(1) Je pensais à la Divine Volonté, et oh ! combien de pensées se pressaient dans mon esprit ! Comme j’avais été transportée hors de moi-même, mon toujours aimable Jésus m’avait fait voir les nombreux châtiments par lesquels il veut frapper les générations humaines. Bouleversée, je me disais : "Comment le Royaume du 'FIAT' divin pourrait-il venir, alors que la terre déborde de mal et que la Justice divine arme tous les éléments pour détruire l’homme et tout ce qui lui est nécessaire ? Et puis, ce Royaume n’est pas venu lorsque Jésus est descendu sur terre avec Sa présence visible. Comment pourrait-il venir maintenant ? Vu l’état des choses, cela semble bien difficile." Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, tout ce que tu as vu servira à purifier et à préparer la famille humaine. Les bouleversements serviront à remettre de l’ordre [réorganiser], et les destructions, à édifier des choses plus belles. Si un édifice en ruine n’est pas démoli, on ne peut pas en construire un nouveau, plus beau, sur ces mêmes ruines. Moi, Je vais tout orienter vers l'accomplissement de Ma Divine Volonté.
Et puis, quand Je suis venu sur la terre, il n’était pas encore établi par Notre Divinité que vienne le Règne de Ma Volonté, mais celui de la Rédemption. Et malgré l’ingratitude humaine, celle-ci a été accomplie, bien qu’elle n’ait pas encore achevé son parcours. Beaucoup de régions et de peuples vivent comme si Je n’étais jamais venu. Il est donc nécessaire qu’elle poursuive sa course, qu’elle progresse partout, car la Rédemption est le chemin préparatoire au Règne de Ma Volonté. Elle est l’armée qui précède, destinée à former les peuples à recevoir — le régime, la vie, et le Roi de Ma Divine Volonté. Ainsi, ce qui n’avait pas été établi alors, Nous l’établissons aujourd’hui pour la réalisation du Règne de Notre 'FIAT'. Et lorsqu’en Nous quelque chose est établi, tout est accompli ; il Nous suffit de le vouloir pour réaliser ce que Nous voulons.
Voilà pourquoi ce qui te paraît difficile sera rendu facile par Notre Puissance. Elle agira comme ces vents impétueux qui, après de longs jours de nuages épais et de pluie, dispersent les nuages, chassent la pluie, et font revenir le beau temps, laissant le soleil embrasser la terre. Ainsi, Notre Puissance, plus impérieuse qu’un vent violent, dissipera les épaisses ténèbres de la volonté humaine, et fera reparaître le Soleil de Ma Volonté Éternelle pour embrasser les créatures. Et tout ce que Je te manifeste des vérités qui Lui appartiennent n’est rien d’autre que la confirmation de ce que Nous avons établi. »
(3) « En outre, si le Règne de Mon divin 'FIAT' et le moment de Son proche accomplissement n’avaient pas d’abord été établis par la Divinité, il n’y aurait eu aucune raison, ni nécessité, ni but à t’élire, à te garder sacrifiée pendant tant d’années, à te confier non seulement Ses connaissances, Ses vérités admirables, mais aussi Ses douleurs secrètes et cachées, comme à Sa petite fille. Il a agi avec toi de manière tout à la fois paternelle et maternelle, afin de déposer en toi le germe de la filiation divine, et que tu prennes soin de Ses intérêts plus que des tiens. Cela atteste de ce que Nous avions établi : jusqu’à choisir le sujet, employer les moyens et dispenser les enseignements nécessaires pour descendre au sein de la famille humaine et y établir ce qui avait été décidé au Ciel. Si le Règne de Ma Volonté n’avait pas été établi, Je ne t’en aurais pas tant parlé, ni ne t’aurais élue de manière aussi spéciale pour ce but [ce dessein]. Ma Parole aurait été sans vie, sans fruit, dépourvue de vertu génératrice et fécondante — ce qui est impossible. Ma Parole possède une puissance créatrice [génératrice] : par sa fécondité, elle engendre sa propre suite de vies interminables.
C’est ce qui s’est produit dans la Rédemption : parce qu’elle avait été établie par Nous au Ciel, une Vierge fut créée, destinée à être la Mère du Verbe Éternel. Si cela n’avait pas été établi, il n’y aurait eu aucune raison, ni nécessité de créer et d’élire cette Vierge si singulière et exceptionnelle, ni de faire tant de manifestations aux prophètes, qui ont décrit en détail la vie du Verbe dans Son Humanité, si clairement, qu’ils ont évoqué Ses peines comme s’ils L’avaient eu sous les yeux. Ainsi, lorsque Notre divine Bonté se complaît à élire et à se manifester, c’est un signe certain et le commencement du déploiement de Ses Œuvres déjà arrêtées.
C’est pourquoi sois attentive, et laisse ton Jésus agir en tout, car il ne Me manque ni les moyens ni la puissance pour faire ce que Je veux et réaliser ce que J’ai établi. »
(1) J’étais, comme à mon habitude, toute immergée dans ce 'FIAT' divin, qui, plus que le soleil, brille dans ma pauvre âme. Et mon toujours aimable [Jésus], se mouvant en mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, mon amour pour les enfants de Ma Volonté sera tel et si grand que Je ne permettrai pas qu’ils touchent la terre. J’étendrai Mes pas sous leurs pieds, afin que : s’ils marchent, ce soient Mes pas qu’ils foulent, et non la terre, de sorte qu’ils ressentent en eux la vie de Mes pas, lesquels communiqueront la vie des pas de Ma Divine Volonté aux leurs ; s’ils agissent [travaillent], ils sentiront le contact [le toucher] de Mes Œuvres, qui, en se déployant harmonieusement, transmettront la vertu de Ma Volonté dans leurs propres œuvres ; s’ils parlent, s’ils pensent, ils ressentiront la vie de Mes paroles et de Mes pensées, qui, en les investissant, communiqueront la vertu de Mon 'FIAT' à leur esprit et à leurs paroles. Ainsi, ce sera Moi-même qui porterai les enfants de Ma Volonté. Je serai tellement jaloux d’eux que Je ne leur permettrai de toucher à rien, afin qu’ils ne prennent part à rien de terrestre, et qu’ils sentent Ma Vie couler continuellement en eux, formant en eux la Vie même de la Volonté Éternelle. C’est pourquoi ils seront les plus belles Œuvres de Mes mains créatrices. Oh ! Comme l’Œuvre de la Création se reflètera en eux ! Ils seront le triomphe de Ma Rédemption – tout triomphera en eux. Alors seulement Je pourrai dire : "Mes œuvres sont accomplies, et Je peux Me reposer au milieu des enfants de Mon 'FIAT' Suprême." »
(3) Or, après avoir écrit ce qui s’est passé ces derniers jours, mon pauvre esprit était de nouveau tourmenté par des peurs et des doutes — pensant que ce n’était pas le béni Jésus qui m’avait parlé, mais que tout cela n’était que le fruit de mon imagination. Et je me disais :
"Si ce n’est pas Jésus qui m’a parlé, ces écrits seront sans vie, car seule la Parole de Jésus contient la Vie. Et moi, en écrivant, je laisse en eux [dans ces écrits] – la Vie même des vérités qu’Il m’a dites –, de sorte que ceux qui les liront ressentiront la vertu communicative d’une Vie qui s’infuse en eux, et ils se sentiront transformés par la Vie de ces vérités. Mais si cela ne vient pas de Jésus, ces écrits seront sans vie, vidés de lumière et de bien. À quoi bon alors faire le sacrifice d’écrire ?”
Et tandis que je réfléchissais à cela, mon doux Jésus sortit de mon intérieur, et, plaçant Sa tête tout près de la mienne, avec un air de tristesse, Il me dit :
(4) « Ma fille, tu rends 'amère' Ma fête, car lorsque Je manifeste une vérité, c’est parce que Je veux faire la fête avec la créature. Et si elle ne Me fait pas pleinement confiance, si elle met en doute ce que Je lui dis, la fête se brise et se transforme en amertume. J’agis comme deux amis intimes : l’un, aimant profondément l’autre, veut verser dans le cœur de son ami ce qu’il porte en lui. Et tandis qu’il lui confie ses secrets, ses joies cachées, il le met au courant de ce qu’il possède. Mais si l’ami qui l’écoute ne le croit pas et le met en doute, cela l’attriste et transforme son épanchement en amertume. Il s’afflige, se repent presque de s’être confié, et, rempli d’amertume, il se retire. Au contraire, si l’ami le croit, non seulement il ne l’attriste pas, mais il prend part à ses biens ; tous deux fêtent ensemble, et leur amitié se resserre, liée par un double lien d’amour. Je suis comme cet ami – et même plus qu’un ami.
