(1) Je réfléchissais à ce qui est écrit ci-dessus, et le bienheureux Jésus a continué à me dire :
(2) « Ma fille, il est tout à fait vrai qu’au commencement de la Création, l’Être Suprême contracta des noces avec l’humanité. Mais il arriva ce qui advient à un époux, lorsque son épouse infidèle le pousse à la séparation devant le tribunal. Malgré cela, l’époux conserve une affection dans son cœur ; il soupire, et pense que si son élue venait à changer, peut-être pourrait-il à nouveau s’unir à elle et renouer le lien du mariage. C’est pourquoi il lui fait souvent entendre, par le biais de messagers, qu'il l'aime. C’est ainsi que fit Dieu : bien que le lien nuptial avec l’humanité fût rompu dans la cour divine, Il conserva pour elle de l’affection ; et bien qu’éloigné 1, Il rêve encore d’un nouveau lien nuptial avec l’humanité. C’est si vrai qu’Il ne détruisit pas le palais 2 qu’Il avait façonné avec tant de somptuosité et de magnificence, ni ne retira le bienfait du soleil qui faisait le jour ; tout demeura, afin que celui qui L’avait offensé puisse encore en faire usage. Bien plus, Il maintint la correspondance en choisissant, depuis le commencement du monde, tantôt l’un, tantôt l’autre parmi les bons — tels des messagers, des postiers portant des lettres, des télégrammes ou même des appels venus du Ciel — annonçant que, bien qu’éloigné, l’Époux n’avait pas oublié qu’Il aimait son épouse, et qu’Il désirait son retour, malgré son ingratitude.
Ainsi, dans l’Ancien Testament, plus Je multipliais les justes — les patriarches et les prophètes —, plus pressants étaient les appels, et plus intense la correspondance entre le Ciel et la terre. Dieu envoyait des messages annonçant Son désir de renouveler l’union. Cela est si vrai que, ne pouvant plus contenir l’ardeur de Son Amour, alors même que l’humanité déchue n’était pas encore disposée, Dieu fit une exception : Il épousa la Vierge Reine et l’Humanité du Verbe par un véritable lien nuptial, afin qu’en vertu d’Eux, l’humanité déchue soit relevée et que Je puisse conclure les noces avec elle 3. Ainsi, Mon Humanité forma sur la Croix les nouvelles fiançailles avec l'humanité ; et tout ce que Je fis, tout ce que Je souffris, jusqu’à mourir sur la Croix, n’était qu’une préparation en vue de l’accomplissement de l’union tant désirée dans le Royaume de Ma Divine Volonté. Or, après les fiançailles, restent à donner les gages et les dons 4 ; et ceux-ci sont les connaissances sur Mon 'FIAT' divin. En elles est contenu le grand don que l’homme Me refusa dans l’Éden : le don éternel, infini et interminable de Ma Volonté. Ce don séduira tellement l’humanité déchue qu’elle Nous offrira en retour le don de sa pauvre volonté — confirmant et scellant ainsi l’union des époux, après une si longue chaîne de correspondance, de fidélité de la part de Dieu, et d’inconstance, d’ingratitude, de froideur de la part des créatures.
Donc, Ma fille, l’homme s’est dégradé et a perdu tous les biens parce qu’il est sorti de Ma Divine Volonté. Pour retrouver sa noblesse, tout récupérer, et recevoir la réhabilitation du mariage avec son Créateur, il doit rentrer à nouveau dans le 'FIAT' divin d’où il est sorti. Il n'y a pas d’autre voie, pas de solution intermédiaire. Même Ma propre Rédemption ne suffit pas à ramener l’homme au commencement de l’ère heureuse de sa création : elle est un moyen, une voie, une lumière, un secours — mais non la fin. La fin, c’est Ma Volonté, car Elle fut le commencement. Et il est juste que Celui qui fut le commencement en soit aussi la fin. Ainsi, l’humanité doit être renfermée dans Ma Volonté Divine, afin que lui soient rendues sa noble origine et sa béatitude, et que l’union sponsale avec son Créateur retrouve toute sa vigueur.5 C’est pourquoi le grand bien que Ma Rédemption a apporté à l’homme ne suffit pas à Notre Amour, qui aspire à davantage. Le véritable Amour ne se satisfait jamais : Il ne trouve son repos que lorsqu’Il peut dire : “Je n’ai plus rien à lui donner.”
Sachant que l’homme peut Me revenir heureux, victorieux, glorieux, dans le noble état où il fut créé par Dieu – et cela, par le Règne de Ma Volonté au milieu d’eux –, voilà pourquoi toutes les ardeurs divines, tous les soupirs, toutes les manifestations tendent vers la connaissance de Notre Volonté, afin de La faire régner. Ainsi Nous pourrons dire à Notre Amour : “Apaise-toi, car Notre enfant bien-aimé est parvenu à sa destinée ; il est désormais en possession de l’héritage que Nous lui avons donné lors de la Création — Notre ‘FIAT’ — et, tandis qu’il possède le Nôtre, Nous possédons le sien.”
Ainsi, les noces sont de nouveau conclues, et les époux sont revenus à leur place d’honneur. Il ne reste plus qu’à célébrer et à goûter la joie d’un si grand bien, après une si longue douleur. »
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1 bien qu’éloigné = Dieu est éloigné de l'humanité, à cause de la rupture du mariage spirituel
2 Il ne détruisit pas le palais : voir le texte du 12 juin 1928 , au point (7)
3 avec elle : avec l’humanité tout entière
4 gage : Terme traditionnel du langage nuptial et spirituel, désignant un signe ou un bien donné en garantie d’un engagement. Dans le contexte mystique, le gage est souvent compris comme un avant-goût ou une promesse concrète d’un bien futur — ici, l’union pleine et définitive de l’âme avec la Divine Volonté.
5 union sponsale : expression d’inspiration biblique et mystique désignant l’union spirituelle et vitale entre Dieu et l’humanité, à l’image du lien entre un époux et son épouse. Elle symbolise l’intimité, la fidélité et la réciprocité de l’amour divin envers la créature.
(1) Mon abandon dans le 'FIAT' Suprême et mon envol dans tous Ses actes sont continus. Et tandis que je tournais dans la Création, je réfléchissais à l’ordre et à l’harmonie de toutes choses, ainsi qu’à la multiplicité des actes de la Volonté éternelle dans tout l’univers. Mais alors que je pensais cela, mon toujours aimable Jésus me dit :
(2) « Ma fille, Dieu est un Acte unique. Et si l’on voit tant actes dans la Création, ce ne sont rien d’autre que les effets de l’unique Acte de Dieu. C'est comme pour le soleil : le soleil est un, sa lumière est une seule, mais ses effets sont innombrables lorsqu’elle touche la terre et s’y répand rapidement. On peut dire que le soleil produit un effet distinct sur chaque chose qu’il touche – un effet distinct dans la couleur, dans la douceur et dans la substance qu’il insuffle à tout ce qu’il effleure de ses mains de lumière. Il semble que le soleil accomplisse de nombreux actes successifs, chacun plus beau que l’autre, mais il n’en est rien : ce ne sont que les effets de son unique acte de lumière. Car la puissance d’un seul acte a la vertu de produire une multitude d’effets, comme s’il s’agissait d’autant d’actes successifs et distincts – ce qu’ils sont en apparence. Ainsi, tout ce que tu vois dans l’univers n’est rien d’autre que les effets de l’Acte unique de Dieu. Et parce qu’il est unique dans l’acte, il porte en lui la vertu de l’ordre et l’harmonie dans tous les effets qu’il produit.
Il en est ainsi pour l’âme qui vit dans Ma Divine Volonté. Vivant dans l’Acte unique de Dieu, elle ressent tous les effets de cet Acte unique dans ses propres actes, Elle sent en elle l’ordre, l’harmonie, la beauté et la force de cet Acte divin, qui – plus que lumière du soleil – produit une telle abondance d’effets, qu’elle sent ses propres actes engendrer des cieux, des soleils, des mers, des prés fleuris, et tout le bien qui existe au ciel et sur la terre ! Que peut-il manquer de grand ou de bon à l’âme qui vit dans Ma Volonté ? Elle est le véritable soleil, et dans tout ce qu’elle fait ou touche, elle répand des nuances variées de beauté, de douceur, de bonté, ainsi que des effets innombrables, parce que tous ses actes dépendent de l’Acte unique de Celui qui l’a créée.
