(1) Mes jours deviennent plus amers et plus longs à cause de la privation de mon doux Jésus. Les heures sont des siècles, les jours ne finissent jamais ; et tandis que je fais mes rondes habituelles dans la Création, je veux et j’invite tout le monde à pleurer Celui qui, en s’envolant loin de moi, me laisse seule et abandonnée dans mon dur martyre de vivre comme si je n’avais pas de vie, car Celui qui formait ma véritable vie n’est plus avec moi.
Dans mon amertume, j’appelle le soleil, afin qu’il verse des larmes de lumière pour attendrir Jésus et qu’Il revienne vers Sa petite exilée ; j’appelle le vent, pour que ses larmes gémissent, hurlent, et qu’avec son souffle impétueux, il assourdisse l’ouïe de Jésus afin qu’Il cède et revienne ; j’appelle la mer à mon aide, afin qu’elle transforme toutes ses eaux en larmes, et que le murmure de ses pleurs et le tumulte de ses vagues crée du tumulte au plus profond de Son divin Cœur, afin que mon Tout se décide bientôt à me redonner Sa vie. Mais qui peut dire mes sottises ?
Je cherchais de l’aide auprès de tous pour qu’ils me fassent revenir Jésus, mais Lui ne venait pas. Et je poursuivais ma ronde dans Sa Volonté adorable, en suivant les actes qu’Il accomplit lorsqu’Il était sur la terre ; je me suis arrêtée lorsqu’Il bénissait les enfants, bénissait Sa Maman Céleste, bénissait les foules et d’autres encore, et je priais Jésus de bénir Sa petite fille qui en avait tant besoin. Et Lui, se mouvant en mon intérieur, levant son bras pour me bénir, me dit :
(2) « Ma fille, Je te bénis de tout cœur, dans ton âme et dans ton corps. Que Ma bénédiction soit la confirmation en toi de ce que la Divinité fit en créant l’homme : Notre ressemblance. Tu dois savoir que, tout au long de Ma vie mortelle, dans tout ce que Je faisais, Je bénissais toujours. C’était le premier acte de la Création que Je rappelais sur les créatures ; et pour le confirmer, en bénissant, J’invoquais le Père, le Verbe et le Saint-Esprit.
Les Sacrements eux-mêmes sont animés par ces bénédictions et invocations : ainsi, en appelant la ressemblance du Créateur dans les âmes, ils 1 appellent en même temps la vie de Ma Divine Volonté, afin qu’Elle revienne régner en elles, comme au commencement de la Création. Car seule Ma Volonté a la vertu de peindre, de façon vivante, dans les âmes, la ressemblance de Celui qui les a créées, de faire croître cette ressemblance divine en elles et de la conserver avec les vives couleurs divines.
Tu vois donc ce que signifie la bénédiction : c'est la confirmation de Notre Œuvre créatrice. Car l’Œuvre que Nous accomplissons – une seule fois – est si pleine de sagesse, de sublimité et de beauté, que Nous aimons la répéter sans cesse. Et si Notre bénédiction n’est rien d’autre que le soupir de Notre Cœur qui désire ardemment voir Notre image réintégrée dans les créatures, et la répétition de la confirmation de ce que Nous voulons accomplir, alors le signe de croix que l’Église enseigne aux fidèles devient la supplication des créatures pour obtenir Notre ressemblance. Faisant écho à Notre bénédiction, ils répètent : "Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit." Ainsi, sans le savoir, l’Église et tous les fidèles s’harmonisent avec le Créateur éternel et désirent la même chose.
En effet, Dieu 2 , en bénissant et en prononçant les paroles " Père, Fils et Saint-Esprit ", veut donner Sa ressemblance ; et les créatures l’implorent en faisant le signe de la croix et en prononçant les mêmes paroles. »
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1 ils : les sacrements (les bénédictions)
2 Dieu : la Trinité toute entière (Père, Fils, et Saint-Esprit) ; c’est Jésus – le Verbe incarné – qui parle, mais Il exprime l’intention divine qui agit à travers les bénédictions, les sacrements, les paroles sacrées ; quand le prêtre bénit au nom de Dieu ("Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit"), c’est Dieu Lui-même qui agit à travers lui – selon la théologie catholique du sacerdoce.
(1) Je me sentais toute préoccupée à cause de ces [sacrés] écrits 1 : la pensée de devoir les publier est pour moi une source constante de tourment. De plus, tous les incidents qui surviennent — sous une forme ou sous une autre — me font souvent penser que ce n'est peut-être pas la Volonté de Dieu qu'ils soient publiés. Sinon, il n’y aurait pas tant d’obstacles. Peut-être le Seigneur préfère-t-Il que je Lui offre mon sacrifice non en paroles [écrits, témoignages], mais par des actes [prières, renoncements], et qu’ainsi Il veuille m’épargner une si grande douleur ? Rien que la pensée de m’opposer à Sa Volonté Divine me fait dire : FIAT ! FIAT ! Mais tandis que je réfléchissais à cela, mon toujours aimable Jésus s'est manifesté en mon intérieur et m'a dit :
(2) « Ma fille, la Volonté de Dieu que les écrits de Ma Divine Volonté voient le jour est absolue ; quels que soient les obstacles ou les incidents qui peuvent survenir, Elle triomphera de tout. Et même s’il devait s’écouler des années et des années, Elle saura tout disposer pour que Sa Volonté absolue soit accomplie. Le moment où ces écrits seront révélés est relatif ; il dépendra de la disposition des créatures à accueillir un si grand bien, ainsi que de la disponibilité de ceux qui devront s'en charger — les 'crieurs publics', les hérauts 2 prêts à faire le sacrifice nécessaire pour introduire la nouvelle ère de paix, ce nouveau Soleil qui dissipera tous les nuages du mal.
Si tu savais combien de grâces et de lumières J’ai préparées pour ceux que Je vois disposés à s’en occuper ! Ils seront les premiers à ressentir le baume, la lumière, la vie de Mon 'FIAT'. Regarde comme Je tiens dans Mes mains les vêtements, la nourriture, les ornements que J’ai préparés pour ceux qui doivent s’en occuper. J'observe qui sont les vrais disposés, afin de pouvoir les investir des prérogatives nécessaires à une œuvre si sainte — œuvre que J’aime tant et que Je veux les voir accomplir. Mais Je dois aussi te dire : malheur à ceux qui s'y opposent ou pourraient y faire obstacle ! Quant à toi, ne change rien de ce qui est nécessaire pour préparer le Règne de Ma Divine Volonté – pas même une virgule – afin que, de Ma part comme de la tienne, tout soit accompli pour offrir ce grand bien aux créatures. Ainsi, rien ne manquera : dès qu’elles seront disposées, elles trouveront tout prêt, à sa place, et conforme à ce qu’il faut.
N’ai-Je pas fait de même pour l’Œuvre de la Rédemption ? J’ai tout préparé, tout accompli, tout souffert, malgré les nombreuses circonstances contraires : Mes propres apôtres, vacillants, pleins de doutes, timides, au point de s’enfuir dès qu’ils Me virent aux mains des ennemis, Me laissant seul. Et Moi, Je n’ai même pas eu le bonheur de voir le moindre fruit pendant que J’étais sur la terre. Mais malgré tout cela, Je n’ai rien omis de ce qui était nécessaire pour que l’Œuvre de la Rédemption soit complète, afin que, lorsqu’ils ouvriraient les yeux pour regarder ce que J’avais fait, ils trouvent tout le bien nécessaire pour être rachetés, et qu’il ne leur manque rien pour recevoir le fruit de Ma venue sur la terre.
Ma fille, le Règne de Ma Rédemption et celui de Ma Volonté sont tellement liés qu’Ils se donnent la main et subissent presque le même sort à cause de l’ingratitude humaine. Mais il ne faut ni s’en préoccuper, ni s’arrêter lorsqu’il s’agit d’apporter et de former un si grand bien. Il est nécessaire que Nous [Jésus et Luisa] accomplissions une œuvre complète, afin qu’il ne manque rien de Notre part. Ainsi, lorsque les créatures se disposeront, elles trouveront tout ce qu’il faut pour recevoir le Règne de Ma Volonté. »
(3) Après cela, je continuais mes actes dans la Divine Volonté, mais je continuais à me sentir oppressée. Mon doux Jésus revint alors Se montrer : Il semblait tenir dans Ses bras trois ou quatre prêtres, les serrant contre Sa poitrine comme pour leur infuser la Vie de Son divin Cœur. Il me dit :
(4) « Ma fille, regarde comme Je tiens serrés dans Mes bras ceux qui doivent s’occuper des écrits sur Ma Volonté adorable. Dès que je vois en eux la moindre disposition à s’en occuper, Je les presse sur Mon Cœur pour leur infuser ce qui est nécessaire à une Œuvre si sainte. Alors, courage, n’aie pas peur. »
(5) Après quoi Il se fit voir en moi. Et je vis dans les profondeurs de mon être un champ immense – non pas de terre, mais de cristal très pur. Tous les deux ou trois pas dans ce champ, se trouvait un Enfant-Jésus entouré de lumière. Oh ! comme ce champ était beau avec tous ces enfants ! Chacun avait son propre soleil – radieux et merveilleux – rien qu’à lui. J’étais surprise de voir tant de Jésus dans les profondeurs de mon âme, chacun jouissant de Son propre soleil ; et mon doux Jésus, voyant ma surprise, me dit :
(6) « Ma fille, ne t’étonne pas. Le champ que tu vois est Ma Divine Volonté, et les nombreux Jésus que tu contemples sont Mes vérités concernant Mon 'FIAT'. En chacune d’elles réside une de Mes Vies, laquelle, forme un Soleil resplendissant et s’entoure de lumière, afin de répandre Ses rayons infinis pour faire connaître que Je Suis la Source – d'où jaillissent Mes vérités.
