😀 texte # 1 du T20 en révision ! Merci
(1) J'attendais avec impatience le petit Enfant Jésus, et, après de nombreux soupirs, il est enfin arrivé. Se jetant dans mes bras comme un petit enfant, Il m'a dit :
(2) « Ma fille, veux-tu voir comment Ma Mère inséparable M’a vu quand Je suis sorti de Son ventre Maternel ? Regarde-Moi et tu verras. »
(3) Je Le regardai et je Le vis comme un tout petit bébé, d’une beauté rare et captivante. De Sa toute petite Humanité – Ses yeux, Sa bouche, Ses mains et Ses pieds – jaillissaient des rayons éclatants de lumière qui non seulement l’enveloppaient, mais qui s'allongeaient jusqu’à pouvoir toucher1 le cœur de chaque créature, presque comme pour leur donner la première salutation de Sa venue sur Terre – le premier coup léger, le premier 'toc' frappé à la porte de leur cœur, pour les inviter à s'ouvrir et à offrir un refuge [un abri] en eux. Ce coup était doux mais pénétrant ; étant un coup de lumière, il ne produisait aucun bruit, mais, il résonnait plus fort que tout autre son. Ainsi, cette nuit-là, chacun ressentit quelque chose d'inhabituel dans son cœur, mais très peu furent ceux qui ouvrirent leur cœur pour Lui donner un peu d'hébergement [pour L'abriter]. Et le tendre Enfant, voyant que Son salut n'était pas accueilli et que, malgré Ses appels répétés, les cœurs restaient fermés, se mit à pleurer. Ses lèvres livides et tremblantes de froid, Il sanglotait, vagissait et soupirait.
Mais tandis que la lumière qui sortait de Lui faisait tout cela avec les créatures, essuyant les premiers refus, à peine sorti du sein de Sa Mère Céleste, Il se jeta dans Ses bras maternels pour Lui donner la première étreinte, le premier baiser. Et comme Ses petits bras ne pouvaient pas L'enlacer complètement, la lumière qui sortait de Ses petites mains L'enveloppait toute entière, de sorte que la Mère et le Fils furent revêtus de la même lumière. Oh ! Comme la Maman Reine répondit à l’étreinte et au baiser de son Fils ! Ils restèrent si étroitement enlacés qu’Ils semblaient fusionnés l’un dans l’autre. Par Son amour, Elle répara le premier rejet que Jésus avait reçu du cœur des créatures, et, le cher et charmant Bébé déposa dans le Cœur de Sa Mère : Son premier Acte : "naître", Ses grâces et Sa première douleur, afin que ce qui était vu dans le Fils puisse être vu dans la Mère.
(4) Après cela, le gracieux petit Bébé est venu dans mes bras et, en me serrant fort, fort, j'avais l'impression qu'Il entrait en moi et moi en Lui. Alors, Il me dit :
(5) « Ma fille, J’ai voulu t’embrasser comme J’ai embrassé Ma chère Maman dès Ma naissance, afin que tu reçoives, toi aussi, Mon premier acte de naissance, Ma première douleur, Mes larmes et Mes tendres vagissements [cris plaintifs et faibles], et que tu sois émue de compassion devant l’état douloureux de Ma naissance. Si Je n'avais pas eu Ma Mère en qui déposer tout le bien de Ma naissance et fixer en Elle la lumière de Ma Divinité, que Moi, Verbe du Père, Je contenais, Je n'aurais trouvé personne en qui placer le trésor infini de Ma naissance, ni aucun endroit où fixer la lumière de Ma Divinité, qui transparaissait à travers Ma petite Humanité. Comprends-tu alors que, lorsque la Suprême Majesté décide d’accorder un grand Bien aux créatures, destiné à être un Bien universel, il est essentiel que Nous choisissions une âme à qui accorder suffisamment de grâces, de sorte qu’elle puisse recevoir en elle 'tout ce qui peut servir à ce Bien universel', Bien que tous les autres doivent recevoir ? Ainsi, si les autres reçoivent ce Bien – en partie, voire pas du tout –, Notre Œuvre ne reste pas en suspens, ni sans porter Ses fruits ! L’âme élue, ayant accueilli en elle la totalité de ce Bien, permet à Notre Œuvre de recevoir ainsi un retour fructueux.
« Ainsi, Ma Mère fut la dépositaire de Ma vie, et la dépositaire de tous Mes actes [de toute Mon Œuvre]. En ce qui les concerne Mes actes, d'abord Je regardais si Je pouvais les déposer en Elle [les Lui confier], et ensuite, Je les accomplissais. Ainsi, J'ai déposé en Ma Mère : Mes larmes, Mes cris [vagissements], le froid et les douleurs que J’endurais. Et Elle, faisant écho à tous Mes actes, recevait tout avec d’incessantes actions de grâce [des remerciements]. Il y avait une sorte de compétition entre Ma Mère et Moi : Moi pour donner, Elle pour recevoir.
