(1) Je me sentais privée de mon doux Jésus et je languissais 1 pour son retour, mais hélas ! tandis que mon pauvre cœur était torturé, mon Bien-aimé Jésus a doublé mes peines en Se montrant tout couvert de plaies et couronné d’épines, si profondément enfoncées dans Sa chair que l’on ne pouvait Le regarder. Quelle scène émouvante et douloureuse ! Il S’est jeté dans mes bras pour être apaisé. Oh ! comme Il souffrait, gémissait, se débattait. Je L’ai serré dans mes bras, je voulais Lui enlever les épines, mais c’était impossible, elles étaient si profondément enfoncées . Et Jésus, sanglotant, me dit :
(2) « Ma fille, combien Je souffre. Si tu savais comme les créatures M’offensent, et comment elles arment elles-mêmes le bras de Ma Justice pour se faire frapper. »
(3) Et alors qu’Il disait cela, il me semblait que des éclairs, des flammes et de la glace descendaient du ciel pour frapper les créatures. J’étais effrayée, mais Jésus m’effrayait encore davantage en le voyant réduit de façon si barbare. Alors je continuais à prier et me disais : " Oh ! comme je voudrais convertir en Volonté de Dieu toutes les pensées, paroles, œuvres (les réalisations) et actions (les agissements) de toutes les créatures, afin que le péché soit éradiqué ! Je voudrais que les créatures, investies de la lumière de la Divine Volonté, enchantées par elle et placées sous son éclatante éclipse, perdent toute capacité et toute volonté d’offenser mon doux Jésus, ainsi que toutes leurs passions (leurs penchants désordonnés). " Mais tandis que je pensais cela, mon doux Jésus me dit :
(4) « Ma fille, lorsque l’âme s’engage à convertir tous les actes humains en Ma Volonté, elle forme ses propres rayons qui s’étendent et saisissent la terre comme dans leur propre poing. Et, s’élevant jusqu’au Ciel, plus haut que les rayons du Soleil de Ma Volonté, ils L’investissent et plongent en Lui, formant un seul Soleil, comme dans un concours de lumière. Tout – Ciel et terre – subit l’enchantement et l’éclipse du Soleil de Ma Volonté, ; même Ma Justice est éclipsée, de sorte que bien des fléaux sont épargnés. »
(5) Puis, après avoir écrit pendant un certain temps, Jésus se manifesta en moi et, prenant mon visage entre Ses mains, Il me dit :
(6) « Ma fille, Je veux te récompenser pour le sacrifice que tu as consenti en écrivant. »
(7) Et moi : " J’ai écrit pendant trois nuits, et Tu ne m’as rien donné. Il me semble que Tu es devenu plus parcimonieux 2. Tu ne me montres plus cette grande satisfaction que Tu avais pour moi lorsque j’écrivais, et Tu ne me commandes plus avec Ton autorité amoureuse. J’ai l’impression que Tu as changé. "
(8) Et Jésus : « Je ne peux pas changer, il n’est pas dans la nature divine de changer. La nature humaine change, mais la nature divine, jamais. Sois donc certaine que rien n’a changé en Moi. Mais sais-tu ce que Je veux te donner en récompense ? Ma propre Vie. Chaque vérité que Je te manifeste est un don de Vie Divine que Je te fais. Et Je te donne la liberté non seulement de garder ce grand don pour toi, mais aussi de le multiplier pour le donner à qui tu veux et à quiconque souhaite le recevoir. »
(9) « Tu dois aussi savoir que chaque acte, chaque parole, chaque pensée accomplis par la créature – dans Ma Volonté – est comme une petite pierre qu’elle jette dans Sa mer, laquelle, en ondulant, déborde et apporte le bien à tous. Parfois, ce sont de légères brises qui font se lever la houle dans la Mer de Mon 'FIAT', formant des vagues plus ou moins hautes, selon le nombre de brises que la créature y envoie. Et lorsque ces vagues s’élèvent puis redescendant, une partie reste dans la mer, et une autre inonde la terre. Oh ! comme il est délicieux de voir la créature – tantôt jeter ses petites pierres dans Notre Mer, tantôt souffler et former son petit vent. Et la Mer lui sourit en ondulant, lui fait la fête en recevant son souffle et en formant des vagues.
Ainsi, l’âme qui vit et agit dans Mon 'FIAT' Nous donne l’occasion de faire se lever Notre Mer et de répandre ses eaux sur la terre et le Ciel. Et puisque c’est la Divine Volonté qui s’écoule, Elle dispose les créatures – celles qui reçoivent les eaux de la Mer de Notre Volonté – à demander Son Royaume.
Et Nous, Nous ressentons que la créature qui vit dans Notre Divine Volonté rappelle les fêtes, les amusements, les jeux du commencement de la Création avec son Créateur. Tout est permis à celle qui vit dans Notre Volonté, Nous la laissons tout faire, car elle ne désire rien d’autre que faire résonner en elle Notre Volonté et Notre écho. Se laissant porter par Notre écho divin, elle jette sa petite pierre, forme son petit souffle qui soulève les vagues, gémit, parle et prie pour que Notre divin 'FIAT' soit connu, aimé et qu’Il domine sur toute la terre. »
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1 Se languir = s'ennuyer, se morfondre, souffrir de quelque chose et en dépérir
2 Tu manques désormais de générosité
(1) Je me sentais oppressée par la privation de mon Bien-aimé Jésus. Oh ! comme j’aurais voulu faire un saut dans les régions célestes pour n’en plus sortir, afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec ces bienheureuses 1 privations qui me font vivre en mourant. Ah ! oui ! Si Jésus, dans sa bonté, me permettait d’arriver dans Sa Patrie, Il ne pourrait plus se cacher de moi, et je ne serais jamais plus privée de Lui, pas même un instant. Alors, viens vite, mon Amour, mettons fin une fois pour toutes à ces privations : je n’en peux plus. Mon amertume était telle qu’il me semblait qu’une lame acérée transperçait ma pauvre âme de part en part. C’est alors que mon Bien-aimé Jésus sortit de moi et me dit :
(2) « Ma fille, courage ! Ne sais-tu pas que celle qui accomplit Ma Volonté et vit en Elle devient pour Nous si précieuse que Nous la considérons comme Notre bien propre, exclusivement Nôtre, inséparable de Nous ? Or, Notre Divine Volonté est inséparable de Nous ; aussi loin qu’Elle se répande, Son centre demeure toujours en Nous – et, par conséquent, toi aussi. 2 Notre Divine Volonté est semblable à la lumière du soleil : tout en déployant ses rayons sur toute la terre et en l’enveloppant de sa main de lumière, sa lumière ne quitte jamais sa sphère, ne se divise jamais et ne perd jamais la moindre parcelle.
En fait, la lumière n’est pas séparable, et si elle pouvait l’être, elle ne serait plus une vraie lumière. C’est pourquoi le soleil peut dire : " Toute la lumière m’appartient. "
Il en va de même pour Nous : la lumière de Notre Divine Volonté est inséparable et infinie ; elle rend l’âme en qui elle règne : Nôtre et inséparable de Nous. Comme Nous la considérons comme Notre bien propre, il est de Notre intérêt de Nous honorer Nous-mêmes en l’investissant de toutes Nos qualités divines, au point de pouvoir dire : " Il y a dans cette créature la Vie divine, car la lumière de Notre 'FIAT' y demeure. " Il est également de Notre intérêt que tout en elle soit saint, pur et beau, et qu’elle soit pleinement investie de Notre bonheur, recevant tout de Notre vie divine.
