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10h30 Accueil
Cinéma Vox, 12 rue des Écoles 71110 Marcigny
Ce programme répond au choix du public suite à la journée « Coups de projecteurs » 2024. Il permet de découvrir quelques chefs-d’œuvre du cinéma soviétique tardif. Présentation par Jean Radvanyi.
14H00 L’Ascension (Восхождение, Voskhojdeniye)
Larisa Cheptiko - URSS - 1977 - 1h50 - vostf
Avec Boris Plotnikov, Anatoli Solonitsyne, Vladimir Gostyukhin…
Pendant la Seconde Guerre mondiale, en Biélorussie, deux soldats soviétiques, Rybak et Sotnikov, sont capturés par les Allemands lors d’une mission dans les forêts enneigées de l’Est. Confrontés à la torture et aux humiliations, il leur reste deux possibilités : la soumission ou la résistance. Ce quatrième film de la cinéaste ukrainienne Larisa Cheptiko est aussi son dernier : l’épouse d’Elem Klimov meurt à quarante et un ans dans un accident de voiture. Dans l’épure enneigée de paysages indifférents, sa mise en scène inventive se met au service d’une réflexion puissante sur le sacrifice, la guerre et la nature humaine. Ours d’or, Berlin 1978.
16H30 Nostalghia (Ностальгия)
Andrei Tarkovski - Italie, URSS - 1983 - 2h06 – vostf
Avec Oleg Jankovsky, Domiziana Giordano, Erland Josephson…
Andrei Gorchakov, poète russe exilé en Italie, se débat avec ses souvenirs et son identité perdue. Accompagné par Eugenia, jeune et belle interprète, il réalise des recherches en Toscane sur un compatriote compositeur, Sosnovsky, qui y a séjourné au 18e siècle et s’est suicidé à son retour en Russie. L’avant-dernier film de Tarkovski qui, confronté à la censure soviétique, le tourne en Italie mais sans cesser d’explorer ses thèmes favoris : solitude existentielle, spiritualité, sentiment de la perte. Le film fut multiprimé au Festival de Cannes 1983 : Grand prix du cinéma de création, Prix Fipresci, Prix du jury œcuménique.
20h45 Les Tsiganes montent au ciel (Tabor ukhodit v nebo)
Emil Loteanu - URSS - 1976 - 1h55 - vostf
Avec Maria Kapnist, Grigore Grigoriu, Svetlana Toma…
Au 19e siècle, la Ruthénie subcarpatique (région montagneuse des Carpates ukrainiennes, polonaises et slovaques) est sous occupation austro-hongroise. Là, dans une communauté tsigane, Zobar, charismatique voleur de chevaux, aime Rada, mystérieuse magicienne. Mais tous deux apprécient par-dessus tout leur liberté et leur indépendance. Adapté des récits de Maxime Gorki, le film est un hommage à la culture tsigane et une ode mélancolique à la liberté. Immense succès public, il sera vu par 64,9 millions de spectateurs en 1976 et primé à Saint-Sébastien ainsi qu’à Belgrade.
Après plus de 50 ans de Rencontres de cinéma en milieu rural, il semblait intéressant de revisiter le regard que peuvent porter des cinéastes de différents pays européens sur le monde paysan et ses mutations.
9H30 Les Saints innocents (Los santos inocentes)
Mario Camus - Espagne - 1984 - 1h45 - vostf
avec Francisco Rabal, Alfredo Landa, Terele Paves…
Dans les années soixante, durant le franquisme, une famille de paysans espagnols vit sous la tutelle d’un puissant propriétaire terrien. Cette vie de perdants, cette famille l’assume avec calme et résignation. Un fait anodin va troubler le cours de leur existence. Portrait naturaliste d’un monde rural toujours ancré dans la féodalité au temps de l’Espagne franquiste, d’après le roman Los Santos inocentes de Miguel Delibes. Double Palme du meilleur acteur au Festival de Cannes 1984 grâce au jeu de Alfredo Landa et Francisco Rabal. Mention spéciale du Prix du jury œcuménique.