(3) Après cela, je pensais aux grands bienfaits des actes accomplis dans la Divine Volonté, et mon doux Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, l'oeuvre accomplie dans Ma Divine Volonté renferme une valeur incalculable. C’est comme si l’âme tenait une balance entre ses mains et plaçait dans chaque plateau un objet : des objets de même poids, de même valeur – et dont on peut tirer le même prix. Dans l’un des plateaux, Dieu met Sa Volonté ; dans l’autre, l’âme place son œuvre accomplie en Elle. Lorsque la balance s’élève, les plateaux montent à la même hauteur et restent en parfait équilibre, car la Volonté de Dieu et celle de l’âme étant une seule, partout où Elle opère – en Dieu ou dans la créature – la valeur est identique. Seule Ma Volonté élève l’âme à la ressemblance de son Créateur ; et l’œuvre accomplie en Elle place l’âme dans l’ordre des Œuvres divines. »
(5) Après ce qui venait d'être dit, je me sentais opprimée et je pensais :
" Quel changement ! Avant, mon doux Jésus venait sans cesse ; il semblait qu’Il ne savait ni ne pouvait rester sans moi. Mais maintenant, jour après jour, Il ne se presse plus, ni ne court vers moi comme autrefois, lorsqu’Il voyait que je n’en pouvais plus. Et lorsqu'Il vient, c’est uniquement pour parler de ce qui concerne Son 'FIAT' : on dirait que cela seul L’intéresse, et que mon besoin extrême de Lui ne Le touche plus. "
Et tandis que je pensais cela – et bien d’autres choses encore – Il se manifesta en moi et me dit :
(6) « Ma fille, Je Me comporte avec toi comme Je Me suis comporté avec Ma Mère : durant ma vie, nous avons toujours vécu ensemble,, sauf pendant les trois jours de Ma disparition / ; en dehors de cela, là où se trouvait la Mère, se trouvait le Fils, et là où se trouvait le Fils, se trouvait la Mère : nous étions inséparables. Puis, quand est venu le temps de l’accomplissement de la Rédemption et que Je dus commencer Ma vie publique, nous nous sommes séparés, bien que la Volonté unique qui nous animait nous gardait toujours profondément unis. Mais il est certain que nos personnes se trouvaient éloignées l’une de l’autre, chacune en un point différent. Mais comme le véritable amour ne sait ni ne peut rester trop longtemps séparé de l’être aimé — car il ressent un besoin irrésistible de se reposer l’un dans l’autre, de se confier leurs secrets, les fruits de leurs entreprises, leurs douleurs —, il M’arrivait parfois de faire de petits détours pour revoir ma Mère, et il arrivait que la Reine Maman quittât son nid pour revoir son Fils, qui la blessait d’amour, même de loin. Puis, à nouveau, nous nous séparions pour poursuivre l’œuvre de la Rédemption.
Il en est de même pour toi. Autrefois, J’étais toujours avec toi, comme Je le suis d’ailleurs encore maintenant ! Mais comme Je dois œuvrer pour le Royaume de Ma Divine Volonté, et toi, t'élancer dans Ses actes, le travail à accomplir semble nous éloigner l’un de l’autre ! Et tandis que tu travailles, Moi, Je prépare le prochain travail que tu devras accomplir, en te faisant connaître de nouvelles choses concernant Mon 'FIAT' et ce que tu dois réaliser en Lui. Cependant, Je reviens souvent pour prendre ton repos et te donner le Mien. Ne t’en étonne donc pas : c’est la grande Œuvre du “Fiat Voluntas Tua — Que Ta Volonté soit faite — sur la terre comme au Ciel” qui l’exige. Alors, fais-Moi confiance, et ne crains rien. »
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1 Épisode rapporté en Luc 2, 41-50, où Jésus, âgé de douze ans, reste trois jours au Temple de Jérusalem sans que ses parents ne sachent où il se trouve.
(1) Pendant que je priais, et en ressentant mon extrême misère, je suppliais ma Maman Céleste de me donner son Amour, afin de suppléer au mien, si pauvre. À ce moment-là, se mouvant en moi, mon doux Jésus me dit :
(2) « Ma fille, ma Mère eut son premier Amour et opéra son premier acte dans la Divine Volonté. Par cela, cet acte d’Amour possède une continuité, comme s’il était toujours en train d’aimer et d’agir. Son Amour ne finit jamais, ses œuvres se répètent continuellement, de sorte que celui qui veut puiser dans son Amour le trouve toujours en acte — car l’effet du premier amour se répète sans cesse.
Tel est celui qui agit dans Ma Volonté : ses actes acquièrent la continuité et sont toujours répétés sans jamais cesser. Ils sont comme le soleil : depuis sa création par Dieu, le soleil a donné sa première lumière — une lumière si grande qu’elle remplit d’un seul coup le Ciel et la terre. Et cette lumière, il la répète sans fin, afin que tous puissent en bénéficier. Pourtant, ce ne fut qu’un seul acte initial, devenu une lumière perpétuelle pour tous. Mais si le soleil pouvait répéter plusieurs fois son acte de lumière, on verrait autant de soleils que de répétitions. Or, comme un seul acte lumineux fut accompli, on ne voit qu’un seul soleil, et pas davantage.
Mais ce que le soleil n’a pas pu faire, la Reine Souveraine l’a fait — tout comme celui qui agit dans Ma Volonté : autant d'actes qu’il y accomplit, autant de Soleils il produit. Ces soleils, bien que fondus ensemble, restent distincts entre eux par leur beauté, leur lumière, la gloire qu’ils donnent à leur Créateur, et par le bien universel qu’ils font descendre sur toutes les créatures. Ces actes possèdent une puissance divine. C’est en vertu de ces actes que la Très Sainte Vierge, dès son apparition sur la terre, put obtenir la venue du Verbe. Et c’est encore en vertu de ces actes que viendra Mon Règne sur la terre. Un acte répété sans cesse dans Mon 'FIAT' possède une vertu conquérante, ravissante, et envoûtante auprès de Notre Divinité. Cette répétition constante dans la Divine Volonté est la force de l’âme : l’arme invincible qui affaiblit, par des armes d’amour, son Créateur — et Le vainc. Et Celui-ci se sent honoré d’être vaincu par la créature. »
(3) Après cela, je poursuivais ma ronde dans le 'FIAT' Divin, et je suivais mon Jésus qui prenait le chemin du désert. Je pensais en moi-même : " Pourquoi Jésus a-t-Il pris la voie du désert ? Là, il n’y avait pas d’âmes à convertir, mais une profonde solitude, alors que ce sont les âmes qu’Il cherchait." Mais tandis que je pensais cela, mon doux Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(4) « Ma fille, la compagnie allège la peine et la diminue, tandis que l’isolement la concentre, la double et l’exacerbe. Et Moi, J'ai voulu aller seul dans le désert, pour faire éprouver à Mon Humanité toute l’âpreté de l’isolement 1 – que Ma Divine Volonté avait enduré durant tant de siècles de la part des créatures. Mon Humanité devait s’élever jusqu’à l’ordre divin et descendre dans l’ordre humain, afin d’enfermer en Elle les peines de l’un et de l’autre ; et, en prenant sur Moi toute la part douloureuse qui séparait l'homme de Dieu, les faire se rejoindre de nouveau dans l’étreinte et le baiser de leur Créateur. Mais ce ne fut pas le seul but de Ma retraite dans le désert.
Tu dois savoir que Notre Majesté adorable, en formant la Création, avait établi que tout devait être peuplé d’habitants : la terre, fertile, regorgeant de plantes variées et abondantes, devait permettre à tous de vivre dans l’abondance. Mais lorsque l’homme pécha, il attira sur lui la colère de la Justice divine. La terre devint désertique, stérile, et, en de nombreux endroits, dépeuplée – image de ces familles stériles où il n’y a ni rires, ni fêtes, ni harmonie, car il n’y a pas d’enfants. Personne ne vient rompre la monotonie entre les époux, et le cauchemar de l’isolement pèse sur leur âme, leur apportant la tristesse. Tandis que là où il y a des enfants, il y a toujours quelque chose à faire, à dire, des occasions de célébrer. Ainsi en fut-il de la famille humaine.
Maintenant, regarde le ciel — comme il est peuplé d’étoiles ! La terre devait en être l’écho : remplie d’habitants, produisant en abondance, afin de rendre tous les hommes riches et heureux. Mais lorsque l’homme se retira de Ma Volonté, son destin changea. Alors J'ai voulu aller dans le désert, pour rappeler les bénédictions de Mon Père Céleste, et, en appelant le Règne de Ma Volonté, restaurer la terre, la repeupler en tous lieux et la rendre féconde, afin qu’elle produise de nouvelles semences, encore plus belles — pour la rendre cent fois plus fertile, et d’une beauté éclatante. Que de grandes choses accomplira le Royaume de Mon divin 'FIAT' ! À tel point que tous les éléments — le soleil, le vent, la mer, la terre et toute la Création — sont dans l’attente, prêts à faire surgir de leur sein tous les biens et les effets qu’ils contiennent. Car, Ma Volonté Divine ne régnant pas encore au milieu des créatures — alors même que les éléments sont dominés par Elle —, ceux-ci ne peuvent libérer tous les biens qu’ils renferment : ils ne donnent que ce qui convient aux créatures, à titre d’aumône et comme des serviteurs. Ainsi, la terre n’a pas produit toutes les semences (tous les germes) ; et le soleil, ne trouvant pas tous les germes, ne peut produire tous les effets et les biens qu’il possède ; et il en va de même pour tout le reste.