Lorsque la terre est revêtue de la lumière du soleil, elle perd son obscurité et devient toute lumière, de telle sorte que la lumière agit en reine : elle domine la terre et en devient la nourricière, en lui communiquant la vie et tous les effets de sa lumière.
De la même manière, lorsque Notre Divine Volonté règne dans la créature, Elle disperse les maux, met en fuite l’obscurité, les faiblesses, les misères et les afflictions, et, en reine, Elle devient nourricière : de lumière, de force, de richesses divines et de bonheur. Ainsi, pour celle qui vit dans Notre 'FIAT', les amertumes, les oppressions et tout ce qui relève de la volonté humaine perdent leur place, car la lumière de Notre 'FIAT' n’accepte que ce qui Lui appartient.
En conséquence, puisque Notre Divine Volonté place tout Son intérêt dans la créature comme en quelque chose qui Lui appartient, celle-ci perd tout intérêt pour ce qui est humain, et ses intérêts deviennent divins. C’est à cela que l’on reconnaît que Ma Divine Volonté règne dans la créature : elle n’a plus aucun intérêt personnel. Si elle en conserve, cela signifie que l’âme ne possède pas encore la plénitude de Mon 'FIAT', et que subsistent en elle des espaces vides de Sa lumière. Par conséquent, l’humain se fait sentir et l’âme adopte des intérêts humains.
C’est pourquoi tu dois laisser les amertumes et les oppressions à l’extérieur de ton âme : elles ne t’appartiennent pas. Ce qui t’appartient, c’est la lumière, et tout ce que la lumière de Ma Volonté peut posséder. »
(3) Après cela, je pensais : " Combien de sacrifices sont nécessaires pour ce Royaume du 'FIAT' : sacrifices d’écritures, de repos et de sommeil, souffrances, prières incessantes, mort continue de la volonté humaine afin que la Divine Volonté puisse avoir une vie permanente… et tant d’autres choses que seul Jésus connaît. Et après tout cela, peut-être que rien de bon ne se verra, ni gloire de Dieu… tant de sacrifices resteraient sans utilité et sans effet… " Mais alors que je méditais sur tout cela, mon toujours aimable Jésus se manifesta en moi et, me serrant dans Ses bras, Il me dit :
(4) « Ma fille, que dis-tu ? Il n’y a aucun sacrifice que tu as fait qui n’aura sa valeur, ses effets précieux, car tout ce qui se fait dans Ma Volonté et pour obtenir qu’Elle soit connue acquiert, par nature 3 , Vie divine et vertu communicative, de façon à communiquer aux autres la Vie divine et la vertu qu’elle possède. Tel est le fait : maintenant, tout ce que tu as fait et souffert se tient devant Dieu comme un acte de supplication, afin que les créatures se disposent à recevoir ce bien et que Dieu le leur accorde. Ensuite, lorsque Ma Volonté sera connue et que Son Règne sera établi, tous les mots que tu as écrits, tes veilles nocturnes, tes prières incessantes, tes rondes dans l’œuvre de la Création et de la Rédemption, tes nombreuses années d’alitement, tes souffrances et tes sacrifices brilleront comme des rayons de soleil, comme des diamants et des pierres précieuses d’une valeur infinie. Peu à peu, ils seront reconnus par ceux qui auront le grand privilège de connaître Ma Volonté et de vivre dans Son Royaume.
Mieux encore, ils comprendront que les fondations brillantes 4 et les édifices majestueux 5 de ce Royaume ont été bâtis et cimentés par les nombreux sacrifices de celle à qui fut confiée la mission de Le faire connaître – de faire connaître le Royaume de Ma Volonté. Tout cela sera connu clairement, y compris ceux qui y ont contribué, qui t’ont guidée ou qui t'ont commandé d’écrire, ainsi que ceux qui se sont intéressés à faire connaître Mon divin 'FIAT', par la parole ou par l’écriture.
Et ce n’est encore rien ; tout le bien que feront ceux qui possèdent le Royaume de Mon 'FIAT', ainsi que toute la gloire qu’ils Me rendront, descendra et remontera 6 en ceux qui ont été le commencement et la cause d’un bien si grand. Et même si tu es au Ciel, la vertu communicative de Ma Volonté, qui a vécu en toi sur la terre, te mettra en relation avec eux et gardera toutes les voies ouvertes entre toi et eux. Ainsi, ta vie et tout ce que tu as fait et souffert demeureront parmi eux, et tout ce qu’ils accompliront prendra son origine en toi, car la Divine Volonté est une, pour toi comme pour eux. Si tu pouvais entrevoir [pressentir spirituellement] la gloire, les satisfactions et les délices qui te reviendront, tu aimerais encore davantage te sacrifier afin que Ma Volonté soit connue et règne parmi les créatures. »
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1 bienheureuses : ces privations, bien que douloureuses, portent un bien spirituel et une grâce divine
2 L’âme qui vit dans la Volonté Divine ne peut se séparer de Jésus : car, 1) Jésus ne peut se séparer de Sa propre Volonté, et 2) l'âme vit dans cette Volonté ; donc, 3) Jésus ne peut se séparer de l'âme.
3 Dans l’italien « per natura », cela signifie que l’acte accompli dans la Volonté Divine possède intrinsèquement une Vie divine et une vertu communicative, sans intervention extérieure. C’est une propriété essentielle et innée de tout acte fait dans le FIAT.
4 fondations brillantes = “le fondamenta brillantate” ; symbolisent les bases du Royaume de la Volonté Divine, éclatantes comme des joyaux ; représentant la solidité et la valeur spirituelle de ce qui est bâti par la créature fidèle.
5 édifices majestueux = “le fabbriche innalzate” ; désignent les œuvres élevées et visibles dans ce Royaume, symbolisant la grandeur et la magnificence de tout ce qui est accompli dans la Volonté Divine.
6 « descendra et remontera » peut sembler ambigu ; le texte italien “scenderà e risalirà in quelli che sono stati principio e causa di un tanto bene” utilise une image de mouvement pour exprimer la circulation spirituelle du bien et de la gloire ; ce n’est pas un mouvement physique, mais symbolique ; la gloire et le bien générés par ceux qui possèdent le Royaume de la Volonté retournent spirituellement vers ceux qui ont été à l’origine de ce bien.
(1) Je suivais tout ce que la Divine Volonté avait accompli dans la Création et dans la Rédemption ; je ne voulais laisser aucun de Ses actes sans y joindre le mien, si petit soit-il, pour leur tenir compagnie et rendre un hommage perpétuel de gloire et d'amour à une Volonté si sainte. Alors, mon doux Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, comme Je suis heureux de voir que tu ne laisses pas Ma Divine Volonté isolée dans Ses si nombreuses œuvres créées uniquement par amour pour les créatures — et non pour Elle-même, car Elle n’en avait pas besoin ! Tu dois savoir que lorsque tu passes d’une de Nos œuvres à l’autre pour y reconnaître Notre amour et Nous donner amour et gloire, alors Nous trouvons en toi le retour de Notre amour, car tu reconnais Nos œuvres. Comme il est amer et douloureux de faire le bien par pur amour et de ne pas être reconnu ! Mais lorsque Nous trouvons une créature qui reconnaît Nos œuvres avec gratitude, Nous Nous sentons récompensés pour ce que Nous avons fait : Nous avons donné de l'amour, et Nous recevons de l'amour.