14H00 Le Grand Paysage d’Alexis Droeven
Jean-Jacques Andrien - Belgique - 1981 - 1h28
avec Jerzy Radziwilowicz, Nicole Garcia, Maurice Garrel
Dans un village belge des années 50, Alexis Droeven est confronté à une double crise : intime, car son père vient de mourir et il doit décider s’il va reprendre ou non la ferme familiale ; historique, car, en plein début de la Politique Agricole Commune européenne, il doit choisir entre adaptation à de nouvelles normes agricoles ou marginalisation. Cette œuvre intime et réaliste dont le scénario est signé par le poète belge Franck Venaille explore les tensions entre désirs individuels et contraintes sociales et se penche sur un moment clé de l’histoire paysanne. Elle a obtenu notamment une mention spéciale au Festival de Berlin en 1981.
16H30 Fermière à Montfaucon
d’Éric Rohmer - 1967 - 13 min
Peaux de vaches
Patricia Mazuy - France - 1989 - 1h27
avec Sandrine Bonnaire, Jean-François Stévenin, Jacques Spiesser…
Suite à l’incendie provoqué par deux frères au sein de la ferme familiale, l’un d’eux est longuement emprisonné. Il décide de revenir à sa sortie de prison. Les retrouvailles des frères provoquent alors de profonds bouleversements au sein de ce huis clos familial et vont révéler de nombreux non-dits. Pour son premier film, resté invisible pendant trente-deux ans, Patricia Mazuy inscrit résolument son sujet au sein du paysage rural picard, cadre à partir duquel elle met en scène ce psychodrame familial porté par un puissant jeu d’acteurs. Prix Georges Sadoul 1988.
20h45 Béliers (Hrútar)
Grimur Hakonarson - Islande - 2015 - 1h32 – vostf
avec Sigurður Sigurjónsson, Theodór Júlíusson, Charlotte Bøving…
Deux vieux frères éleveurs dans une vallée reculée d’Islande ne se parlent plus depuis quarante ans. Quand une maladie frappe le cheptel, ils vont devoir joindre leurs efforts pour sauver leur seul bien, leur troupeau de béliers. Ce formidable mélange d’humour noir et de drame met en scène la beauté de sublimes paysages de l’île de feu et de glace. Dans ces terres froides où la parole est souvent absente, se révèlent peu à peu des rapports humains rudes et solidaires à la fois. Prix Un certain regard, Cannes 2015. Nomination au Prix du cinéma européen 2015.
Une journée en présence de la réalisatrice Aline Issermann et de l’actrice Mireille Perrier, pour un échange sur les choses de la vie et des sujets de société.
9H30 Le Rendez-vous
de Salomé du Chatenet - 2025 - 14 min
La Vallée des anges
Aline Issermann - France - 1989 - 1h20
avec Mireille Perrier, Michel Dufresne, Jessica Forde…
Une équipe de cinéma composée de jeunes acteurs arrive dans une usine désaffectée, en Lorraine. Ils tournent une fiction en s’appuyant sur l’allure fantomatique de l’usine. Entre les prises du tournage, ils déambulent dans les hangars. La réalité se mélange alors à la fiction du film...
« Aline Issermann fait revivre un passé riche et dont l’anéantissement prévu est en soi-même un symbole. Le décor, gigantesques machines inertes, vitres brisées par lesquelles pénètre un soleil blafard, herbes poussant entre les rails, etc. ne manque pas de poésie et donne lieu à de beaux plans » (Fiches cinéma 1989).
14H00 Le Destin de Juliette
Aline Issermann - France - 1983 - 1h49
avec Laure Duthilleul, Richard Bohringer, Hippolyte Girardot
Vingt ans de la vie d’une femme, d’une mère courage. Juliette aime un ouvrier agricole, Pierre, mais va être contrainte d’épouser un cheminot, Marcel, qu’elle n’aime pas. Marcel ne parvient pas à développer une relation sentimentale avec Juliette. Leur histoire tourne rapidement au cauchemar...
Aline Issermann a su équilibrer la part d’émotion qui revient à la tragédie quotidienne vécue par Juliette et Marcel dans leur environnement domestique étriqué et la beauté poétique qui émane du cadre naturel traité à l’égal d’un personnage.