« Lorsque Ma petite Humanité a fait Sa première entrée sur Terre, Ma Divinité a voulu transparaître à l'extérieur d'Elle pour Se répandre partout et faire Sa première visite sensible [tangible] à toute la Création. Ciel et terre, tous ont reçu cette visite de leur Créateur, en dehors de l'homme ; Ils n’avaient jamais reçu autant d’honneur et de gloire que lorsqu’ils virent leur Roi, leur Créateur, au milieu d’eux. Ils se sentaient tous honorés parce qu’ils devaient servir Celui de qui ils avaient reçu l’existence, et c’est pourquoi tous célébraient. C'est pourquoi Ma naissance, de la part de Ma Mère et de toute la Création, fut pour Moi une grande joie et une grande gloire ; mais de la part des créatures, ce fut pour Moi une grande douleur. C'est pourquoi Je suis venu à toi, pour sentir les joies de Ma Mère se répéter en Moi et pour déposer en toi le fruit de Ma naissance. »
(6) Alors après cela, je pensais à cette grotte où le petit Enfant-Jésus était né, à quel point elle devait être insalubre, exposée au vent et au froid, jusqu'à geler même [température sous 0°C]. Et au lieu d’hommes, c'étaient des animaux qui Lui tenaient compagnie. Je me suis alors demandé ce qui avait été le plus malheureux et le plus douloureux : la prison de la nuit de Sa Passion ou la grotte de Bethléem ? Et mon doux Bébé ajouta :
(7) « Ma fille, le malheur de la prison de Ma Passion ne peut être comparé à celui de la grotte de Bethléem. Dans la grotte, J'avais Ma Maman près de Moi, en corps et en âme. Ainsi, Je goûtais de toutes les joies de Ma chère Maman, tandis qu'Elle savourait toutes les joies que J'apportais en tant que Son Fils ; ensemble, nous formions Notre Paradis. Les joies d’une Mère en possédant Son Fils sont grandes ; mais les joies [du Fils] d'avoir une mère sont encore plus grandes. Je trouvais tout en Elle, et Elle trouvait tout en Moi. Et puis il y avait Mon cher père, Saint Joseph, qui était comme un Père pour moi ; Je ressentais toutes les joies qu’Il éprouvait à cause de Moi. Au contraire, durant Ma Passion, toutes nos joies furent suspendues, laissant place à la douleur. Nous ressentions la grande souffrance de la séparation imminente, au moins matérielle, qui allait se produire avec Ma Mort, entre la Mère et Son Fils. Dans la grotte, les animaux Me reconnurent et, pour M’honorer, ils essayèrent de Me réchauffer de leur souffle. Dans la prison, les hommes ne Me reconnurent pas et, pour M’insulter, ils Me couvrirent de crachats et d’opprobres [humiliations extrêmes]. C’est pourquoi il n’y a pas de comparaison possible entre l’un et l’autre. »
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1 toucher = atteindre, blesser, percer
(1) Pendant que mon esprit nageait dans le Soleil de la Volonté Éternelle, mon Bien-aimé Jésus m’a dit :
(2) « Ma fille, l’affront que la créature fait en ne suivant pas Ma Volonté est grand. Ma Volonté est plus que la lumière solaire : Elle envahit tout et tous, et personne ne peut échapper à Sa lumière infinie ! Or, lorsque la créature agit selon sa propre volonté, elle cherche à pourfendre1 cette lumière et à y former des ténèbres. Cependant, Ma Volonté s’élève et poursuit sa course lumineuse, laissant la créature dans les ténèbres de sa propre volonté. Ne dirait-on pas de celui qui aurait divisé la lumière du soleil, 'créant ainsi' une longue nuit, qu’il est fou et commet un grand mal ? Pauvre malheureux, il mourrait de froid en ne recevant plus la chaleur de la lumière du soleil ; il mourrait d’ennui, ne pouvant plus travailler, manquant du bien de la lumière ; il mourrait de faim, n'ayant ni lumière ni chaleur pour faire pousser et féconder son petit terrain, couvert par les ténèbres de sa volonté. On dirait de cet homme : "Il aurait mieux valu qu’un être aussi malheureux ne fût jamais né !"
« Tout cela arrive à l’âme qui fait sa propre volonté ; c’est pourquoi le mal le plus déplorable est de ne pas accomplir Ma Volonté. Privée de Ma Volonté, elle meurt de froid, privée de tous les biens célestes ; elle meurt d’ennui, d’épuisement et de faiblesse, car Ma Volonté, qui fait naître la joie, la force et la vie de l’action divine, lui manque. Elle meurt de faim, car il lui manque la lumière qui fait pousser et féconder le petit terrain de l’âme, pour former la nourriture nécessaire à sa vie. Les créatures croient que ne pas faire Ma Volonté n’est pas un grand mal, alors que cela contient tous les maux ensemble.
(3) Ensuite, Il a ajouté : « Ma fille, tout bien, pour être véritablement bon, doit avoir son origine [son commencement] en Dieu. Par conséquent, aimer, faire le bien lui-même, la souffrance, l’héroïsme des créatures qui se lancent tête première pour accomplir quelque chose, l’étude des sciences sacrées et profanes... bref, tout ce qui n’a pas son origine en Dieu, gonfle la créature d’orgueil et la vide de la grâce. Et tous ces biens qui n’ont pas Dieu pour principe, mais un commencement humain, ressemblent à des œuvres emportées par un vent impétueux. Ce vent, par sa force, réduit en poussière – villes, villas et maisons somptueuses – et en fait un amas informe [un monceau2]. Combien de fois un vent impétueux [violent et rapide] détruit-il, abat-il les plus belles œuvres d'art, de génie, se riant, avec sa furie, de ces œuvres tant chantées [louées, vantées] et admirées ? Combien de fois les vents impétueux de l'estime de soi [de l’amour-propre], de sa propre gloire, ou le vent furieux de chercher à plaire aux créatures, renversent-ils les plus belles œuvres, tandis que Moi, Je ressens la nausée de ce bien même !
« Il n'y a donc pas de remède plus efficace, plus adapté, plus guérisseur pour empêcher la fureur de ces vents dans l'âme, que la force, l'éclipse de lumière de Ma Volonté 3 . Là où se trouvent cette force, cette éclipse de lumière Divine, ces vents sont empêchés de souffler, et la créature vit sous l'influence vitale de la Volonté Divine, de sorte que, dans tous ses actes, petits et grands, transparaît le sceau du 'FIAT'. Sa devise est : "Dieu le veut, je le veux ; et s'Il ne le veut pas, je ne le veux pas non plus."
« De plus, Ma Volonté maintient l'équilibre parfait dans toute la Création ; Elle préserve l'équilibre de : l'Amour, la Bonté, la Miséricorde, la Force, la Puissance [Pouvoir] et même la Justice. Par conséquent, lorsque tu ressens les fléaux [châtiments] et les troubles, ce n'est rien d'autre que l'effet de Ma Volonté qui s'équilibre. Car autant Ma Volonté aime la créature, autant Elle ne peut se laisser déséquilibrer. Autrement, Elle serait imparfaite et faible, si Elle venait à perdre Son équilibre ! Car c'est là que réside tout Son ordre et toute Sa sainteté : dans Son parfait équilibre, toujours égal, sans jamais changer [immuable, inaltérable]. »
(4) « Maintenant, Ma fille, première-née de Ma Volonté, écoute une chose merveilleuse sur Mon 'FIAT' Suprême : l’âme qui vit en Lui et le fait régner pour qu’Il forme Son Royaume reçoit, par la bilocation de Ma Volonté, Son parfait équilibre transféré en elle. Ainsi, l'âme se sent équilibrée dans : l'amour, la bonté, la miséricorde, la force, la puissance et la justice. Et puisque la Création est vaste, Ma Volonté exerce en chaque chose Son acte distinct d'équilibre, là où Elle se trouve. Or, comme l'âme possède cet équilibre comme le sien, Ma Volonté l'élève et l'agrandit tellement, qu'Elle lui fait trouver dans tous ses actes [dans les actes de l'âme] l'équilibre de l'un et de l'autre [l'équilibre des actes de la Création entière], les unifiant et les rendant inséparables [les actes de l'âme sont rendus inséparables des actes de la Création].