Vois combien de Vies J’ai fait surgir : autant qu’il y a de vérités que Je t’ai manifestées. Ce sont Mes Vies que J’ai fait jaillir de la source même du Soleil, non pas d'une simple lumière, et Je suis resté au milieu d’elles pour que tous ressentent la force et la vertu créatrice présentes dans ces vérités. J’aime chacune d'elles autant que Je M’aime Moi-même, et celui qui ne voudrait pas reconnaître Ma vie, Mon soleil, Ma vertu créatrice dans ces vérités sur Mon 'FIAT', ou bien est aveugle, ou bien a perdu le don de l’intelligence. Cela devrait être pour toi une grande consolation de posséder en toi autant de Mes Vies qu’il y a de vérités que Je t’ai manifestées. Reconnais donc ce grand bien, Je ne pourrais te confier un plus grand trésor ! Et ne t’inquiète pas : le Soleil saura trouver Sa voie ; puisqu'Il est lumière, personne ne pourra empêcher Sa marche. »
(7) Puis il ajouta avec un accent plus tendre : « Ma fille, Notre Majesté Adorable aime tellement la créature que Nous mettons à sa disposition Notre propre Vie, afin qu’elle devienne semblable à Nous. Nous plaçons Notre vie devant la créature, afin qu'en La prenant pour modèle, elle puisse L'imiter et former des copies de son Créateur. C’est pourquoi Nous déployons tant de stratagèmes et de délicatesses d’amour, et Nous accordons des grâces surprenantes : c'est pour Nous voir reproduits dans la créature. Alors seulement Nous serons pleinement satisfaits : Notre amour, uni à Notre Divine Volonté, aura conquis la créature, et Nous pourrons reconnaître en elle Notre image et Notre ressemblance, telle qu’elle est sortie de Nos mains créatrices. »
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1 ces sacrés écrits ; questi benedetti scritti en italien ; benedetti signifie bénis, mais dans le langage courant, cette expression prend souvent un ton affectueux mêlé d’agacement ou de lassitude ; l’adjectif français « sacrés » est utilisé dans le même esprit, non dans son sens religieux, mais comme un terme familier soulignant une charge émotionnelle ambivalente (exaspération mêlée d’attachement).
2 crieurs publics : banditori en italien - terme plus familier ; hérauts : messager officiel qui annonce les nouvelles du roi, d’une autorité, celui qui annonce, proclame ou prépare une mission divine (par exemple, Jean-Baptiste est le héraut du Christ).
(1) Je suivais mes actes dans le 'FIAT' divin et, tout en faisant cela, je pensais en moi-même : " Quelle est la différence entre agir pour le bien dans la Volonté Divine et agir pour le bien dans la volonté humaine ? " Et mon doux Jésus, se mouvant au-dedans de moi, me dit :
(2) « Ma fille, quelle différence y a-t-il ? Il y a une distance telle que toi-même, tu ne peux parvenir à comprendre toute la valeur qu’il y a à agir dans Ma Volonté Divine. Agir dans Mon 'FIAT', c'est une vie que l’âme prend en elle : c’est une Vie divine, et cette Vie, dans sa plénitude, est la source de tous les biens. Chaque acte accompli dans Ma Volonté renferme en lui une Vie qui n’a ni commencement ni fin ; il contient un Acte 1 qui fait tout surgir, une source qui ne s’épuise jamais. Mais que fait surgir cette source ? Elle fait surgir la sainteté continuelle, le bonheur, la beauté, l’amour... ; toutes les qualités divines sont en acte de naître continuellement et de croître. Et pour l’âme qui pourrait posséder un seul acte accompli dans Ma Volonté, quand bien même on réunirait toutes les bonnes œuvres de toutes les créatures de tous les siècles, ces oeuvres ne pourraient jamais égaler ce seul acte fait dans Ma Volonté, car c’est la Vie qui règne en lui. Dans les autres œuvres faites en dehors de Ma Volonté, il n’y a pas la Vie en elles : ce sont des œuvres sans vie.
Imagine que tu accomplisses une œuvre : tu y mets ton travail, mais non ta vie. Par conséquent, celui qui pourrait posséder ou voir cette œuvre posséderait ou verrait ton travail, mais non ta vie. Telles sont les œuvres humaines : ce sont des travaux que font les créatures, et non une vie qu’elles mettent dans leurs œuvres ; elles sont donc sujettes à se salir, à s’user et même à se perdre. Par contre, l’amour si grand de Ma Volonté et Sa jalousie pour l’œuvre que l’âme accomplit en Elle sont tels qu’Elle (Ma Volonté) place, au milieu de l’œuvre et comme centre, Sa Vie divine. Ainsi, l’âme qui fait tous ses actes en Elle possède autant de Vies divines 2 qu’elle accomplit d’actes dans Mon 'FIAT' Suprême. On peut l’appeler la bilocatrice 3 et la peuplante de la Vie divine 4 dans la mer interminable de Ma Volonté éternelle.
Par conséquent, aussi nombreux que soient les œuvres et les sacrifices des créatures, ils ne peuvent jamais Me plaire si Je ne vois pas couler la Vie de Ma Volonté en eux. Étant sans vie, il n’y a pas dans leurs œuvres l'amour qui aime toujours, la sainteté qui croît toujours, la beauté qui s’embellit toujours, la joie qui sourit toujours. Au mieux, ces qualités peuvent se manifester dans l’acte de leur agir, mais une fois le travail achevé, l’exercice de leur vie dans leur œuvre prend fin également. Et Moi, ne trouvant pas la continuité de leur vie dans leur œuvre, Je n'y trouve ni goût ni plaisir, et J'aspire à l'âme qui vit dans Ma Divine Volonté, afin de trouver des œuvres remplies de Vies divines qui aiment toujours. Ces œuvres ne sont pas muettes, mais parlantes 5 ; et puisqu'elles possèdent une Volonté Divine, elles savent si bien parler de leur Créateur que Je prends tout Mon plaisir à les écouter et demeure avec elles avec tant d’amour qu'il M'est impossible de M’en séparer, d'autant plus que c'est Ma propre Vie qui Me lie à elles par des liens indissolubles.
Oh ! si tu savais le grand bien qu’il y a pour toi d’avoir été appelée à vivre dans Ma Volonté, les prodiges et les richesses infinies que tu peux contenir, l’amour avec lequel ton Jésus se sent aimé de toi, tu serais plus attentive, plus reconnaissante, et tu désirerais ardemment que Mon 'FIAT' soit connu et qu’Il établisse Son Règne parmi les créatures ; car Lui seul sera le semeur de Vie divine dans la Création. »
(3) Je continuais ensuite mon abandon dans le 'FIAT', et mon esprit se perdait en contemplant Son interminabilité (Son infinitude), Sa lumière qui éclaire tout, Sa puissance qui accomplit tout, Sa sagesse qui ordonne et dispose toute chose. Mon pauvre et petit esprit voulait puiser à pleines mains à cette lumière et à cette mer sans fin, mais il n'en prenait que quelques gouttes ; et encore, avec des termes non pas humains, mais divins, que ma faible capacité ne savait traduire en paroles. Mais, tandis que j’étais immergée dans cette mer de lumière, mon Bien-aimé Jésus, apparaissant au milieu d'elle, me dit :
(4) « Ma fille, Ma Volonté est lumière, et le privilège ainsi que la vertu de cette lumière sont de vider l’âme qui se laisse dominer par Elle (Ma Volonté) de toute passion. En effet, Ma Volonté s’installe en l'âme comme Son centre et, par sa chaleur et sa lumière vivifiante, Elle délivre l'âme de tout poids humain, vivifiant toutes choses et les transformant en germe de lumière. Ainsi, Elle fait naître dans l’âme une Vie nouvelle, entièrement pure et sainte, sans germe de mal, telle qu’elle sortit de Nos mains créatrices.