C’est pourquoi tous attendent le Royaume du 'FIAT', afin de montrer aux créatures combien ils sont riches et quelles merveilles leur Créateur a mises en eux, par Amour pour ceux qui doivent être les enfants de Sa Volonté. »
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1 âpreté : caractère dur, pénible, rude ou violent.
(1) J'accomplissais mes actes habituels dans le divin 'FIAT', et pour chaque chose créée, je répétais mon long refrain de 'Je T’aime' . Mais tandis que je faisais cela, je pensais en moi-même : "J’en ai tellement pris l’habitude que j’ai l’impression de ne pas pouvoir m’empêcher de dire : 'Je T’aime', 'Je T’aime'. " Or, à ce moment-là, mon doux Jésus s’est manifesté en moi, me disant :
(2) « Ma fille, ce 'Je T’aime' continuel que tu Me répètes n’est autre que la continuité du premier 'Je T’aime' prononcé dans Ma Divine Volonté. Ce premier 'Je T’aime' a la vertu de se répéter dans les faits [de l'âme qui vit dans Ma Volonté], ce qui fut dit une seule fois.1 Le 'Je T’aime' forme la chaleur, et Ma Divine Volonté forme la lumière qui, en envahissant ce 'Je T’aime' , forme un soleil — chacun plus resplendissant que l’autre. 2 Comme elle est belle, la vie de l’âme dans Ma Divine Volonté ! Elle acquiert une longue descendance, presque interminable : car,
si elle pense, elle enfante ses pensées dans la pensée divine
– et elle forme la longue génération des enfants de sa pensée dans l’esprit de son Père céleste ;
si elle parle, elle enfante ses paroles dans la Parole de Dieu
– et elle forme la longue génération des enfants de sa parole ;
si elle agit, marche ou palpite, elle enfante ses œuvres dans les mains de son Créateur, ses pas dans les pieds divins, ses battements dans le Cœur paternel
– et elle forme la longue génération des enfants de ses œuvres, des enfants de ses pas, des enfants de ses battements.3
Quelle génération interminable engendre, pour son Créateur, celle qui vit dans Ma Volonté ! Elle est celle qui peuple, la mère féconde qui tient toujours en fête Celui qui l’a créée, car chaque enfant est une fête que Dieu sent naître en Son propre sein, de la part de celle qui vit dans Sa Volonté. »
(3) Et tout ému, Il répétait :
(4) « Comme elle est belle ! Comme elle est belle la nouvelle-née de Ma Volonté ! Dans sa petitesse, elle voudrait faire la course avec son Créateur, Lui donner l’occasion de toujours sourire, et, par des surprises enfantines, Le ravir afin qu’Il ne cesse de la regarder, pour Lui montrer la longue génération de ses enfants. »
(5) Et comme s'Il défaillait d’amour, Il se tut un instant, puis ajouta :
(6) « Ma fille, la créature porte en son âme trois royaumes, dont les capitales sont ses trois puissances, c’est-à-dire les facultés de l’âme 4. Tout le reste — ses paroles, ses regards, ses œuvres, ses pas — constitue les villes, villages, fleuves, mers et territoires de ces royaumes. Le cœur, bien qu’essentiel au maintien de la vie, ne peut être considéré comme une capitale ; mais il est la ville la plus importante, car il assure la communication entre les diverses parties de ces royaumes intérieurs 5. Or, en temps de guerre, lorsque la capitale est conquise, le conflit prend fin, car toutes les autres villes tombent avec elle. Ainsi, si Ma Volonté parvient à s’emparer des capitales de ces royaumes — la mémoire, l’entendement et la volonté — et y érige Son trône, alors toutes les autres villes seront elles aussi conquises et soumises au 'FIAT' Suprême. Quelle gloire ces royaumes recevront ! Ils seront les plus heureux, les plus riches et les plus peuplés, car Celui qui les gouverne et les domine est l’Invincible, le Fort, le Tout-Puissant. Nul n’osera troubler et déranger leur ordre, tout sera paix, joie et fête perpétuelle.
Ainsi, ceux qui vivront dans Mon divin 'FIAT' posséderont trois soleils, l’un plus beau que l’autre, trois royaumes de paix, enrichis de toutes les joies, harmonies et bonheurs, et seront couronnés de trois couronnes. Mais sais-tu qui couronnera le front des enfants de Ma Volonté ? Ce sera la Très Sainte Trinité, ravie par leur ressemblance avec Elle — ressemblance qu’Elle leur a insufflée en les créant. Et en voyant que Notre 'FIAT' les aura élevés et formés tels que Nous les voulions, chacune des trois Personnes Divines, émue à la vue de Nos propres traits en eux, enflammée d’un amour ardent, déposera sur eux Sa propre couronne, comme un signe distinctif qu’ils sont les enfants de Notre divine Volonté. »
(7) Alors, je me sentais tellement immergée dans le 'FIAT' Suprême, que j’avais l’impression d’être une éponge imbibée de Sa lumière. Il me semblait que toutes les choses créées m’apportaient le baiser de la Volonté Divine ; et dans ce baiser, je sentais les lèvres de mon Créateur l'imprimer en moi, comme un sceau ardent 6. Il me semblait que le 'FIAT' transportait avec Lui les trois Personnes Divines. Et tandis que mon esprit se perdait dans cette lumière, mon doux Jésus sortit de mon intérieur et me dit :
(8) « Ma fille, lorsque Ma Volonté aura établi son Règne sur la terre et que les âmes vivront en Elle, la foi ne connaîtra plus ni ombres, ni énigmes : tout ne sera que clarté et certitude. La lumière de Ma Volonté fera transparaître, jusque dans les choses créées, la vision limpide de leur Créateur ; alors, les créatures Le toucheront de leurs propres mains – dans tout ce qu’Il a fait par Amour pour elles.
À présent, la volonté humaine est une ombre qui voile la foi ; les passions sont comme des nuages qui obscurcissent la clarté de sa lumière. Cela ressemble à ce qui se passe avec le soleil, lorsque d’épais nuages s’amassent dans les basses couches de l’atmosphère : bien qu'il soit là, les nuages s’interposent et font obstacle à sa lumière, si bien qu’il semble faire nuit. Celui qui n’aurait jamais vu le soleil aurait peine à croire qu’il existe ; mais si un vent impétueux venait à chasser les nuages, qui oserait encore nier son existence, alors que sa lumière éclatante se laisserait toucher du doigt ? Il en est ainsi de la foi : parce que Ma Volonté ne règne pas, les âmes sont comme des aveugles, obligées de croire sur parole ceux qui affirment que Dieu existe. Au contraire, lorsque Mon divin 'FIAT' règnera, les âmes elles-mêmes, grâce à Sa lumière, toucheront de leurs propres mains la réalité vivante de leur Créateur. Il ne sera plus nécessaire que d’autres parlent de l’existence de Dieu ou de la Volonté Divine, car il n'y aura plus ni ombres ni nuages ; cette réalité sera perçue directement. »
(9) « Et tandis qu’Il disait cela, Jésus fit jaillir de Son Cœur une vague de joie et de lumière, qui donnera une vie nouvelle aux créatures 7 ; puis, avec une emphase d’Amour, Il ajouta :
(10) « Comme Je soupire après le Règne de Ma Volonté ! Il mettra fin aux maux des créatures, ainsi qu’à Nos douleurs. Le Ciel et la terre souriront à l’unisson ; Nos fêtes, comme les leurs, reprendront l’ordre établi au commencement de la Création. Et Nous étendrons un voile 8 sur toutes choses, afin que les fêtes ne soient plus jamais interrompues. »
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1 ...a la vertu de se répéter dans les faits : l’âme qui vit dans cette Volonté ne fait pas que dire « je T’aime » avec sa bouche ou son cœur : elle le répète réellement dans tout ce qu’elle fait — dans ses pensées, ses paroles, ses actions ; donc, « répéter par les faits » signifie : incarner cet amour dans sa vie, le rendre effectif et non seulement verbal ou sentimental ; l’amour devient acte, c’est l’agir en union avec la Volonté divine qui rend ce « je T’aime » vivant, opérant, fécond.
2 L'âme, vivant dans la Divine Volonté, répète “Je t’aime” à Dieu, en réponse d’amour pour chaque chose créée ; ce “Je t’aime” devient chaleur. La Divine Volonté, qui est une lumière divine, s’unit à cet amour humain et le divinise. De cette union naît un “soleil spirituel” — image de la fécondité spirituelle de l’âme unie à la Volonté Divine. Chaque “Je t’aime” devient ainsi une lumière vivante dans l’univers spirituel.
