3 mars 2026
Qu’il y ait eu du bonheur dans le Nu en peinture, voilà une idée qu’il convient de défendre, encore qu’elle paraisse scandaleuse à beaucoup.
Dans l’histoire de la peinture, l'idée du Nu n’a pas toujours été la même, mais d’un moment à l’autre, de l’Antiquité au dix-neuvième siècle, c'était comme s’il avait fallu sauver le bonheur de la noyade, tandis qu’il semble à présent qu’on y ait renoncé, ou qu’on le cherche ailleurs.
Que disait-il, ce Nu?
Longtemps il a dit un Âge d’or, celui du règne de Saturne évoqué par Hésiode, où des êtres semblables à nous jouissaient d’une innocence, d’une liberté et d'une vigueur intactes. Il n’avait jamais existé sans doute mais il dessinait un horizon de clarté dans le temps inversé de l’espoir.
Puis, un autre Nu a pris sa place. Celui-ci parlait, quant à lui, d’un bonheur bien réel, encore que l'innocence y était perdue. On sauvait l’un au prix de l’autre.
Le premier se déploie en plein air, en plein jour, dans la nature, sous le feuillage des arbres, près des rivières, et il montre des groupes qui se baignent ou qui dansent. Le second se situe dans le secret de l’atelier, au cœur des grandes villes, et il met en scène le face à face désirant du Peintre et son Modèle.
Mon enfant, ma sœur…
Mon semblable, mon frère…
Baudelaire flirtet+ baigneurs #ProgPeinture