pau et vue exceptionnelle sur les Pyrénées)
Le soleil est déjà présent ce matin et nous partons tranquillement pour cette étape avec très peu de dénivelé.
Nous profitons aussi de la vue depuis notre chambre d'hôte, sur le massif Pyrénéen, bien dégagé aujourd’hui.
Nous pédalons sur un chemin agréable. D’un côté c'est le gave de Pau, puissant, majestueux et indomptable qui sera notre fil d’Arianne aujourd’hui et de l’autre c’est l'imposante chaîne Pyrénéénne.
Le gave, si proche, nous invite sur ses galets, et nous musardons un peu. Il est presque midi au clocher du village d'Artiguelouve et nous faisons un petit crochet pour aller à la boulangerie près de la zone commerciale et du golf de Pau.
Nous trouvons notre spot de midi en bordure du gave de Pau, et après cet arrêt repas, la recherche de toilettes publiques nous mènera jusqu'à la piscine où nous boirons un café bien mérité.
Pau est en vue et nous décidons de pénétrer dans la ville pour aller devant le château et suivre le fameux boulevard des Pyrénées.
Arrivés à Arros de nay, nous trouvons un supermarché pour faire les courses du soir ; le gîte n'offrant pas le couvert !
Il est temps maintenant de se reposer, mais surprise en arrivant à notre gîte : la route s'élève fortement. Un appel à notre hôte du soir pour vérifier que nous sommes bien au bon endroit : "oui oui c'est la dernière maison tout là haut" nous précise cette personne. L'assistance, encore une fois va bien nous servir pour cette pente à 20 %. Malgré tout, c’est quand même dur pour faire avancer le vélo !
La récompense c'est la vue extraordinaire que nous avons de notre chambre. Les Pyrénées nous paraissent si proche ! Nous dînerons en terrasse pour en profiter au maximum.
Au départ de Lahourcade
Le Gave de Pau
Passerelle
Le château de Pau
Etape 4 : Arros de Nay - Tarbes. 69 km 461 ml dénivelé positif (Entre Béarn et Bigorre, entre forêt et contrefort montagneux)
Ce matin les températures sont un peu fraîches mais c’est toujours le grand soleil. Nous nous réchauffons assez vite.
Nous quittons le Béarn pour passer dans la Bigorre, toujours en suivant le gave jusqu’à Lourdes et avec toujours en toile de fond les montagnes. Nous gardons un oeil sur notre pic du midi de Bigorre.
Dans le pays de Nay, à Igon, un magnifique lavoir se dresse devant nous, et nous découvrons des canaux qui servaient à l'irrigation, mais aussi à alimenter des usines de tournerie sur bois (boutons, chapelets...) et une filature.
Nous arrivons à Lestelle-Betharam où nous admirons les monuments et les grosses bâtisses. Nous nous élevons dans la forêt de Lourdes par des petites routes partagées et ombragées, et passons à proximité des grottes de Bétharam.
Nous voici à Lourdes où nous arrivons au niveau de la basilique. Les pèlerins sont partout, à droite, à gauche et au milieu de la route. Il faut faire très attention. Les rues commercantes remplies de magasins de souvenirs et de restaurants sont prises d'assaut.
Vite, on s’extrait de cette masse humaine et nous achetons notre repas de midi. Il ne reste plus qu'à trouver le bon endroit où se poser à l'abri du soleil. A Lézignan, il commence à faire faim, et nous trouvons un muret qui fera bien l'affaire.
Un bruit de cloches se rapproche et nous interpelle : c'est un troupeau de vaches qui rentre de l’estive et défile devant nous. Beau spectacle !
Allez il faut maintenant mettre le cap sur notre destination finale. Çà grimpe fort jusqu'à Bourréac pour gravir ce bout de montagne, et après c’est la descente vers Tarbes.
Le balisage de la Vélosud nous fait faire un grand détour dans la périphérie et dans la ville. Ce n'est pas très agréable, mais c'est samedi et nous ne sommes pas trop gênés par les voitures.
Nous garons les vélos et ce soir nous irons au resto, à proximité de notre hébergement.
Lavoir à Igon
Bétharam
Basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes
Pause repas à Lézignan
Etape 5 : Tarbes - Lannemezan. 55 km 880 ml dénivelé positif (Sur le plateau de Lannemezan, ça monte et ça descend)
Départ ce dimanche avec un ciel noir et menaçant. Nous verrons bien si la pluie s’invite ce matin à notre voyage.