À celle qui vit et opère 1 dans Notre Divine Volonté, Nous donnons la liberté d’établir de nombreux liens entre la terre et le Ciel, d’ouvrir de multiples portes de communication ; et, par ces chaînes d'union, elle peut faire monter ses actes au Ciel et faire descendre une abondance de grâces en faveur de toutes les créatures. Car Nos œuvres de la Création et de la Rédemption, accomplies sur la terre, possèdent la vertu d’ouvrir le Ciel — et c’est pourquoi Nous nous servons de ceux qui vivent dans Notre Divine Volonté pour les ouvrir. »
(3) Et en disant cela, Il me montrait de nombreuses portes ouvertes dans le Ciel, d’où descendaient autant de chaînes d'or qui liaient la terre à chaque œuvre de mon doux Jésus. Puis, je poursuivais mon parcours à travers les œuvres de la Majesté Suprême, et, parvenue au moment de la création de l’homme, je pensais en moi-même :
"Adam a vécu le commencement de sa vie dans la Divine Volonté. Par conséquent, ses pensées, ses paroles, ses œuvres et ses pas étaient animés par l’unité du 'FIAT', lequel embrasse tout et contient tout, sans que rien ne Lui échappe. Ses actes possédaient donc la totalité et la plénitude de tous les biens. Et si un seul acte accompli ainsi – dans l’unité du 'FIAT' qui embrasse tout – est d’une telle valeur que tous les autres actes des créatures réunis ne peuvent l'égaler (égaler cet acte unique), qui sait combien d’actes Adam a pu accomplir, lui qui a vécu une période de sa vie dans cette unité du 'FIAT' ! Sa gloire au Ciel doit être grande... et peut-être surpasse-t-elle toutes les autres, hormis celle de la Reine souveraine, qui forma toute Sa vie dans la Divine Volonté.
Il est vrai qu’Adam a péché et qu’il est sorti de cette Divine Volonté. Mais, s'il en est sorti, ses actes y sont demeurés, car je crois qu’aucune force, divine ou humaine, ne peut détruire même un seul acte accompli dans cette unité du 'FIAT' qui embrasse tout et possède tout. Dieu Lui-même ne pourrait anéantir un tel acte, car pour cela Il devrait détruire Sa propre Volonté Divine, ce qu’Il ne peut faire ; étant éternelle et infinie, sans commencement ni fin, Elle est intouchable (intangible) et personne ne peut L’atteindre. "
Alors que mon pauvre et petit esprit se perdait dans ces pensées et bien d’autres, et que j’aurais voulu m'en détacher pour passer à autre chose, mon Bien-aimé Jésus se montra à moi et me dit :
(4) « Fille de Ma Suprême Volonté, Je ne veux rien te cacher, car, à celui qui vit en Elle, Ma propre Volonté se fait révélatrice de ce qu’Elle a accompli par amour pour les créatures, et de ce qu’a accompli la créature elle-même en Elle, puisqu’Elle porte ces actes en Son sein, comme le triomphe de Ses œuvres. Or, il est vrai qu'Adam possède au Ciel une gloire que nul autre, si saint soit-il, n’a reçue, excepté la Mère Céleste, car nul autre ne possède un seul acte dans l’unité de Ma Divine Volonté. Il était juste et convenable pour Notre Divine Majesté que la première créature sortie de Nos mains créatrices possédât plus de gloire que toutes les autres, d'autant plus que le premier temps de sa vie fut vécu tel que Nous le voulions. On peut dire que c’était Notre vie, Notre Volonté et Nos œuvres qui coulaient en lui.
Comment aurions-Nous pu détruire cette période de la vie d’Adam, alors qu’elle était plus la Nôtre que la sienne ? Il est inutile d’y penser : ce qui se fait dans Notre Divine Volonté demeure intangible ; personne ne peut y toucher, car cela entre dans l’ordre divin et infini. Et bien qu'Adam glissa et tomba, ses actes accomplis avant sa chute restèrent intacts et beaux, tels qu’il les avait faits.
Après sa chute, Adam resta blessé et malade, Notre image étant défigurée en lui, car Notre Volonté Divine n’était plus en lui pour le garder beau, frais, fort, saint et parfaitement ordonné, tel que Nous l’avions créé, puisqu’il L’avait lui-même repoussée. Cependant, ses œuvres accomplies jusqu’à sa malheureuse chute, lesquelles possédaient l’unité de Notre 'FIAT', ne subirent aucun changement, car Nous étions jaloux de ces actes qui Nous avaient tant glorifiés et réjouis en voyant l’homme – Notre fils – s’élever jusqu’à Nous pour absorber en lui Nos manières divines et Notre ressemblance, et pour Nous apporter, dans l’unité de Notre Volonté, des joies, du bonheur ainsi que le retour (réciprocité) et le sourire de toutes les choses créées.
Nous étions ravis de voir Notre cher fils, l’œuvre de Nos mains, vivre dans Notre Volonté comme chez lui, prenant de Nous pour Nous apporter des joies et des bonheurs sans fin. Ma fille, cette période de la vie d’Adam fut une période inoubliable : pour Nous, pour lui et pour tout le Ciel. Après sa chute dans le péché, Adam demeura comme un aveugle qui, avant de perdre la vue, avait accompli un grand nombre de belles œuvres, au point d’en remplir le Ciel et la terre. Qui pourrait dire qu’elles ne viennent pas de lui, simplement parce qu’il perdit volontairement la vue ? Et qui oserait prétendre que ces oeuvres sont sans valeur, uniquement parce que, étant aveugle, il ne peut plus les reproduire ? Personne, assurément. De même, une personne qui étudie les sciences et qui, à mi-parcours, décide de ne plus poursuivre : pourrait-on lui enlever ou détruire le bien des connaissances qu’elle a acquises, simplement parce qu’elle ne continue pas ? Certainement pas. Or, si cela est vrai dans l’ordre humain, combien plus encore, et avec une certitude bien plus grande, cela est vrai dans l’ordre divin !
Ainsi, en vertu de la première période de sa vie, innocente et entièrement vécue dans l’unité de 'FIAT', Adam possédait une gloire et une beauté que nul ne pouvait égaler.. À sa seule vue, tous les Bienheureux reconnaissaient combien la création du premier homme avait été belle et majestueuse, resplendissante de grâce. En lui, ils contemplaient le bien incalculable de la Divine Volonté dans la créature, ainsi que la joie et le bonheur qu’elle pouvait posséder. Et en lui seul, comme dans un miroir, les Bienheureux voyaient comment l’homme avait été créé, l’amour débordant dont Nous l’avions entouré, ainsi que l’abondance des dons dont Nous l’avions comblé. Nous lui avions tout donné, autant que la créature pouvait contenir, au point que ses dons (ses biens, ses richesses) débordèrent et inondèrent toute la Terre.
S’il n’en était pas ainsi – si toute la magnificence de Nos mains créatrices ne pouvait se voir en Adam – alors les grandes œuvres que Nous avons accomplies dans la Création, ainsi que ce que la créature fait et peut faire dans Notre Divine Volonté, ne seraient pas connues, même au Ciel. C’est Notre amour, et aussi Notre Justice, qui l’exigent et veulent conserver au Ciel la réalité de cette image : l’homme tel qu'il fut créé – et non une autre, mais celle-là même qui sortit de Nos mains créatrices, afin que, si la terre ne la connaît pas, le Ciel au moins la connaisse : l’image de l’homme Adamique.