Ainsi, cette créature bienheureuse ne craint pas de faire du mal à qui que ce soit, car la vraie lumière ne fait jamais de mal à personne ; au contraire, elle apporte à tous le bien contenu dans Ma lumière vivifiante. Elle ne peut non plus craindre d’en recevoir, car la vraie lumière est intouchable et ne peut recevoir même l’ombre du mal. Par conséquent, l’âme n’a plus qu’à se réjouir de sa béatitude et à répandre sur tous la lumière qu’elle possède. »
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1 Ici, le mot Acte (avec majuscule) ne désigne pas une action humaine ordinaire, mais l’Acte divin originel, source et principe de toutes choses, qui se trouve mystérieusement contenu dans l’acte de l’âme lorsqu’elle agit dans la Volonté Divine.
2 Vies divines (pluriel) : chaque acte accompli dans la Volonté Divine devient porteur d’une Vie divine entière, de sorte que l’âme en possède une pour chaque acte réalisé.
3 Bilocatrice : âme qui, par l’action de la Volonté Divine, se trouve en deux « lieux » à la fois — dans son lieu propre et, simultanément, au cœur même de l’Acte divin. Elle agit donc à la fois comme créature et en Dieu, par Dieu.
4 la peuplante de la Vie divine « la popolatrice della vita divina » : désigne l’âme qui, par ses actes dans la Volonté Divine, répand et « peuple » de la Vie divine Elle-même (au singulier, comme réalité unique et infinie) l’immensité sans limites de la Volonté éternelle ; il ne s’agit pas de plusieurs « vies » séparées, mais de la participation plénière à l’unique Vie divine, semée et diffusée dans cet océan spirituel.
5 œuvres parlantes « opere parlanti » : les œuvres accomplies dans la Volonté Divine ne sont pas seulement des actions extérieures ; elles expriment la Vie divine qu’elles contiennent. Elles « parlent » de Dieu par l’amour, la sainteté, la beauté et la joie qu’elles manifestent, rendant témoignage de leur Créateur, contrairement aux œuvres humaines ordinaires, qui restent « muettes » car elles ne portent pas la Vie divine. Ces œuvres communiquent activement la présence de Dieu et participent à Son Royaume.
(1) Je continuais ma ronde dans la Création, m’arrêtant tantôt ici, tantôt là, pour pouvoir suivre et contempler ce que Dieu avait fait dans la Création. Et en arrivant à ce qu’Adam avait fait dans l’état d’innocence, je me disais en moi-même : "Comme j’aimerais savoir faire ce que notre père a fait dans l’état d’innocence, pour pouvoir, moi aussi, aimer et glorifier mon Créateur comme il le fit dans l’état premier de sa création." Mais tandis que je pensais cela, mon Bien-aimé Jésus, se mouvant dans mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, dans son état d'innocence, Adam possédait la vie de Ma Divine Volonté, et donc il possédait la vie et la vertu universelle. C’est pourquoi, dans son amour et dans ses actes, Je trouvais concentré l’amour de tous et de tout ; tous les actes étaient unifiés ensemble, et même Mon agir n’était pas exclu de son acte. Je trouvais donc tout dans l’agir d’Adam : toutes les nuances de beauté, la plénitude de l’amour, une maîtrise admirable et inatteignable, et puis, tout et tous.
Or celui qui vit dans Ma Volonté remonte à l’acte d’Adam innocent ; et, faisant siens la vie et la vertu universelles ainsi que son acte, il remonte aussi aux actes de la Reine du Ciel et à ceux de son propre Créateur. Les parcourant tous et se centrant en eux, il dit :
"Tout m’appartient, et tout, je le donne à mon Dieu. Comme Sa Volonté Divine est mienne, tout ce qui en est issu m’appartient également. Et moi, n’ayant rien à moi, par Son 'FIAT' je possède tout et je peux donner Dieu à Dieu. Oh ! comme je me sens heureux, glorieux, victorieux dans l’Éternelle Volonté ! Je possède tout et je peux tout donner, sans rien épuiser de mes immenses richesses."
Ainsi, il n’existe aucun acte, ni au Ciel ni sur la terre, où Je ne trouve celui qui vit dans Ma Volonté. 1 »
(3) Puis, je continuai ensuite à suivre les actes du divin FIAT', et mon toujours aimable Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, Ma Volonté est ordre, et dans l’âme où Elle règne, Elle y instaure Son ordre divin ; en vertu de cet ordre, la créature ressent de l’ordre dans ses pensées, ses paroles, ses œuvres et ses pas : tout n’est que parfaite harmonie. Cette Divine Volonté maintient l’ordre dans toutes les œuvres issues de l’Être suprême, de telle sorte qu’elles sont si étroitement liées entre elles qu’elles en deviennent inséparables, bien que chacune conserve sa fonction distincte. Mais, en vertu de cet ordre, l’union est telle qu’aucune ne pourrait vivre ni agir sans l’autre, d'autant plus qu'une seule Volonté les anime et les vivifie (leur donne vie). Par le 'FIAT', l’âme ressent en elle l’ordre de son Créateur ; elle se sent si étroitement liée et unie à Lui qu’elle se sent inséparable et fusionnée avec Lui.
Elle a l’impression d’être le ciel, tant il y a d’ordre dans ses paroles, ses actions, ses pensées et ses pas, et elle sent glisser les étoiles qui ornent le ciel merveilleux [de son âme] ; elle se sent Soleil et désire courir donner à tous la lumière ; elle se sent Terre et se réjouit des splendides floraisons et des magnifiques paysages de la mer de grâces qui coule dans son âme. Elle voudrait faire extérioriser ces scènes enchanteresses et ces beaux prés fleuris, afin que tous en jouissent et reçoivent les grands bienfaits du Règne de Ma Volonté Divine.
Donc le signe véritable que Mon 'FIAT' règne dans la créature est l’absence de tout conflit et de tout désordre en elle, et la présence de la plus haute harmonie et d’un ordre parfait, car tout ce qu’elle fait prend son origine en Celui qui l’a créée, et elle ne fait que suivre l’ordre et les œuvres de son Créateur. »
(5) Puis Il ajouta :
« C’est pourquoi, Ma fille, la vie de celle qui fait vivre Ma Volonté adorable en elle M’est tellement précieuse, si belle et d’une beauté si rare qu’il est impossible d’en trouver de semblable. Je ne vois sortir d’elle rien d’autre que Nos œuvres. Si cela était nécessaire à Notre gloire et à Notre amour inextinguible, cette créature formerait pour Nous un nouveau ciel et toute la Création ensemble, et, en parcourant les œuvres de la Rédemption et de la Sanctification, elle Nous offrirait de nouvelles rédemptions et sanctifications.
Car, cette Divine Volonté qui fit tout cela en Nous-mêmes, peut agir de la même manière dans la créature où Elle domine et règne. Et tout comme Notre Volonté a appelé toutes Nos œuvres à partir du néant, Elle peut les appeler à partir du néant de cette créature, non seulement en répétant Nos œuvres, mais en y ajoutant des merveilles encore plus extraordinaires. Et Nous – Notre Être suprême – sachant que cette créature peut tout Nous donner en vertu de Notre 'FIAT', Nous Nous sentons glorifiés et aimés comme si, en vérité, elle les accomplissait pour Nous ; car en elle, Nous voyons non seulement ce qu’elle fait pour Nous, mais aussi ce qu’elle peut faire.
Tu vois donc combien de précieux trésors cette créature renferme, combien elle est belle dans tous ses actes. Ses nuances de beauté Nous ravissent et forment les plus délicieux spectacles pour Notre regard divin, tant et si bien que dans Notre effusion d’amour, Nous sommes contraints d’exclamer :
« Oh ! Notre Volonté, combien Tu es prodigieuse ! admirable ! aimable ! et délicieuse dans la créature où Tu règnes ! Elle est Ton voile dans lequel, en Te cachant, Tu prépares les scènes les plus belles et délicieuses pour Nous réjouir. »
Par conséquent, on peut considérer cette créature comme la plus heureuse de toutes, car elle a le pouvoir d'attirer l'attention de son Dieu pour Lui faire fête et Lui faire goûter le fruit de Ses œuvres. Elle a même le droit de dire :
" En vertu de Ta Volonté, je possède tout, je T’apporte tout et je ne désire rien pour moi, car ce qui est à Toi est à moi." »
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1 La créature qui vit dans la Divine Volonté participe pleinement à tous les actes de la Création et de la Providence. Même les actions divines et celles des saints sont « retrouvées » en elle, car sa vie dans la Volonté Divine la rend pleinement unifiée avec tout ce qui émane de Dieu.