Avant de quitter Tarbes, un petit tour dans un supermarché pour trouver de quoi grignoter ce midi. Nous préférons être prévoyant !
Aujourd’hui nous avons peu de kilomètres, mais le dénivelé est important. Nous nous mettons en condition dès le départ en gravissant une première côte, puis une deuxième. Voilà, le tempo est donné pour cette étape qui va bien nous muscler les jambes.
Un arrêt au lac de l’Arrêt Darré. C'est très beau et reposant. Le niveau du lac est extrêmement bas. Ce lac est une retenue d'eau artificielle créée en 1995. Comme dans un miroir, le Pic du Midi et le Montaigu triomphants se contemplent dans ses eaux.
Nous reprenons notre route pour aller pédaler sur le plateau de Lannemezan où on alterne les altitudes entre 550 ml et 300 ml. Très belles vues depuis ce plateau bien dégagé.
Au détour d’un virage, nous doublons un tandem sans assistance électrique. Ils ont bien du mérite sur ces routes à forte pente !
Nous avons déjà effectué un dénivelé positif de 600 ml et cherchons un endroit pour déjeuner. Au bien nommé village « Le bon repos » nous trouvons un banc à l’ombre et face à notre chaîne pyrénéenne. Nous sommes contemplatifs tout en grignotant notre casse-croûte.
Après cette halte repas et repos, nous reprenons notre souffle pour finir cette étape. Il ne nous reste qu'une quinzaine de kilomètres mais encore 250 ml de dénivelé à absorber. Le niveau des batteries baisse vite.
Et voilà, Lannemezan est là ! Les chambres ne sont disponibles qu'à partir de 16 heures, alors on s'avachit sur les fauteuils de l'accueil de l'hôtel, avec une boisson bien fraîche.
Ce soir ce sera jour de lessive à Lannemezan, accompagné d'une bonne bière fraîche dans le square à côté de la laverie.
Pour finir, le ciel devient noir, le vent se lève, les vélos ne sont pas sous un abri étanche ce soir. Nous espérons que la pluie ne sera pas de la partie cette nuit, sinon il faudra essuyer les vélos demain matin !
Le lac de l'arrêt Darré
Sur les plateaux de Lannemezan
Etape 6 : Lannemezan - Ardiège. 61 km 560 ml dénivelé positif (Etape préhistorique et médiévale)
Je ne sais pas s'il a plu cette nuit, mais ce matin un petit nettoyage des vélos avant le départ s'impose. En effet nous avions abrité les vélos sous un catalpa et c'était vraiment une mauvaise idée. L’arbre a "pleuré" sur nos vélos en laissant des larmes marrons et collantes.
La matinée s’annonce fraîche et maussade, aussi nous nous couvrons un peu plus que d'habitude.
Nous traversons plusieurs rigoles connectées au canal de la Neste, canal qui alimente 17 rivières de Gascogne grâce à ses eaux de montagne.
Cap sur les premières montées du jour. Aux alentours des bois, des voitures sont garées pour la cueillette des champignons. Ça pousse pas mal en ce moment nous dit un ramasseur qui revient avec un sac bien rempli !
Dans une montée, nous rattrapons un cycliste en "musculaire" et partageons un bout de route ensemble en échangeant sur nos sorties vélo.
Nous passons par les Grottes préhistoriques de Gargas, et nous nous arrêtons pour la photo.
Prochain arrêt à St Bertrand de Comminges où nous espérons trouver des victuailles. Mais oui, la cité médiévale de St Bertrand est là, tout la haut ! Nous y montons et nous nous faisons un petit plaisir dans une crêperie.
Ensuite visite de la cathédrale Sainte Marie et du village. Celui-ci devait être important au vu des ruines visibles. Saint Bertrand de Comminges est situé sur les chemins de St Jacques par la voie des pièmonts pyrénéens.
Il est temps de pédaler jusqu'à notre gîte du soir avec piscine. Un peu de trempette va bien nous détendre.
Je ne sais pas si l’on prend l’habitude du dénivelé, mais toujours est-il que celui-ci nous parait plus agréable qu’hier. Bon, la fraîcheur aidant, nous transpirons moins.
Une des rigoles du canal de la Neste
Gargas
St Bertrand de Comminges ...