Les bienheureux regardent leur origine en Adam et, reconnaissants, ils Me remercient et prient pour que Mon 'FIAT' vienne régner sur la terre afin de former d’autres images plus belles que celle d'Adam. Car, en lui, l’œuvre de Ma Divine Volonté n’est pas achevée, puisqu’elle n’a duré qu’au commencement de sa vie. Seule la Souveraine Reine possède une vie et des œuvres totalement accomplies dans Mon 'FIAT' ; c’est pourquoi nul ne peut l’égaler. Or, Ma Volonté veut former d’autres vies pleinement accomplies en Elle [en Ma Volonté], pour répéter ce qu’Elle fit dans la Création et faire connaître à la terre la manière et l’ordre dans lesquels la créature fut créée, ainsi que ce que Ma Volonté Divine peut réaliser de grand, de beau et de saint en elle.»
(5) « De plus, tu dois savoir qu’à ce jour, Je n’ai manifesté à personne ni les grands mérites d’Adam, ni la sublimité, la grandeur et la sainteté qu'il possédait lorsqu’il vécut la première période de sa vie dans l’unité de Ma Volonté — ni l’immense gloire qui est la sienne au Ciel, en vertu des actes qu’il y accomplit ! Bien au contraire, beaucoup tenaient pour certain que, puisqu’il était tombé dans le péché, Adam ne pouvait jouir que d’une gloire semblable à celle des autres Bienheureux — ou peut-être même moindre que la leur.
Mais voulant restaurer le Royaume de Ma Volonté Divine, Je ressens en Moi la nécessité d’amour de manifester la première époque de la Création, ainsi que la première période de la vie d’Adam — entièrement vécue dans la Divine Volonté — et la gloire qu’il possède au Ciel en vertu de cette Volonté, afin que les créatures, connaissant un tel bien, se disposent et aspirent au 'FIAT' divin, "comme au Ciel, ainsi sur la terre." »
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1 opère = agit
(1) Mon abandon dans le 'FIAT' est continuel ; et, tandis que je suivais Ses actes, mon pauvre esprit s’arrêta à réfléchir sur la conception de la Reine céleste et sur le grand privilège qu’Elle eut d’être préservée de la tache originelle. Alors, se mouvant en moi, mon Bien-aimé Jésus me dit :
(2) « Ma fille, le germe — la semence — dans lequel fut conçue la Souveraine Céleste fut pris de la lignée humaine, car Elle aussi eut une vie humaine comme toutes les autres créatures, comme Moi-même Je l’eus. Cependant, il y a cette grande différence, qui ne fut accordée à aucune autre créature : avant que Sa belle âme ne fût conçue dans ce germe humain, Mon 'FIAT', par Sa toute-puissance 1, y concentra Ses rayons, et, par leur lumière et leur chaleur, Il anéantit et fit mourir tout ce que ce germe contenait de mauvais, le purifiant totalement et le rendant pur et saint, exempt de la tache originelle 2. Puis, dans en lui, fut conçue la Petite Immaculée. Ainsi, tout le prodige de l’Immaculée Conception fut l’œuvre de Ma Divine Volonté. Elle ne créa pas un autre germe humain, ni ne le détruisit, mais Elle le purifia. Et, par Sa chaleur et Sa lumière, Elle en retira toutes les impuretés qu'il avait contractées à cause du péché d’Adam et le fit redevenir tel qu’il était sorti de Nos mains créatrices.
Et dès que la petite Vierge Reine fut conçue dans cette semence exempte de toute tache, ainsi fut conçu en Elle — et dans les générations humaines — le Royaume de Ma Divine Volonté. Car, lorsque Nous formons et accordons à une créature des grâces extraordinaires, Nous voyons en elle toute l’humanité de la famille humaine, comme si elle ne formait qu’un seul être. Ainsi, lorsque naquit la petite Vierge Immaculée, le droit de posséder ce Royaume fut restitué à l’humanité. Maintenant, lorsque Je vins sur la terre pour prendre chair humaine, Je Me servis du germe de la Souveraine du Ciel, et l’on peut dire qu’ensemble, Elle et Moi, nous travaillâmes à reformer ce Royaume dans les générations humaines. Il ne reste donc plus qu’à Le connaître pour Le posséder.
C’est pourquoi Je manifeste ce qui appartient à Mon Royaume 3 et à Ma Divine Volonté Elle-même 4, afin que la créature puisse parcourir Ses voies, suivre Nos pas, et en prendre possession. Par Sa chaleur et Sa lumière, Ma divine Volonté répétera le prodige de retirer les impuretés du germe humain. Et, pour être sûre du résultat, Elle déposera en lui le germe de Sa lumière et de Sa chaleur, Se constituant la Vie même de ce germe. Ainsi, il y aura un échange : Ma Divine Volonté prendra possession du germe pour y former Sa vie de lumière, de chaleur et de sainteté, et la créature reprendra possession du Royaume de Mon divin 'FIAT'. Ma fille, tu vois donc que tout est prêt ; il ne reste plus qu’à Le faire connaître. Voilà pourquoi J’ai tant de hâte à ce que soit connu tout ce qui concerne Ma Divine Volonté, afin de susciter chez les créatures le désir de posséder un si grand bien. Alors, attirée par leurs désirs, Ma Volonté pourra concentrer sur elles Ses rayons lumineux et, par Sa chaleur, accomplir le prodige de leur restituer le droit de posséder Son Royaume de paix, de bonheur et de sainteté. »
(3) Après cela, devant écrire ce que Jésus m’avait dit, il m’était presque impossible d’y parvenir. En essayant une première, une deuxième, puis une troisième fois, et voyant que je n’y parvenais pas, je pensais en moi-même que le Bienheureux Jésus ne voulait plus que j’écrive, et donc que je ne devais pas le vouloir non plus. Ainsi, j’abandonnai l’idée de m’efforcer davantage. Mais ensuite, j’eus envie d’essayer encore, et il sembla que j’y parvins, même avec plus de facilité que les fois précédentes. Alors je pensais en moi-même : " Pourquoi tant de sacrifices, tant de difficultés, tant d’essais répétés pour écrire sans y arriver, et après tant de peines, réussir si facilement ? " Et mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me dit : »
(4) « Ma fille, ne t’inquiète pas. J’ai voulu jouir un peu de toi et goûter la douceur qui naît de tes sacrifices. Chaque fois que tu essayais d’écrire sans y parvenir et que tu recommençais, Je Me sentais touché par l’amour qui te poussait à te sacrifier pour accomplir Ma Divine Volonté en écrivant. Et Moi, pour jouir de ces blessures, Je te rendais incapable de garder les yeux ouverts pour écrire. Ne veux-tu donc pas que ton Jésus se divertisse un peu avec toi et goûte un instant de joie ?
De plus, tu dois savoir que le sacrifice, accompli pour réaliser Ma Volonté, forme dans l’âme un sang pur, noble et divin, tout comme la nourriture forme le sang dans le corps. Et Moi, plongeant Mon pinceau d’Amour dans ce sang, Je prends plaisir à former en elle une image de Moi-même, toujours plus belle et plus gracieuse. Alors, laisse-Moi faire et pense seulement à accomplir Ma Volonté divine ; et Moi, Je ferai éclore quelque chose de plus beau encore dans la petite nouvelle-née de Ma Volonté adorable. »
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1 Sa toute-puissance = Son omnipotence
2 la tache originelle = le péché originel
3 le Royaume » = l’effet, l’héritage offert aux créatures.