« Ainsi, la créature se trouve dans le soleil pour faire les actes équilibrés que Ma Volonté accomplit en lui ; elle se trouve dans la mer, dans le ciel, dans la petite fleur qui fleurit, pour y apporter son parfum ; dans l'oiseau qui chante pour égayer toute la Création par l'équilibre de la joie ; elle se trouve dans la fureur du vent, des eaux et des tempêtes, manifestant l'équilibre de la justice. En somme, Ma Volonté ne peut se passer de cette créature ; elles sont inséparables et ne font qu'un [elles vivent ensemble]. Et cela te semble-t-il peu que l'âme puisse dire : "Je suis étendue dans le ciel pour le conserver pour le bien de mes frères ; Je suis dans le soleil pour faire germer, féconder, donner la lumière et préparer la nourriture pour toute l’humanité." Et ainsi en est-il pour tout le reste. Qui donc peut dire : "J’aime mon Dieu comme Il s’aime Lui-même, j’aime toute l’humanité et j’accomplis tout le bien que mon Créateur fait à la famille humaine. " ? Celle-là seule qui reçoit l’équilibre de ce 'FIAT' Divin et Lui permet de régner en elle !
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1 pourfendre = fendre de haut en bas, d'un coup de sabre ou d'une autre arme
2 monceau = élévation formée par une grande quantité de choses entassées, des monceaux d'ordures
3 lorsque la Volonté divine prend le dessus, les forces extérieures perturbatrices sont repoussées, éclipsées
(1) Mon doux Jésus, en venant, Se fit voir portant un Soleil au centre de Sa poitrine, Le serrant très fort dans Ses bras. S’approchant de moi, Il prit ce Soleil du milieu de Sa poitrine avec Ses mains et Le plaça au centre de la mienne. Puis, Il prit mes mains dans les Siennes et les croisa fermement [bien serrées] sur ce Soleil en me disant :
(2) « Ce Soleil est Ma Volonté, tiens-Le bien serré, ne Le laisse jamais t’échapper, car Il a le pouvoir de te transformer, toi et tous tes actes, en lumière, de manière à t’incorporer totalement en Lui et de ne former qu’un seul Soleil. »
(3) Alors, après cela, je pensais à tout ce que mon doux Jésus avait accompli lors de Sa venue sur la terre — pour la Rédemption — afin de m’unir à Ses actes et Lui demander, par amour envers Ses propres actes, de faire connaître Sa Volonté afin qu’Elle règne. Et mon Jésus adoré a ajouté :
(4) « Ma fille, dès que Mon Humanité fut conçue, Je commençai une nouvelle création, afin d'y étendre le Règne [le Royaume] de Ma Volonté sur tous les actes accomplis par Mon Humanité. Tous les actes que J’accomplissais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de Mon Humanité, étaient animés par une Volonté Divine qui contenait la Puissance Créatrice. C’est pourquoi Mes actes subissaient une nouvelle création et se transformaient en actes de Volonté Divine. Ainsi, j’étendais Son Règne [Son Royaume] en Mon intérieur et en tous Mes actes extérieurs. En effet, qui a détruit et repoussé ce Royaume de Ma Volonté en l’homme ? Ce fut sa volonté humaine ! En rejetant Ma Volonté, en refusant de se laisser dominer et animer par Elle, et en choisissant au contraire de se soumettre, d’être dominé et animé par sa propre volonté, l'homme a ainsi établi en lui le règne des misères, des passions et de la ruine.
« Maintenant, Mon Humanité devait avant tout restaurer et rappeler en Moi ce Royaume de la Volonté Suprême, dans Ma nature humaine, afin d'entreprendre l'Œuvre de la Rédemption et d’offrir ainsi à l’humanité les remèdes pour son salut. Si Je ne Lui avais pas rendu Ses droits de domination1, établissant ainsi ce Royaume en Moi, Je n’aurais pu accomplir le Bien de la Rédemption. Ma Volonté Divine aurait été inexorable [inflexible] et M'aurait refusé Ses Biens. En premier lieu, Je n’aurais pas eu le droit d’établir Son Règne en Moi, et, en second lieu, Elle ne M’aurait pas concédé les remèdes nécessaires au salut des créatures.
« Ainsi, Ma Volonté Suprême était à l’Œuvre dans tous Mes actes. Elle dominait et, triomphante, investissait de Sa Puissance Créatrice Mes larmes, Mes gémissements d’enfant, Mes soupirs, Mes battements de Cœur, Mes pas, Mes Œuvres, Mes paroles, Mes souffrances — en un mot, tout. Et, en les investissant, Elle les ornait [les perlait] de Sa lumière infinie, formant ainsi la nouvelle Création de Son Royaume dans chacun de Mes actes. C’est pourquoi, à chaque acte supplémentaire que Je faisais, le divin 'FIAT' étendait les frontières de Son Royaume dans Mon Humanité.
Or, la Création a été appelée du NÉANT et s'est formée sur la base de Ma Parole créatrice, qui a parlé et fait exister, qui a commandé et établi toute chose dans l'ordre et l'harmonie. Cependant, pour l'Œuvre [la création] du Royaume de Ma Volonté Suprême, Celle-ci ne s’est pas contentée de le faire surgir à partir du NÉANT. Afin d’en garantir la stabilité et la sécurité, Elle a voulu comme base, fondations et murs : tous les actes et toutes les souffrances de Mon Humanité Très Sainte, afin de constituer l'Œuvre de Son Royaume. Tu vois combien ce Royaume de Ma Volonté a coûté et avec quel amour Je l’ai déployé en Moi ! Donc, ce Royaume existe et il ne reste plus qu'à Le faire connaître afin de manifester tous les biens qu’Il contient. Ainsi, ce que Je veux de toi, c’est que, tout comme Mon Humanité a laissé Ma Volonté libre de former son Royaume [en Moi], toi aussi tu Me laisses libre, sans t’opposer en rien, afin que ne trouvant en toi aucune résistance, Mes actes coulent en toi et, prenant leur place d’honneur, s’ordonnent tous harmonieusement pour poursuivre en toi – la vie du Royaume de Ma Volonté. »
(5) Après cela, mon doux Jésus s’échappa comme un éclair. J'ai voulu Le suivre, mais, dans cet éclair, j’aperçus avec une grande amertume – l’arrivée de maladies contagieuses – qui allaient se propager dans presque toutes les nations, y compris l’Italie. Il semblait que beaucoup en mouraient, au point de dépeupler [vider] les maisons. Dans plusieurs nations, le fléau frappait plus violemment, mais presque toutes étaient touchées. Il semblait qu’elles se donnaient la main [qu’elles s’unissaient] pour offenser le Seigneur et que Notre Seigneur les frappait toutes des mêmes fléaux. Mais j’espère qu’Il voudra se laisser fléchir, afin que les peuples souffrent moins...