... visible sur son piton
Repos du soir
Etape 7 : Ardiège - St Girons. 78 km 329 ml dénivelé positif (Une liaison avec le thermalisme)
C’est parti pour notre plus longue étape, le soleil est bien présent.
Nous retrouvons notre trace au niveau de Pointis de Rivière, mais le balisage de la V81 ou vélosud est inexistant, à part quelques fois un petit autocollant à peine visible. Seul un balisage région, avec des direction de village est présent. Notre GPS nous est bien utile !
L'arrivée à St Gaudens ne nous donne pas envie de rentrer dans la ville. La véloroute côtoie une route très passagère pendant un long moment.
Après la gare, c’est bon, nous voici revenus sur les réseaux secondaires et toujours en toile de fond les montagnes. Nous passons à côté de petits châteaux jusqu’à la limite de l’Ariège.
Lestelle de St Martory, pas un commerce pour trouver de quoi nous restaurer. Il est déjà midi et nous pédalons jusqu'à St Martory où une boucherie et une boulangerie nous accueillent juste avant la fermeture (la boulangère rallume même la lumière pour nous !). Maintenant il nous faut recherchercher un coin à l'ombre, il fait très chaud. Rien sur la voie verte, aucune table, aucun banc ... rien non plus dans le village de Mazère-sur-Salat. Au bord de la voie verte, à la sortie du village, un bout de mur, à l'ombre, nous invite à nous y assoir pour déguster notre repas.
Nous continuons jusqu'à Salies du Salât pour voir les thermes. Autrefois surnommée la "reine du sel", grâce à ses eaux les plus minéralisées d'Europe, cette ville possède un établissement thermal de style néo-egyptien, magnifique. Comme beaucoup de stations thermales, de grosses bâtisses et maisons bourgeoises sont dissimulées à proximité.
Nous sortons du Comminges et entrons dans le Courserans en Ariège.
Nous reprenons notre route, par la voie verte jusqu’à St Lizier et appuyons un peu plus fort sur les pédales pour monter au palais des évêques qui domine la cité. Encore de belles vues dégagées, mais il faut maintenant finir notre étape pour rejoindre St Girons, tout proche. C'est la sortie de l'école, aussi nous sommes doublés par un très grand nombre de véhicules. Encore une fois, nous redoublons d'attention, face à des comportements automobilistiques dangereux.
Notre arrivons à notre gîte au coeur de St Girons et garons les vélos pour le soir. Place maintenant à nos petits pieds pour parcourir la ville avant de s'attabler à la terrasse d'un restaurant pour notre dîner.
Estancarbon
Thermes de Salies de Salat
Intérieur des thermes
Palais des évêques
Une nouvelle race de chien en Ariège ? (panneau sur la voie verte)
Etape 8 : St Girons - Foix. 54 km 332 ml dénivelé positif (C'est reparti sur l'ancienne voie ferrée)
Nous récuperons nos vélos et quittons St Girons, en empruntant une route fréquentée et sans couloir de sécurité pour les cycles, pour rejoindre la voie verte à la sortie de la ville. Pour moi, St Girons pourrait être une belle ville, mais aucune rénovation des vieilles maisons en centre ville, ce qui en fait une ville vieillotte et pas très accueillante. L'image pour moi d'une belle endormie.
Nous arrivons très vite sur une ancienne voie de chemin de fer reliant St Girons à Foix.
A l'ancienne gare de Rimons, nous bifurquons pour aller voir l’abbaye de Combelongue. Nichée au creux d'un vallon du pièmont, ce monument d'art roman, classé aux monuments historiques depuis 1992, est la seule abbaye du Courserans. Cette abbaye est construite exclusivement en briques roses, alors que nous sommes dans une région où la pierre abonde.
Retour sur notre chemin et nous passons dans d’anciens tunnels ferroviaires qui nous aplanissent le relief jusqu’à Castelnaud-Durban où nous passons par le village. Une belle allée de platanes et des pompes à essence hors d’âge font le charme de cette commune.
Maintenant cap jusqu’à La bastide de Serou où nous espérons trouver des victuailles. Il est midi et nous trouvons un supermarché pour faire nos emplettes. Encore une petite heure sur nos selles, et trouvons un bel endroit avec table à l’ombre et wc à proximité. Nous sommes à Baulou, pas trop loin de la rivière souterraine de Labouiche qui pourrait nous permettre de naviguer au coeur de la terre. Mais pas cette fois !