4 Ma Divine Volonté » = la cause, le principe divin qui engendre le Royaume.
(1) Je continuai ma ronde dans la Création pour tenir compagnie à toutes les œuvres du divin 'FIAT', et, en Lui, oh ! combien je me sentais riche de lumière, et en possession de toute chose ! Il me semblait que tout m’appartenait, car la Divine Volonté me donnait tout, et moi, en circulant en Elle, je recevais tout. Et mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me dit :
(2) « Oh ! comme elle est riche et souveraine, la petite fille de Ma Divine Volonté, au milieu de Nos Œuvres, si nombreuses qu’elle ne peut toutes les embrasser ! Et Nous, en la voyant ainsi au milieu d’elles, Nous nous réjouissons et lui répétons sans cesse : " Tout est à toi ; c’est pour toi que Nous les avons créées, afin de te voir riche, belle et souveraine. " Et toi, reprenant envers Nous cette émulation d’amour 1, tu Nous dis : " Combien de belles choses j’ai à Vous offrir ! Toutes Vos œuvres sont miennes, et je Vous les rapporte dans Vos bras, comme gloire et triomphe de Vos œuvres."
Ainsi, depuis que Nous avons créé la Création, Nous avons toujours donné à l’homme, sans jamais cesser, et lui ne Nous a jamais rien offert. Et lorsqu’il essayait de Nous donner quelque chose, ce n’étaient que des choses étrangères à Nous, misérables, indignes de Notre grandeur. Mais lorsque Notre Volonté Divine sera reconnue, et que la créature vivra pleinement en Elle, elle prendra possession de Nos œuvres. Alors Nous cesserons de donner, car Nous aurons donné suffisamment, au point qu’elle [la créature] ne pourra tout embrasser. Et alors, la créature commencera à donner à son Créateur : non pas des choses étrangères ou indignes de Nous, mais Nos propres choses, les fruits de Nos œuvres.
Oh ! comme Nous nous sentirons glorifiés, aimés et honorés ! Ainsi, la connaissance du divin 'FIAT', le retour de Sa vie au milieu des créatures, ouvrira la sainte émulation d’amour — cette tendre compétition —entre le Créateur et la créature : elle pourra Nous donner, et Nous pourrons lui faire posséder. Ce sera donc le retour de Nos œuvres dans Notre sein. Que ton vol dans Notre 'FIAT' Divin soit constant, afin que Nous puissions te donner tout, et que tu puisses tout Nous restituer. »
(3) « De plus, celui qui vit dans Notre Volonté vit de lumière ; et Elle, par la force de sa lumière, possède le pouvoir de terrasser tous les maux, d’ôter la vie aux passions et de chasser les ténèbres. Ainsi, la Volonté Divine, par sa lumière, rend la créature incapable de faire ou de recevoir le moindre mal. Qui pourrait jamais faire la guerre à la lumière ? Personne.
Qui pourrait jamais dire : "Je peux empêcher le passage de la lumière" ? Personne. Et si quelqu’un essayait, la lumière se rirait de lui et, par sa vertu triomphante, l’envelopperait, passerait au-dessus, en-dessous et de tous côtés, et, se jouant de lui tout en suivant son cours, le tiendrait sous son pouvoir et sa pression de lumière, à moins qu’il ne se cache dans quelque abîme sombre. Le Soleil ne fait-il pas cela ? Combien plus le Soleil de Ma Volonté ! Et l’âme qui vit dans cette lumière ne fait rien d’autre qu’élargir [dilater] la capacité de son intelligence pour pouvoir recevoir davantage de lumière. Ainsi, chaque acte accompli dans Mon 'FIAT' Divin crée, par sa lumière [lumière du 'FIAT'], un vide dans l’esprit humain, afin d'y communiquer une lumière encore plus grande. »
(4) Après cela, je réfléchissais à la manière dont le règne du 'FIAT' Suprême pourrait advenir, et mon doux Jésus ajouta :
(5) « Ma fille, toutes choses, entre Mes mains, peuvent devenir un moyen pour atteindre l’objectif que Ma Divine Volonté soit connue et qu’Elle règne parmi les créatures. Je ferai comme un roi qui veut qu’une ville se rende à son autorité. Il l’assiège et lui fait constater que, si elle ne se rend pas, elle mourra de faim. Et le peuple, voyant qu’il lui manque les moyens de subsistance, se rend. Alors le roi lève le siège : il entre en maître dans la cité, pourvoit abondamment à tous les besoins de la vie, organise fêtes et divertissements, et rend ce peuple heureux. C’est ainsi que Je ferai : J’assiégerai la volonté humaine, J’amènerai l’amertume et détruirai ce qui sert à la nourrir : de nombreux châtiments surviendront, qui ne seront rien d’autre que le siège que Je poserai sur tout ce qui est humain, afin que, lasses et désillusionnées, les créatures ressentent le besoin que Mon 'FIAT' Divin règne parmi elles. Et Lui, dès qu’Il verra qu’elles Le désirent, Il prendra le commandement, les comblera de tout et les rendra heureuses. Ne t’inquiète donc pas : Je sais comment ordonner tous les événements pour atteindre cet objectif. »
(6) Je réfléchissais ensuite à la grande valeur de nos actes accomplis dans le divin 'FIAT' : une valeur si immense qu'un seul acte peut s’étendre à tous. Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :
(7) « Ma fille, de même qu'un seul rayon de lumière du soleil se répand sur toute la créature, illuminant en même temps son regard, sa bouche, ses mains, ses pas — partout — sans devoir répéter son acte de lumière pour chacun de ses membres, un seul rayon suffisant à tout embrasser et à donner à chacun sa part de lumière, ainsi les actes accomplis dans Ma Divine Volonté, enfants de la lumière de Ma Divine Volonté, peuvent illuminer tout et tous, et s’étendre partout.
Telle est la vertu, telle est la propriété de la Lumière de Mon divin 'FIAT' : par un seul acte, Elle 2 a le pouvoir de donner la lumière à tous. Et si Elle se manifeste diversement d’une créature à l’autre, c’est que certaines sont disposées à recevoir Ses biens et en profitent, tandis que d’autres, qui ne le sont pas, bien qu’enveloppées par Elle, ne recueillent pas les trésors qu’Elle contient. Cela se passe avec le soleil : il éclaire tous, et personne ne peut dire : " À moi, il ne donne pas sa lumière. " Et comme chacun peut la recevoir à sa guise, elle ne suscite aucune jalousie. Pourtant, il peut y avoir une grande différence entre celui qui utilise la lumière pour travailler et gagner sa vie, celui qui se contente de jouir de la lumière sans rien faire, celui qui s’en sert pour se divertir et même celui qui l’utilise pour pécher 3 ; la lumière est toujours la même, mais ceux qui la reçoivent n'en profitent pas de la même manière, ni n’en font le même usage.
Telle est Ma Volonté Divine : les actes accomplis en Elle sont toujours lumière, mais ceux qui profitent de cette Lumière sont ceux qui y sont disposés. »
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1 Le mot « émulation » traduit ici l’italien gara, signifie une rivalité d’amour, une sorte de jeu affectueux entre la créature et Dieu. Il s’agit d’une émulation spirituelle, où la créature cherche à imiter, correspondre et répondre à l’amour de Dieu, non pas par confrontation, mais par participation et don réciproque.