En résumé : 🔥 Le “Je t’aime” de l’âme = chaleur (amour humain) ; 🌟 La Divine Volonté = lumière (amour divin) ;
☀️ Leur union = un soleil (acte divinisé)
3 L’âme qui vit dans la Divine Volonté n’agit plus seule, mais en Dieu et avec Dieu. Ses pensées, paroles et actions s’insèrent dans l’acte divin : pensées nées dans l’intelligence du Père, paroles dans la Parole, actes dans les actes du Créateur. Ainsi, chaque acte devient une descendance spirituelle, un « enfant » engendré en Dieu. Par exemple, un simple « Je T’aime » offert dans la Divine Volonté devient éternel : Dieu s’en empare, le multiplie en chaque mouvement de l’âme, et le fait vivre sans fin. Ce n’est plus l’âme qui agit, mais Dieu en elle. Son acte d’amour devient vivant, divinisé, éternel et fécond.
4 Les capitales de ces trois royaumes intérieurs sont les trois puissances ou facultés de l’âme : mémoire, intelligence ou entendement et volonté. Elles sont considérées comme des capitales car elles gouvernent les trois royaumes intérieurs de la créature. Les autres parties des royaumes (paroles, yeux, œuvres, pas, cœur…) sont décrites comme : des villes, villages, territoires, c’est-à-dire les régions secondaires, dépendantes des capitales. En résumé, on peut dire qu'un royaume désigne l'ensemble d'un pouvoir spirituel (intelligence, mémoire ou volonté) et que sa capitale est le centre de commandement de ce royaume.
5 ... il (le coeur) assure la communication entre les différentes parties de ces royaumes intérieurs : les autres parties de ces royaumes intérieurs (pensées, paroles, regards, actions, mouvements...) sont les "villes", "villages", "rivières"... Le coeur a donc un rôle central de communication et de circulation avec tout le reste : un nœud vital, en quelque sorte ; il joue un rôle charnière, même s’il n’est pas une capitale spirituelle.
6 ... "ed in quel bacio sentivo le labbra del mio Creatore che me lo scoccava" ; le verbe "scoccare" en italien, dans ce contexte poétique et mystique, peut signifier : "lancer", "déclencher", "déposer vivement", parfois avec une image de flèche ou de feu qui part d’un point — ici, un baiser envoyé intensément, une empreinte d’amour divin, une fusion mystique
7 ... qui donnera une vie nouvelle aux créatures : une sorte de promesse dans un futur certain mais non daté
8 Dans ce contexte mystique, le « voile » ne désigne pas une dissimulation — contraire à l’idée de lumière, de clarté ou de révélation — mais bien une couverture de grâce, un geste de miséricorde divine destiné à préserver la joie et la paix retrouvées, afin qu’elles ne soient plus jamais troublées.
Dieu recouvre de Sa Volonté toute la Création : les blessures du passé, les péchés et les douleurs sont voilés, recouverts, comme effacés. Ce voile est ainsi un acte de miséricorde, d’amour et de protection, et non un obscurcissement.
Il marque un retour à l’ordre originel, où la Création est restaurée dans l’harmonie divine du commencement.
Le voile devient alors une manifestation du 'FIAT' : un sceau de paix posé sur l’histoire blessée de l’humanité — un manteau de lumière et de réconciliation, et non un écran de séparation.
(1) Poursuivant mon tour dans le 'FIAT' divin, je pensais en moi-même : " À quoi servent ces continuelles répétitions : demander et redemander le Règne de la Volonté Divine, et tourner en Elle pour L’engager à céder Son Règne, afin qu’Il vienne dominer au milieu des créatures ? " À ce moment, mon bien-aimé Jésus s’est manifesté en moi et m’a dit :
(2) « Ma fille, quand on veut faire un achat, on verse des acomptes ; et plus on en donne, plus l’achat est assuré, et moins il reste à payer lorsqu’on en arrive aux derniers actes de l’achat définitif. Or, puisque tu veux le Règne de Ma Volonté, il est nécessaire que tu donnes des acomptes. Chaque fois que tu tournes en Elle, que tu demandes et redemandes Son Règne, que tu poses tes actes pour tous dans ce même but, tu ajoutes un acompte de plus, garantissant ainsi l’acquisition du Royaume de Mon ‘FIAT’ divin. Et puisque c’est Son acquisition que tu veux réaliser, il est nécessaire que tes actes soient accomplis dans Ma Volonté Divine afin qu’ils acquièrent la valeur d’une monnaie frappée par Elle. Autrement, ce ne serait pas une monnaie valable pouvant circuler pour effectuer cet achat, mais une monnaie étrangère au Royaume.
Ainsi, celui qui veut acquérir la Volonté Divine doit offrir ses actes accomplis en Elle à titre d’acompte, et Ma volonté se complaît alors à les frapper du sceau de Son 'FIAT', afin que l’âme puisse les verser comme paiement pour Son acquisition — l'acquisition du Royaume du 'FIAT' 1. Voilà à quoi servent tes tours dans Mon 'FIAT', les actes que tu poses en Lui, tes demandes et tes répétitions pour que Son Règne vienne : tout cela est nécessaire et indispensable à ce grand achat.
N'est-ce pas ce que J'ai fait, Moi-même pour la Rédemption ? J’ai dû présenter les acomptes de Mes actes à Mon Père Céleste, et payer pour tous, afin d'obtenir le Règne de la Rédemption. Et lorsque J’eus versé le paiement total, alors la Divinité Me signa l’attestation que ce Règne M’appartenait. C’est pourquoi, continue à verser tes acomptes si tu veux qu’il te soit signé que le Royaume de Mon 'FIAT' est à toi. 2 »
(3) Après cela, je disais à mon Jésus : "Dans Ta Volonté, je prends dans mes bras toute la Création — le ciel, le soleil, les étoiles, tout — pour les porter devant la Majesté Suprême comme l’adoration et la prière les plus belles, afin de Lui demander le Royaume du 'FIAT'." Mais en faisant cela, je pensais en moi-même : "Comment puis-je embrasser toutes choses, moi qui suis si petite que je ne pourrais même pas embrasser une seule étoile ? Comment pourrais-je tout prendre ? Ce sont là des choses impossibles." Et mon aimable Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(4) « Ma fille, celle qui possède Ma Volonté Divine peut tout prendre, car Celle-ci a la vertu de tout rendre léger. Elle rend légers comme des plumes : les cieux, les étoiles, les soleils, toute la création, les anges, les saints, la Vierge Reine et Dieu Lui-même. [Pourquoi ?] Parce que Ma Divine Volonté coule en tout comme Vie première : il n’y a qu’une seule Vie, un seul poids ; ainsi, ce que pèsent tous ensemble [êtres et choses], chacun le pèse individuellement 3 . C’est pourquoi seule l’âme qui possède Mon 'FIAT' [Ma Volonté] peut tout prendre et tout Me donner. Possédant la vertu d’étendre les cieux, de former des soleils, etc., là où Il se trouve, Mon 'FIAT' a le pouvoir de tout embrasser et de tout posséder. 4
Voilà le grand prodige de vivre dans Ma Volonté : la petitesse peut porter et embrasser l’immensité, la faiblesse peut porter la force, le néant peut posséder le Tout, la créature peut contenir le Créateur. Là où vit Ma Divine Volonté, tous les prodiges sont réunis. L’Infini, l’Éternel (Dieu), se laisse porter comme en triomphe par les petits bras de celle qui vit dans Sa Volonté, car Il ne regarde pas la créature elle-même, mais la Divine Volonté en elle — laquelle a droit sur tout, peut tout, embrasse tout, et peut tout offrir au Créateur, puisque tout Lui appartient.
En effet, n’est-ce pas Mon 'FIAT' qui a étendu le ciel et l’a peuplé d’étoiles ? S’Il a eu la vertu de le faire, Il a aussi la vertu de l’embrasser, et de le rendre si léger qu’il peut être porté en triomphe par la créature qui vit dans Ma Volonté. C’est pourquoi, poursuis ton envol dans Mon 'FIAT', et tu feras tout – pour Me donner toute chose, et pour Me demander toute chose. »
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1 Pour acquérir le Règne de la Volonté Divine — pour elle et pour les créatures — l'âme doit poser des actes dans la Volonté Divine, les répéter souvent, et prier continuellement pour l'avènement du Royaume. Chacun de ces actes est comme une avance ou un acompte spirituel : ils préparent et garantissent cette acquisition. Mais ils doivent être faits dans la Divine Volonté, autrement, ils n’ont aucune valeur. Seule la Divine Volonté peut "frapper" ces actes du sceau de Son 'FIAT' pour leur donner leur vraie valeur, celle d'une monnaie divine.
🎯 Imaginons que Jésus nous parle.
Tu veux que Mon Règne vienne ? Très bien. Pose des actes répétés dans Ma Volonté, comme des avances ou des acompte spirituels. Je marque alors ces actes du sceau de Mon 'FIAT' et ils deviennent une monnaie divine avec laquelle tu peux acheter Mon Royaume. Lorsque l'hypothèque de Mon Royaume sera entièrement payée, Il t'appartiendra, à toi et à l'humanité entière. L'avènement du Royaume du 'FIAT' est donc graduel ; il demande la répétition des actes dans la Volonté Divine.