Le lieu est tranquille, aussi nous prenons notre temps avant de rejoindre la voie verte pour continuer notre route.
Nous attaquons une longue descente à -2% jusqu’à Foix et passons sur le viaduc du Vernajoul, avant d’apercevoir le château de Foix dressé sur un piton rocheux en un point stratégique, au confluent de l'Arget et de l'Ariège. Le château des comtes de Foix et ses hautes murailles attirent le regard.
Nous arrivons au centre de Foix, avec ses ruelles piétonnes, dominé par le château.
Encore un petit effort pour rejoindre notre gîte du soir qui se situe à la sortie de la ville en direction de l'Andorre. Beaucoup de circulation sur cette route, où l'on ne s'attarde pas !
Nous posons les vélos dans le garage, et marchons vers le supermarché tout proche pour les courses du soir. Une bonne douche avant de préparer le dîner que nous prendrons sur la terrasse face aux monts ariégeois.
Abbaye de Combelongue
Viaduc du Vernajoul
Foix
Pompes à essence
Etape 9 : Foix - Laroque-d'Olmes. 70 km 397 ml dénivelé positif (Orientation par GPS aujourd'hui)
C’est toujours avec la même motivation, que nous ré-enfourchons nos bécanes ce matin, après un petit réglage de la selle du vélo de Jean-Marie. Pour rejoindre la V81 il faut faire le chemin inverse d'hier en traversant Foix par l'ancienne RN20, route très fréquentée. Nous redoublons d’attention et serrons un peu les "fesses" à cause de la circulation.
Nous voici maintenant arrivés sur la voie verte, où nous l’avions quittée hier. Nous cherchons le balisage de la "vélosud" et nous ne voyons rien ! Nous suivons donc la trace du gps. Un peu plus loin, toujours pas d’indication pour rejoindre la voie verte de Pamiers. Après vérification avec le tracé officiel de la V81, nous ne sommes pas sur le bon chemin. Nous n'allons pas faire demi tour, d'autant que nous sommes dans la bonne direction et que nous trouverons la voie verte au niveau de Font Communal. Une petite hésitation et hop nous loupons l'embranchement. Un petit demi tour pour remettre nos roues sur la trace.
Enfin nous sommes sur la voie verte. Celle-ci déroule, jusqu’à Mirepoix, son revêtement mi-rugeux, mi-lisse. Quelques traversées de route sont un peu dangereuses et il faut donc faire attention.
Pour notre repas de midi, nous avons tout acheté à Foix hier soir, donc on pédale sans soucis et nous arrivons assez vite à Mirepoix, il est 12 h. Nous visitons la cathédrale Saint Maurice et déambulons dans la ville qui a été construite en damier, typique des bastides du Sud Ouest. Ses ruelles, ses maisons colorées et son aspect médiéval font le charme de cette cité.
C’est l’heure de trouver un endroit pour casser la croûte et après quelques balbutiements, des banc au boulodrome nous font de l'oeil.
Nous nous attardons un peu, sans penser qu’il nous reste encore plus de 30 km.
Mais voici que les joueurs de pétanque arrivent, nous sommes sur leur banc et ces habitués du lieu nous chassent gentiment.
Nous repartons sur la voie verte et passons un court moment dans l’Aude. A Moulin Neuf, il ne faut pas oublier de bifurquer pour rester dans la bonne direction. Là encore, aucun panneau pour indiquer la V81 ou vélosud !
Toujours sur la voie verte jusqu’à Camon nous passons sous un tunnel et oublions de bifurquer après celui-ci. Demi tour pour nous engager sur un chemin peu carrossable avec un gros dénivelé. Mon vélo est destabilisé par le poids dans les ornières, garnies de gros cailloux. Je viens de comprendre que ce n’est pas le bon passage. Il nous faut encore virer de bord et nous partons cette fois-ci sur la bonne route qui doit nous conduire jusqu’à Laroque d’Olmes.
Beaucoup de montées sur des petites routes ; la chaleur et la fatigue commencent vraiment à se faire sentir. Nous arrivons par le haut du village, les paysages sont magnifiques, et il faut redescendre un peu pour arriver à la fin de cette étape, chez mon neveu Christophe et sa compagne Brigitte.
Nous sommes contents de passer un moment en famille et les retrouvailles avec Christophe, Brigitte et son père nous font du bien. Un bon verre d’eau fraîche, une trempette dans la piscine, une bière et un bon repas, nous regaillardisent.