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1 Ses droits de domination = Ses droits de souveraineté
(1) (Je méditais sur l’année qui se terminait et sur la nouvelle qui commençait.)
(2) Je continuais mon envol dans la lumière de la Divine Volonté et je priais le gracieux Petit Enfant que, tout comme l'année écoulée allait mourir sans possibilité de renaître, Il fasse mourir ma volonté sans plus jamais la laisser revivre. Et, en cadeau pour la nouvelle année, qu'Il me donne Sa Volonté, comme moi je Lui offrais la mienne, afin de la placer comme un marchepied [un tabouret] sous Ses tendres petits Pieds, pour que je n'aie d'autre vie que Sa Volonté seule.
Or, tandis que je disais cela et bien d'autres choses, mon doux Jésus sortit de mon intérieur et me dit :
(3) « Fille de Ma Volonté, combien J’aime, désire et aspire à ce que ta volonté prenne fin en toi ! Oh, comme J’accepte ton don, comme Je serai heureux de le garder comme un doux tabouret sous Mes Pieds ! Car, la volonté humaine, tant qu’elle demeure dans la créature, hors de son centre qui est Dieu, est dure. Mais lorsqu’elle retourne en son centre, d’où elle est sortie, telle un tabouret aux pieds de ton petit Enfant Jésus, elle devient souple, et Je m’en sers pour M’amuser. N'est-il pas juste qu'étant un enfant Je m'amuse, et qu'au milieu de tant de douleur, de privation et de larmes, J'aie ta volonté qui Me fasse sourire ? Maintenant, tu dois savoir que quiconque met fin [un terme] à sa propre volonté retourne à son origine [à son principe, à son commencement] d’où il est sorti ; en lui commence alors la vie nouvelle : la vie de lumière, la vie pérenne [éternelle] de Ma Volonté.
« Lorsque Je suis venu sur la terre, J’ai donné beaucoup d’exemples et d’images pour montrer comment Je désirais que la volonté humaine prenne fin.
« Ainsi, J’ai voulu naître à minuit afin d’opposer la nuit de la volonté humaine au jour resplendissant de la Mienne. Et bien que la nuit se poursuive après minuit et ne prenne pas fin immédiatement, elle marque pourtant le commencement d’un nouveau jour. Mes anges, pour honorer Ma naissance et annoncer à tous l’avènement du jour de Ma Volonté, illuminèrent le ciel de nouvelles étoiles et de nouveaux soleils dès minuit, transformant la nuit en une clarté plus éclatante que le jour. C’était l’hommage qu’ils rendaient à Ma petite Humanité, en laquelle résidait le plein jour du Soleil de Ma Volonté Divine, ainsi que l’appel adressé à la créature pour qu’elle entre dans la plénitude de ce jour.
« Tout petit encore, Je me soumis au douloureux rite de la circoncision, une coupure si cruelle, qui Me fit verser des larmes amères de douleur. Non seulement Moi, mais aussi Ma Mère et mon cher Saint Joseph pleurèrent avec Moi. C'était la coupure de la volonté humaine que Je voulais faire, afin que, dans cette coupure, la Volonté Divine puisse couler. Ainsi, cette volonté humaine, brisée et privée de vie, laisserait place à Ma Volonté, qui recommencerait à vivre [en la créature] à travers cette coupure.
« Tout petit encore, J’ai voulu fuir en Égypte : une volonté tyrannique et inique voulait me tuer, symbole de la volonté humaine qui cherchait à tuer la Mienne. J’ai fui afin de dire à tous : "Fuyez la volonté humaine, si vous ne voulez pas que la Mienne soit tuée." Toute Ma vie ne fut rien d’autre que le rappel de la Volonté Divine en l’homme.
« En Égypte, Je vivais comme un étranger parmi ces gens : symbole de Ma Volonté considérée comme une personne étrangère parmi eux, montrant ainsi que quiconque veut vivre en paix et uni à la Mienne doit vivre comme un étranger à la volonté humaine. Autrement, il y aurait toujours une guerre entre l’Une et l’autre, car ce sont deux volontés irréconciliables.
« Après mon exil, Je retournai dans Ma patrie : symbole de Ma Volonté qui, après Son long exil à travers les siècles, reviendra dans Sa chère patrie – parmi Ses enfants – pour y régner. Et tandis que Je traversais ces étapes de Ma vie, ainsi Je formais en Moi le Royaume de Ma Volonté et L’appelais — par des prières incessantes, des souffrances et des larmes — à venir régner au milieu des créatures.
« Je retournai dans mon pays natal et y vécus caché et inconnu. Oh ! Comme cela symbolise la douleur de Ma Volonté, qui, bien qu’elle vive parmi les peuples, demeure méconnue et cachée ! Et par Mon effacement, dans cet anonymat, J’implorais que la Volonté Suprême soit connue, afin qu’Elle reçoive l’hommage et la gloire qui Lui sont dus.
« Il n’est rien que J’aie fait qui ne symbolisât une douleur de Ma Volonté, la condition dans laquelle les créatures La reléguaient, ainsi que l’appel que Je leur lançais pour Lui rendre Son Royaume1 . Et c’est ainsi que Je veux que soit ta vie : un appel incessant au Règne de Ma Volonté parmi les créatures. »
(4) Ensuite, après cela, je me suis mise à parcourir toute la Création pour amener avec moi le ciel, les étoiles, le soleil, la lune, la mer, bref, tout aux pieds de l’Enfant Jésus, afin que nous Te demandions, ensemble, de faire venir au plus tôt ce Royaume de Ta Volonté sur la terre. Et dans mon désir, je Lui ai dit : "Vois, ce n'est pas seulement moi qui Te prie, mais le ciel Te prie avec la voix de toutes les étoiles, le soleil avec la voix de sa lumière et de sa chaleur, la mer avec son murmure ; tous Te prient pour que Ta Volonté vienne régner sur la terre. Comment peux-Tu résister à tant de voix qui T’implorent ? Ce sont des voix innocentes, des voix animées par Ta propre Volonté qui Te prient. " Or, tandis que je disais cela, mon petit Jésus est sorti du plus profond de moi pour recevoir l’hommage de toute la Création et écouter son langage muet [silencieux]. Me serrant contre Lui, Il me dit :
(5) « Ma fille, le moyen le plus facile d’accélérer la venue de Ma Volonté sur la terre, ce sont les connaissances sur Elle. Les connaissances apportent lumière et chaleur à l'âme et forment en elle le premier Acte de Dieu, sur lequel la créature peut modeler le sien. Si elle ne trouve pas cet Acte premier, la créature n'a pas la capacité de Le former elle-même. Ainsi, il manquerait les actes et les éléments essentiels pour former ce Royaume.