16H30 Différente
Lola Doillon - France - 2025 - 1h40
avec Jehnny Beth, Thibaut Evrard, Mireille Perrier…
Katia, trente-cinq ans, un travail, un appartement, un amoureux. Mais elle est prudente car elle sait que cet équilibre est fragile. Sa participation à un reportage l’amène enfin à mettre un mot sur sa différence. Cette révélation va chambouler une vie déjà bien compliquée. À elle alors et à son entourage de continuer de vivre ensemble.
Un regard doux et empathique sur la singularité. Pour le rôle principal, Lola Doillon a fait appel à Jehnny Beth pour sa « sensibilité et son atypisme » et elle a défini avec elle les particularités de l’héroïne. La chanteuse est étonnante de justesse tout comme Mireille Perrier, parfaite dans le rôle de la mère.
20h45 Bénie soit celle par qui le scandale arrive
d’Aline Issermann - 1988 - 4 min
L’Ombre du doute
Aline Issermann - France - 1993 - 1h45
avec Mireille Perrier, Alain Bashung, Sandrine Blancke…
Alexandrine, douze ans, serait le seul témoin d’un crime qu’elle a du mal à dénoncer. Pourtant, quelques mots suffiront à semer la panique autour d’elle. Pourquoi porte-t-elle des accusations horribles envers son père avant de se rétracter ? Faut-il croire l’enfant ou le père qui tente de sauver sa famille ? Il s’agit d’une réalisation pudique et précise, rare et assez méconnue qui a le mérite de porter un regard à la fois froid, lucide et émouvant sur un sujet resté longtemps tabou mais toujours d’actualité.
Prix d’interprétation féminine à Sandrine Blancke, Venise 1994.
Une journée en présence d’une figure atypique du cinéma français, Luc Moullet qui, depuis plus d’un demi-siècle, propose une œuvre inventive et déroutante. Il sera accompagné d’Antonietta Pizzorno.
9H30 La Comédie du travail
Luc Moullet - France - 1988 - 1h30
avec Micha Bayard, Roland Blanche, Sabine Haudepin
Sylvain n’a qu’une envie, rester chômeur. Benoît a l’envie symétriquement inverse. Mais voilà, Françoise, (trop) efficace collaboratrice d’une agence pour l’emploi, est secrètement amoureuse de Sylvain. Elle va mettre tout son talent à lui trouver un travail dont il ne veut pas, au détriment de Benoît qui en aurait bien voulu un…
Ce film satirique questionne par l’absurde un monde du travail inégalitaire et brutal et ses « valeurs » supposées. Prix Jean Vigo 1988.
14H00 Essai d’ouverture
de Luc Moullet - 1988 - 14 min
La Terre de la folie
Luc Moullet - France - 2009 - 1h30
avec Luc Moullet…
« L’arrière-petit-neveu du bisaïeul de ma trisaïeule avait tué un jour à coups de pioche le maire du village, sa femme et le garde-champêtre, coupable d’avoir déplacé sa chèvre de dix mètres. Ça me fournissait un bon point de départ… ». À partir de ce « bon point de départ » autobiographique, Luc Moullet se livre à une enquête des plus sérieuses sur le « Pentagone de la folie », territoire des Alpes du Sud où semble devoir sombrer toute raison.
Entre documentaire et essai, poésie et satire, ce film hybride sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2009 est le dernier long métrage tourné par le réalisateur.
16H30 Genèse d’un repas
Luc Moullet - France - 1978 - 1h55
avec Luc Moullet, Antonietta Pizzorno
Onze ans avant L’île aux fleurs de Jorge Furtado, Luc Moullet analyse les liens entre ce que nous mangeons et notre monde. D’où vient donc ce repas banalement composé d’œufs, de thon en boîte, et de bananes ? Ou, plus largement : comment fonctionne l’économie mondialisée ?
Un film documentaire, journal intime à portée politique, où le burlesque permet d’avaler — en partie — le tragique. Il a obtenu une mention spéciale de l’Office Catholique au Festival du film de Berlin en 1981. Sélection officielle à l’International Film Festival, Rotterdam 1979 et au Cinéma du réel, Paris 2023.