Comme à l'accoutumée, ce soir nous irons de bonne heure allonger nos guiboles, et regrettons de ne pas rester plus longtemps à discuter un peu plus.
Mirepoix
Sur la route vers Laroque-d'olmes
Etape 10 : Laroque-d'Olmes - Rennes les bains. 57 km 298 ml dénivelé positif (Chaleur chaleur dans l'Aude)
Après une séance photo et un peu de tristesse de quitter déjà la famille, l'excitation du voyage reprend le dessus et nous dope pour faire tourner les jambes. Voici la voie verte, très roulante, qui nous ramène sur notre vélosud.
Il fait déjà très chaud et nous nous arrêtons devant un cimetière, où nous pouvons mouiller nos tours de cou. Cette méthode, d'avoir un tissu mouillé autour du cou, permet de ressentir un peu de frais, de ne pas prendre de coup de soleil et de rester hydraté.
Après la Bastide-sur-l'Hers nous découvrons le département de l'Aude et continuons jusqu'à Chalabre. Finie la voie verte pour laisser place à une route partagée, qui monte en douceur pour un long moment. Nous prenons notre temps de mouliner, afin de faire avancer nos montures. Les voitures sont quand même bien présentes et ce n’est pas toujours agréable.
Arrivés à Puivert, nous décidons de faire les courses. Nous ne voyons aucun commerce, et après renseignement pris auprès de la population locale, nous trouvons le café épicerie. Surprise, l’épicerie est en stand by (dixit le patron). Il y a du pain et en faisant le tour des étagères nous dénichons deux boîtes de moules à l’escabèche et une boîte de poires au sirop. Nous pensons au fameux dicton : "un tient vaut mieux que deux tu l'auras" et prenons ces victuailles.
Place maintenant à l’ascension du col des Tougnets qui se fait à l’ombre des arbres. Arrivés au sommet nous découvrons un paysage dégagé mais pas vraiment de coin à l'ombre pour nous poser ce midi. Nous continuons notre route sous une chaleur pesante, et rentrons dans le petit village de Rouvenac.
Un petit marché est en train de plier bagage et nous demandons s'il y a un banc ou une table pour nous installer. Un dame nous dit : "Le bar est fermé, mais faites comme tout le monde, installez vous sur les chaises et tables, ici c’est comme ça". Nous n’osons pas et allons sur un banc bien à l’ombre. En plus, il y a un restaurant en face de nous ! Sinon un sandwich aux moules à l'escabèche, c'est très bon.
Ce village agréable a l’air d’être " tout le monde il est beau, tout le monde il est content". Les habitants ont l'air de prendre le temps et d'être un peu baba-cool.
Nous reprenons le macadam, toujours sous une grosse chaleur pour rejoindre Rennes les Bains. Après être passés par Espéraza et Couiza, nous attaquons la dernière montée et nous voilà devant des anciens thermes à l'entrée de Rennes les Bains. Très curieux endroit avec les baignoires creusées dans la roche dans des cellules privatives. Les eaux de Rennes les Bains sont des sources chaudes et minéralisées. Lors de notre passage, les thermes ne fonctionnaient plus.
De l’autre côté de la route la rivière Sals est très basse.
Arrivés au camping en avance, la gérante nous installe dans notre mobil home et nous profitons vite de la piscine pour nous rafraîchir. On en avait vraiment besoin.
Nous voyons et entendons au loin, des canadairs et hélicoptères qui oeuvrent sur un feu de forêt important de l'autre côté de la montagne. Très impressionnant !
Dîner tranquille au resto-bar du camping et négociation pour avoir un petit déjeuner demain matin.
Puivert
Le col des Tougnets
Les anciens thermes
Les baignoires
Etape 11 : Rennes les bains - Maury. 43 km 597 ml dénivelé positif (Notre étape coup de coeur)
Petite étape prévue aujourd'hui, nous avons décidé de faire un peu plus de tourisme que d'habitude. Le dénivelé, lié à la chaleur prévue, va éprouver un peu plus nos organismes.
Nous attaquons direct la côte qui doit nous amener dans un premier temps à Bugarach et ensuite au col de Linas, qui est le point culminant de la Vélosud. C’est 12 kilomètres de montée à 4,5 % de moyenne, et nous prenons un rythme régulier de pédalage afin de ne pas trop se fatiguer.