Aimant profondément celle que J’ai choisie comme Ma petite secrétaire, Je veux déverser Mon Cœur en elle, et lui confier Mes secrets, Mes joies, Mes douleurs cachées, Mes vérités surprenantes, afin de célébrer avec elle et lui communiquer autant de Vies Divines que de vérités que Je lui manifeste. Si Je vois qu’elle Me croit, Je fais la fête, et Je révèle les joies, la félicité contenues dans une Vie Divine, qui possède l’infinité de tous les biens. Et l’âme en est remplie, et elle célèbre avec Moi. Mais si Je la vois hésitante, Je suis attristé, et elle reste privée de la Vie que Je voulais lui confier. Tu Me répètes souvent ces scènes de défiance. Sois donc attentive et ne transforme pas Mes joies en amertumes. »
(5) Je suis restée toute confuse et je ne savais que répondre. Après cela, j'ai poursuivis ma ronde [mon tour] dans la Divine Volonté, et mon doux Jésus ajouta :
(6) « Ma fille, lorsque l’âme entre dans Ma Volonté, elle y place son fil électrique, qui s’étend jusqu’à l’endroit où la lumière doit se former — car la lumière ne se forme pas là où le fil est placé, mais là où il se termine, en concentrant l’électricité 'dans une ampoule'. Or, la volonté humaine, en entrant dans la Mienne, sous les reflets du Soleil de Mon 'FIAT', se convertit en lumière, y formant sa petite clarté. L’électricité de Ma Volonté prolonge alors le fil de cette volonté humaine jusqu’à l’endroit où l’âme désire parvenir devant Dieu, et y fait resplendir cette clarté — plus qu’une lampe électrique. Et Dieu, voyant cette humble lumière de la volonté humaine, l’investit et, par l’électricité de Sa Lumière divine, la transforme en soleil, faisant d’elle le plus bel ornement de Son Trône divin.
Comme il est beau et délicieux de voir l’âme, depuis la terre, entrer dans Ma Volonté Divine et y placer son fil électrique pour le Ciel ; de voir ce fil s’étendre si loin qu’il atteint son centre, qui est Dieu, pour y former son décor de lumière — ces lumières devenant des soleils ! »
(1) Je me sentais écrasée sous le poids d'un cauchemar infini. Ma pauvre âme étouffait de gémissements contenus, incapable de les laisser s’exhaler, privée qu’elle était de son doux Jésus. Et tandis que je me consumais dans la douleur déchirante d’être privée de ma Vie et de mon Tout, cette même douleur, tout en me rendant intrépide 1, détruisait en moi la vie même de la douleur. Je me sentais plongée dans une douleur que je ne pouvais exprimer, c’était une douleur sans douleur, une peine sans peine. Dans mon amertume, je pensais en moi-même :
"Et pourquoi ne puis-je souffrir ? Je sens en moi une douleur infinie, comme infini est Celui qui m’a quittée ; et pourtant, alors que je veux pénétrer dans une douleur si juste et sainte – celle d’être privée de Jésus – pour abreuver ma pauvre âme, la douleur m’échappe, et je reste sans la vie de la douleur. Mon Jésus, aie pitié de moi, ne me laisse pas dans un état aussi misérable."
Mais alors que je pensais cela, mon aimable Jésus, se mouvant en mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, celle qui vit dans Ma Volonté entre dans l’ordre divin. Et comme Notre Divinité est incapable de souffrir, rien – pas même la plus petite chose – ne peut assombrir Notre bonheur perpétuel et infini. Même si les créatures Nous offensent, la douleur et les offenses restent en dehors de Nous, sans jamais pénétrer en Nous. Et si la douleur pouvait y entrer, elle perdrait aussitôt sa nature propre de douleur et se convertirait en bonheur. Il en va de même pour celle qui vit dans Ma Volonté : la douleur ne peut pénétrer son âme. D’autant plus que rayonnent en elle la lumière, la force, et le bonheur de la nature même de Ma Volonté Divine ; elle se sent déjà en possession de ce Jésus dont elle se croit pourtant privée.
Comment pourrait-elle souffrir si elle Le possède déjà ? Ainsi, la douleur reste à l’extérieur de l’âme, c’est-à-dire dans la nature humaine. Et bien qu’elle ressente toute l’angoisse de Ma privation, et le poids d’une douleur infinie – qui est Ma privation – l’âme, parce qu’elle est investie par le 'FIAT' Divin, semble incapable de souffrir. C’est pourquoi elle ressent une douleur sans douleur, une peine sans peine : car la douleur et les peines ne peuvent entrer dans le sanctuaire de Ma Volonté. Elles sont donc contraintes de rester à l’extérieur ; et l’âme les ressent, les voit, les touche — mais elles ne pénètrent pas dans son centre. Et si cela arrivait, Ma Volonté perdrait en toi Sa nature bienheureuse – ce qui est impossible.
Il en va comme du soleil, incapable d’obscurité : aucune force humaine ne pourrait y faire pénétrer, ne serait-ce qu’un atome de ténèbres. Les ténèbres peuvent bien s’étendre au-dehors de sa lumière, mais le soleil ne perd rien — ni sa chaleur, ni ses effets merveilleux. Il demeure toujours triomphant dans son éclat lumineux : les ténèbres ne le font pas descendre, ni ne lui ôtent quoi que ce soit. Mais si le soleil pouvait souffrir, il ressentirait la peine d’être environné de ténèbres, bien qu’elles ne pénètrent pas son centre ni n’altèrent son état bienheureux. Pourtant, c’est là une douleur qui dépasse toutes les autres, car c’est une douleur d’ordre divin. Combien de fois Ma propre Humanité l’a-t-elle éprouvée ? Elle se sentait broyée, car toutes les peines pesaient sur Moi. Mais en Moi, Ma Volonté Divine demeurait intouchable, et possédait un bonheur immense, des béatitudes sans fin. On peut dire qu’en Moi coexistaient deux natures opposées : l’une de bonheur, l’autre de souffrance. Et oh ! comme Ma nature humaine ressentait plus vivement les souffrances face aux joies immenses de Ma Nature Divine !
C’est la raison pour laquelle tu es incapable de t’exprimer : ce sont des peines d’ordre divin. Et si, autrefois, lorsque Je Me cachais de toi, tu sentais que tout en toi se transformait en douleur, c’est parce que la vie entière de Ma Volonté ne t’habitait pas encore. Ces vides se remplissaient alors de souffrance, et tu en ressentais toute l'acuité. Cela ne te rendait pas imperturbable et paisible comme aujourd’hui, mais agitée, sans cette fermeté qui vient du divin. Et Moi, Je courais aussitôt te soutenir, car Je ne voyais pas encore en toi tous les caractères indélébiles de Ma Volonté — car ce que Ma Volonté divine imprime ne s’efface jamais. À présent que Je Me sens en sécurité, Je laisse Mon rôle à Mon 'FIAT' divin. »
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1 Intrépide vient du latin intrepidus, qui signifie sans crainte ; ici, cela ne décrit pas un courage héroïque au sens actif, mais plutôt un état d'âme détaché où la personne, écrasée par la douleur, atteint un point où elle ne craint plus rien, même pas la douleur elle-même ; c’est une forme d’impassibilité spirituelle, un état presque mystique où la souffrance ne bouleverse plus, parce que l’âme est comme anéantie ou absorbée en Dieu.