20h45 Un steak trop cuit
de Luc Moullet - 1960 - 19 min
Les Naufragés de la D17
Luc Moullet - France - 2002 - 1h25
avec Patrick Bouchitey, Iliana Lolic, Mathieu Amalric, Sabine Haudepin…
En pleine guerre du Golfe, Paul, pilote de rallyes automobiles, et Anne, sa copilote, s’embourbent dans un chemin isolé des Alpes-de-Haute-Provence alors qu’ils préparent leur prochaine compétition. Anne va chercher du secours. Et bien évidemment, rien ne se passera normalement.
Entre rencontres improbables et situations absurdes, ce film est une comédie burlesque et décalée, mais peut aussi se voir comme partiellement documentaire : il est situé dans le territoire déserté des Alpes-de-Haute-Provence, notamment à Majastres. Prix Louis Delluc 2002.
Journée de découverte ou redécouverte de films singuliers d’horizons très divers. Surprises, innovations et émotions à poursuivre peut-être, suivant vos retours, une autre année.
9H30 Red Rose
Sepideh Farsi - Iran - 2014 - 1h27 - vostf
avec Mina Kavani, Vassilis Koukalani, Shabnam Tolouei...
En plein « mouvement vert » suite à la réélection frauduleuse du politicien Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, un homme et une femme, de deux générations différentes et d’avis politiques divergents, discutent de l’avenir de leur pays tout en se cachant de la police. La réalisatrice, installée en France depuis 1984, brise les tabous du cinéma iranien en faisant dialoguer la jeune génération contestataire et celle qui a contribué à la chute du Chah. Les scènes de sexe ont valu à l’actrice principale, Mila Kavani, des menaces du régime et de la presse iranienne. Installée depuis 2014 en France, elle a pu obtenir le statut de réfugiée politique.
14H00 Adieu Philippine
Jacques Rozier - France - 1962 - 1h50
avec Jean Claude Aimini, Yveline Cery, Stefania Sabatini…
En 1960, Michel, modeste machiniste à la télévision, séduit à la sortie du studio Liliane et Juliette, inséparables comme des « amandes philippines ». Hanté par son prochain départ au service militaire en Algérie, il part en Corse où les deux jeunes filles le rejoignent... Pendant ces vacances, il s’amuse avec l’une et l’autre jusqu’au moment où il est contraint d’embarquer pour Marseille en promettant de retrouver celle qui saura l’attendre... Dans ce joyau de la Nouvelle Vague prévalent des impressions de fraîcheur, de liberté arrachée au réel qui sont portées par les rythmes musicaux et par la spontanéité de la mise en scène.
16H30 Poussières dans le vent (Liàn liàn fēngchén)
Hou Hsiao-hsien - Taïwan - 1986 - 1h49 - vostf
avec Shufang Chen, Hsin Shu-Fen, Li Tien-lu…
A-yuan et A-yun, deux amis d’enfance originaires de la même ville minière, décident de quitter leur village pour étudier et travailler à Taipei. Leur amour naissant s’entremêle à une temporalité et un destin qui leur échappent. Chronique d’une sortie de l’adolescence, ce film exemplaire de la « Nouvelle Vague taïwanaise » ouvre l’œuvre de Hou Hsiao-hsien, figure majeure du mouvement. Racontant les migrations internes entre ville et campagne à l’échelle de la famille, du couple et des amitiés, le film entrecroise les générations et fait dialoguer l’histoire intime avec l’histoire politique du pays, « entre doux plaisir et amertume du temps qui passe » (David Vasse).
20h45 La Nuit des morts vivants (The Night of the Living Dead)
George A. Romero - USA - 1968 - 1h36 - vostf
avec Duane Jones, Judith O’Dea, Karl Hardman…
Comme chaque année, Barbara et Johnny viennent fleurir la tombe de leur père. Mais lorsque Johnny est attaqué par un homme étrange, Barbara s’enfuit et se réfugie avec d’autres survivants dans une maison de campagne. Premier volet de la saga des zombies de George Romero, The Night of the Living Dead est un film indépendant qui, malgré un budget modeste, est devenu un modèle du cinéma d’horreur. Il dialogue avec le contexte sociopolitique de l’Amérique de l’époque et reflète les convictions politiques de son réalisateur.