« Vois donc ce que signifie une connaissance de plus sur Ma Volonté : en portant en elle l’Acte premier de Dieu, elle apportera avec elle une force magnétique, un puissant aimant pour attirer les créatures à répéter l’Acte premier de Dieu. Par sa lumière, elle apportera la désillusion 2 de la volonté humaine, et par sa chaleur, elle adoucira les cœurs les plus durs, les incitant à se plier devant cet Acte Divin. Les créatures se sentiront attirées et voudront être façonnées par cet Acte.
« C'est pourquoi, plus Je manifeste de connaissances sur Ma Volonté, plus vite s'établira le Royaume du 'FIAT' Divin sur la terre. »
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1 pour Lui rendre Son Royaume = pour rendre à Ma Volonté, Son Royaume
2 la désillusion = dévoiler, démasquer, révéler quelque chose sous son vrai jour ; démasquer un comploteur ; désillusionner la volonté humaine
(1) Mon pauvre cœur tantôt gémit, tantôt agonise sous la douleur de la privation de mon cher et bien-aimé Jésus. Sans Lui, les heures me semblent des siècles et les nuits interminables. Le sommeil fuit mes yeux ; si seulement je pouvais dormir, mon intense douleur s'endormirait aussi, et peut-être y trouverais-je un peu de soulagement. Mais au lieu de dormir, je deviens toute 'yeux' — et, yeux ouverts, non fermés ! Yeux – mes pensées – cherchant à percer le mystère pour voir où se trouve Celui que je cherche et ne trouve pas ; yeux – mon ouïe – espérant capter, qui sait, le léger bruit de ses pas, l'écho doux et suave de sa voix... Mes yeux scrutent, espérant apercevoir au moins l'éclair fugace de son apparition. Oh ! combien Son absence me coûte ! Oh ! combien je soupire après Son retour !
Or, tandis que je me trouvais en plein dans l’angoisse de Le désirer, mon doux Jésus se déplaça en moi et se fit voir, à l’intérieur de moi, assis près d'une petite table de lumière. Il était tout occupé et absorbé à examiner l’ordre de tout ce qu’Il avait révélé sur sa Très Sainte Volonté : vérifiant si tout était consigné, s’il manquait quelque chose, et jusqu’où Il devait intervenir pour compléter tout ce qui concernait Sa Très Sainte Volonté. Tout ce qui concernait Sa Volonté – les paroles, les connaissances – prenaient dans les mains de Jésus 'l'image d'un rayon de lumière' qu'Il ordonnait [disposait] soigneusement sur cette petite table de lumière. Et Il était tellement absorbé et occupé que peu importe combien je L'appelais et Lui parlais, Il ne faisait pas attention à moi. Alors je suis restée silencieuse, me contentant de rester près de Lui et de L'observer. Alors, après un long silence, Il me dit :
(2) « Ma fille, lorsqu'il s'agit de choses qui concernent Ma Volonté, les cieux et la terre restent silencieux et respectueux, afin d’être témoins d’un nouvel Acte de la Volonté Suprême, car chaque nouvel Acte de la Volonté Suprême apporte à tous une Vie Divine supplémentaire [une Vie Divine de plus], une force, un bonheur, une beauté irrésistible [envoûtante, ravissante]. Par conséquent, la Volonté Divine opérante [à l'œuvre], qui met en dehors d'Elle-même un de Ses actes [un Acte qui Lui est propre], est la plus grande chose qui puisse exister dans le Ciel et sur la Terre. De nouveaux cieux, de plus beaux soleils peuvent émerger d’un Acte supplémentaire de Ma Volonté ! Par conséquent, lorsqu'il s'agit d'Elle, toi et moi devons mettre tout de côté et nous préoccuper uniquement de l’Éternel "FIAT".
« Il ne s'agit pas de réorganiser1 une volonté humaine ou une vertu quelconque en toi, mais il s'agit de réordonner une Volonté Divine et opérante. Cela demande énormément ! Et comme Je suis occupé avec des choses qui Me concernent davantage et qui apporteront le grand bien d'un nouvel Acte de cette Volonté Suprême, Je ne prête pas attention à tes appels, car, lorsqu'il s'agit de réaliser les plus grandes choses, les petites sont mises de côté. »
(3) Après cela, je suivais mon Jésus dans Sa Passion et, arrivée au moment où Hérode le bombardait de questions, Lui, se taisant, je pensais : "Si Jésus avait parlé, peut-être que celui-là se serait converti." Et Jésus, se mouvant en mon intérieur, me dit :
(4) « Ma fille, Hérode ne M'a pas interrogé pour connaître la vérité, mais par curiosité et pour se moquer de Moi. Si J'avais répondu, c'est Moi qui Me serais moqué de lui. En effet, lorsqu'une âme n'a pas la volonté de connaître la vérité et de la réaliser, il lui manque l'humidité nécessaire pour recevoir la chaleur apportée par la lumière de Mes vérités ; cette chaleur, ne trouvant pas l’humidité pour faire germer et féconder la vérité, brûle davantage et dessèche le bien qu’elle peut produire. Il en va comme du soleil : lorsqu'il ne trouve pas l'humidité dans les plantes, sa chaleur les dessèche et brûle leur vie ; mais s'il trouve l'humidité, il opère des merveilles.