(1) Je priais, mais je sentais que je ne savais ni prier, ni aimer, ni remercier Jésus. Alors je me disais : "Comme je voudrais avoir en mon pouvoir l’amour et les prières de la Dame souveraine, de tous les saints, de tout le ciel, pour pouvoir aimer et prier Jésus avec leur amour et leurs prières." 1 Et mon Jésus béni, se manifestant en mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, lorsque l’âme vit dans Ma Volonté Divine, elle a tout en son pouvoir, car Ma Volonté est la dépositaire et la gardienne de tout ce qu’ont accompli Ma Maman et tous les saints. Il suffit qu’elle veuille prendre ce qu’ils ont fait : alors, l’amour accourt vers elle, les prières l’enveloppent, les vertus se mettent en ordre — attendant celle qui a l’honneur d’être appelée, afin de lui transmettre la vie de leurs actes et de former pour elle leur belle et resplendissante couronne. Ainsi, la Reine du Ciel sent que Son amour et Ses prières sont répétés par une créature sur la terre, et les saints, leurs vertus.
Oh, comme ils se réjouissent de voir leurs actes répétés à nouveau ! Il n’y a pas de plus grande gloire que l'on puisse offrir aux habitants du Ciel que de répéter leur amour, leurs prières, leurs vertus ; et Moi, Je ressens comme si Ma Mère Elle-même était là pour M’aimer et Me prier de nouveau. Leur écho résonne en toi, et toi, en le répétant, tu fais retentir ton propre écho dans le Ciel, où tous reconnaissent leurs actes dans les tiens. Ne te sentirais-tu pas honorée si quelqu’un d’autre répétait tes propres actes et modelait son travail sur le tien ? Avec quel amour ne le regarderais-tu pas ? Si tu savais combien Je Me réjouis lorsque Je t’entends dire :
"Je veux m’unir aux pensées de Jésus, à Ses paroles, à Ses œuvres et à Ses pas, pour me positionner — avec Ses pensées, Ses paroles, Ses œuvres, Ses pas — sur chaque pensée, parole, œuvre et pas des créatures, pour répéter ensemble, pour tous et pour chacun, ce que fit Jésus avec Ses pensées, paroles, et tout le reste de Ses actes. Il n’est rien de ce qu’Il a fait que je ne veuille faire moi aussi, pour répéter Son amour et tout le bien qu’Il a accompli."
Je Me sens Moi-même sur la terre, Je sens Mes actes se répéter en toi, et J’attends cette répétition avec tant d’amour que Je deviens en toi — à la fois acteur et spectateur — afin de jouir et de Me saisir de la gloire de Ma propre Vie.
C’est pourquoi, la créature qui vit et agit dans Notre Volonté est reconnue par tout le Ciel comme porteuse de joies divines ; et, en gardant le Ciel ouvert, elle fait descendre sur la terre la rosée céleste de grâces, de lumière et d’amour sur toutes les créatures. »
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1 le Ciel entier = ensemble de la communauté céleste, composée de tous les êtres glorifiés en présence de Dieu. Cela inclut principalement : la Vierge Marie ; tous les saints, c’est-à-dire les âmes des justes déjà purifiées et admises au Paradis ; les anges et les archanges, êtres spirituels créés pour servir Dieu ; toute la hiérarchie céleste unie dans l’amour et la louange divine ; le ciel entier exclut donc les âmes encore en purgatoire, qui sont en état de purification.
(1) J’étais préoccupée à cause d’une circulaire qui m’était parvenue concernant la maison de la Divine Volonté, tant désirée par le père Di Francia, tant soupirée de lui, et qu’il n’eut pas la consolation de voir accomplie ni ouverte selon l’intention qu’il avait conçue. Et maintenant, enfin, d’après ce que disait la circulaire, semblait poindre le jour — peut-être proche — de sa réalisation. Alors je pensais en moi-même : "Est-ce vraiment la Volonté de Dieu que j’y aille ? Les membres de cette maison seront-ils véritablement les petites filles de la Divine Volonté ? Seront-elles le commencement de cette ère divine du Royaume du 'FIAT' Suprême sur la terre ?" Mais tandis que je pensais à cela et à d’autres choses encore, mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :
(2) « Ma fille, chaque parole, chaque œuvre et chaque sacrifice accomplis dans Ma Volonté – pour obtenir l’avènement de Son Règne divin – sont autant de messagers envoyés vers la Patrie céleste. Telle une circulaire divine, ils circulent parmi tous les saints, les anges, la Reine Souveraine et le Créateur Lui-même, confiant à chacun la mission de préparer ce qui est nécessaire à un Royaume si saint, afin que tout soit accompli avec décorum, dignité et noblesse divine. Ainsi, tous les habitants de la Patrie céleste, cette circulaire en main, se mettent à l’œuvre pour accomplir leur mission et préparer tout ce qui leur a été confié. La circulaire de la terre trouve son écho dans la circulaire céleste. Ciel et terre s’ébranlent et s’activent pour le seul but du Règne de Ma Divine Volonté : la terre, pour ce qui concerne l’ordre naturel, et la cour céleste, pour tout ce qui relève de l’ordre surnaturel. On dirait que Ciel et terre se donnent la main et rivalisent pour accomplir le plus rapidement possible ce qui est nécessaire à la préparation d’un Royaume si saint.
Si tu savais quelle valeur a un acte accompli dans Ma Volonté ! Comme il sait mettre en mouvement le Ciel et la terre, comme il sait ouvrir un chemin partout, se mettre en communication avec tous, et obtenir ce que tous les autres actes réunis, au cours des siècles, n’ont jamais pu obtenir ! Ces actes ne sont pas un seul soleil, mais autant de soleils qu’il y a d’actes, formant ainsi le jour resplendissant et éclatant du Royaume de Ma Volonté sur la terre.
Les actes accomplis dans Ma Volonté sont des élans vers l’Être Suprême, des aimants qui L’attirent, des chaînes douces qui L’attachent, des ravissements dans lesquels la créature a la force de plonger son Créateur dans une extase. Et Lui, ravi comme dans un doux sommeil par l'extase formée par Sa créature bien-aimée, accorde ce qu’Il voulait donner depuis tant de siècles – ce qu’Il n’avait pu faire auparavant, faute de trouver celle qui, en L’extasiant par Sa propre force divine, se rendrait ravisseuse du Royaume de Sa Divine Volonté.
Ainsi, dès que la créature agit dans Mon 'FIAT' et forme son acte, Dieu se sent ravi ; et dans ce doux sommeil, Il se sent désarmé et vaincu — et la créature devient victorieuse de son Créateur. »
(3) « Ces préparatifs 1 sont semblables à ceux qu’un époux entreprend avant de célébrer ses noces : il prépare sa demeure, sa chambre nuptiale et tout ce qui est nécessaire pour que rien ne manque. Ensuite, il pense aux habits de noce et envoie les invitations. Tous ces préparatifs poussent l’époux à accomplir ce qu’il désirait au plus profond de lui-même. Mais s’il ne prépare rien, il diffère sans cesse et ne se décide jamais. Il se sent même embarrassé et se dit : "Je devrais me marier, mais je n’ai ni maison, ni lit où dormir, ni vêtements pour me présenter comme époux. Quelle image vais-je donner de moi ?" Et nécessairement, il renonce à son projet de mariage. De la même manière, les préparatifs que sont les actes accomplis dans Ma Volonté, les circulaires 2 — sont comme des aiguillons qui pressent Ma Volonté de venir régner parmi les créatures. Et Mes connaissances sont comme l’Époux qui vient s’unir à l’âme (l'épouser), pour établir avec elle de nouveaux liens, comme au moment où elle est sortie de Nos mains créatrices. »
(4) Je me sentais fatiguée – épuisée par les privations de mon doux Jésus. Ma pauvre petite âme sentait qu'elle ne pouvait continuer sans Celui en qui j'avais placé toutes mes espérances et ma propre vie. Sans Lui, tout ce que je faisais — même ce que Jésus m’avait enseigné — me semblait un jeu, des prières imaginaires, sans gloire pour Dieu. Je ressentais donc une telle lassitude dans l’accomplissement de mes tournées, que j’avançais à grand-peine. Mais alors que, exténuée, je poursuivais malgré tout, je sentis Jésus me soutenir et me pousser par derrière (dans le dos), en me disant :
(5) « Ma fille, en avant, ne t’arrête pas. Tu dois savoir que tout est établi par l’Être Suprême : les prières, les actes, les peines, les soupirs que la créature doit accomplir pour obtenir ce que Nous-mêmes voulons lui donner et qu’elle soupire de recevoir. Si ces actes ne sont pas accomplis, le Soleil tant désiré ne surgira pas de Nous, au coeur de la longue nuit de la volonté humaine, pour former le jour du Royaume du divin 'FIAT' ! C'est pourquoi il arrive souvent que de nombreux actes et prières soient accomplis sans qu’aucun résultat ne semble suivre ; puis, par un dernier petit soupir ou une prière, on obtient ce que l’on désirait tant. Était-ce le dernier acte qui a obtenu la grâce ? Ah, non ! C’est la continuité [la suite] de tous les actes et prières qui l’a permise. Et si l’on constate que la faveur est accordée avec le dernier acte, c’est parce que le nombre fixé par Nous a été atteint. Ainsi, si tu veux recevoir le Royaume de la Volonté Divine, ne t’arrête pas ; autrement, la longue chaîne des actes qui monte jusqu’au Trône de Dieu viendrait à manquer 3, et tu ne pourrais pas obtenir ce que tu désires et que Nous voulons tant te donner.