(1) Mon abandon dans le 'FIAT' est continu. Il me semble qu’Il me veut dans tous Ses actes, ou comme actrice avec Lui, ou au moins comme spectatrice de ce qu’Il fait, car, possédant l’acte incessant, la Volonté éternelle a pour nature de toujours agir et de ne jamais cesser d’opérer. Et moi, étant toute petite enfant, pourvu que je sois avec Lui, Il se contente de me tenir, d’une manière ou d’une autre. Ainsi, en suivant mon parcours à travers toute la Création, je pensais en moi-même : " Est-ce vraiment nécessaire ? Jésus veut-Il vraiment que je parcoure partout ? " Et mon Bien-aimé Jésus, se mouvant en mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, vivre dans Ma Divine Volonté, c’est se faire trouver par Dieu en chaque chose créée, afin que l’Être suprême trouve dans toutes Ses œuvres celle qu’Il aima 1 et appela du néant (la créature), et pour laquelle Il créa tant de variétés d’œuvres belles et merveilleuses (la création). Ne te trouvant pas en chacune de Ses œuvres, il Lui 2 manquerait l’écho de ton amour et de ta gratitude, et dans les œuvres où tu ne tournerais pas, ce serait comme s’Il ne les avait pas créées pour toi. Tandis que c’est précisément ceci Notre but en t’appelant à vivre dans Notre Volonté divine : que Nous te trouvions dans Nos œuvres et que tu Nous trouves en chaque chose créée, — toi, en Nous donnant ton petit amour, — et Nous, en te donnant le grand amour que Nous éprouvâmes en créant tant de choses. Et unissant ton amour au Nôtre pour n’en former qu’un seul, Nous pourrons dire : « Combien la petite fille de Notre Divine Volonté Nous aime ! » Autrement, Notre amour et Nos œuvres resteraient isolés, sans la compagnie de celle pour laquelle Nous avons tout créé. »
Vivre dans la Divine Volonté, c’est une communion totale entre le Créateur et la créature : étant inséparables, là où se trouve l’un se trouve l’autre, et dans tout ce que Dieu fait, la créature trouve sa petite place. Ne veux‑tu pas avoir une petite place dans toutes les œuvres de la Création et de la Rédemption ? Poursuis donc ton envol et laisse-toi porter par les bras de Mon 'FIAT' ; Il aura soin de mettre la petite enfant dans chacune de Ses œuvres. »
(3) « Après cela, pensant à la Reine Souveraine, je l’accompagnais lors de son Assomption (élévation au Ciel), et mon doux Jésus, se mouvant en mon intérieur, comme entonnant un chant de louange à Sa Maman céleste, me dit : »
(4) « Ma fille, la gloire de la Mère du Ciel est incomparable ; aucun autre habitant des régions célestes ne possède des mers de grâces et de lumière, des mers de beauté et de sainteté, des mers de puissance, de science et d’amour ; et bien plus encore, Elle possède ces mers dans l’océan infini du Créateur. Les autres habitants de la Patrie bienheureuse possèdent, tout au plus, pour certains de petits ruisseaux, pour d’autres quelques gouttes et pour d’autres encore, des petites fontaines.
Elle seule est unique, car Elle fut la seule à vivre pleinement dans le 'FIAT' divin. Jamais la volonté humaine n’eut de place en Elle : sa vie fut entièrement de Volonté Divine. Et, en vertu de cette Volonté, Elle concentra en Elle toutes les créatures, les concevant dans son Cœur maternel, et, en bilocalisant 3 son Fils Jésus tant de fois, Elle Le donna à chacune des créatures qu’Elle avait conçues dans son Cœur virginal. C’est pourquoi sa maternité s’étend à tous. Tous peuvent se glorifier et dire : " La Mère de Jésus est ma Mère, et cette Mère si douce, aimable et aimante, nous donne à chacun son Fils bien-aimé, comme gage de son amour maternel." Seule Ma Volonté pouvait lui donner cette vertu de concevoir toutes les créatures comme ses enfants et de multiplier tant de fois son Jésus pour chacun des enfants qu’Elle avait.
À présent, au Ciel, la Grandeur de la Mère Souveraine, possédant ses mers, ne fait rien d’autre qu’élever d’immenses flots de lumière, de sainteté, d’amour et autres, et les répandre sur le Trône de l’Être Suprême. Et Lui, pour ne pas se laisser surpasser par son amour, à partir des mers de la Vierge Reine – qu’Il maintient dans toute leur étendue et profondeur – forme des ondes encore plus grandes qu’Il répand sur Elle. Elle prépare alors de nouvelles vagues, et Dieu en prépare encore davantage. Ainsi, tout l’Empyrée 4 est inondé de ces vagues de lumière, de beauté, d’amour et autres, si bien que tous en profitent et en jouissent.
Et les Bienheureux, voyant qu’ils ne peuvent former ces vagues parce qu’ils ne possèdent pas de mers, comprennent que si leur Mère et Reine possède tout cela, c’est parce qu’Elle a formé sa vie et sa sainteté dans la Divine Volonté. Ainsi, grâce à la Vierge, les Saints savent ce que signifie la sainteté de la Divine Volonté dans les créatures, et ils soupirent à ce que d’autres créatures apportent ces mers dans la patrie céleste, afin de voir se former d’autres vagues – un enchantement et une joie immense pour eux.
La terre ne connaît pas encore cette sainteté de Ma Volonté, et c’est pourquoi Je désire tant la faire connaître. Mais au Ciel, Elle est bien connue grâce à la Reine Souveraine, qui, rien qu’en la voyant, se fait révélatrice de la sainteté de Mon 'FIAT'. Ainsi, par la vertu de ce 'FIAT', Elle fut sur la terre un prodige de grâces pour elle-même et pour toute la famille humaine, et Elle est prodige de gloire dans la patrie céleste ; et aucune autre créature ne peut être dite semblable à Elle. »
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1 À la lecture, on dirait que Jésus ne parle qu’à Luisa. Mais en réalité, Jésus s’adresse à elle comme représentant de toutes les âmes appelées à vivre dans la Divine Volonté. Quand Jésus dit : « colei che amò » (« celle qu’Il aima »), il parle de la créature en général (l’âme qui vit dans sa Volonté), mais Luisa est la première à en faire l’expérience.
2 Lui : Dieu
3 bilocalisant : du verbe italien bilocare, « se manifester simultanément en deux lieux ». Terme utilisé dans les écrits mystiques, sans équivalent exact en français.
4 tout l’Empyrée = le Ciel tout entier
(1) Je faisais mon tour habituel dans les œuvres de la Rédemption et, m’arrêtant tantôt sur une peine, tantôt sur une autre que Jésus et la Reine céleste avaient souffertes, je pensais en moi-même : "Qui sait combien leurs Cœurs restaient submergés dans leurs peines – et pas de petites peines : la Vierge, jusqu’au point de sacrifier Son propre Fils, et le Fils, Sa propre vie." Et mon doux Jésus, se mouvant au-dedans de moi, me dit :
(2) « Ma fille, puisque en Moi et en ma Mère régnait le 'FIAT' divin, Nous comprenions ce que signifiait accomplir et souffrir un acte en Lui, ainsi que le grand bien qui s’y acquérait. C’est pourquoi, en vertu de ce grand acquis, la peine Nous paraissait petite, comme une goutte d’eau dans l’immense mer. Et, pour faire d’autres acquisitions, Nous soupirions après d’autres occasions d’œuvres et de peines, car il n’existe aucune peine, pas même le sacrifice de sa propre vie, qui puisse égaler un si grand acquis — qu’est un acte accompli dans Ma Volonté divine. Nous Nous trouvions dans la condition d’une personne à qui l’on offre un travail, certes pénible, mais dont le gain est si grand qu’elle mettrait sa vie en jeu pour avoir l’occasion d’en obtenir d’autres semblables. Car, devant de si grands acquis, les peines se soupirent, se désirent, et l’on en vient même à les arracher. Si, pour le travail d’une seule journée, quelqu’un pouvait gagner un royaume, se rendre heureux lui-même et toute sa patrie, qui ne ferait ce travail d’une journée ?