2 Les actes de Jésus ont-ils besoin d’être marqués du sceau du 'FIAT' ? Non, parce que le 'FIAT' est Sa propre Volonté Divine. Jésus est la Volonté Divine incarnée, la deuxième Personne de la Trinité. En tant que vrai Dieu et vrai homme, Il agit toujours dans la Divine Volonté, non par grâce extérieure, mais par nature, Il est le 'FIAT'. Ses actes sont donc par essence frappés du sceau du 'FIAT'. Pour les créatures humaines c'est différent. Possédant une volonté propre (limitée, créée), leurs actes n’ont aucune valeur divine par eux-mêmes ; ils doivent donc être accomplis dans la Divine Volonté pour que cette dernière les transforme et les marque du sceau du 'FIAT', leur donnant ainsi valeur de “monnaie divine”.
3 ... ce que pèsent tous ensemble, chacun le pèse individuellement : tous partagent la même vie divine (celle du 'FIAT'), tous partagent le même poids ontologique et spirituel, et chaque âme unie à cette Volonté porte en elle, mystiquement, la totalité de l’œuvre divine ; ce paradoxe reflète l’idée que, dans l’unité parfaite de la Divine Volonté, il n’y a plus de limites humaines ni de fragmentation : le tout est présent dans chaque partie, comme dans une réalité surnaturelle où le néant (la créature) peut contenir l’Infini (le Créateur).
4 Ce n'est pas l'âme, par ses propres forces, qui prend toute la réalité — céleste, terrestre, spirituelle — pour l'offrir à Dieu, mais c'est la Divine Volonté en elle, le 'FIAT' qui agit et accomplit tout ; cette puissance divine réalise, étend, embrasse et possède toute chose ; l’âme participe activement, mais humblement, car c’est la Volonté divine qui agit en elle et par elle ; grâce à cela, l’âme peut tout recevoir, tout porter et tout donner à Dieu, sans effort propre.
(1) Je suivais mon doux Jésus dans Sa vie publique, et, en pensant aux nombreuses maladies humaines qu'Il guérissait, je me disais en moi-même : " Pourquoi la nature humaine s’est-elle tellement transformée, au point que certains deviennent muets, d’autres sourds, aveugles, couverts de plaies, et affligés de tant d’autres maux ? Si le mal provient de la volonté humaine, pourquoi le corps, lui aussi, en souffre-t-il autant ? " Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, tu dois savoir que le corps n’a rien fait de mal ; tout le mal vient de la volonté humaine. Avant de pécher, Adam possédait dans son âme la vie entière de Ma Volonté Divine. On peut dire qu’il en était rempli jusqu’au bord, au point qu’Elle débordait hors de lui. En vertu d'Elle, sa volonté humaine laissait transparaître la lumière et exhalait tous les parfums de son Créateur : parfums de beauté, de sainteté, de pleine santé, de pureté et de force, au point que de nombreuses nuées lumineuses s’échappaient de sa volonté. Le corps était alors tellement embelli par ces exhalaisons qu’il était un enchantement de le voir : beau, vigoureux, lumineux, en parfaite santé et empreint d’une grâce qui captivait.
Mais quand Adam pécha, il ne resta en lui que sa volonté humaine, qui ne recevait plus ni la lumière, ni la variété de parfums que Ma Volonté Divine répandait en elle — parfums qui, en se manifestant au-dehors, conservaient l’âme et le corps tels que Dieu les avait créés. À la place, sa propre volonté humaine se mit à exhaler des nuées épaisses, une atmosphère putride, des effluves de faiblesse et de misère. Le corps perdit alors sa fraîcheur, sa beauté ; il s’affaiblit et devint sujet à tous les maux. De même qu’il avait participé au bien, il en vint désormais à participer aux maux de la volonté humaine. Ainsi, si cette volonté est guérie en lui redonnant la vie de Ma Volonté Divine, tous les maux de la nature humaine cesseront d’exister, comme par enchantement.
N’en est-il pas de même lorsqu’un air putride, mauvais et nauséabond entoure les créatures ? Combien de maux cela ne provoque-t-il pas, au point que cette puanteur peut couper le souffle et pénétrer jusqu’aux entrailles, causant des maladies contagieuses qui mènent à la tombe ? Et si un air extérieur peut causer tant de mal, combien plus encore l’air brumeux et putride de la volonté humaine, laquelle vient de l’intérieur de la créature, du plus profond de tout son être !
Et puis, il y a l’exemple tangible des plantes. Combien de fois une seule brume a-t-elle dépouillé les arbres, fait tomber les fruits à terre ? Combien de fois un air trop froid a-t-il plongé un champ dans le deuil, l’a noirci, l’a fait mourir, attristant le pauvre agriculteur qui se réjouissait devant son jardin ou son champ florissant, espérant une récolte abondante et de beaux fruits à venir !
L’air, s’il est bon, communique la vie du bien ; s’il est mauvais, il communique la vie du mal, voire la mort elle-même. L’exhalaison de l’air, si elle est bonne, peut être appelée vie ; si elle est mauvaise, elle peut être appelée mort pour les pauvres créatures. Si tu savais combien Je souffrais durant Ma vie publique, lorsque des aveugles, des muets, des lépreux se présentaient devant Moi... Je reconnaissais en eux les exhalaisons de la volonté humaine, et Je voyais combien l’homme, sans Ma Volonté, se déforme dans l’âme et dans le corps. Car seul Mon 'FIAT' a le pouvoir de conserver Nos Œuvres intactes, fraîches et belles, telles qu’elles sont sorties de Nos mains créatrices ! »
(3) Après quoi, accompagnant mon doux Jésus dans la petite chambre de Nazareth pour suivre Ses actes, je pensais en moi-même : " Il est certain que mon Bien-aimé Jésus eut le règne de Sa Volonté pendant Sa vie cachée, puisque la Dame Souveraine possédait Son 'FIAT' et que Lui-même était la Divine Volonté. Au milieu de ces mers de lumière interminables, comment saint Joseph aurait-il pu ne pas se laisser dominer par cette Très Sainte Volonté ? " Mais tandis que je pensais cela, mon Souverain Bien, Jésus, soupirant de douleur en mon intérieur, me dit :
(4) « Ma fille, il est certain que la Divine Volonté régnait dans la maison de Nazareth "comme au Ciel ainsi sur la terre". Ma Maman céleste et Moi ne connaissions aucune autre volonté et saint Joseph vivait dans les reflets de la Nôtre. Mais J'étais comme un roi sans peuple, isolé, sans cour, sans armée, et Ma Mère était comme une reine sans postérité, car Elle n’était pas entourée d'autres enfants dignes d'Elle, à qui Elle aurait pu confier Sa couronne de Reine, pour engendrer la lignée de Ses nobles enfants, tous rois et reines. J’avais la douleur d’être un Roi sans peuple ; car si l’on pouvait appeler “peuple” ceux qui M’entouraient, c’était un peuple malade — les uns aveugles, d’autres muets, d’autres encore sourds, boiteux ou couverts de plaies. C’était un peuple qui Me déshonorait plutôt que de M’honorer, et qui, en vérité, ne Me connaissait pas, ni ne voulait Me connaître. Ainsi, J’étais Roi pour Moi seul, et Ma Maman était Reine sans la longue génération de Ses enfants royaux.
Or, pour pouvoir affirmer que J’avais Mon Royaume et que Je gouvernais, il Me fallait des ministres. J’avais bien saint Joseph comme Premier ministre, mais un seul ministre ne constitue pas un ministère. Il Me fallait aussi une grande armée, toute entière vouée à combattre pour défendre les droits du Royaume de Ma Volonté Divine, ainsi qu’un peuple fidèle, n’ayant pour seule loi que celle de Ma Volonté. Cela n’était pas, Ma fille ; c’est pourquoi Je ne peux pas dire qu’en venant sur la terre J’eus alors le Royaume de Mon 'FIAT'.