Nous avons hâte de voir le village de Bugarach, lieu insolite depuis le fameux 21/12/2012. Selon une rumeur (étayée par calendrier Maya), la fin du monde aurait due arriver ce jour là ; seul les individus se trouvant à Bugarach seraient sauvés.
Après le village de Bugarach on grimpe vers le col de Linas situé à 667 ml d'altitude, au pied du Pech de Bugarach, qui lui aussi véhicule beaucoup de légendes : fin du monde, atmosphère particulière, garage à ovni, vortex galactique....Nous ne voyons pas d’extraterrestres ni de phénomène paranormal ... Quand soudain, un troupeau de vieilles mobs sorties des années 1960-1970, nous double (bruit de moteurs et odeurs d’essence). Il y en a plus d’une centaine : impressionnant et divertissant !
Place à la descente maintenant vers les gorges de Galamus. Ici les paysages sont grandioses, rien à voir avec l’autre versant du col de Linas. Les eaux de l'Agly ont creusé ces parois calcaires sur plus de 500 mètres de profondeur pour rejoindre la Méditerranée. La traversée des gorges sur une route très étroite est un peu scabreuse et vertigineuse. Ici on ne croise pas ! Même à vélo c'est impressionnant, avec la falaise d'un côté et le précipice de l'autre. Sur le parking, nous pouvons voir l'ermitage de Saint Antoine de Galamus, construit à flanc de falaise et surplombant l'Agly.
Nos yeux sont émerveillés par tant de beauté, et nous pédalons de nouveau vers St Paul de Fenouillet, où nous nous arrêtons pour faire les courses de midi. Nous trouvons un joli coin pour le pique nique au pont de la Fou et sa fontaine thermale connue autrefois pour ses vertus thérapeutiques. Un automobiliste s'arrête pour remplir des bouteilles, et après information, cette eau est potable et contrôlée régulièrement. Par curiosité, je bois un verre. Je verrais bien si cette eau à des effets positifs sur ma personne.
Nous remontons sur nos cycles pour la fin de l'étape. Le vent tiède, voir chaud est très présent. Il ne nous reste que 8 km pour arriver dans le vignoble AOC de Maury, mais encore 5 km de montée à 4,5 %. La chaleur est accablante, et cette dernière grimpette nous épuise un peu.
La vue sur les vignes de Maury, dans la vallée de l’Agly, nous fait penser au Portugal, avec ses vignes en terrasses.
Arrivés enfin au terme de cette étape, nous nous installons à la terrasse d'un café pour nous détendre et nous désaltérer.
Aujourd'hui, c'est vraiment un coup de coeur que nous avons eu, de part ces contes et légendes, la diversité et la beauté des paysages, le côté sauvage de la route, et l'arrivée sur ce vignoble en terrasses.
Et pour clore cette journée, un message de la SNCF nous informe que notre train du retour est supprimé. Aucune circulation ferroviaire mardi, pour cause d'un mouvement de grève de la région Occitanie. Pas de stress, nous verrons cela demain.
Bugarach et son Pech (pic)
Col de Linas
Gorges de Galamus
Coin pique nique à l'ombre
Bienfait de l'eau
Gorges de la Fou
Vignoble de Maury
Etape 12 : Maury - Barcarès - Ste Marie la mer. 66 km 340 ml dénivelé positif (Le Vignoble, le soleil et la mer)
Nous sommes partagés ce matin entre nostalgie du voyage et excitation de la fin de notre traversée.
Nous partons de Maury, sous la surveillance de la forteresse médiévale de Queribus, juchée tout la haut sur la montagne. Il fait déjà chaud et nous avons encore un peu de dénivelé à gravir.
Jusqu’à Tautavel nous découvrons un vignoble produisant du vin rouge sec et des vins doux naturels ; nous pédalons dans les vignes de l’AOC Maury, une des plus anciennes appellations viticoles.
Nous sommes sur de toutes petites routes, avec un revêtement quelquefois proche du chemin, mais on est tranquilles et le soleil ne nous loupe pas ! Le raisin noir nous regarde passer. Et lui aussi est passé et flétri. Après en avoir goûté, il est bon et sucré, avec une peau bien épaisse.