Pour Moi et pour la Reine céleste, la Patrie était déjà Nôtre ; Nous étions infiniment heureux car celui qui possède le 'FIAT' divin n'est sujet à aucune tristesse : tout Nous appartenait. Cependant, Nos œuvres et Nos peines, dans Notre Volonté Divine, servaient à l’acquisition du Royaume pour la famille humaine, et chaque peine supplémentaire doublait leurs droits à un si grand acquis. Par amour pour eux et pour les voir heureux, Nous Nous sentions glorieux et victorieux que le jour de Notre vie ici-bas fût rempli de peines et d’œuvres à cause d’eux. Et puis, non seulement pour cela, c’est-à-dire pour le bien des créatures, mais aussi parce qu’agir dans le ‘FIAT’ donne à une Volonté divine le champ libre pour agir. Et en agissant en Lui, ce sont des cieux qui se déploient dans cet acte, des soleils qui s’y enferment, des biens immenses qui surgissent. En somme, c’est le 'FIAT' divin qui peut tout et possède tout. »
(3) Je poursuivais donc mon abandon dans la suprême Volonté, et je pensais aux nombreuses vérités que mon Bien-aimé Jésus m’avait révélées sur le 'FIAT' ; et Lui, en soupirant, ajouta :
(4) « Ma fille, autant de vérités que Je t’ai manifestées au sujet de Ma Volonté, autant de vies divines J’ai fait sortir – de Ma Volonté – pour le bien des créatures. 1 Ces vies existent, et elles sont si nombreuses qu’elles pourraient remplir le monde entier de la vie de Ma Volonté divine et apporter au milieu des créatures le bien qu’elles renferment. Mais puisque personne ne les connaît, elles restent cachées, inactives, sans répandre le bien que chacune possède. Avec une patience divine, elles attendent toutes que quelqu’un ouvre leurs portes pour les laisser sortir. Cela sera accompli par ceux qui se chargeront de faire connaître au monde l’existence de ces vies — ces vérités sur Ma Divine Volonté ; ils en ouvriront les portes et mettront ces vies sur le chemin des créatures, afin que chacune accomplisse son office et communique la lumière et le bien qu’elle renferme. 2 Pour le moment, ces vies ont des pieds mais ne marchent pas, des mains mais ne s’en servent pas, une bouche mais ne parlent pas ; elles attendent patiemment que quelqu’un les mette en action.
Quel compte devront Me rendre ceux qui maintiennent tant de vies inactives ? Regarde-les, Ma fille, comme elles sont prêtes à marcher, agir, parler ! Mais puisque personne ne les fait connaître, elles restent comme si elles n’avaient ni pieds, ni mains, ni voix. »
(5) J’ai regardé, et oh ! comme il était émouvant de voir ces vies, dont le nombre était si grand que je ne pouvais les compter, toutes en attente, désirant se mouvoir, parler, s’incliner vers chaque créature pour leur tendre la main, leur faire entendre leur leçon et leur donner le baiser, le bien du 'FIAT' divin.
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1 une vérité au sujet de la Volonté divine = une vie divine émise au-dehors, par la Volonté Divine, pour le bien des créatures
2 ceux qui ouvrent les portes aux vies divines sont ceux qui transmettent et partagent aux autres, les vérités sur la Divine Volonté
(1) Je pensais en moi-même : "Mais sera-t-il vraiment vrai que le Règne de la Volonté de Dieu viendra sur la terre ? " Et mon aimable Jésus, se mouvant à l’intérieur de moi, me dit :
(2) « Ma fille, comment peux-tu douter ? Ne sais-tu pas qu’il existe deux droits : celui de Dieu de donner ce Royaume, et celui de l’humanité de le recevoir ? Car en créant l’homme et en lui donnant Sa Volonté comme héritage, Dieu établissait ce droit : que Sa Divine Volonté règne sur la terre comme Elle règne au Ciel.
C’est tellement vrai que la vie du premier homme (Adam) commença dans le 'FIAT' ; en posant ses premiers actes en Lui, il déposait ses gages et ses œuvres 1 dans l’héritage divin. Ces gages et actes demeurent encore dans Ma Volonté – ils sont indélébiles ; et si l’homme en est sorti, ses actes, eux, sont restés. Ainsi, l’humanité entière conserve le droit de rentrer à nouveau dans le Royaume perdu. En effet, Nous ne considérons pas l’homme dans son individualité, mais toute la famille humaine comme une seule. Ainsi, même si l’un se détache, l’humanité demeure et peut recevoir ce que celui qui s’est éloigné a perdu [la Volonté Divine]. Voilà pourquoi il y a des droits des deux côtés. Autrement, il n’y aurait jamais eu de réelle possibilité pour l’homme de vivre dans Notre Royaume – ce n’aurait été qu’une parole vaine. Mais lorsque Nous donnons, Nous donnons avec des actes réels. Ceci est si vrai que la vie humaine trouve son origine (a son principe) dans le Royaume de Notre Volonté.
Si tu savais ce que signifie accomplir ne serait-ce qu’un seul acte dans Notre Volonté… sa valeur est incalculable. De plus, il y a les actes de Mon Humanité et ceux de la Reine du Ciel, tous accomplis dans le Royaume de Notre Divine Volonté ; et par eux, comme Chefs de la famille humaine, Nous avons confirmé de nouveau aux créatures leurs droits à rentrer dans Notre Royaume. »
(3) Après cela, j’étais préoccupée par la publication des écrits sur la Volonté de Dieu, surtout à cause de certaines oppositions. M’étant mise à prier, mon doux Jésus m’apparut tenant son Cœur entre Ses mains, tant Sa douleur était grande ; tout affligé, Il me dit :
(4) « Ma fille, combien Je suis affligé ! Ceux qui ont reçu le grand privilège de publier les vérités de Ma Divine Volonté auraient dû s’en réjouir, s’en sentir honorés, et en tirer gloire. Car jamais Je n’aurais pu leur confier un honneur ni une gloire plus grands que celui d’être appelés à une si haute mission. Et pourtant, ils cherchent à se cacher… Comme Mon Cœur en est blessé ! La douleur que Je ressens est si profonde que Je ne puis la contenir.
Les vérités concernant Mon 'FIAT' sont le nouvel Évangile du Royaume de Ma Divine Volonté. Dans cet Évangile, les hommes trouveront la lumière, les règles et les enseignements pour s’ennoblir, s’élever jusqu’à leur origine et retrouver l’état que Dieu leur avait donné au commencement de la Création. Ils auront un Évangile qui, les prenant par la main, les conduira au vrai bonheur et à la paix constante. Et la seule loi sera Ma Volonté. Avec Son pinceau d’amour, trempé dans les vives couleurs de Sa lumière, Elle rendra à l’homme la ressemblance de son Créateur.
Oh ! Comme ils auraient dû aspirer à recevoir et à faire connaître un si grand bien ! Et pourtant, il en est tout autrement. Mais, de même que lors de la Rédemption les Évangélistes se sentirent honorés de faire savoir qu’ils étaient les auteurs de l’Évangile, afin qu’il soit connu dans le monde entier, et qu’avec gloire ils y apposèrent leurs noms — si bien qu’avant même de proclamer l’Évangile on mentionne toujours le nom de celui qui l’a écrit — de même Je veux qu’il en soit ainsi pour les vérités concernant Ma Volonté, afin que ceux qui auront apporté un si grand bien au monde soient connus eux aussi.
Mais que crois-tu que cela soit ? En réalité, ce n'est que de la prudence humaine ! Ah ! Combien d’œuvres divines cette prudence a fait échouer parmi les créatures, les rendant indolentes 2 et les détournant des œuvres les plus saintes ! Mais Ma Volonté saura triompher de tout et se moquer d’eux. Pourtant Je ne puis cacher la douleur que M’inspire l’ingratitude humaine face à un bien si grand. »
(5) Après cela, je poursuivais mon parcours dans le 'FIAT', accompagnant mon aimable Jésus dans Sa vie ici-bas. Il me faisait peine de Le voir, en certains moments, tout seul — même sans Sa Mère céleste — comme au désert ou durant les nuits de Sa vie publique, lorsqu’Il se retirait à l’écart et restait dehors, loin des habitations, seul à prier et à pleurer pour notre salut. Alors je me disais en moi-même :
" Mon Jésus, Ta petite fille ne peut se résoudre à Te laisser seul. Je veux me tenir près de Toi, et si je ne sais rien faire d’autre, je te murmurerai à l’oreille : 'Je T’aime, je T’aime…' Par Ta solitude, Tes prières et Tes larmes, donne-moi le Royaume de Ta Volonté. Fais vite : tu vois bien comme le monde s’enfonce, et Toi seul peux le sauver. "
Mais tandis que je pensais et disais cela, mon Bien-aimé Jésus sortit de mon intérieur et, se jetant dans mes bras pour goûter ma compagnie, Il me dit :
(6) « Ma fille, merci. Dans chacun de Mes actes, Je t’attends toujours pour pouvoir dire : " La petite fille de Ma Volonté ne M’a jamais laissé seul." Tu dois savoir combien cette solitude Me pesait : Moi qui étais venu pour tous, pour les chercher tous, Je devais être désiré de tous. Pour chacun, Je ressentais vivement — au plus profond de mon Cœur — la douleur de la solitude dans laquelle ils Me laissaient. Alors, de Mon regard scrutateur, J’examinais si quelqu’un Me cherchait et désirait Ma compagnie ; mais bien souvent, J’attendais ce réconfort en vain.