« C'est pourquoi la vérité est belle, elle est aimable, elle restaure et féconde l'âme2 . Sa chaleur et sa lumière accomplissent des prodiges de développement, de grâces et de sainteté — mais pour ceux qui désirent la connaître afin de la mettre en pratique. Quant à ceux qui n'aiment pas la mettre en pratique, la vérité se moque d'eux, au lieu d’être moquée. »
(5) En plus de cela [en plus de rester immobile près de Lui et de L'observer], pendant que j'écrivais, je ressentais une telle dépression de force [comme fatiguée, épuisée, vidée] que je le faisais avec difficulté. Je ne sentais pas non plus Jésus me nourrir de paroles pour me faciliter la tâche, ni la plénitude de la lumière mentale, qui, telle une mer, envahit mon esprit. Je devais me contenter de ne prendre que quelques gouttes de lumière afin de les transcrire sur le papier car, si j'avais voulu tout consigner, j'aurais fait comme une personne qui va au bord de la mer et veut prendre toute l'eau de mer dans sa main — peu importe combien elle en prend, tout lui échappe. Au contraire, si elle prend seulement quelques gouttes, elle pourra peut-être les emporter avec elle. Donc, tout était difficile en moi, dans l'âme, dans le corps, en tout. Alors, me sentant aussi mal, je me disais : "Peut-être que ce n'est plus la Volonté de Dieu que j'écrive, autrement Il m'aurait aidée comme avant. Au lieu de cela, c'est tellement difficile, l'effort que je dois fournir est si grand que je ne peux plus continuer. Alors, si Jésus ne le veut pas, je ne le veux pas non plus." Mais tandis que je pensais cela, mon doux Jésus est sorti de mon intérieur et m'a dit :
(6) « Ma fille, celui qui doit posséder le Royaume de Ma Volonté ne doit pas seulement L'accomplir et vivre en Elle, mais aussi ressentir et souffrir ce qu'Elle ressent et souffre dans les âmes. Ce que tu ressens n'est autre que la condition dans laquelle Elle se trouve dans les créatures : comme Ma Volonté s'insère difficilement en elles, les efforts qu'Elle doit fournir pour les subjuguer et les amener à L'accomplir3, comment Elle est réprimée par leur volonté humaine, qui Lui ôte ainsi le plus beau de Sa vie en elles — Son énergie, Sa joie et Sa force — La contraignant à agir sous la pression d'une volonté humaine, mélancolique, faible et inconstante. Oh ! Quel cauchemar amer, lourd et écrasant les créatures font subir à Ma Volonté ! Ne veux-tu donc pas prendre part à Ses souffrances ?
« Ma fille, tu dois être comme clef 4, qui se prête à produire le son que Ma Volonté désire, quel qu'il soit. Et quand Elle aura formé en toi tous les sons qu'Elle possède – sons de joie, de force, de bonté, de douleur, etc. – Sa victoire sera complète, ayant ainsi établi en toi Son royaume. Par conséquent, pense plutôt qu'Elle veut jouer en toi une mélodie nouvelle et distincte, qu'Elle souhaite ajouter une clé de plus à ton âme. Car dans le Royaume du 'FIAT' Suprême, Elle veut trouver toutes les notes du grand concerto musical de la Patrie Céleste, afin qu'aucune harmonie ne manque dans Son royaume. »
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1 réorganiser = remettre en place, réordonner
2 elle restaure et féconde l'âme = elle fait revivre les âmes et les féconde
3 les amener à L'accomplir = amener les créatures à accomplir Ma Volonté
4 une clef ou clé = signe graphique placé au début de la portée qui indique la hauteur des notes associée à chaque ligne ; clef de sol, clef d'ut, clef de fa
(1) Je faisais mes actes habituels dans la Volonté Suprême lorsque mon doux Jésus sortit de mon intérieur. Étendant les bras, Il m'étreignit, mais Il me serrait si fort qu'Il me couvrait entièrement de Lui-même. Il me dit :
(2) « Ma fille, Je ne suis pas satisfait si Je ne te vois pas entièrement couverte de Moi, perdue – dissoute – en Moi, au point que tu ne te reconnaisses plus en toi-même, mais seulement Moi en toi. »
(3) Puis il ajouta : « Ma fille, celui qui vit dans Ma Volonté est toujours égal à lui-même. Ses actes sont symbolisés par la lumière qui se répand de manière égale vers l’arrière, l’avant, la droite et la gauche. Tout au plus, si cette lumière possède une plus grande intensité, elle s’étend davantage, mais toujours de manière égale, en élargissant son cercle lumineux autour d’elle. Maintenant, les actes accomplis dans Ma Volonté, à l’image de la lumière, dès qu’ils entrent en Elle, embrassent le passé, le présent et le futur. Ne manquant pas de plénitude de lumière, ils s’étendent partout et, d’un seul coup, enveloppent tous ceux qui se trouvent dans le cercle de leur lumière infinie. C’est pourquoi personne, aussi bon soit-il, ne peut dire à celle qui vit dans le 'FIAT' Divin : "Je suis semblable à toi." Seule cette âme peut dire : "Je suis semblable à Celui qui m’a créée ; ce qu’Il fait, je le fais aussi. Une même lumière nous enveloppe, une même force nous anime, une même Volonté nous unit."
(4) Après cela, je pensais aux Saints Mages lorsqu’ils visitèrent l'Enfant Jésus dans la grotte de Bethléem, et mon toujours aimable Jésus me dit :
(5) « Ma fille, vois l’ordre de Ma Divine Providence : pour le grand prodige de Mon Incarnation, J’ai choisi et Me suis servi d’une Vierge, humble et pauvre. Comme gardien, J’ai désigné celui qui Me tenait lieu de père, le Virginal Saint Joseph, si pauvre qu’il devait travailler pour assurer notre subsistance. Vois comment, dans les plus grandes œuvres — et le mystère de Mon Incarnation ne pouvait être plus grand — Nous choisissons toujours des personnes qui, en apparence, ne retiennent l’attention de personne. Car les dignités, les sceptres et les richesses sont comme des fumées qui aveuglent l’âme et l’empêchent de pénétrer les mystères [les arcanes] célestes et de recevoir un grand acte de Dieu, voire Dieu Lui-même. Au contraire, pour manifester aux peuples Ma venue sur terre en tant que Verbe du Père, J’ai voulu Me servir d’une autorité royale, d’hommes savants et érudits, afin que, par leur autorité, ils puissent diffuser la connaissance du Dieu né parmi eux et, si nécessaire, s’imposer aux peuples.
« Mais si l’étoile fut visible de tous, seuls trois l’ont remarquée et suivie. Cela signifie que, parmi tous, seuls ces derniers possédaient une certaine maîtrise d’eux-mêmes, formant en leur intérieur un petit espace vide. Et, au-delà de l’apparence de l’étoile, ils perçurent l’écho de Mon appel. Et sans se soucier des sacrifices, des moqueries ou des critiques — car, partant vers un lieu inconnu ils durent en entendre beaucoup — ils ne prêtèrent attention à rien, dominèrent leurs propres craintes et suivirent l’étoile, unis à Mon appel. Cet appel, plus qu’une étoile parlante, résonnait en leur intérieur, les illuminait, les attirait et leur révélait tant de choses sur Celui qu’ils allaient visiter ! Remplis d’une joie enivrante [ivres de joie], ils suivaient l’étoile.