2 Elle » avec majuscule fait référence à la lumière de la Divine Volonté, considérée comme un attribut divin.
3 commettre un péché et non pêcher du poisson...
(1) Je pensais : " Pourquoi Jésus veut-Il que l'on prie pour recevoir le Royaume de Son 'FIAT', alors qu'Il désire tellement nous donner ce don suprême qu'Il aime tant ? Et mon toujours aimable Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, certes, Ma Volonté est de donner le Royaume de Ma Volonté Divine. Je ne puis m’empêcher de vouloir et d'aspirer à faire ce grand don ; car si tel n’était pas le cas, si Je ne soupirais pas pour le retour de l’homme dans le palais de Ma Divine Volonté, J’irais à l’encontre de l’ordre de Notre œuvre créatrice, qui, dans son immense sagesse, conçut l’homme pour qu’il vive de ce qui est à Nous 1 et demeure dans le Royaume de Notre 'FIAT', que Nous lui avions donné en héritage. Or, l'homme, en s’éloignant de Celui-ci, a introduit le désordre dans Notre œuvre de Création. Comment pourrions-Nous tolérer que Notre oeuvre – la plus belle – demeure ainsi en désordre ? Des siècles se sont écoulés, d’autres peuvent encore passer, mais rien ne changera pour Nous : Notre objectif le plus important, Notre unique finalité et intérêt particulier est que Notre œuvre créatrice soit restaurée et réordonnée, telle qu’elle sortit de Nos mains créatrices, et qu’elle vive dans le Royaume de Notre Divine Volonté.
Notre adorable Majesté se retrouve dans la situation d’un père qui avait un fils heureux, d’une rare beauté. Ce fils lui procurait joie et bonheur, et, en maître, vivait de l’héritage reçu de son père. Or, ce fils, quittant volontairement l’héritage paternel, se rendit malheureux et brisa les belles et pures joies qui existaient entre lui et son père. Quels ne seraient pas alors la douleur, les soupirs, les larmes et la volonté inébranlable du père pour que son fils bien-aimé retrouve le bonheur ? D’autant plus que l’héritage donné au fils existe toujours : le père lui-même le garde en dépôt et aspire à ce que son fils en reprenne possession. Cependant, au milieu de sa douleur, de ses larmes et de ses soupirs, la volonté du père demeure ferme : il veut que son fils malheureux désire et prie pour que lui soient rendus son héritage paternel et son bonheur perdu. Ainsi, le fils se dispose à recevoir et à apprécier à sa juste valeur la félicité retrouvée dans le retour de son héritage. Alors, le père, submergé d’amour pour son cher enfant, lui dira : " Tes prières ont formé un droit sur mon cœur, qui brûle d’amour pour toi. Reprends ce que tu as perdu : tu l’as mérité. Je suis comblé dès que je te vois heureux, et je puis dire : Mon fils n’est plus malheureux, mais heureux. "
Or, Nous sommes bien plus qu'un Père : l’amour de ce père n’est qu’une ombre en comparaison du Nôtre. En vérité, Notre Divine Volonté est irrévocable : personne ne peut la changer ! Et puisque le malheur de l’homme constitue un désordre dans l’Œuvre de la Création, Nous voulons rétablir Nos droits sur Notre Œuvre ; Nous voulons qu’elle Nous revienne telle qu’elle est sortie de Nos mains créatrices. Notre Amour Nous submerge, Notre Justice l’exige, Notre Bonté le réclame, Notre propre Bonheur le désire et ne tolère pas le malheur dans Notre Œuvre. Notre Divine Volonté, Nous entourant comme une couronne, Nous rend immuables et veut que Son Royaume soit possédé. Cependant, Nous voulons que la créature prie et soupire après le bien que Nous désirons lui donner. Ainsi, sa prière forme un droit sur Notre Cœur paternel et dispose son propre cœur à recevoir ce que Nous voulons lui accorder. 2 Alors Nous pourrons lui dire, dans un élan d’Amour : " Mon fils, tu l’as mérité, et Nous t’avons donné ce que Nous voulions que tu possèdes."
La prière dispose la créature : ce qu’elle obtient par la prière, elle l’apprécie et le garde précieusement en elle. Et puisque connaître Ma Divine Volonté et posséder Son Royaume n'est pas un bien seulement individuel, mais universel, pour l'obtenir Je te fais prier pour tous, et au nom de tous, pour chaque pensée, chaque parole et chaque acte de créature. Ainsi, chacun pourra acquérir, dans Notre Paternité divine, le droit de recevoir le Royaume de Notre 'FIAT', et trouver en lui-même la disposition nécessaire pour Le posséder. C'est ce que fit la Reine du Ciel pour obtenir le Royaume de la Rédemption : pour tous et pour chacun, Elle eut une prière, un soupir, un acte — personne ne fut exclu. Par cela, Elle donna à chacun le droit de recevoir le Rédempteur. C'est ce que Je fis Moi-même pour les racheter, et c'est ainsi que Je veux que tu agisses pour le Royaume de Ma Divine Volonté. »
(3) Après cela, je continuais à penser : " Et pourquoi le Seigneur a-t-Il tant d’intérêt et aime-t-Il tant que Sa Sainte Volonté soit connue et règne au milieu des créatures ? " Et mon doux Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, la finalité primordiale de la Création — son but premier, son acte, sa fin — était que seule Notre Divine Volonté règne 3 ! Mais pour qu'Elle puisse régner, il est nécessaire qu'Elle soit connue. C'est Notre Volonté qui entra en action lors de la Création : s'imposant au néant, Elle donna vie, par Son 'FIAT' créateur, aux cieux, aux soleils et à toutes les œuvres belles, y compris l’homme. Et dans toutes les œuvres qu’Elle créa, Notre Volonté apposa le sceau de Son 'FIAT' tout-puissant comme signe indélébile, de sorte que, dans chacune de Ses œuvres, Elle demeurât comme un roi régnant dans Son royaume. Ainsi, le but de la Création ne fut pas Notre puissance, Notre bonté, Notre justice, Notre immensité, ni aucun de Nos autres attributs ; et si ces attributs concoururent à Notre but premier, ils n’en furent qu’une conséquence et non la finalité. Or, si Notre but n’était pas atteint, ce serait pour Nous comme si Nous n’avions rien accompli.