Les actes sont comme les heures du jour ou de la nuit. Chaque heure a sa place : certaines forment le soir, d’autres la nuit profonde, d’autres encore l’aube, l’apparition du soleil ou le plein jour. Et si l’on se trouve à l’heure de minuit, il est vain de vouloir voir surgir le soleil : il faut que l’aube arrive d’abord, pour entrevoir le jour prochain, pour contempler la majesté du soleil, qui, par l’empire de sa lumière, dissipe les ténèbres et met fin à la nuit — en perlant toute la nature, la faisant renaître dans sa lumière et sa chaleur, la modelant par ses effets bienfaisants. Alors, est-ce l’aube qui reçoit tout l’honneur de faire lever le soleil ? Ah, non ! Elle n’est que la dernière heure, et si les autres ne l’avaient pas précédée, jamais elle n’aurait pu dire : "C’est moi qui appelle le jour."
Les actes et les prières destinés à obtenir le lever du jour du Royaume de Ma Divine Volonté sont comme les heures : chacun a sa place d’honneur, et tous se donnent la main pour appeler le Soleil radieux de Ma Divine Volonté. Et le dernier acte, comparable à l’aube, est indispensable : s’il n’est pas accompli, l’aube manquera, et il sera vain d’espérer que son jour de lumière se lève bientôt sur la terre — ce jour qui, en réchauffant et en façonnant toute chose, fera ressentir, plus qu’un soleil, ses effets bienfaisants et son régime divin : un régime de lumière, d’amour et de sainteté.
Il en fut ainsi pour la Rédemption : pendant des siècles, elle ne vint pas, car les Patriarches et les Prophètes, par leurs actes, se trouvaient comme dans les heures de la nuit, et c’est de loin qu’ils soupiraient après le jour. Puis vint la Vierge Reine : Elle forma l’aube et, en embrassant toutes les heures nocturnes, Elle fit lever sur la terre le jour du Verbe — la Rédemption fut accomplie.
C’est pourquoi, ne t’arrête pas. La série des actes est tellement nécessaire qu’il y a un danger : si tous ne sont pas accomplis, le bien tant désiré ne sera pas obtenu. »
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1 Ces préparatifs : tout ce qui est fait en vue de l’établissement du règne du 'FIAT' divin sur la terre
➜ les actes faits dans la Divine Volonté : paroles, œuvres, sacrifices, prières, soupirs
➜ les œuvres comme la Maison de la Divine Volonté, etc.
2 les circulaires : les prières circulaires, les tours dans la Divine Volonté
3 si Luisa s'arrête de faire ses tournées dans le 'FIAT', elle interrompt la chaîne de prières
(1) Je poursuis ce qui est écrit ci-dessus. Tandis que j’étais préoccupée par tout ce qui touche au Royaume de la Volonté de Dieu, mon toujours aimable Jésus ajouta :
(2) « Ma fille, Dieu est ordre. C’est pourquoi, lorsqu’Il veut accorder un bien aux créatures, Il y place toujours Son ordre divin. Et tout ce qui est fait pour obtenir un si grand bien commence par Dieu Lui-même : Il se met à la tête de l'œuvre pour en prendre l’engagement, puis Il ordonne [Il dispose, Il oriente] les créatures en vue de l'accomplissement de ce but. C’est ce que J’ai fait Moi-même pour accorder la Rédemption et permettre aux créatures de La recevoir ; et c’est ce que Je fais maintenant pour donner le Royaume du 'FIAT' Divin, afin que les créatures puissent Le recevoir.
En formant Moi-même le 'Pater Noster' [le Notre Père], Je Me plaçais à la tête et Je prenais l’engagement de donner ce Royaume ; et en l’enseignant à Mes apôtres, J’établissais l’ordre dans les créatures 1, afin qu’elles puissent obtenir un si grand bien. Ainsi prie toute l’Église : il n’est pas une âme qui lui appartienne et qui ne récite le Notre Père. Et bien que beaucoup le récitent sans avoir un véritable intérêt à vouloir et à demander un Royaume si saint — c’est-à-dire que la Divine Volonté se fasse sur la terre comme au Ciel —, cet intérêt demeure en Celui qui l’a enseigné. Et chaque fois que le 'Pater Noster' est récité, Mon propre intérêt se renouvelle, et J’entends Ma prière redire : Que Ton Règne vienne, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel." Si la créature, en récitant le Pater, avait ce véritable désir de vouloir et de soupirer après Mon Royaume, elle entrerait en communion avec Ma propre intention, et nos volontés se fondraient ensemble dans le même but. Pourtant, malgré cela, Ma valeur [sens de force morale] et Mon intérêt circulent toujours [demeurent toujours vivants] dans chaque Pater Noster.
Vois donc ce qu'est l'ordre divin : tous demandent une seule et même chose. Parmi ceux qui prient ainsi, certains veulent faire Ma Volonté, d’autres la font déjà. Et tout cela s’entrelace et vient frapper aux portes de Ma Volonté Divine, en répétant les coups — certains avec force, d’autres plus doucement. Mais il y a toujours quelqu’un qui frappe et demande que les portes s’ouvrent, afin que Ma Volonté descende régner sur la terre. Et comme tout est établi et ordonné par la Divinité, Elle attend la créature qui donnera le coup décisif [le plus fort] — un coup qui forcera les portes avec une force invincible, la force même de Ma Divine Volonté —, les ouvrant toutes grandes ; et, avec ses douces chaînes d’amour, cette créature liera la Volonté éternelle pour La faire venir régner parmi les créatures 2. Elle sera comme l’épouse qui, enlaçant son Époux de ses chaînes d’amour, Le portera comme en triomphe parmi les créatures. Et tout comme la Sainte Vierge mit fin aux heures nocturnes des Patriarches et des Prophètes, et forma l’aube 3 pour faire apparaître le Soleil du Verbe Éternel, ainsi cette créature formera l’aube pour faire apparaître le Soleil du " 'FIAT' Voluntas tua, sicut in Caelo et in terra" — "Que Votre Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel" .
Crois-tu que Ma Volonté, qui S’est fait connaître avec tant d’amour et qui a manifesté un tel désir de venir régner sur la terre — déversant en toi Sa douleur — ait agi ainsi sans que personne ne L’ait priée ? Ah non, non ! C’est précisément parce qu’on L’a priée : à travers les coups incessants [les prières du Notre Père] de Ma sainte Église ! Et dans ces coups, c’était Moi qui frappais. Je Me servais d’eux 4 pour frapper aux portes du 'FIAT' Divin. Lassé d’entendre frapper à Ses portes célestes, Il S’est servi de toi pour que les coups deviennent plus puissants. Et, en t’ouvrant Ses portes, Il t’a fait part de Ses connaissances ; pour chaque vérité qu’Il t’a révélée, Il t’a donné un moyen de forger des chaînes d’amour, afin de Se laisser lier et de venir régner sur la terre. Et chaque fois qu’Il t’appelait à vivre dans Sa Volonté Divine, Il te faisait connaître Ses attributs, Sa puissance, Ses joies, Ses immenses richesses : autant de gages qu’Il te donnait pour t’assurer de Sa venue sur la terre. Car en Nous, il y a cette prérogative 5 : si Nous faisons connaître un bien qui Nous appartient — une vérité, une connaissance — , c’est parce que Nous voulons en faire don à la créature. Vois donc combien de dons t’a faits Ma Volonté, combien de Ses connaissances Elle t’a fait connaître : elles sont si nombreuses que toi-même tu ne peux les compter. »
(3) Et moi : "Mon Bien-aimé Jésus, qui sait quand viendra ce Royaume ? "
(4) Et Lui : « Ma fille, pour que la Rédemption vienne, il a fallu quatre mille ans, car le peuple qui priait et soupirait après le futur Rédempteur était le plus petit 6, en nombre restreint. En revanche, ceux qui appartiennent à Mon Église sont issus de nombreux peuples, et en nombre — oh ! combien plus grand que celui du premier ! C’est pourquoi ce nombre raccourcira le temps nécessaire, d’autant plus que la religion se fraie un chemin partout, ce qui n’est autre que la préparation au Royaume de Ma Divine Volonté. »
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1 J’instaurais un ordre intérieur dans les créatures, un ordre divin, spirituel, dans leur volonté, leur cœur, leur âme.