Cependant, tu dois savoir que, dans la grande solitude où les créatures Me laissaient, Je n’étais jamais seul : J’avais la compagnie des anges et celle de Ma Maman. Bien qu'Elle fut loin, Ma Volonté divine M’apportait son battement de Cœur et tous ses actes en cortège autour de Moi, pour Me tenir compagnie. Et dès ce moment-là, Ma Divine Volonté M’apportait également la nouveau-née de Mon 'FIAT (Luisa) accompagnée de toute la cohorte des enfants de Mon Royaume. En effet, puisque tous les temps appartiennent à Ma Divine Volonté et qu'Elle a la vertu (la puissance) de les réduire en un seul point, Elle conserve leurs actes — les actes des enfants de Mon Royaume — dans un mouvement continu à travers tous les temps, sans qu'ils ne cessent jamais.
En plus, comme l’âme se souvient de ce que J’ai fait et veut rester près de Moi, elle prépare le vide en elle-même pour y mettre le fruit de ce que J’ai fait et souffert. 3 »
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1 Adam, en posant ses premiers actes dans le 'FIAT' (la Volonté Divine), a laissé en dépôt dans cet héritage divin :
ses gages → c’est-à-dire ses promesses, ses engagements premiers envers Dieu, comme des arrhes ou des garanties qu’il plaçait dans la Volonté Divine.
ses œuvres → c’est-à-dire ses actes concrets, ses agissements dans la Divine Volonté, qui portaient déjà une valeur éternelle.
2 indolent = amorphe, apathique, atone, avachi, endormi, engourdi, fainéant, flasque, languissant, lent, lymphatique, mollasson, mou, nonchalant, paresseux, veule
3 Ce passage prolonge logiquement le paragraphe précédent : Jésus explique qu’Il est seul sans l’être vraiment, car Sa Volonté Lui apporte la compagnie des anges, de Sa Maman et des enfants de Son Royaume. Non seulement Il n’est pas seul, mais l’âme qui se souvient de Lui prépare en elle un vide pour qu'Il puisse s’y déverser.
(1) Mon vol dans l’éternel 'FIAT' est continu ; il me semble que je ne sais être, ni m’arrêter ailleurs qu’en Lui. Plus que la vie, je Le sens en moi et hors de moi, et, pour autant que je cours et vole, je ne trouve que Ses œuvres, Ses propriétés interminables et sans limites, Sa vie palpitante partout et en tout. Et tandis que ce 'FIAT' (cette Volonté Divine) se trouve en haut, en bas Il conserve tout et est à la fois acteur et spectateur de toute chose.
Ma petitesse se perdait dans le 'FIAT' divin, je tournais dans toute la Création en faisant résonner mon petit 'Je T’aime' en chaque chose créée, et je demandais le Règne de la Divine Volonté sur la terre. Mon aimable Jésus se montra alors, me portant dans Ses bras pour me faire suivre les actes de Sa Divine Volonté ; Il me dit :
(2) « Ma fille, combien Ma Volonté t’aime ! Plus qu'une mère, Elle te garde dans Ses bras. Et tandis qu’Elle te serre contre Son sein, Elle demeure en toi pour croître avec toi. Elle palpite dans ton cœur, circule dans ton sang, marche en tes pieds, pense en ton esprit, parle dans ta voix… Son amour et Sa jalousie sont tels que, si tu es petite, Elle se fait petite ; si tu grandis, Elle grandit avec toi ; et si tu agis, Elle t’élargit tellement qu’Elle t’étend dans toutes Ses œuvres. Une mère peut laisser sa fille, se séparer, rester loin d'elle. Mais Ma Volonté ? Jamais ! Car, en Se faisant Vie de Sa fille, Elle devient inséparable. Ainsi, même si Elle voulait la quitter, Elle ne le pourrait pas, car c’est Sa propre Vie qu’Elle vit et qu’Elle a formée dans Sa fille.
Qui donc pourrait avoir ce pouvoir et cet amour insurpassable : former et faire croître sa propre vie en sa fille ? Personne — seulement Ma Volonté ! Possédant un amour éternel et une vertu créatrice, Elle crée Sa vie en celle qui renaît et qui veut être uniquement Sa fille. Voilà pourquoi tu parcours la Création : cette Mère – Ma Volonté Divine – veut que Sa vie, formée en Sa fille, soit présente dans tous Ses actes
Ainsi, celui qui vit dans dans Mon divin 'FIAT' court avec la course vertigineuse, ordonnée et harmonieuse de toute la Création. Et puisque la course ordonnée de toutes les sphères forme la plus belle et la plus harmonieuse des musiques, l’âme qui court avec elles (les sphères) crée sa propre note d’harmonie. Celle-ci résonne dans la Patrie céleste et attire l'attention de tous les bienheureux, qui disent : " Qu’il est beau le son que l’on entend dans les sphères ! Car il y circule celui de la petite fille du divin 'FIAT '. C’est une note de plus, un son distinct que nous percevons, et la Volonté Divine nous l'apporte jusqu’à nos régions célestes. " Ce n’est donc pas toi qui cours : c’est Ma Volonté qui court, et toi, tu cours avec Elle. »
(3) Alors que je continuais à penser aux grands prodiges et à la sublimité du divin 'FIAT', et que je me sentais perdue en Lui, mon Bien-aimé Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, de même que l’éclair jaillit des nuages, illumine la terre, puis retourne en leur sein avant de reparaître pour l’éclairer à nouveau, ainsi l'âme qui vit et agit dans Ma Volonté fait jaillir ses éclairs du sein de son humanité — unie à l’Humanité de Jésus — et apporte non seulement de la lumière au Soleil de Mon divin 'FIAT', mais aussi illumine la terre plongée dans les ténèbres de la volonté humaine.
Avec cette différence toutefois : l'éclair sorti des nuages produit une lumière limitée, tandis que l’éclair formé dans Ma Volonté rayonne d’une lumière sans limites, qui porte en elle la connaissance de Ma Volonté Divine. Agir dans Ma Volonté contient la force universelle et, par conséquent, une force unique : une nouvelle création, une Vie Divine. Et aussitôt que jaillit Son éclair, toutes les portes de Mes œuvres s'ouvrent pour recevoir cette nouvelle création, ainsi que l'éclair de lumière que la créature produit par son acte accompli dans Mon 'FIAT'. Alors, toutes Mes œuvres se sentent renouvelées et doublement glorifiées ; elles célèbrent en percevant la nouvelle force créatrice agir en elles. »
(5) « Après cela, mon toujours aimable Jésus se montra au plus profond de ma petite âme comme un petit enfant. Il me serrait, m’embrassait, me donnait son souffle, et je sentais en moi une vie nouvelle et un amour nouveau m’envahir. Je Lui rendais ce qu’Il faisait en moi, et, en répétant Ses baisers, Il me dit :
(6) « Petite fille de Ma Volonté, Mon souffle – en soufflant sur toi – te renouvelle ; par sa puissance vivifiante, il détruit en toi l’infection du germe de la volonté humaine et vivifie le germe de Mon 'FIAT' divin. Ce souffle est le principe 1 de la vie humaine de la créature ; et celle-ci, en se détournant de Ma Volonté, perdit Mon souffle. Bien qu’elle ait conservé la vie, elle ne ressentait plus la force vivifiante de Mon souffle, qui, en la vivifiant, la maintenait belle, fraîche, à la ressemblance de son Créateur. Ainsi, l’homme, privé de Mon souffle, demeure comme une fleur privée de pluie, de vent et de soleil : elle se décolore, se fane, incline la tête et tend à mourir.
Maintenant, pour rétablir le Règne de Ma Divine Volonté au milieu des créatures, il est nécessaire que Mon souffle continuel revienne en elles ; et, soufflant plus qu’un vent, qu'il fasse pénétrer en elles le Soleil de Ma Volonté. Par sa chaleur, il détruira alors le germe mauvais de la volonté humaine, et l’homme redeviendra beau et frais, tel qu’il fut créé : alors la fleur, redressant sa tige sous la pluie de Ma grâce, relèvera sa tête, se vivifiera, se colorera, et s’élancera vers la vie de Ma Volonté, et non plus vers la mort.