« Tu vois donc que pour accorder le grand don de l’Incarnation, il fallait une Vierge dépourvue de volonté humaine, plus céleste que terrestre, ainsi que le miracle continu qui la disposait à cet immense prodige. C'est pourquoi Nous n’avions pas besoin d’éléments extérieurs ni d’apparences humaines susceptibles d’attirer l’attention des gens. Mais avec tout cela, pour Me manifester, Je voulais aussi des hommes qui avaient du contrôle sur eux-mêmes, capables de créer un peu de vide en eux, afin que l’écho de Mon appel puisse y résonner.
« Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils virent l'étoile s'arrêter, non pas au-dessus d’un palais, mais au-dessus d'une humble masure ! Ils ne savaient que penser et se persuadèrent qu’il s’agissait d’un mystère, non pas humain, mais divin. Alors, remplis de foi, ils entrèrent dans la grotte et, s'agenouillant, M'adorèrent. À l’instant où ils plièrent le genou, Je Me révélai et fis resplendir Ma Divinité à travers Ma petite Humanité ; ils reconnurent en Moi le Roi des rois, Celui qui venait les sauver. Alors, promptement, ils offrirent de Me servir et de donner leur vie par amour pour Moi. Mais Ma Volonté se fit connaître et les renvoya dans leur région, afin qu'ils deviennent les annonciateurs [les hérauts] de Ma venue sur la terre parmi les peuples.
« Tu vois donc combien sont nécessaires l’empire sur soi-même [la maîtrise de soi] et le petit espace dans le cœur [le vide du coeur] où Mon appel peut résonner, afin d’être digne de connaître la vérité et de la manifester aux autres ! »
(1) Comme à mon habitude, je faisais ma ronde habituelle pour suivre la Volonté Divine dans toute la Création, et mon doux Jésus, se mouvant en moi, m’a dit :
(2) « Ma fille, combien est étonnant le travail de l’âme dans Ma Volonté1 ! De même que le 'FIAT' maintient l’équilibre dans toute la Création, cette âme, en faisant écho à Mon équilibre, forme l’équilibre en toutes les créatures et étend en elles le règne de Ma Volonté. Comme une lumière qui descend d’en haut et se fixe en chacun, son travail dépose en tous — le Royaume de l’amour de Ma Volonté, d’adoration, de gloire et de tout ce qu’Elle possède. Mais tandis que, telle une lumière, elle descend sans que rien ne lui échappe, elle s’élève également comme lumière et apporte à son Créateur l’équilibre de tous les actes de la Création, de tous les temps et de tous les cœurs. Par l’équilibre de tous les actes humains où elle a laissé entrer l’acte de la Divine Volonté, l'âme les vide entièrement afin d’y laisser entrer la Divine Volonté comme acte premier. Alors, la Divine Volonté étend Son Royaume en eux, car il y a une âme qui désire de tout son cœur qu’aucun acte humain n’échappe à Sa lumière, afin que l’humain s’efface et que seule la Volonté Divine paraisse en toutes choses.
« C’est pourquoi, Ma fille, Je te fais presque toucher du doigt toutes choses. Je veux que tu t’étendes à tous et en tout, afin d’agrandir le Royaume de Ma Volonté. Voilà ce que Je désire : telle une lumière qui envahit tout, que Ma Volonté coule en tout [imprégnant chaque chose], qu’Elle demeure au-dessus de tous, et que tout devienne Ma Volonté. Cependant, il est possible que certains échappent à cette lumière, tout comme certains fuient la lumière du soleil. Mais cela n’affecte en rien le soleil, qui, possédant l’équilibre de la lumière, contient [garde] son acte de lumière pour tous et pour tout. Ainsi, le soleil, en donnant la lumière à tous, maintient l’équilibre de la gloire de tous les actes de lumière pour son Créateur. C’est pourquoi il reste dans l’ordre parfait, tandis que ceux qui échappent à la lumière sortent de cet ordre.
« De la même manière, l’âme qui possède l’unité de la lumière du 'FIAT' Suprême détient tous les actes de lumière de Celui-ci. C’est pourquoi elle peut transmettre aux actes humains son acte de lumière de la Volonté Divine, afin d’étendre, de son côté, le Royaume divin partout. Si les créatures s’en soustraient, cela ne change rien : la lumière de Ma Volonté se répand de toute façon, et Je vois, en Mon élue, que Mon Royaume poursuit Sa route, S’étend et S’établit. C’est pourquoi Je désire voir tes actes dans Ma Volonté : sur chaque pensée des créatures, dans chaque parole, chaque battement de cœur, chaque pas et chaque œuvre, en toute chose. Pour l’instant, pensons à établir notre Royaume. Quand Il sera formé, nous penserons à ceux qui s'échappent et à ceux qui restent pris dans le filet de la lumière de Ma Volonté. »
(3) Après cela, je me sentais épuisée, ayant de la fièvre depuis plusieurs jours, et c’est à peine si j’avais pu écrire ces quelques lignes. Ne me sentant pas la force de continuer, j’ai cessé d'écrire et me suis mise à prier. Alors, mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me serra contre Lui et me dit avec compassion :
(4) « Ma fille est malade, ma fille est malade... Tu dois savoir qu'une note de douleur a été placée par les créatures dans le Royaume de Ma Volonté, une note trop douloureuse pour le 'FIAT' suprême... C'est la raison pour laquelle la Volonté Divine et la volonté humaine se regardent avec hostilité. Maintenant, la fille premier-née [aînée] de Ma Volonté doit régler tous les comptes [équilibrer toutes choses] avant de venir dans Notre Patrie ; elle doit combler tous les vides2 afin d'établir Mon Royaume parmi les créatures.