2 Le « ses » dans « ses douces chaînes d’amour » renvoie à la créature fidèle, cette âme amoureuse et déterminée qui, unie à la Divine Volonté, agit avec une force irrésistible.
3 L'aube précède l'aurore ou le lever du Soleil : l’aube est avant l’aurore, quand la lumière commence à dissiper les ténèbres et à blanchir la voûte étoilée ; l’aurore est juste après l’aube, quand la lumière se fait dorée et que les premiers rayons du soleil apparaissent. (12 avril 1928 , voir la note de bas de page)
4 eux = les membres de l’Église : les fidèles, les âmes priantes, le peuple de Dieu, ceux qui récitent le Pater Noster et demandent, consciemment ou non, que la Volonté Divine règne sur la terre.
5 prérogative = privilège, avantage ou droit attaché à une fonction, un état
6 le plus petit de tous les peuples existants à l’époque
(1) Je faisais mon tour dans le 'FIAT' divin, rassemblant toute la Création pour la présenter à la Majesté Suprême comme le plus bel hommage, l’adoration la plus profonde et l’amour le plus intense et étendu envers Celui qui l’avait créée. Il me semblait qu’il n’y avait rien de plus beau à offrir à mon Créateur que la magnificence et le prodige continuel de Ses propres Œuvres. Alors que je faisais cela, mon Jésus Bien-aimé, se mouvant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, il n’y a pas d’hommage plus beau et plus digne de Notre adorable Majesté que de Nous offrir Nos propres Œuvres. Ainsi, lorsque tu fais ton tour dans la Création, tu rassembles Notre armée divine pour Nous la renvoyer comme Notre propre gloire — telle une armée aguerrie, qui réclame avec insistance et force (puissance) le Règne de la Divine Volonté. C’est pourquoi, à mesure que tu parcours la Création, place devant chaque chose créée le 'FIAT' divin comme un étendard 1 noble et céleste. Et, par leur langage silencieux, elles (les choses créées) demanderont, avec une force divine, le Règne de Ma Volonté sur la terre. Oh ! comme il est beau de voir toute la Création parée de drapeaux portant le divin 'FIAT'. De la plus petite chose à la plus grande, toutes portent ce drapeau que Ma petite fille a déposé. Cela ressemble à une armée redoutable qui, en agitant avec majesté son noble étendard, réclame avec insistance ce qu’elle possède déjà en elle 2 : le Règne de Ma Volonté sur la terre. »
(3) Ensuite, je poursuivis mon tour, non seulement dans toute la Création, mais aussi à travers tous les actes accomplis par Adam dans son état d’innocence, ceux réalisés par la Reine Vierge, ainsi que ceux de Notre Seigneur. Je déposai en chacun d'eux mon 'FIAT' divin, les envoyant comme une armée bien ordonnée autour de la Divinité, afin qu’ils demandent l’avènement de Son Royaume. Et Jésus ajouta :
(4) « Ma fille, le Ciel et la terre prient. Tous mes actes, ceux de la Souveraine Reine, ainsi que ceux d’Adam dans son état d’innocence — tous étaient investis de Mon 'FIAT' divin. Ils ont tous une voix, et cette voix résonne entre eux comme un écho très doux et puissant, disant : "Que ton Règne vienne !"
Ma fille, en créant l’homme, J’ai agi comme un père très riche qui, à la naissance de son enfant, veut se divertir 3 [veut jouer] avec lui en lui donnant toutes ses richesses. Il ne cesse de lui dire : "Mon fils, prends ce que tu veux, et autant que tu peux." L’enfant emplit ses poches et ses petites mains, si bien qu’il en laisse tomber à terre. Et le père, l’encourageant, lui dit encore : "C’est tout ce que tu as pris ? Allez, prends encore, prends tout." Et l’enfant, enhardi, revient prendre davantage, mais sa petite capacité ne peut en contenir plus. Et le père sourit, et se divertit avec son petit. Ainsi ai-je fait avec l’homme : Je lui ai fait don de toutes Mes richesses, et lui, comme un petit enfant, était incapable de tout recevoir. Et Moi, en Me divertissant avec lui, Je lui disais : "Prends, prends mon fils, prends beaucoup, prends tout si tu peux ; plus tu prendras, plus Je Me réjouirai et ferai la fête."
N’est-ce pas ce que Je fais avec toi, jusqu’à vouloir te donner le Royaume de Ma Divine Volonté ? C’est pourquoi Je te fais faire ta ronde dans toute la Création, dans les Œuvres de Ma Rédemption, et Je ne te prive même pas des possessions de la Reine Souveraine du Ciel. Et tandis que tu parcours Nos Œuvres et Nos domaines 4, Je te murmure à l’oreille : "Prends ce que tu veux, Ma petite fille." Et pour te donner ce droit, Je te fais marquer toutes Nos Œuvres et tous Nos domaines de ton 'Je T’aime'. Et ce 'Je T’aime', qui répètes son refrain : "donne-moi ton 'FIAT' divin", semble s’entrelacer avec ce 'FIAT'. Et Moi, Je sais que ce que tu veux et demandes est la chose la plus grande : un Royaume divin, où, non seulement toi, mais tous ceux qui vivront en Lui, seront rois et reines. Ah ! si tu savais ce que tu Me demandes... Le Ciel et la terre sont émerveillés par l’audace de ta demande, ainsi que par Ma bonté toute paternelle qui — avec un amour débordant — te contemple avec tendresse 5 et te sourit, pour t’inspirer encore davantage de confiance, afin que tu demandes Mon Royaume avec une audace toujours plus grande.
Car, Ma fille, étant donné la grandeur du Royaume que Je dois donner, Je veux qu’un peuple tout entier Me le demande. Le premier peuple, c’est toute la Création ; et en la parcourant, tu l’incites à demander la venue du Royaume de Ma Divine Volonté sur la terre. Le second peuple, ce sont toutes Mes Œuvres et celles de Ma Maman céleste accomplies sur la terre ; ces peuples sont divins et infinis. Puis, il y a le peuple d’en bas : ceux qui récitent le 'Pater Noster', ainsi que les quelques-uns qui, d’une certaine manière, connaissent Ma Divine Volonté et demandent qu’Elle vienne régner sur la terre. Et lorsque des peuples entiers Me prient – avec, à leur tête, celle à qui a été confiée une si grande mission –, il devient plus facile d’accorder ce que Nous voulons donner et qui Nous est demandé avec tant d'insistance.
N’en est-il pas ainsi dans le monde d’en bas ? Lorsqu’il faut élire un roi ou le chef d’un pays, certains poussent le peuple à crier : "Nous voulons tel roi !" ou encore "Tel chef pour notre nation !" Et si l’on veut la guerre, on fait crier le peuple : "Nous voulons la guerre !" Il n’y a rien d’important qui se fasse dans un royaume sans faire appel au peuple, en le poussant à crier, voire à se soulever, pour se justifier en disant : "C’est le peuple qui le veut." Et bien souvent, le peuple affirme qu’il le veut — sans savoir ce qu’il veut réellement, ni les bonnes ou mauvaises conséquences qui en découleront.