Oh ! si les créatures connaissaient les grands biens, les surprises d’amour, les grâces inédites que Je prépare, combien elles seraient plus attentives ! Et ceux qui connaissent les vérités de Ma Volonté, oh ! combien ils donneraient leur vie pour les répandre dans le monde, afin de disposer l’humanité à recevoir un bien si immense. Mais l’ingratitude humaine demeure toujours la même : au lieu de se préparer, les créatures pensent à tout autre chose et se précipitent dans le péché. »
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1 le principe = l'origine, le commencement
(1) Mon aimable Jésus se montrait à moi sous l’apparence d’un petit enfant et, tout serré contre moi, Il me prodiguait mille caresses pleines d’amour. Oh ! qu’il est beau de le contempler dans Son Humanité enfantine : tout amour, toute confiance ! Alors l’âme ressent une immense confiance en Jésus, parce qu’elle reconnaît en Lui son Humanité qui lui ressemble tant, au point qu’ils deviennent comme des frères : ils s’assimilent, s’identifient l’un à l’autre et se transforment l’un dans l’autre.
Ainsi, le voile de l’Humanité de Jésus, dans lequel Il enferme Son adorable Divinité, sert de moyen de confiance par lequel la créature perd toute crainte et demeure, tout amour, avec son Jésus – mieux qu’un fils dans les bras de son Père céleste. L’amour de Jésus est si grand qu’Il dit à la créature : « Ne crains pas, Je suis à toi, semblable à toi et vêtu comme toi. Mon amour est si immense que Je cache la lumière infinie de Ma majesté dans Mon Humanité, pour que tu puisses rester avec Moi comme un petit enfant dans Mes bras. »
Mais, lorsque mon Bien-aimé Jésus fait sortir de Lui Sa Divinité, alors, même Son Humanité est éclipsée dans cette lumière interminable. Et moi, je ressens la grande distance qui me sépare de mon Créateur. Sa fulgurante Majesté Divine m’anéantit ; je m’enfonce dans ma poussière et ne sais où aller pour fuir Sa lumière, car elle est partout. Je ne suis qu’un petit atome submergé dans cette lumière. Il me semble dire des choses insensées, aussi je passe outre. Et mon Souverain Bien, Jésus, me dit :
(2) « Ma fille, le Royaume de Ma Divine Volonté est entièrement préparé dans Mon Humanité, et Je suis prêt à Le manifester 1 pour Le donner aux créatures. On peut dire que J’en ai posé les fondations et élevé les édifices aux innombrables pièces, toutes ornées et illuminées – non de petites lumières, mais d'autant de soleils qu’il y a de vérités que J’ai révélées sur Mon divin 'FIAT'. Il ne manque plus que ceux qui viendront L'habiter. Il y aura place et demeure pour tous, car le Royaume de Ma Volonté est vaste, plus vaste que le monde entier.
Avec le Royaume de Ma Volonté tout sera renouvelé dans la Création, et les choses reprendront leur état premier. C’est pourquoi il est nécessaire que surviennent de nombreux fléaux, afin que la Justice divine se mette en équilibre avec tous Mes attributs ; et, en s’équilibrant, elle laissera le Royaume de Ma Volonté demeurer dans Sa paix et Sa félicité. Ne t’étonne donc pas si avant ce grand bien que Je prépare et que Je veux donner, de nombreux fléaux surviennent : c’est Ma Justice qui réclame ses droits. Une fois équilibrée, elle fera la paix avec les créatures, sans leur causer davantage de tourments. Et, puisqu'elle ne recevra plus d’offenses de la part des enfants du Royaume de Mon divin 'FIAT', elle – Ma Justice divine – se transformera pour eux tout entière en Amour et en Miséricorde. »
(3) Ensuite, je suivais tous les actes que Jésus avait accomplis dans la Rédemption ; et mon doux Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, Mon langage lors de la Rédemption fut bien différent de celui que J’ai employé pour le Royaume de Ma Divine Volonté. Dans la Rédemption, Mon langage devait s’adapter à des personnes incapables, faibles, malades, sourdes, muettes et aveugles, et même à beaucoup qui se trouvaient au bord du tombeau. Pour leur parler, Je Me suis donc servi de paraboles et de similitudes (comparaisons) empruntées au monde d’en bas, qu’ils pouvaient eux-mêmes toucher du doigt. Ainsi, Je leur parlais : tantôt en médecin et leur donnais des remèdes pour les guérir ; tantôt comme un Père qui attendait le retour de ses enfants, même s’ils étaient désobéissants ; tantôt comme un berger qui cherchait la brebis égarée ; tantôt comme un juge qui, ne pouvant les attirer par l’amour, cherchait au moins à les attirer par la crainte et les menaces... et bien d’autres similitudes encore.
Ce langage montre que ceux à qui Je parlais ne Me connaissaient pas, ne M’aimaient pas, et faisaient encore moins Ma Volonté. Bien au contraire, ils étaient loin de Moi ; et Moi, par Mes paraboles, Je recherchais et J’étendais le filet pour les attirer (les pêcher) et donner à chacun le remède capable de les guérir. Mais combien M’échappaient encore ! Alors J’intensifiais Mes recherches et Mes enseignements pour donner la lumière à tant d’aveugles, afin qu’ils sortent de leur aveuglement obstiné. »
(5) « Maintenant, tu vois combien mon langage est différent lorsque Je manifeste les vérités sur Ma Divine Volonté, vérités destinées aux enfants de Son Royaume ! Mon langage concernant le 'FIAT' est celui d’un Père au milieu de ses chers et aimants enfants, tous parfaitement sains, et possédant chacun en eux – Ma propre Vie. Et comme tous possèdent cette Vie, ils seront capables, par la vertu de Ma Volonté, de comprendre Mes leçons les plus élevées.
C'est pourquoi Je suis allé plus loin, en leur présentant les belles similitudes du Soleil, des sphères, du ciel, ainsi que du mode divin d’agir, qui s’étend à l’infini. Car, ayant en eux Mon divin 'FIAT', ils auront en eux Celui qui a créé le ciel, les sphères et le soleil, et cela leur donnera la vertu de reproduire en eux tout ce qu’Il a créé, ainsi que Ses propres manières dans Son agir divin. Ils seront les imitateurs (les copieurs) de leur Créateur.
Et c’est pourquoi J’ai été si long à manifester les vérités sur Mon 'FIAT', ce qui n'a pas été le cas pour la Rédemption. Lors de celle-ci, J’ai utilisé des paraboles contenant des manières humaines et finies (limitées) ; de ce fait, Je n’avais pas beaucoup de matière pour pouvoir M’étendre longuement. En revanche, les similitudes concernant Ma Volonté (le 'FIAT') relèvent de manières divines 2, et il y a tant de matière à dire qu’elles (les similitudes) en deviennent inépuisables. Qui peut mesurer l’étendue de la lumière du soleil et l’intensité de sa chaleur ? Personne. Qui peut jamais fixer une limite au ciel et à Mes multiples œuvres divines ? ...
Oh ! si tu savais combien de sagesse, d’amour, de grâce et de lumière J'ai mis dans la manifestation 3 de Mes vérités sur le divin 'FIAT', tu serais submergée de joie, au point de ne plus pouvoir vivre, et tu désirerais ardemment que le travail de ton Jésus soit connu, afin qu’une œuvre si abondante, d’un prix inestimable, puisse avoir sa gloire et communiquer ses effets bienfaisants à toutes les autres créatures. »
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1 Le manifester = Le mettre au-dehors
2 Les « manières divines » désignent l’agir même de Dieu, infini et éternel, par opposition aux images humaines limitées utilisées dans les paraboles de la Rédemption. C’est pourquoi les similitudes du 'FIAT' sont inépuisables : elles reflètent la sagesse, l’amour et la puissance sans fin de la Divine Volonté.
3 L’italien « ho messo nel manifestare » indique que Jésus a mis sagesse, amour, grâce et lumière dans l’acte même de manifester Ses vérités sur le 'FIAT'. Cela signifie que Sa manière de les révéler est habitée de ces dons divins. Mais en même temps, chaque vérité manifestée porte intrinsèquement en elle cette sagesse, cet amour, cette grâce et cette lumière, puisqu’elle procède de la Divine Volonté elle-même.
(1) Comme à mon habitude, je parcourais toute la Création pour suivre ce que la Divine Volonté avait accompli en elle. Oh ! comme la Création me semblait belle ! Comme le 'FIAT' divin savourait Son triomphe, recevait Sa pleine gloire et exerçait Sa domination totale, étendant Sa vie partout et en toutes choses ! Ainsi, le 'FIAT' est lumière et Il déploie sa vie de lumière ; Il est puissance, ordre, pureté, et Il répand sa vie de puissance, d’ordre et de pureté dans toutes les choses créées ; il en va de même pour toutes les autres qualités divines.