Notre Royaume fut donc pour Nous seuls, car l’ordre de la Création n’avait pas été rétabli, ni la royauté de l’homme restaurée. Mais en vivant totalement dans la Divine Volonté, Ma Mère céleste et Moi avons jeté la semence ; le levain fut formé afin de faire germer et croître Notre Royaume sur la terre. Tous les préparatifs furent accomplis, toutes les grâces obtenues, toutes les peines endurées, pour que le Royaume de Ma Volonté puisse venir régner sur la terre. On peut donc dire que Nazareth est le point d’appel du Règne de Notre Volonté. »
(1) J’étais en train d’écrire, et pendant que j’écrivais, je sentais que le sommeil me gagnait, et je n’étais pas libre d’écrire. Alors je pensais : " Et pourquoi ce sommeil ? Jusqu’à maintenant, je veillais longtemps, au point que même si je voulais dormir, je ne le pouvais pas. Maintenant, c'est tout le contraire. Que de changements il faut subir, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre ! On voit bien qu’il faut de la patience, même avec Jésus. Quand je veillais, je pouvais faire davantage ; mais au fond, même pour le sommeil, je dois dire 'FIAT' ! " À ce moment-là, mon doux Jésus s’est manifesté en moi et m’a dit :
(2) « Ma fille, ne t’étonne pas. Mon divin 'FIAT' veut étendre Son Règne sur tous les actes humains ; Il veut que tout Lui appartienne, que tout devienne Son domaine, Son territoire. Il est jaloux qu’on Lui enlève ne serait-ce qu’une virgule. Ainsi, tout comme Il a établi Son Règne sur ta veille, travaillant Lui-même avec toi pour y apposer le sceau de Son 'FIAT' en signe de Sa domination et de Sa propriété, de même Il veut apposer le sceau de Son 'FIAT' sur ton sommeil, comme propriété de Son repos éternel.
Il veut retrouver en toi toutes Ses similitudes [ressemblances] : pour Son travail incessant, Il t’a donné la veille, dans laquelle Il te fait tout embrasser et te communique Son immensité ; pour Son repos éternel, Il te fait dormir.
En somme, Mon 'FIAT' doit pouvoir dire et faire : "Ce que Je fais Moi-même dans Ma Volonté, Je dois pouvoir le faire avec Ma petite fille, car, en Me donnant la domination sur tout, [Me laissant régner], tout devient ma Volonté." C’est pourquoi Je peux dire : "Tout est propriété de Mon 'FIAT' en elle ; il ne reste rien qui lui appartienne – tout M’appartient. Et, en retour, Je lui donne ce qui appartient à Ma Volonté Divine." »
(3) Après cela, je suivais avec mes actes la Divine Volonté. Le ciel, les étoiles, le soleil me paraissaient si beaux, que du fond de mon cœur je répétais : " Qu'elles sont belles les Œuvres de mon Créateur ! Quel ordre, quelle harmonie le 'FIAT' Tout-puissant maintient dans toute la Création ! Oh ! si parmi les créatures il y avait cet ordre et cette harmonie, la face de la terre en serait transformée. " Et mon Bien-aimé Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, quand Ma Volonté régnera sur la terre, il y aura une union parfaite entre le Ciel et la terre : un seul ordre, une seule harmonie, un seul écho, une seule vie, car une seule sera la Volonté. [Comment ?] Dans le Ciel, on verra comme autant de miroirs, dans lesquels les créatures, en s’y reflétant, verront ce que font les Bienheureux, entendront leurs chants et leurs musiques célestes ; et, en les imitant, dans leurs actions, leurs chants et leurs musiques, la vie du Ciel se réalisera au milieu des créatures. Mon “FIAT”, mettant tout en commun, instaurera la véritable vie du "FIAT Voluntas tua, sicut in Cælo et in terra" – que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Alors, Ma Volonté chantera victoire, et la créature, l’hymne de son triomphe. »
(5) Et gardant le silence, après un moment, Il ajouta :
(6) « Ma fille, la volonté humaine a produit tant de maux qu’elle a formé l’état malheureux de la pauvre créature ; elle a changé sa destinée 1, sa fortune 2 .
Étant, par nature, heureux en Moi-même, tout ce qui sortit de Nos mains créatrices lors de la Création sortit avec la plénitude du bonheur ; ainsi, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’homme, coulaient la joie et la félicité éternelles. Mais la volonté humaine chassa cette mer de bonheur véritable et perpétuel ; rejetée, elle retourna dans le Sein de son Créateur, qui l’avait fait sortir afin que toutes ses Œuvres soient heureuses. Bien que Nous soyons heureux par Nous-mêmes — et que rien ne puisse faire ombrage à Notre bonheur —, Nous sommes contraints de voir l’homme malheureux, lui à qui avait été donné le primat 3 dans la Création. Voir Nos enfants malheureux — même si cela ne Nous nuit pas — demeure toujours une douleur pour Nous, car la mer de Notre bonheur n’est pas goûtée par celui à qui elle est destinée. Or, celui qui vit dans Ma Volonté Divine fait revenir en lui cette mer de félicité ; il Nous ôte la vue de l’infélicité des pauvres créatures et Nous rend doublement heureux, car Nous voyons Notre bonheur prendre son chemin vers Nos enfants.
C’est pourquoi Ma Volonté Divine remettra toutes choses en ordre et ôtera le malheur produit par la volonté humaine, qui, avec sa bave empoisonnée, sait tout rendre amer et trouble. Qu'il est beau de voir tout le monde heureux ! Quelle consolation pour un père que de posséder et de voir la couronne 4 de ses enfants – tous heureux, riches, en bonne santé, beaux, toujours souriants, jamais en pleurs ! Oh ! comme il se réjouit et nage dans son propre bonheur et dans celui de ses enfants !
Je suis plus qu’un père, et Je ressens en Moi le bonheur de Mes enfants, car il M’appartient et peut entrer en Moi ; tandis que le malheur est quelque chose qui M’est étranger, ne M’appartient pas et n’a pas de voie pour entrer en Moi. J’éprouve la douleur de le voir, mais non de le ressentir ; et comme Père, J’aime et veux que tous soient heureux. »
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1 destinée : désigne le cours global de la vie, ce qui arrive à quelqu’un au fil du temps, son destin.
2 fortune : désigne les circonstances, la chance, c’est-à-dire l’état variable des événements favorables ou défavorables.
3 primat : prééminence accordée à l’homme dans la Création, en tant que chef-d’œuvre placé au sommet de l’ordre créé.
4 couronne : dans ce contexte, désigne symboliquement les enfants eux-mêmes, considérés comme la source de fierté, de joie et d’honneur du père ; il ne s’agit pas d’un objet matériel porté sur la tête.
(1) Je me sentais toute entière dans le 'FIAT' Divin, et mon adorable Jésus faisait apparaître devant mon esprit une mer interminable de lumière ; dans cette mer on voyait tant d’autres petites mers, de petits fleuves formés dans cette même mer... C’était beau, agréable, enchanteur, de voir dans la Mer Divine se former, très souvent, ces petites mers : certaines plus petites, d’autres un peu plus grandes. Il me semblait que c’était comme si nous nous trouvions dans la mer : en y plongeant, l’eau se fend, forme un cercle autour de nous, et nous fait ainsi de la place pour que nous puissions y demeurer. Ainsi, on voit dans la mer beaucoup de personnes, mais elles ne sont pas la mer, car la mer n’a pas la vertu de les convertir en eau ; cependant, Dieu, Lui, a la vertu de nous transformer en Sa propre lumière. Mais malgré cela, on voit qu’une volonté humaine est allée se plonger dans la Mer divine pour y prendre sa place ; et selon qu’elle agit peu ou beaucoup dans cette Mer, elle y forme un 'petit fleuve' plus ou moins grand. Tandis que je me délectais à la vue d’une scène si belle et captivante, mon doux Jésus me dit :
(2) « Ma fille, ces petites mers et ces tout petits fleuves — rivières ou ruisseaux — que tu vois dans la Mer éternelle de la Divine Majesté appartiennent à ceux qui agissent dans la Divine Volonté. Le Créateur donne la possibilité d’entrer et de demeurer dans Sa Mer divine : Il fait place dans Sa propre Mer à ceux qui veulent vivre dans le 'FIAT'. Il les admet dans Sa maison et leur permet de former leurs propres propriétés 1 . Et pendant qu’ils — ceux qui agissent dans la Divine Volonté — forment ces propriétés, ils jouissent de tous les biens de la Mer interminable de l’Être Suprême, qui donne à Ses enfants pleine liberté d’agrandir leurs petites mers dans Sa propre Mer, autant qu’ils le peuvent.
Dans cette Mer se trouvent les petites mers de Mon Humanité, celles de la Souveraine du Ciel et celles de ceux qui vivront dans Ma Volonté. Aucun des actes de ceux qui vivront dans Ma Volonté ne sera accompli en dehors de cette Mer divine ; ce sera la plus grande gloire de Dieu et le plus grand honneur pour les enfants de Mon divin 'FIAT'.
(3) Après cela, plus que jamais immergée dans la Divine Volonté, je Lui offrais tout mon être et tous mes actes. Oh ! comme j’aurais voulu qu’aucune pensée, aucun mot, aucun battement de cœur n’échappe à la lumière du 'FIAT' ! Plus encore, j’aurais voulu entourer tous les actes des créatures d'une couronne 2, me placer sur chaque acte humain pour illuminer tout et tous de Sa lumière, afin qu’une seule soit la parole, un seul soit le battement : " Volonté Divine". Mais tandis que mon esprit se perdait dans Son 'FIAT', mon doux Jésus, se faisant voir, me serra fort dans Ses bras ; puis Il posa Son Très Saint Visage sur mon cœur et y souffla avec force, ce qui le fit palpiter vivement. Je ne saurais dire ce que j'ai ressenti… Puis Il me dit :
(4) « Fille de Ma Volonté Divine, Mon 'FIAT' est lumière ; rien d’obscur, pas même un atome, ne peut y pénétrer s’il n’est lumière lui aussi. Les ténèbres ne trouvent aucun chemin : elles se perdent face à Sa lumière infinie. Pour entrer dans Ma Volonté, l’âme doit se placer sous les reflets de cette lumière — c’est-à-dire que, lorsqu’elle veut accomplir ses actes en Elle [en Ma Volonté], elle se met sous Ses reflets [Ses rayons de lumière], qui ont la vertu de transformer ses actes en lumière.