Si cela se fait dans le monde d’en bas, combien plus Moi, lorsque Je dois accorder des choses importantes, des biens universels, Je veux que des peuples entiers Me les demandent ! Et c’est toi qui dois former ces peuples : d'abord en faisant connaître toutes les vérités concernant Mon 'FIAT' divin ; ensuite, en allant partout, remuer le Ciel et la terre afin qu’ils réclament le Royaume de Ma Divine Volonté. »
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1 étendard = drapeau
2 ce qu’elle possède déjà en elle : fait référence à la Création, qui possède déjà en elle le 'FIAT' divin, puisque toutes les choses créées ont été faites par le 'FIAT' de Dieu et en portent l’empreinte.
3 se divertir ? 🟡 Dans le texte italien : « ...vorrebbe trastullarsi col suo piccino... » signifie s’amuser tendrement, jouer affectueusement, comme un père qui s’émerveille en interagissant avec son enfant. Donc, « se divertir » est une traduction juste ; le père ne fait pas qu’être heureux – il joue avec tendresse.
4 Nos domaines = Nos possessions
5 « …ti vagheggia… » ; ce verbe « vagheggiare » dans un contexte mystique ou poétique ne se traduit ni littéralement par "se languir", ni uniquement par "désirer", mais plutôt par une idée plus riche : contempler avec amour, affection et admiration, presque avec ravissement ; qui te contemple avec une tendresse paternelle
(1) Je poursuis mon abandon dans la Volonté Divine et, en y tournant, mon pauvre esprit se transporta dans l’Éden, au moment où Dieu formait la nature humaine, avant d'y insuffler l'âme. Je songeais à l'amour immense avec lequel le Créateur Suprême avait façonné le corps humain, et comment, avant même qu’Adam n’existât, en modelant son corps, Il l’aimait déjà de l’amour d’un Père pour son enfant. Je réfléchissais aussi au fait que, n’ayant pas encore reçu la vie de l’âme, Adam ne pouvait Lui rendre Son amour, et que, par conséquent, l’Amour divin demeurait seul, privé de la compagnie de l’amour de Sa créature. Il n’était pas juste que cet Amour restât sans retour, fût-il infime, de la part de celui qu’Il aimait tant.
Alors je me dis en moi-même : "La Volonté Divine est éternelle, et ce qui est fait en Elle reste toujours en acte [en action], et ne cesse jamais d’être présent. 1 Par conséquent, dans le 'FIAT', je veux anticiper l’amour d’Adam et caresser mon Créateur avec mon propre amour, au moment où Il formait le corps humain. Je veux faire écho à Son amour et Lui dire : "Dans Ta Volonté, je T’ai toujours aimé, même avant que toute chose n’existât." » Et tandis que je pensais cela, et bien d’autres choses encore, mon toujours aimable Jésus me serra fortement dans Ses bras et me dit :
(2) « Ma fille, comme Je suis heureux de t’avoir manifesté tant de vérités sur Ma Volonté Divine ! Toutes les vérités que Je t’ai révélées à Son sujet sont comme des échelles : pour toi, afin que tu puisses monter jusqu’aux actes de Ma Volonté éternelle et y retrouver Notre premier acte — qui a la vertu d'être toujours présent (toujours en action) —, Nous offrant ainsi la joie et le bonheur du retour de ton amour ; et pour Nous, afin que Nous puissions descendre vers toi, chercher la compagnie de celle pour qui Nous avons tant œuvré et aimé. Qu'elle est douce, la compagnie de l'être aimé – pleine de joies inoubliables ! Et qu'elle est amère, la solitude : ne pas jouir de la présence de celui pour qui l'on soupire, qu’on aime, et pour qui l'on agit ! En formant la nature de l'homme, avant de lui infuser la vie, Nous étions comme un père et une mère qui, tandis que leur enfant dort, saisis de tendresse et d’un amour irrésistible, le contemplent, l’embrassent, le serrent dans leur bras. Et l'enfant, parce qu'il dort, n’en sait rien. Ah ! Si tu savais, Ma fille, combien de baisers et d’étreintes amoureuses Nous avons donnés à la nature humaine avant de lui insuffler la Vie ! Et dans l'ardeur de Notre Amour, en soufflant sur elle, Nous lui avons donné la Vie : lui infusant l’âme, et au corps, le souffle, le battement, la chaleur. 2
Ainsi, le souffle que tu sens est le Nôtre, le battement de ton cœur est le Nôtre, la chaleur que tu ressens est le toucher de Nos mains créatrices qui, en te touchant, t’infusent la chaleur. Et dès que tu respires, Nous sentons Notre propre souffle respirer en toi ; dans ton cœur qui bat, Nous sentons Notre battement de Vie éternelle ; et lorsque tu ressens la chaleur, c’est Notre Amour qui circule en toi et qui poursuit Son œuvre créatrice et conservatrice, en te réchauffant. »
(3) « Sache, Ma fille, que Notre Volonté est la révélatrice de l’Œuvre de la Création ; Elle seule peut dévoiler tous les secrets d’amour cachés dans la Création. Adam ne sut pas tout ; il ne sut pas combien de stratagèmes et de subtilités d'amour Nous avons déployés pour créer son âme et son corps ! Nous avons agi comme un père qui ne révèle pas tout, d’un seul coup, à son petit enfant. Mais à mesure qu’il grandit, il veut lui dire combien il l’aime, tout ce qu’il a fait pour lui, combien d’attentions aimantes et de baisers cachés il lui a donnés alors qu’il était encore trop petit pour les comprendre — et tout ce qu’il peut encore lui donner. Il lui fait tantôt une surprise, tantôt une autre : cela entretient la vie d’amour entre le père et le fils, et, à chaque surprise, leur joie et leur bonheur grandissent. Quelle ne serait pas la douleur de ce père, qui couvre son enfant de baisers pendant qu’il dort, le serre contre son cœur avec tant de tendresse qu’il verse des larmes d’amour sur le visage de son enfant endormi, si, à son réveil, l’enfant ne lui souriait pas, ne se jetait pas à son cou pour l’embrasser, ou le regardait avec froideur ? Quelle douleur pour ce pauvre père ! Toutes les surprises préparées pour son fils, il les garderait dans son cœur, avec la peine de ne pouvoir partager son bonheur, ses joies les plus pures, jusqu’à ne pouvoir lui dire combien il l’a aimé et l’aime encore.
Il en fut ainsi pour Nous, Ma fille. Notre bonté, plus que paternelle, préparait tant de nouvelles surprises pour Notre fils bien-aimé, et Notre Volonté Divine s’était chargée d’en être la révélatrice. Mais, en se détournant de Notre Volonté, Adam perdit cette révélatrice ! C’est pourquoi on ignore combien Nous l’avons aimé, et tout ce que Nous avons accompli pour lui en le créant. Nous ressentons un irrésistible amour — un ardent désir — que Notre 'FIAT' vienne régner sur la terre comme au Ciel, afin qu’après tant d’années de silence et de secrets, Il puisse enfin libérer Ses flammes et redevenir le révélateur de la Création ; car on connaît bien peu de choses sur tout ce que Nous avons accompli en créant l’homme. Combien de surprises Il a encore à révéler ! Combien de joies et de bonheurs à communiquer ! Toi-même, n'entends-tu pas combien de choses Il te révèle — tant sur Ma Divine Volonté, que sur l’amour surprenant qui imprègne toute la Création, et plus particulièrement la création de l’homme ? »
(4) « Ma Volonté est le livre de la Création ; c’est pourquoi, pour pouvoir le connaître et le lire, il est nécessaire que Son Royaume — le Royaume de la Volonté divine — soit établi au milieu des créatures.3 La volonté humaine tient le pauvre homme comme endormi ; il dort, et ce sommeil l’empêche de ressentir et de voir toutes les caresses et délicatesses d’amour que lui prodigue son Père Céleste, et les surprises qu’Il veut lui faire connaître. Le sommeil l’empêche de recevoir les joies, le bonheur que veut lui donner son Créateur, et de comprendre la grandeur sublime de son état de créature. Pauvre homme, assoupi pour ce qui concerne le vrai bien, et sourd à la voix de Ma Volonté — révélatrice de l’histoire noble de son origine, de sa grandeur et de sa merveilleuse beauté !