Donc, chaque chose créée est sacrée, plus qu’une relique, car elle renferme la puissance, la Volonté créatrice, la Vie même de Celui qui l’a créée. Et moi, en parcourant la Création, je me sentais portée à aimer, adorer, embrasser et baiser le soleil, le ciel, les étoiles, le vent, la mer, car ils renferment, voilent et forment comme autant de demeures pour leur Créateur. Mais tandis que mon esprit se perdait dans la Création, mon doux Jésus me dit :
(2) « Ma fille, regarde comme Nos œuvres sont belles, pures, saintes et parfaitement ordonnées. Et si Nous Nous sommes servis de la Création pour former Nos voiles, Nos vastes demeures, Nous ne lui avons accordé aucune raison 1, car le but de sa création était l’homme et non la création elle-même. C’est pourquoi Nous avons réservé à l’homme la capacité et la raison de toute la Création, afin que lui, en en comprenant le sens, il Nous rende gloire pour le soleil, le ciel, le vent et tout le reste. Ainsi, Nous avons disposé les choses créées comme les membres de l’homme, afin que lui, ayant la raison de ces membres, puisse s’en servir pour franchir ces voiles, retrouver Celui qui y habite comme un Roi, et Lui apporter la gloire et l’amour de ces membres.
Mais pour que l'homme puisse accomplir cela, il devait posséder la Vie et le Règne de Notre Divin 'FIAT', qui lui aurait donné une intelligence vaste et suffisante pour comprendre toute la Création, et maintenir la communication, le lien et l’unité indissoluble avec tous ses membres — c’est-à-dire les choses créées. Car seule Notre Divine Volonté détient la pleine intelligence et la raison totale de tout ce qu’Elle a accompli. Et Nous avons donné cette Volonté à l’homme afin qu’Elle lui confère l’intelligence [la raison] de toutes Nos œuvres. Tout est sorti de Nous dans l’ordre, relié et enchaîné comme les membres au corps de l’homme, Notre premier amour et la finalité même de toute la Création. C’est pourquoi Nous avons concentré en lui toute l’intelligence nécessaire pour la comprendre et la gouverner [gouverner la Création].
Or, Ma fille, en se retirant de Notre Divine Volonté, l’homme a porté un coup qui l’a séparé de ses membres bien-aimés et saints. C’est pourquoi il comprend peu la valeur, la sainteté, la puissance, la lumière de ces membres [les choses créées] qui lui ont déjà appartenu. Et l’Artisan Divin reste privé de la gloire, de l’amour et de la reconnaissance du chef [de la tête] de ces membres. Tu vois donc combien il est nécessaire que Mon divin 'FIAT' revienne dans la tête de l’homme [la tête de toute la Création], pour rétablir l’ordre créé par Nous, remettre la tête à sa place, et réunir les membres à celui qui, si cruellement et à son propre détriment, les a séparés de lui-même !
Ne sens-tu pas toi-même que seule Ma Volonté a le pouvoir de te mettre en communication avec toute la Création ? En te faisant 't'envoler', Elle te donne la 'raison' de la lumière, des cieux, de la mer et du vent. Et voulant animer de ta voix toutes les choses créées, de la plus petite à la plus grande, Ma Volonté répète ton délicieux refrain :
"C’est moi qui T'aime et Te glorifie dans les cieux, dans le soleil, dans la mer et dans le vent, et aussi dans le petit oiseau qui chante, dans l’agneau qui bêle, dans le parfum de la fleur qui monte vers Toi…" 2
C’est la vie de Mon 'FIAT' qui, ayant Sa vie dans toute la Création, et Sa vie en toi, te fait aimer en toutes ces choses qui sont déjà Siennes. »
(3) Je demeurai songeuse en entendant que l'homme, en vertu du 'FIAT', devrait posséder la raison que le soleil, la mer et le vent auraient dû avoir. Et mon Jésus bien-aimé ajouta :
(4) « Ma fille, l’homme agit de même : dans les œuvres qu’il accomplit, il ne laisse pas en elles sa raison [son intelligence]. S’il construit une maison, s’il possède un terrain et y plante diverses espèces, s’il réalise un travail ou autre chose, ce sont des œuvres qui, en elles-mêmes, n’ont pas de raison. Il garde la raison pour lui, et s’il la partage, c’est avec sa famille [tel un père], laquelle n’est pas une œuvre mais ses enfants. Il veut que ses enfants connaissent la raison de ses œuvres, afin qu’ils puissent s’en servir selon sa volonté, et que lui-même puisse en recevoir la gloire. Si l’homme agit ainsi, pourquoi ne pourrais-Je pas en faire autant ? Et avec encore plus d’ordre et une plus grande richesse dans Mes œuvres, pour le bien de l’homme ! Et cela, afin de le garder tout près de Moi, avec Moi et en Moi, — tellement uni à Moi que Je sois la tête et lui les membres ; et que la Création soit comme les membres, et l’homme, la tête de cette Création. »
(5) Ensuite, je continuais mes actes dans la Rédemption, et je m’arrêtai au moment où mon charmant petit Enfant-Jésus était en Égypte, tandis que ma Maman Céleste Le berçait dans Son pauvre berceau, tout en préparant le petit vêtement pour l’Enfant. Je me plaçai près de la Reine Maman, faisant couler mon 'Je T’aime' dans le fil qu’Elle utilisait pour (coudre??) l’habit de Jésus, et je balançais le berceau pour faire dormir mon céleste Enfant, Lui chantant mes berceuses d’amour et Lui demandant le 'FIAT' Divin. 3 Et alors qu’Il semblait fermer les yeux pour s’endormir, à ma grande surprise, je Le vis relever Sa petite tête et, regardant notre Divine Maman et moi, Il dit avec un accent très tendre :
(6) « Mes deux Mères : Ma Maman et la petite fille de Ma Volonté… Ma Divine Volonté les unit ensemble et Me les fait avoir toutes les deux comme Maman.
Pourquoi la Reine Céleste est-Elle Ma véritable Mère ? Parce qu’Elle possédait la Vie de Mon 'FIAT' divin. Lui seul pouvait Lui fournir le germe de la fécondité divine pour Me concevoir dans Son sein et Me faire Son Fils. 4 Sans Ma Volonté divine, Elle n’aurait absolument pas pu être Ma Mère, car personne d’autre ni au Ciel ni sur la terre ne possède ce germe de fécondité divine, capable de faire concevoir le Créateur dans une créature. Tu vois donc, Ma Volonté Divine forma Ma Mère et Je devins Son Fils.
À présent, Elle forme Sa petite fille pour qu’elle devienne, elle aussi, une mère pour Moi. Ma Volonté divine Me la fait trouver aux côtés de Ma première Mère — afin qu’elle reproduise Ses actes — ceux de la Vierge Marie — et qu’ils soient entrelacés ensemble, pour implorer l’avènement de Son Royaume. Ainsi, cette seconde mère répand à nouveau le germe divin — la semence divine — , et manifeste la fécondité du 'FIAT Voluntas Tua' dans les créatures. Seule Ma Divine Volonté peut tout et peut tout Me donner. »
(7) Puis, fermant les yeux pour dormir, dans Son sommeil Il répétait : « Mes deux Mamans, Mes deux Mamans… ». Comme c’était tendre et émouvant de L’entendre ! Comme cela transperçait le cœur de Le voir interrompre Son sommeil pour dire : « Mes deux Mamans… ». " Ô Volonté Divine, combien Tu es aimable, puissante et admirable ! Oh, je T’en prie, descends dans le cœur de tous et place en eux Ta divine semence afin que cette graine féconde forme Ton Royaume et Te fasse régner sur la terre comme Tu règnes au Ciel. "
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1 Raison = intellect, conscience profonde, compréhension, finalité des choses créées ;
Intelligence spirituelle = connaître l'origine divine, le but, le lien vivant avec le Créateur.
2 "C’est moi qui T’aime et Te glorifie dans le ciel, dans le soleil... " ; en d'autres mots : C’est moi, l’âme unie à Ton 'FIAT', qui T’aime et Te glorifie, Toi, Dieu, dans le ciel, dans le soleil, dans l’oiseau, etc.
L’âme s’unit à la Divine Volonté qui vit dans toute la Création. Par cette union, elle se retrouve spirituellement présente dans toutes les créatures et répète un acte d’amour et de louange à Dieu à travers chacune d’elles, à travers chaque chose créée. C’est une forme de louange universelle, où l’âme aime Dieu en s’identifiant à toutes ses œuvres.
3 Luisa n’était évidemment pas présente physiquement. Ces scènes sont vécues dans l’ordre mystique, dans les “tours” de l’âme dans la Divine Volonté.
4 Essai (BF) : Le « germe de fécondité divine » ou la « semence de la fécondité divine » n’est pas une abstraction : il s’incarne physiquement dans le corps de Jésus, tout en étant guidé par la Volonté Divine.