Alors, Ma Volonté accomplit un prodige : chacun de Ses rayons investit les pensées, les battements, les paroles de l’âme... Ainsi, chaque rayon contient tous les actes de la créature, telle une couronne 3. Et puisque Mon 'FIAT' embrasse tout — le Ciel comme la terre — Il touche tous les êtres 4 avec les actes accomplis dans Ma Volonté par la créature, et les communique à chacun. Si tous pouvaient voir les merveilles de vivre et d’agir en Ma Volonté, ils assisteraient à la scène la plus belle, la plus enchanteresse, la plus bouleversante — celle qui fait le plus de bien et qui porte en elle le baiser de la vie, de la lumière et de la gloire. »
(5) Puis, avec une voix tendre et émue, dans un élan d’amour encore plus fort, Il ajouta :
(6) « Ô Volonté Divine, que Tu es Puissante ! Toi seule es la transformatrice de la créature en Dieu.
Ô Ma Volonté, Toi seule consumes tous les maux et produis tous les biens.
Ô Ma Volonté, Toi seule possèdes la force ravissante au point d’enlever l’âme, et celle qui se laisse ravir
par Toi devient lumière.
Celle qui se laisse dominer par Toi est la plus heureuse au Ciel et sur la terre, la plus aimée de Dieu ;
elle est celle qui reçoit tout et donne tout. »
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1 propriétés : qualités, caractéristiques personnelles, réalisations spirituelles propres que chaque âme forme en vivant dans la Volonté divine, en s’unissant au 'FIAT'.
2 couronne : symbole de gloire, de beauté, d’honneur, mais aussi de consécration et de perfection ; entourer les actes d’une couronne, c’est les honorer, les sanctifier, les embellir ; l'âme exprime le désir que tous les actes des créatures soient revêtus, magnifiés et protégés par la lumière divine, comme si cette lumière formait une couronne qui leur donne dignité, valeur et unité dans la Volonté Divine.
3 ... chaque rayon contient tous les actes de la créature, telle une couronne : le rayon représente une émanation de la lumière divine — une manifestation active du 'FIAT' ; chaque acte humain accompli dans la Volonté Divine, est enveloppé, élevé et glorifié dans cette lumière ; un rayon n’est pas passif : il porte en lui une puissance divine transformatrice qui non seulement illumine l’acte, mais l’associe à tous les autres actes unifiés dans la Divine Volonté, dans une sorte de plénitude circulaire et glorieuse — d’où l’image de la couronne.
4 ... Il touche tous les êtres : les actes accomplis dans la Divine Volonté ne restent pas limités à la personne qui les accomplit ; au contraire, ils acquièrent une portée universelle, comme reflétés, diffusés ou partagés avec toutes les créatures ; la lumière de ces actes atteint chaque être — au ciel, sur la terre, dans le temps comme dans l’éternité.
(1) Je faisais ma ronde habituelle dans la Divine Volonté, et, arrivée au point où la Reine du Ciel fut conçue, reçut l’usage de la raison et accomplit le sacrifice héroïque d’offrir sa volonté à Dieu, sans jamais vouloir connaître la sienne propre, afin de ne vivre que de la Volonté de Dieu, je pensais en moi-même :
" Comme je voudrais que ma Maman Céleste prenne ma volonté, l’unisse à la sienne, et en fasse don à la Majesté Suprême, afin que moi aussi je ne connaisse jamais la mienne, pour ne vivre que de la Volonté de Dieu ! "
Or, tandis que je pensais cela, mon Bien-aimé Jésus se manifesta en moi, et, avec une lumière plus rapide qu'un éclair, Il me dit :
(2) « Ma fille, lors de la Création, trois actes concoururent de la part de la Divinité : la Puissance, la Sagesse et l’Amour. Toutes Nos œuvres sont toujours accompagnées de ces trois actes, car, Notre agir étant toujours parfait, elles – Nos œuvres – sont accomplies avec une puissance immense, une sagesse infinie et un amour parfait, ce qui leur communique trois biens immenses. C’est ainsi que Nous avons donné à l’homme les grands biens de l’intelligence 1 , de la mémoire et de la volonté.
Or, pour que vienne le Règne de Ma Divine Volonté, il est nécessaire que trois volontés soient sacrifiées en holocauste à la Divinité : trois volontés qui, n’ayant plus de vie propre, cèdent la place à la Mienne, afin de Lui permettre de régner et de dominer librement, pour qu’Elle puisse reprendre Sa place royale dans tous les actes humains, la place qui Lui revient. Car c’est ainsi que cela fut établi par Nous dès le commencement de la création de l’homme [que Ma Divine Volonté devait régner en lui]. Mais dans son ingratitude, l’homme donna la place à sa volonté humaine, faisant perdre à Ma Divine Volonté celle qui Lui était destinée.
Devant Nous, il n’y a pas de sacrifice plus grand qu’une volonté humaine qui, tout en ayant la vie, choisit de ne pas l’exercer afin de laisser libre champ à Mon ‘FIAT’. Et c’est pour l’âme un immense gain : elle donne une volonté humaine, et reçoit une Volonté Divine ; elle offre une volonté finie et limitée, et reçoit une Volonté infinie et illimitée. »
(3) Or, tandis que Jésus disait cela, je pensais en moi-même : " La Reine du Ciel fut certainement la première à accomplir le sacrifice héroïque de ne pas donner vie à sa volonté ; mais les deux autres, qui sont-elles ? " Et Jésus ajouta :
(4) « Et Moi, Ma fille ? Tu veux Me mettre de côté ? Ne sais-tu pas que J’avais une volonté humaine, qui n’eut même pas un souffle de vie, cédant entièrement la place à Ma Volonté Divine ? Je la tenais sacrifiée afin que la Volonté Divine puisse étendre sur elle toute l’étendue de Son royaume ! Et toi, tu as oublié que ta volonté humaine est tenue sacrifiée, afin qu’elle ne vive jamais, et que Ma Volonté Divine la garde comme un marchepied 2 sous Ses pieds, afin d’y étendre Mon Règne ?
Or, tu dois savoir que, entre la volonté de la Mère céleste et la tienne se trouve Ma volonté humaine, qui agit comme la “première” 3 et soutient les deux autres 4, afin qu’elles demeurent constantes dans le sacrifice de ne jamais donner vie au vouloir humain. Ainsi, le Règne de Ma Volonté Divine peut s’étendre sur les trois volontés5, offrant une triple gloire à Notre Puissance, à Notre Sagesse et à Notre Amour, et accomplissant une triple réparation pour les trois puissances 6 de l’homme, toutes trois ayant contribué à se soustraire au grand bien de Notre Volonté Divine.
Et si la Souveraine du Ciel fut comblée de grâces en vertu des mérites du Rédempteur à venir, toi, tu l’as été en vertu [des mérites] du Rédempteur déjà venu. Pour Moi, les millénaires ne sont qu’un seul point 7 ; dès ce moment-là 8 Je pensais à tout et Je soutenais les trois volontés sur lesquelles devait triompher Ma Volonté Éternelle. C’est pourquoi Je te dis toujours : sois attentive et sache que tu as deux volontés qui te soutiennent – celle de la Maman Céleste et celle de ton Jésus – lesquelles fortifient la faiblesse de ta volonté afin qu’elle puisse supporter de rester sacrifiée pour une cause si sainte, et pour le triomphe du Royaume de Mon 'FIAT'. »
(5) Or, tandis que mon esprit contemplait le mystère de la conception de la Souveraine Dame, je me disais en moi-même : " Reine Immaculée, cette petite fille de la Divine Volonté vient s'incliner avec révérence à Tes pieds pour célébrer Ta conception et Te rendre les honneurs de Reine ; avec moi, j’appelle toute la Création à Te couronner : les Anges, les Saints, le ciel, les étoiles, le soleil, tous, à Te reconnaître comme notre Reine, à honorer et à aimer Ta grandeur, et à nous déclarer tous Tes sujets. Ne vois-tu pas, ô céleste Mère et Reine, comme toutes les choses créées accourent autour de Toi pour Te dire : “Nous Te saluons, notre Reine ! Enfin, après tant de siècles, nous avons reçu notre Impératrice.” Et le soleil Te salue comme Reine de la lumière, les cieux comme Reine de l’immensité et des étoiles, le vent comme Reine de l’empire, la mer comme Reine de la pureté, de la force et de la justice, et la terre Te salue comme Reine des fleurs. Tous, en chœur, Te saluent : “Sois la bienvenue, notre Reine ; Tu seras notre sourire, notre gloire, notre bonheur ; désormais nous dépendrons tous de tes moindres signes.”