Et s’il veille, ce n’est pas pour écouter Ma Volonté, mais pour pécher, suivre ses passions ou s’attacher à des choses dénuées de tout valeur éternelle. Il ressemble alors à un petit enfant qui, à son réveil, se met à pleurer, fait des caprices et tourmente son pauvre père — lequel en vient presque à regretter d’avoir un enfant si instable. C’est pourquoi Ma Volonté Divine révèle tant de Ses connaissances ! C'est pour réveiller l'homme de son long sommeil, afin qu’en s’éveillant dans Mon 'FIAT', il quitte le sommeil de la volonté humaine, retrouve ce qu'il a perdu, et puisse ressentir les baisers, l’amour, les étreintes amoureuses que son Créateur lui donne en Son sein 4 . Ainsi, chaque connaissance concernant Ma Volonté Divine est un appel, une voix que Je fais entendre, un cri que J’élève, pour tirer l’homme du sommeil de la volonté humaine.
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1 et ne cesse jamais d’être présent : ce qui est fait dans la Volonté Divine reste toujours vivant, actuel
2 Texte explicatif : En soufflant sur elle, Nous lui avons donné la vie
3 Texte explicatif : Ma Volonté est le livre de la Création
4 que son Créateur lui donne en Son sein = le Créateur tient l’homme sur son sein ; image d’amour paternel ou maternel divin
(1) Mon vol dans les actes de la Divine Volonté continue sans cesse, et lorsque j’arrive en Éden, il me semble que Jésus désire dire quelque chose : le souvenir, le lieu où Il créa l’homme, Sa Volonté créatrice, Son amour débordant, les prérogatives, la beauté avec lesquelles Il créa l’homme, les biens, la grâce dont Il l’enrichit… tout cela constitue les souvenirs les plus doux et les plus chers à son Cœur paternel, qui Le submergent d’amour. Et pour donner libre cours à Ses flammes, Il veut parler de ce qu’Il fit en le créant (en créant l'homme) ! Tant et si bien que pendant que j’écris, je sens Son Cœur battre très fort ; exultant de joie, Il me jette les bras autour du cou, et m’embrasse avec une telle intensité d’affection qu’Il s’enferme dans mon cœur, comme blessé par l’ardeur de cet amour qu’Il éprouva lors de la Création. Et, prenant une attitude à la fois de fête et de douleur, Il veut être spectateur de ce que je m’apprête à écrire... Alors Jésus me dit :
(2) « Ma fille, combien de Nos prodiges ont concouru à la création de l’homme ! Par Notre souffle, Nous lui insufflâmes l’âme, dans laquelle Notre bonté paternelle plaça trois soleils, formant en elle un jour éternel et resplendissant, à l’abri de toute nuit. Ces soleils furent formés par la Puissance du Père, la Sagesse du Fils, et l’Amour du Saint-Esprit. Et, tout en résidant dans l’âme, ils demeuraient en communication constante avec les trois Personnes divines, de sorte que l’homme possède la voie pour monter vers Nous, et Nous, celle pour descendre en lui. Ces trois soleils sont les trois puissances (de l'âme) : l’intelligence 1 , la mémoire et la volonté, qui, tout en étant distinctes, se donnent la main et forment une seule réalité vivante — symbole de Notre Trinité adorable.
En effet, bien que Nous soyons trois Personnes distinctes, Nous sommes une seule Puissance, une seule Intelligence, une seule Volonté. 2 Et Notre Amour fut si grand, en créant l’homme, qu’il ne se contenta que lorsqu’il lui transmit – Notre propre ressemblance ! Trois soleils furent donc placés au fond de l’âme humaine — tel le soleil dans la voûte céleste, qui réjouit la terre de sa lumière, et qui, par ses effets admirables, donne la vie à toutes les plantes, conférant à chacune son goût, sa douceur, sa couleur et sa substance propre 3. Le soleil, dans son silence tacite 4, guide la terre, les instruit tous – non par des paroles, mais par les faits, avec une éloquence que nul ne peut égaler ; et par sa lumière pénétrante, il devient la vie de tout ce que produit la terre. Il n’y a qu’un seul soleil pour toute la terre, mais pour l’âme humaine, Notre Amour ne se contenta pas d’un seul ! Dans l’ardeur de Notre amour à donner et redonner, Nous formâmes trois soleils — à Notre image — à partir desquels tous les actes humains doivent être dirigés, animés et recevoir la vie. Quel ordre, quelle harmonie Nous avons mis dans Notre fils bien-aimé et chéri !
Or, Ma fille, ces trois soleils existent encore dans l’homme, mais ils se trouvent dans la condition du soleil qui brille dans le ciel lorsqu’il est enveloppé de nuages épais : il ne peut remplir la terre de la vivacité de sa lumière. Et bien que la communication – entre le soleil et la terre – ne soit ni interrompue ni rompue, à cause des nuages, la terre reçoit des effets affaiblis, et ne jouit pas de tout le bien que le soleil pourrait lui donner. Ainsi, ne recevant pas toute la vie du soleil, elle est comme malade : ses fruits sont fades et non mûrs, et de nombreuses plantes restent sans fruits. La terre devient mélancolique, privée de fête ; les nuages l’ont empêchée de recevoir la plénitude de la lumière solaire, seule capable de la couronner de gloire et d’honneur. 5
Ainsi est l’homme ! Tout est en place ; rien n’est brisé ni interrompu entre lui et Nous ! Mais sa volonté humaine a formé de denses nuages — c’est pourquoi on le voit privé de la gloire, de l’ordre et de l’harmonie de sa création. Ses œuvres sont stériles, corrompues et sans beauté ; ses pas sont vacillants. On peut dire qu’il est un pauvre malade, car il ne se laisse pas guider par les trois soleils qu’il porte au fond de son âme. Mais lorsque Ma Volonté viendra régner, la première chose qu’Elle abattra sera la volonté humaine. Par son souffle, Elle dissipera les nuages, et l’homme se laissera alors diriger par les trois soleils qu'il porte au plus profond de son âme — ceux-là mêmes qui conservent Notre communication. Et aussitôt, il remontera à Notre origine, et tout sera fête et gloire, pour Nous et pour lui. »
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1 Intelligence = Entendement
2 Nous formons une seule Puissance (Père), une seule Intelligence (Fils), une seule Volonté (Saint-Esprit)
3 Le mot « sostanza » en italien a ici un sens courant, concret et naturel, pas métaphysique : il désigne la matière propre, la consistance, ce qui fait que chaque plante est ce qu’elle est.
4 silence tacite = un silence qui implique un accord ou une acceptation sans que rien ne soit dit explicitement ; autrement dit, c’est un silence lourd de sens, souvent interprété comme un consentement implicite.
5 la terre est couronnée par la lumière du soleil quand il n'y a pas de nuages ; la terre représente l’âme humaine ; s'il n'y avait pas les nuages de la volonté humaine, elle serait illuminée pleinement par les 'trois soleils' qui reposent dans son âme et recevrait sa gloire d’origine.
(1) Je continue ma ronde dans les actes que le 'FIAT' divin a accomplis lors de la Création, et qu’Il conserve encore aujourd’hui dans sa propre main — avec une telle puissance et sagesse — qu’Il semble, à chaque instant, répéter l’acte déjà accompli, alors qu’il ne s’agit en réalité que de la continuation d’un unique acte. Or, tandis que mon esprit se portait vers l’Éden, mon doux Jésus me dit :
(2) « Ma fille, lorsque tu parcours Ma Volonté pour y retracer tous Ses actes – afin de les courtiser, les aimer, et les unir aux tiens – et que tu parviens jusqu’à l’Éden, Je ressens en Moi le renouvellement des joies, des fêtes, du bonheur que Notre Divinité éprouva lors de la Création. Oh ! Te voir parcourir le soleil, le vent, la mer, le ciel — comme cela Nous rappelle, comme si c'était maintenant, les envols rapides de la première créature 1 sortie de Nos mains créatrices ! Car, étant dans l’unité de Notre Volonté 2, elle rassemblait en un seul acte, tous Nos actes accomplis dans la Création par amour pour elle ; et, par cet acte unique, elle Nous les offrait tous comme en un triomphe. C’est pourquoi Adam Nous apportait toutes les joies de toutes les choses que Nous avions mises en mouvement, ordonnées et harmonisées dans tout l’univers. Et oh ! comme Nous Nous sentions heureux de le voir ainsi : riche, fort, puissant, d’une beauté enchanteresse, venir devant Nous, doté de toutes Nos Œuvres, pour Nous les offrir — afin de Nous réjouir, de Nous glorifier, et de se réjouir lui-même avec Nous.