Arrivés à Tautavel, nous espérons trouver de quoi manger, mais rien de rien ici ! La Torre del Far, perchée au dessus de Tautavel, aussi appelée la sentinelle du Roussillon nous surveille. Elle sera visible sur tout notre itinéraire aujourd’hui. C'est une tour de gué médiévale qui domine la plaine du Roussillon. Nous continuons et maintenant ça grimpe régulièrement mais longtemps. C’est 6 km avec une pente moyenne de 4,5%, dans une végétation méditerranéenne, sans ombre. Il y fait très chaud et nos réserves en eau en prennent un grand coup.
Nous découvrons les gorges du Verdouble qui offre une eau cristalline et des vues impressionnantes, et arrivons sur un plateau avec des paysages de chaos calcaires et de garrigues méditérranéennes. Les UV ultra puissants, agrémentés d’un vent chaud, nous font transpirer un peu plus. La descente s’amorce maintenant vers Case de Pène, et toujours rien pour se restaurer.
Nous poussons donc vers Rivesaltes, sur des routes toujours très ensoleillées. Une petite supérette pour faire nos emplettes, suivie d’un banc à l’ombre dans le parc de la guinguette, nous permet de manger et de souffler un peu.
Nous avons, encore ce matin, pédalé dans des paysages sublimes.
Le Barcarès se situe maintenant à 25 km et c'est une grande voie verte sans dénivelé, avec des lignes droites à perte de vue sans ombre et comme seule vue le fleuve Agly que nous longeons en continu, qui nous y amène. C'est roulant, même très roulant. Nous ne traînons pas et parcourons cette fin d'étape très rapidement.
Nous voici arrivés à la Méditerranée, après notre départ de l'Atlantique, il y a 12 jours. Photo souvenir, un petit coup à boire et nous repartons pour les 8 derniers longs kilomètres afin de nous installer dans notre mobil-home pour 2 jours.
Installés au camping pour 2 jours, il est temps de changer nos billets de train suite à l'annulation de notre train de retour. Le réseau ne passe pas dans ce camping et il font payer le wifi très cher. Devant l'entrée du camping, cela fonctionne. A croire que le camping fait du brouillage d'ondes !
Je passe deux heures pour tout recaler car nous avons pris l'option de repousser notre retour d'un jour. Le camping ne pouvant pas nous donner une nuit de plus il nous faut rechercher un hébergement supplémentaire. Après maintes recherches et aller retour à l’entrée du camping pour le réseau, nous avons trouvé une solution, mais bof cela ne me satisfait pas du tout, surtout pour le parcage des vélos. Nous aviserons demain matin
Pause piscine, apéro et dîner trop copieux. Heureusement nous pouvons emporter les restes qui feront notre repas de demain.
Nous avons en fin de compte trouvé un hébergement à Salses le Château, à coté de la gare où nous prendrons le train.
Château de Queribus tout la haut
La Toré del Far
Nous voici arrivés
Etape finale Ste Marie la mer - Salses le château 31 km (c'est vraiment la fin de notre épopée)
Après ces 2 petits jours de repos et récupération, nous repartons pour l'étape finale et demain ce sera le retour en train dans notre belle Corrèze.
10 heures, c'est l'heure maxi pour quitter le camping. Direction Barcarès où nous passerons une partie de la journée et prendrons notre repas du midi.
Nous empruntons pour une dernière fois cette voie verte fréquentée par de nombreux vélos, de Ste Marie la mer au Barcarès, qui est l'EV8 (la Méditérrannée en vélo dArgelès à Nice).
Nous roulons en bord de plage et trouvons de quoi nous restaurer ce midi et une table dans un boulodrome (encore un !).
Le temps commence à changer et le vent se lève, aussi nous décidons de bouger vers notre destination finale. Ce sont des petites routes partagées bien agréables qui nous amènent à Salses et son château que nous allons admirer. C'est une ancienne forteresse, ouvrage militaire construit entre 1497 et 1503 par les rois catholiques espagnols. Elle gardait la frontière entre la Catalogne et la France.
Retour dans le village de Salses pour prendre possession de nos appartements et achats de dernière minute à la superette du coin pour notre dîner et petit déjeuner du lendemain. Ce soir on se serait bien fait un resto de fin de voyage mais la météo orageuse et pluvieuse nous incite à rester à l'abri.
Après une nuit très venteuse et pluvieuse, le vent continue de souffler fort. Nous avons bien fait de nous rapprocher de la gare hier, car aujourd'hui cela n'aurait pas été très agréable de piloter nos vélos contre le vent et les épisodes pluvieux.
Le Barcarès - Boulodrome
Place à Salses le Château
La Forteresse de Salses