Mais tandis que je disais cela, je me disais en moi-même (certainement une de mes habituelles sottises) : "Moi, je célèbre Ma Maman céleste, mais Elle ne se soucie pas de célébrer la petite fille de la Volonté Divine ? Je ne voudrais rien d’autre qu’Elle me fête en me tenant sur Son Sein comme une petite enfant, pour me faire respirer, me nourrir de l’air, du souffle, de la nourriture et de la vie de la Divine Volonté. "
Je pensais cela, et bien d’autres choses encore, quand mon doux Jésus, remuant en moi, m’a dit :
(6) « Petite fille de Ma Volonté, celle qui vit dans Mon 'FIAT' Divin est fêtée, et elle est la fête de tous (toute la Création). Veux-tu savoir pourquoi, dès Sa conception, tu fêtes l’état de Reine de Ma Maman ? C'est parce qu’Elle a commencé Sa vie dans la Divine Volonté, et Celle-ci te rend présent Son état glorieux de Reine et te le fait fêter avec toutes les choses créées, comme Elle fut fêtée dans Sa conception. Les fêtes commencées dans le 'FIAT' sont éternelles : elles ne finissent jamais, et celui qui vit en Lui les trouve toujours présentes et y participe (fête avec elles).
La petite Reine du Ciel ressentit dès Sa conception que tous La révéraient, Lui souriaient, La désiraient, et qu’Elle était aimée de tous. Mais Elle ne connaissait pas encore, au commencement, le mystère qu’Elle devait être Ma Mère – la Mère de Celui 9 qu’Elle-même attendait. Elle l’apprit lorsque l’Ange le Lui annonça. Par contre, Elle savait que la royauté, l’empire et d'autres marques de respect lui étaient manifestées parce que Ma Divine Volonté régnait en Elle.
Maintenant, tu dois savoir que, tout comme toi tu fêtes la Maman, la Souveraine, la Maman fête la fille, la nouveau-née de ce ‘FIAT’, qu’Elle a tant aimé, au point de Le garder comme Sa prpore vie. Elle célèbre en toi ce que toi-même tu ne connais pas encore – mais que tu connaîtras plus tard. Ne sais-tu pas qu’Elle soupire après les petites reines, qui sont les petites filles de Ma Volonté, pour partager avec elles la même fête, la même gloire, qu’Elle-même reçoit. »
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1 intelligence : entendement, raison ou intellect
2 marchepied : tabouret, escabeau
3 qui agit comme la “première” : Jésus est né après la Vierge Marie.
4 et soutient les deux autres : La volonté humaine de Jésus soutient les deux autres
5 trois volontés distinctes : la volonté humaine de Jésus (toujours totalement soumise à la Divine Volonté), celle de Marie (unie sans réserve au vouloir divin), et la volonté de la créature "Luisa Piccarreta" (appelée ici à se sacrifier pour laisser régner pleinement la Divine Volonté).
6 trois puissances " facultés de l’âme" : mémoire, intelligence "raison, entendement", volonté
7 les millénaires comme un seul point : pour Dieu, le temps n’existe pas comme pour l’homme ; tout est présent devant Son regard éternel ; les millénaires, pour Lui, ne sont qu’un instant.
8 dès ce moment-là : renvoie au plan éternel de Dieu, dans lequel Jésus, avant même de venir dans le temps, soutenait déjà les volontés (celle de Marie et celle de la créature) appelées à coopérer avec Son Règne du 'FIAT'.
9 Celui : le Verbe incarné, Jésus-Christ, la Parole de Dieu devenue chair
(1) Continuant mon habituel abandon dans le 'FIAT' Suprême, je voulais embrasser tous et tout afin que tout devienne Volonté divine, et mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, l’âme dans laquelle réside Ma Volonté est comme un point lumineux dans le monde. Et tout comme on voit un soleil sous la voûte du ciel qui, avec ses rayons, investit la terre et, par sa vie de lumière, pénètre partout, embellit, colore et féconde toute la terre, de même, on voit un autre soleil, plus beau et plus éclatant encore, en un point du monde : c’est l’âme où règne Ma Divine Volonté. Ses rayons s’étendent et s’élargissent jusqu’à embrasser tout et tous. Qu’il est beau de voir, du haut du Ciel, ces points lumineux dans les profondeurs de la terre ! On dirait que ce n’est plus la terre, mais le Ciel, car on y voit le Soleil de Mon 'FIAT' : ses rayons embellissent, fécondent et projettent une telle variété de couleurs divines qu’ils communiquent, par leur vie de lumière, les diverses beautés du Créateur.
Là où se trouvent ces points lumineux, le courant du mal est arrêté. Ma propre Justice se sent désarmée par la force de cette lumière ; elle 1 transforme les châtiments en grâces. Ces points sont le sourire de la terre : leur lumière est annonciatrice et porteuse de paix, de beauté, de sainteté, de vie qui ne meurt jamais. On peut les appeler les points bénis — ou heureux — de la terre, car en eux se trouve une lumière qui ne se couche jamais, une vie qui toujours se lève.
Au contraire, là où ces points lumineux n’existent pas, la terre est obscure. Et s’il s’y fait quelques biens, ce ne sont que de petites lumières sans rayons, car la source de la lumière leur manque. C’est pourquoi un tel bien n’a ni la force ni la vertu de s’étendre et de se diffuser : privé de la source, il est sujet à s’éteindre. Alors la terre demeure obscure, comme ensevelie dans d’épaisses ténèbres, car la volonté humaine est messagère et porteuse de maux, de troubles, de désordre, et d'autres choses semblables. Ainsi, l’âme dans laquelle Ma Volonté ne règne pas exhale des ténèbres, des ombres et des inquiétudes ; et si elle fait quelque bien, c’est un bien enveloppé de brouillard ; son air est toujours malsain, ses fruits sont immatures, sa beauté décolorée. Tout est à l’opposé pour l’âme où règne Ma Volonté : elle est la véritable reine qui domine tout, donne la paix à tous, fait du bien à tous et est aimée de tous. Et tandis qu’elle fait du bien à tous, elle n’a besoin de personne, car elle possède la Source de Ma Volonté, qui fait surgir tous les biens. »
(3) Je poursuivais alors ma ronde dans la Divine Volonté, afin d’apporter toutes les choses créées à mon Créateur — le ciel, le soleil et tout — comme une profonde adoration à mon Dieu, et pour pouvoir Lui dire : "Tu m’as donné le ciel, les étoiles, le soleil, la mer, et moi, je Te rends tout cela en retour de mon amour." Mais tandis que je pensais cela, mon doux Jésus me dit :
(4) « Ma fille, ah ! oui, J’ai tout créé pour toi et Je t’ai tout donné. Chaque chose que Je créais, Je pensais d’abord à t’en faire don, puis Je la faisais sortir [du néant]. Je t’ai fait tant de ces dons que tu ne sais pas où les mettre, et, pour ne pas t’encombrer, Mon Amour t’a donné l’espace où les garder, de sorte que, tandis que tu en jouis, tantôt de l'un, tantôt de l’autre à ton gré, tu n’es pas gênée, car chacun tient sa place pour se tenir à ta disposition.
Or, si tu savais Notre contentement lorsque Nous voyons Notre petite fille prendre son envol dans Notre Volonté pour Nous apporter le ciel, les étoiles, le soleil et tout le reste, afin de Nous rendre les mêmes dons que Nous lui avons donnés ! Nous ressentons Notre propre Gloire, Notre Amour, la répétition de Nos Œuvres. Et, sachant que, si elle en avait le pouvoir, elle les referait pour Nous 2 , Nous, afin de toujours primer dans Notre Amour 3 envers celle qui vit dans Notre 'FIAT', Nous lui en accordons le mérite, comme si elle, la créature, avait fait par amour pour Nous : le ciel, le soleil, la mer, le vent ; en un mot, tout. Nous la récompensons comme si elle maintenait [conservait, entretenait] la Création tout entière afin de Nous rendre gloire et Nous dire qu’elle Nous aime.
Ma Volonté aime tellement l'âme qui vit en Elle que, dans tout ce qu’Elle a fait ou pourrait faire, Elle dit à l’âme : “Faisons-le ensemble.” afin de pouvoir dire : “Ce que J’ai fait par Amour pour elle, elle le fait par amour pour Moi.” »
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1 elle : Ma Justice
2 elle les referait pour Nous : elle recréerait le ciel, les étoiles, le soleil et tout le reste
3 afin de toujours primer dans Notre amour : afin de ne pas Nous laisser dépasser dans Notre Amour par elle, la créature