Ainsi, en te voyant reprendre les envols d'Adam et parcourir toutes choses, Nous voyons combien est belle la vie de la créature dans Notre Volonté. Il semble qu’elle veuille entrer dans tous Nos actes et tout prendre — mais pour en faire quoi ? Pour tout Nous donner et Nous réjouir ! Et Nous, en retour, Nous lui donnons tout, en lui disant : "Toutes ces choses sont à toi – c’est pour toi que nous les avons créées et sorties de Nous". Et en voyant cela, Nous ressentons le désir de restaurer la Création de l’homme, et de lui redonner le Royaume de Notre Volonté. »
(3) Puis, d’un ton plus tendre, Il ajouta : « Ma fille, Je ne manque ni de Puissance ni de Volonté ; Je dois donc relever l’homme déchu et le rétablir, car la volonté humaine a détruit l’Œuvre issue de Nos mains créatrices. »
(4) Puis, ému et attristé pour le pauvre homme, il garda le silence. Et je pensais en moi-même : "Comment est-ce possible de revenir à l’état premier de la Création, alors que la volonté humaine a fait chuter l’homme dans un abîme de misères, le déformant presque par rapport à ce qu’il était à l'origine ?" Et mon doux Jésus ajouta :
(5) « Ma fille, Ma Volonté peut tout. Et de même qu’Elle a créé l’homme à partir du néant, Elle peut aussi le tirer de ses misères pour en faire un homme nouveau — sans changer la manière dont Nous l’avons créé, et en lui laissant son libre arbitre. Nous userons d’une autre stratégie d’amour.
La lumière de Notre Volonté fera vibrer plus puissamment ses rayons resplendissants, et s’approchera de la volonté humaine au point de la regarder en face.
Alors, la volonté humaine recevra l’enchantement de cette lumière pénétrante, qui, en l’éblouissant doucement, l’attirera à elle 3.
Attirée par une lumière si éclatante et d’une beauté rare, cette volonté aura le désir de découvrir ce qu’il y a de beau en elle.
En la contemplant, elle succombera à son enchantement, se sentira heureuse, et choisira — non par contrainte, mais librement — de vivre dans Notre Volonté.
La lumière du soleil ne possède-t-elle pas, elle aussi, cette vertu 4 ? Si l’on cherche à la fixer, la pupille de l’œil humain en reste éblouie ; et si l’on veut ensuite regarder autour de soi, on ne voit plus rien d’autre que de la lumière, car sa puissance empêche les pupilles de distinguer ce qui les entoure. Et si l’homme est contraint de baisser les yeux pour se protéger de cette lumière, c’est que son intensité le gêne et qu’il ne se sent pas heureux. Mais s’il se sentait heureux, il ne détournerait pas si facilement les yeux de la lumière du soleil. En revanche, la lumière de Ma Volonté ne troublera pas les pupilles de l’âme ; bien au contraire, elle leur accordera la grâce de voir les actes mêmes de la volonté humaine se transformer en lumière. Et l’âme désirera que cette lumière fasse vibrer ses rayons plus intensément encore, afin de contempler ses propres actes baignés dans l’enchantement et la beauté de cette lumière divine.
Ma Volonté a le pouvoir de résoudre le problème de l'homme. Mais pour cela, Elle doit accomplir un acte de magnanimité encore plus grand que celui de Notre 'FIAT' Suprême. C’est pourquoi, toi, prie et intercède pour une cause si sainte, en faveur des pauvres créatures ! »
(6) Après cela, comme c’était la fête du Corpus Domini 5, je pensais en moi que ce jour était la fête des noces que Jésus béni célébrait avec les âmes dans le Très Saint Sacrement d’Amour. Et mon Bien-aimé Jésus, se manifestant en moi, me dit :
(7) « Ma fille, le véritable mariage avec l’humanité eut lieu lors de la Création : rien ne manquait, ni à l’âme ni au corps – tout fut réalisé avec une somptuosité royale. À la nature humaine fut préparé un palais immense, tel qu’aucun roi ni empereur ne pourrait en posséder de semblable : l’Univers tout entier !
Sa voûte était le ciel étoilé et sa lumière venait d’un soleil qui ne devait jamais s’éteindre.
Dans ses jardins enchanteurs, le couple heureux, Dieu et l’homme, devait se promener, se réjouir et entretenir la fête continuelle, jamais interrompue, de leur union sponsale 6.
Les vêtements nuptiaux n’étaient pas tissés de matière, mais formés par Notre Puissance, de lumière très pure, comme il convient à des personnes royales…
Tout en l’homme — âme et corps — était beauté, car Celui qui préparait et formait l'union était d’une beauté inatteignable. Ainsi, à partir de la somptuosité extérieure des innombrables merveilles enchanteresses répandues dans toute la Création, tu peux imaginer les océans intérieurs de sainteté, de lumière, de beauté, de science, et bien plus encore, que contenait l’être intérieur de l’homme. Tous ses actes, intérieurs et extérieurs, étaient comme autant de touches musicales qui composaient les mélodies les plus belles, les plus douces, les plus harmonieuses, entretenant l’allégresse de l'union. Chaque nouvel acte qu’il s’apprêtait à accomplir devenait une nouvelle musique, une douce sonate destinée à appeler l’Époux à se réjouir avec lui. Ma Volonté Divine, qui régnait sur l’humanité, lui communiquait l’acte nouveau continu (perpétuel), ainsi que la ressemblance de Celui qui l’avait créé et uni à Lui. Mais, au cœur même de cette grande fête, l’homme brisa l’anneau le plus fort — celui dans lequel résidait toute la validité de notre union, et d’où elle tirait sa vigueur : il se détourna de Notre Volonté. Dès lors, l’alliance fut rompue, tous les droits furent perdus ; il n’en subsista que le souvenir, car la substance, la vie et les effets s’étaient évanouis.
Le Sacrement de l’Eucharistie — où Mon Amour a surabondé de toutes les manières possibles et imaginables — ne peut être considéré comme les premières, véritables noces de la Création. Je n'y fais rien d'autre que de poursuivre ce que J’ai accompli sur la terre, selon les besoins des âmes : pour certaines, Je Me fais Médecin miséricordieux afin de les guérir, pour d’autres, Maître pour les instruire, pour d’autres encore, Père pour leur pardonner, et pour d’autres enfin, Lumière pour leur rendre la vue. Je donne la force aux faibles, le courage aux timides, la paix aux tourmentés. En somme, Je continue Ma vie et Ma vertu rédemptrice.
Mais toutes ces misères excluent les véritables noces. Aucun jeune homme n’épouse une jeune fille malade ; au mieux, il attend qu’elle guérisse. Il n’épouse pas davantage une jeune fille faible et qui sans cesse l’offense. Et si l'époux est un roi 7, même s’il l’aime, il attend qu’elle guérisse, qu’elle l’aime en retour, et que sa condition devienne, sinon égale, du moins plus digne de lui. Or, la pauvre humanité se trouve encore aujourd’hui dans l’état d’une malade misérable. C’est pourquoi J’attends que Ma Volonté soit connue et qu’Elle règne parmi les créatures : Elle leur donnera la véritable santé, les vêtements royaux, la beauté digne de Moi. Alors seulement, Je pourrai rétablir les véritables et premières noces.
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1 Adam
2 Union profonde de la volonté humaine avec la Volonté divine, telle qu’elle existait en Adam avant la chute, où tous ses actes étaient en parfaite harmonie avec Dieu.
3 La lumière de la Volonté Divine s'approche de la volonté humaine pour l'enchanter, l'éblouir et l'attirer à elle.
4 ... cette vertu ? ➔ cette capacité à captiver, éblouir, absorber entièrement l’attention, au point d’empêcher de voir autre chose, et donc, d’attirer et de retenir ; en parallèle, la lumière de la Divine Volonté est décrite comme envoûtante, douce, pénétrante, et irrésistiblement attirante pour la volonté humaine, qui la contemple et choisit de s’y abandonner librement
5 la fête du Corpus Domini, dite aussi Corpus Christi = la Fête-Dieu, la Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ
6 union ponsale : correspondant à l'état d'époux ; on parle du caractère sponsal de l'union du Christ et de l'Église
7 le future époux, puisqu'il n'est pas encore marié