Et puisque toutes les choses ont été créées pour l’homme, et que l’homme a été créé pour Nous, par nécessité d’amour, par droit de justice, par honneur et décorum pour Nous et pour Nos œuvres, et afin d'accomplir Notre but 4, Nous voulons que Notre Volonté Divine règne en l’homme comme principe 5 , vie et fin de tout son être. Si tu savais combien souffre Mon 'FIAT' en voyant l’homme ! Dans Sa douleur, Il dit :
" Je l’ai fait de Mes propres mains créatrices, c’est Mon Œuvre, c’est lui-même qui M’a tant réjoui lorsque Je le créai, et pourtant Je ne demeure pas en lui comme dans Mon Royaume. Il a brisé Mon sceau et, en Me rejetant, il a détruit le but pour lequel Je lui ai donné la vie. "
Tu vois donc combien il est absolument nécessaire que Ma Divine Volonté soit connue et qu’Elle règne ! Et tant que cela ne sera pas, Nos Œuvres les plus belles ne pourront produire en faveur de l’homme les biens qu’elles contiennent. Même l’Œuvre de la Rédemption demeure inachevée. »
(5) Et je continuais à penser : " Et pourquoi mon Bien-aimé Jésus ne parle-t-Il plus aussi souvent qu’auparavant de ce même 'FIAT' ? " Et Jésus ajouta :
(6) « Ma fille, il est de Notre habitude de donner les vérités que Nous voulons manifester par petites gorgées, car la créature est incapable de toutes les recevoir d’un seul coup dans son âme. En même temps, cela sert à faire mûrir en elle, la vie de la vérité que Nous avons manifestée. Et, en prenant un grand plaisir à voir mûrir en elle les belles œuvres produites par la vie de Nos vérités, Nous nous sentons incités, par la beauté de Nos manifestations, à communiquer d'autres vérités. C’est pourquoi Nous laissons passer le temps : afin d’avoir le temps et l’occasion de Nous délecter avant de faire d’autres communications. N’avons-Nous pas fait de même dans la Création ? Nous aurions pu créer tout ensemble et par un seul 'FIAT' tout ce qui existe, mais Nous ne l’avons pas fait. Chaque fois que Notre 'FIAT' se prononçait et que Nos œuvres en émanaient, Nous prenions plaisir à contempler leur beauté et leur magnificence ; et cette beauté Nous incitait à prononcer de nouveaux 'FIAT' pour créer d’autres œuvres magnifiques. 6
C’est ainsi que Je fais avec toi. Ne sais-tu pas que tout ce qui concerne Ma Divine Volonté et Son Royaume n’est rien d’autre que la suite de la Création ? Une Histoire que l’homme aurait dû poursuivre s’il n’avait pas péché et conservé la possession du Royaume du 'FIAT' ! Mais, puisqu’il rejeta Ma Volonté Divine, il interrompit l’histoire de Ma Volonté, d'autant plus qu'il n'avait plus de raison de la continuer, ayant perdu Son Règne. Et après tant de siècles, Elle — Ma Volonté — reprend Son Histoire pour Se faire connaître, signe qu’Elle veut redonner Son Royaume. Par conséquent, ce que Je te manifeste sur Ma Divine Volonté n’est rien d’autre que la suite, le prolongement du commencement de la Création, afin de raconter la Vie de la Divine Volonté. »
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1 de ce qui est à Nous : ce qui appartient à Dieu : Sa Volonté, Ses dons, Ses biens spirituels
2 sa prière forme un droit sur Notre Cœur paternel, et dispose son propre cœur ; “former un droit sur le Cœur paternel” ne signifie pas que la créature impose une obligation à Dieu ; la prière, par son humilité et son amour, “touche” le Cœur de Dieu au point qu’Il Se laisse, par amour paternel, “engager” à exaucer Son enfant ; d’un côté, donc, la prière ouvre un droit d’amour sur le Cœur du Père ; de l’autre, elle forme dans le cœur de la créature un appui intérieur, une disposition qui la rend capable de recevoir et de garder le don divin.
3 la finalité primordiale de la Création — son but premier, son acte, sa fin :
but (scopo) → le motif principal de la Création, pourquoi Dieu a créé le monde et l’homme ; acte (atto) → ce qui a été effectué dans la Création, c’est-à-dire l’action même de créer et de faire vivre la Création selon Sa Volonté ; fin (fine) → le résultat ultime, la finalité de toute la Création ; ci, le but, l’acte et la fin sont unifiés : tout dans la Création a été conçu pour que Sa Volonté règne.
— était que seule Notre Divine Volonté règne
la raison d’être de toute la Création est que la Volonté de Dieu soit connue, aimée, obéie et que toutes les créatures vivent en harmonie avec Elle ; le mot « seule » insiste : toutes les autres choses (le péché, la volonté humaine qui s’oppose à Dieu) sont des désordres ; le règne de Sa Volonté est le plan originel parfait ; c’est une manière de dire que tout dans l’univers a été créé pour Dieu seul, pour Son règne, pour la gloire de Sa Volonté.
4 Notre but = Notre dessein
5 principe = origine, commencement
6 Plusieurs 'FIAT' dans la Création elle-même ?
Cela signifie que chaque étape de la création (lumière, firmament, terre, étoiles, animaux, homme, etc.) procède d’un 'FIAT' spécifique, mais tous unis dans l’unique Volonté créatrice de Dieu. Lors de la Création, Mon 'FIAT' tout-puissant ne fut prononcé que six fois ; point no 6, 5e paragraphe, 17 septembre 1926 ; Nous ouvrions la bouche et prononcions un 'FIAT' pour étendre un ciel sans limites visibles, un autre 'FIAT' pour former un soleil qui remplit de lumière toute la Terre ; point no 3, 3e paragraphe, 4 novembre 1926
(1) Mon abandon au 'FIAT' divin est continu. Il me semble qu’Il ne me quitte pas un seul instant ; je sens Sa lumière en moi et au-dessus de moi, Sa force créatrice, Sa vie, qui, tout en étant en moi, ne cesse de m’apporter … Et que m'apporte-t-Il ce 'FIAT' divin ? Il m'apporte sans cesse une lumière nouvelle, une force créatrice nouvelle, une croissance nouvelle de Sa propre Vie, au point que je me sens comme une éponge imbibée de Volonté Divine. Et même si mon doux Jésus me prive presque de Son adorable présence, ou ne me gratifie que de quelques éclairs fugitifs, la lumière de Son 'FIAT' divin ne me quitte jamais.
Et lorsque mon pauvre cœur est sur le point de se noyer de douleur d’être privée de Jésus, la lumière du 'FIAT' jaillit plus intensément et éclipse cette douleur. Me sentant alors inséparable de cette lumière, elle me fait suivre Ses actes divins. Ainsi, tandis que je suivais les actes de la Divine Volonté, mon Bien-aimé et Souverain Bien, Jésus, sortant de la lumière de Son 'FIAT', me dit :
(2) « Ma fille, dès que l’âme s'apprête à accomplir son acte dans Ma Divine Volonté, elle se place dans la source de Sa lumière et y forme sa propre lumière. Ah, si tu savais ! Quelle gloire, quel honneur pour la créature d’acquérir la vertu de pouvoir former la lumière ! Ce pouvoir n’est donné à personne – sinon à celui qui vit dans Ma Divine Volonté. Ma volonté nourrit l’âme de Sa lumière ; et l'âme, se nourrissant de cette lumière, acquiert le don et la propriété naturelle de former la lumière. Oh ! comme il Nous est agréable de voir la créature, dans la source de Notre lumière, former sa propre lumière pour Nous la donner et Nous dire : " Adorable Majesté, Lumière éternelle, Tu es, et Lumière Tu me donnes. Et moi, je T’apporte ma petite lumière comme le plus grand hommage et l’amour le plus intense. En pressant l’éponge de mon petit être, imbibée de Ta lumière, j’en fais jaillir ma propre lumière pour Te l’offrir. "
De la sorte, entre l’âme et Dieu se forment de merveilleuses scènes de lumière, avec l'harmonie de toutes les couleurs qu'elle renferme. Et que ne possède-t-elle pas, la lumière ? Elle contient tout : les couleurs, les douceurs, les parfums, les saveurs de toutes sortes, et ses jeux se succèdent, chacun plus beau que l’autre. C'est pourquoi, vivre dans Mon 'FIAT' divin rappelle en Lui le principe de la Création et Nous fait revivre les joies et les fêtes de son commencement. 1 La créature entre dans Notre ordre, dans Nos actes, Nous donnant ainsi joies et bonheur, et Nous imprimons sans cesse Notre image 2 sur son front. »
(3) Après cela, je continuais mes actes dans le Divin Vouloir, et mon doux Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, J’ai accompli de grandes choses pour toi 3 et pour le monde entier — à travers toi — en te manifestant tant de vérités sur Ma Volonté Divine. Car Mes vérités sont des Vies divines que Ma Bonté suprême fait jaillir, en bilocalisant Sa vie dans chacune d'elles. Et chacune de ces Vies contient un bonheur distinct, unique, destiné à être communiqué aux créatures, ainsi qu’une gloire particulière, différente des autres, que les créatures peuvent offrir à Celui qui l'a manifestée. Cependant, ces bonheurs ne seront communiqués aux créatures que lorsqu'elles connaîtront Mes vérités, qui sont comme autant de Reines, chacune possédant de vastes propriétés, distinctes les unes des autres. Elles attendent que les peuples sachent qu’elles existent et qu’elles détiennent ces biens ; elles soupirent, désirant enrichir et rendre heureux ceux pour qui ces propriétés ont été tirées de Notre Sein divin.
Si tu savais à quel point Notre Amour est étouffé après avoir fait jaillir tant de bonheurs de Notre Sein paternel — pour autant de vérités que Nous avons manifestées — en voyant que les créatures ne jouissent pas de ces dons et ne Nous rendent pas non plus la gloire qu’elles devraient ! Elles ignorent un si grand Bien (le laissent de côté), uniquement parce qu’elles ne veulent pas s'en occuper — elles ne veulent pas se donner la peine de faire connaître ce Bien et ses grâces si grandes … C’est une douleur pour Nous que tu ne peux comprendre.
C’est pourquoi prie, prie sans cesse pour que Ma Volonté Divine soit connue et règne parmi les créatures, afin que, comme Père, Je puisse partager le pain du bonheur avec Mes enfants. »
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1 Le 'FIAT' divin est le principe, l’origine, le commencement de la Création. Vivre dans le 'FIAT' actualise ce principe en Lui-même, et par ce biais, fait revivre à Dieu les joies et les fêtes du commencement.
2 Notre image = Notre ressemblance
3 Les « grandes choses » sont des grâces, des bonheurs, des vies divines et des gloires que Dieu manifeste par Sa Volonté et que les créatures peuvent recevoir, vivre et partager. Elles sont à la fois personnelles (pour l’âme) et universelles (pour le monde).
(1) Mon pauvre esprit pensait à beaucoup de choses concernant la Divine Volonté — surtout à la manière dont Son Règne pourrait venir et se répandre … et aussi à bien d’autres qu’il n’est pas nécessaire de mettre par écrit. Et mon Bien-aimé Jésus, se mouvant en mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, si Rome détient la primauté dans Mon Église, elle le doit à Jérusalem, parce que le commencement de la Rédemption fut précisément à Jérusalem. Dans cette patrie, du petit village de Nazareth, J’ai choisi Ma Mère Vierge ; Moi-même Je suis né dans le petit village de Bethléem, et tous Mes Apôtres venaient de cette patrie. Et même si Jérusalem, ingrate, n’a pas voulu Me reconnaître et a rejeté les biens de la Rédemption, on ne peut nier que l’origine, le commencement et les premières personnes à en recevoir le bien venaient de cette ville. De même, les premiers hérauts 1 de l’Évangile — Mes Apôtres, ceux qui fondèrent l’Église catholique à Rome — venaient de Jérusalem, c’est-à-dire de cette patrie.
Maintenant, il y aura un échange : si Jérusalem a donné à Rome la vie de la religion et, par conséquent, celle de la Rédemption, Rome donnera à Jérusalem le Règne de la Divine Volonté. Et cela est si vrai que, tout comme J’ai choisi une Vierge dans la petite ville de Nazareth pour la Rédemption, J’ai choisi une autre vierge dans une petite ville d’Italie — Corato, rattachée à l'Église de Rome — et à qui J'ai confié la mission du Royaume du divin 'FIAT'. Ce Royaume devra être connu à Rome, tout comme Ma venue sur terre le fut à Jérusalem ; Rome aura alors le grand honneur de rendre à Jérusalem le grand don qu’elle avait reçu d’elle — la Rédemption — en lui faisant connaître le Royaume de Ma Volonté. 2
Alors, Jérusalem se repentira de son ingratitude, embrassera la vie de la Religion qu’elle avait donnée à Rome et, reconnaissante, elle recevra de Rome la Vie et le grand don du Royaume de Ma Divine Volonté. Non seulement Jérusalem, mais toutes les autres nations recevront de Rome le grand don du Royaume de Mon 'FIAT', Ses premiers hérauts et Son Évangile tout entier, rempli de paix, de bonheur et de restauration de la Création de l'homme. 3 Mes révélations n’apporteront pas seulement sainteté, joie, paix et bonheur, mais toute la Création, rivalisant avec ces manifestations, fera jaillir de chaque chose créée le bonheur qu’elle renferme et le répandra sur les créatures.
En vérité, en créant l’homme, Nous avons déposé en son être tous les germes de bonheur que chaque chose créée renferme, disposant ainsi son intérieur comme un sol contenant toutes ces semences, au point qu’il garde en lui tous les goûts nécessaires pour savourer et accueillir toutes les félicités des choses créées. Si l’homme ne possédait pas ces germes, il lui manquerait le goût et l’odorat nécessaires pour profiter pleinement de tout ce que Dieu fit naître dans la Création.
Maintenant, par le péché, l’homme a rendu malades tous ces germes de bonheur que Dieu lui avait insufflés en le créant, et il a perdu le goût pour pouvoir jouir de tous les bonheurs que recèle la Création. Cela s’est passé comme pour un pauvre malade qui ne peut savourer les goûts des aliments : ceux-ci pèsent sur son estomac, lui causent souffrance et nausée, le dégoûtent ; et s’il en prend, ce n’est pas pour en profiter, mais simplement pour ne pas mourir. À l’inverse, une personne en bonne santé savoure les aliments, ressent vigueur et chaleur vivifiante, car son estomac a la capacité d’assimiler les biens qu’ils contiennent et d’en profiter pleinement.
L'homme est comme ce malade. Par le péché, il a rendu malades les germes eux-mêmes — c’est-à-dire la force et la capacité de pouvoir goûter à tous les bonheurs de la Création, qui se transforment alors bien souvent en douleur. Maintenant, en revenant dans Mon 'FIAT' divin, ces germes recouvreront leur santé, et l'homme retrouvera la force d’assimiler et de savourer tous les bonheurs qui existent dans l’ordre de la Création. Ainsi se formera pour lui une surabondance de bonheur : tout lui sourira, et l’homme redeviendra heureux comme Dieu l’avait créé. »
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1 héraut : personne chargée d'annoncer la venue de quelqu'un ou de quelque chose ; « premiers hérauts » traduit ici l’italien « primi banditori », soulignant que les Apôtres furent les premiers messagers de l’Évangile.
2 Texte explicatif : Échange _ Jérusalem ⥨ Rome
3 et de la restauration de la Création de l'homme : remettre l’homme dans son état originel voulu par Dieu, avant le péché : un état de perfection, de communion avec Dieu et avec toute la Création, où il peut pleinement goûter à la joie, à la paix et à toutes les potentialités de sa nature humaine. C’est la réintégration de sa dignité originelle et de sa place juste dans l’ordre de la Création.
Deo gratias
Traduction parAsaBern ; ce 20 septembre 2025