« Par sa maladie, Ma fille malade formera, en Ma Volonté, le Royaume de la douleur divine, lequel, s'écoulant comme une vague de lumière et de chaleur, adoucira cette note douloureuse. Ne sais-tu pas que la lumière et la chaleur ont le pouvoir de transformer les choses les plus amères en un nectar doux et délicieux ? À toi, Ma fille, qui vis dans Notre Volonté, il est donné de faire couler dans Nos limites infinies : tes douleurs, ta fièvre, tes peines intimes dues à Ma privation 'qui te font mourir sans mourir', afin qu’elles investissent cette note si douloureuse du 'FIAT' Divin et y forment une sonorité douce, harmonieuse, de sorte que les deux volontés ne se regarderont plus avec hostilité, mais seront réconciliées. »
(5) Puis Il ajouta : « Ma fille, tu ne peux pas comprendre ce que Je ressens pour toi, les joies, le bonheur que j’éprouve, car Je trouve en toi les prémices du Royaume de Ma Volonté. Je trouve les délices des premiers fruits, les prémices de la musique que seule la créature qui vit dans Ma Volonté peut produire, car elle prend toutes les notes qui sont en Elle [Ma Volonté], se les approprie et compose sa belle musique dans Mon Royaume. Et Moi, oh ! comme Je Me délecte à l'écouter ! Je trouve les prémices [les premiers fruits] de l’ordre, les prémices du véritable amour que Ma Volonté lui a accordé. Je trouve les prémices de la vraie beauté qui Me ravit tant, que Je ne peux détacher Mon regard. Ainsi, Je considère tous tes actes comme des actes premiers, que personne ne M’avait donnés avant toi.
« Les prémices sont toujours ce qui plaît le plus, ce qui attire et ce qui est le plus apprécié. Et si, après ces premiers fruits, viennent d’autres choses semblables, c’est en vertu de l’acte premier qu’elles peuvent se former. Ainsi, toute la gloire revient à l’acte premier. Par conséquent, tu détiendras toujours les premiers fruits [les prémices] dans le Royaume du divin 'FIAT'. Rien ne se fera en Lui qui ne prendra son origine dans ton acte premier, et tous se tourneront vers toi ; tu seras le commencement de la gloire. C’est pourquoi Je veux que tout commence par toi pour établir Mon Royaume Suprême. »
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1 le travail de l’âme dans Ma Volonté = l’action de l’âme qui agit dans Ma Volonté
2 elle doit combler tous les vides = elle doit donc remplir les lacunes laissées par les créatures qui, au fil du temps, n'ont pas vécu pleinement dans la Divine Volonté à cause du péché et de la désunion entre la volonté humaine et la Volonté Divine
(1) Continuant à avoir de la fièvre, j'avais tant de difficulté à écrire que j'avais décidé de ne plus le faire jusqu'à ce que je sois en état d’écrire avec moins de peine, afin de pouvoir rapporter plus en détail ce que le bienheureux Jésus manifeste à Sa petite fille. Car, vu la difficulté, j’essayais de résumer autant que possible.
Or, alors que je ne pensais plus du tout devoir écrire, étant donné ma décision, mon toujours aimable Jésus s’est manifesté en moi et, comme s’Il me suppliait et m’a dit :
(2) « Ma fille, écris un peu. Je me contente de peu, mais non de rien. Lorsque tu le pourras, alors tu écriras plus longuement. Et dans ce peu que tu écriras, Je t’aiderai, Je ne te laisserai pas seule. Et quand je verrai que tu ne peux plus continuer, c’est Moi-même qui dira : "Assez". Je t’aime tant, ainsi que ta nature, qui M’appartient aussi, Je ne veux pas que tu te fatigues au-delà de tes forces ! Mais ne Me prive pas de cette joie de maintenir notre correspondance toujours nouvelle en écrivant ce que Je veux te communiquer.
« Tu sais qu’il n’existe aucun endroit au monde [hormis toi] où Je puisse partager Mes joies et en recevoir en retour. Tu es l’unique source de Ma félicité sur cette terre ! Et cette félicité naît de Ma Parole. Lorsque Je peux parler à une créature et Me faire comprendre, c’est pour Moi un bonheur, tout comme un bonheur plein et surabondant pour celle qui M’écoute. D’autant plus qu’en te parlant, à toi qui es dans Ma Volonté, c’est en Elle-même que Je parle, et non à l’extérieur ! Je suis donc certain d’être compris. Mieux encore ! En te parlant de Ma Volonté, Je ressens en toi la joie de Mon Royaume et l’écho du bonheur de la Patrie Céleste.
« Ma fille, Je te garde dans le 'FIAT' Suprême et te considère comme une âme de la Patrie Céleste. Mais sais-tu ce qui arriverait si tu n’écrivais pas ? Que dirais-tu si quelqu’un vivant déjà au Ciel refusait de recevoir les nouvelles joies qui jaillissent naturellement de Mon sein pour réjouir tous les Bienheureux ? Puisque Ma nature est de donner en permanence de nouvelles béatitudes, une telle âme ferait obstacle à Ma félicité, Me forçant à retenir en Moi les joies que Je veux répandre. Il en serait de même pour toi, tu serais un obstacle à Ma félicité [à Ma joie], à ces béatitudes toujours nouvelles que possède Ma Volonté. D’autant plus que Je Me sens plus heureux lorsque Je rends plus heureuse la petite fille de Ma Volonté, qui ne se trouve en ce bas exil que pour Nous, uniquement pour Nous donner le champ où former Notre Royaume parmi les créatures et restaurer Nos droits et la gloire de l’Œuvre de toute la Création.
« Crois-tu que Mon Cœur puisse supporter de ne pas rendre heureuse Ma petite fille ? Non, non ! Pour Moi, ce serait la plus grande douleur. Mais dis-Moi, n’est-ce pas pour toi le plus grand bonheur que d’entendre Ma Parole ? »
(3) Et moi : « Bien sûr, ô Jésus ! Et si Tu savais combien Tu me rends malheureuse lorsque Tu me prives de Ta présence, combien je ressens le vide d’un bonheur sans fin, que rien d’autre, aussi beau et bon soit-il, ne pourra jamais combler. »
(4) Et Jésus : « C’est pourquoi, Ma fille, tandis que Ma Parole te rend heureuse, Je ne veux pas qu’Elle demeure seulement dans ton vide intérieur [et ne serve qu'à ton bonheur], mais Je veux qu’Elle serve à établir Mon Royaume. C’est pourquoi, pour attester Ma Parole et la félicité qui sort de Moi, Je veux qu’Elle soit consignée par écrit, comme confirmation de notre correspondance. »
(5) Après cela, je me mis à prier, en amenant avec moi, devant la Majesté Suprême, toute la Création, c’est-à-dire : le ciel, les étoiles, le soleil, la mer, en somme tout, afin que ma prière soit animée par tous les actes que le 'FIAT' Suprême accomplit dans toute la Création. Mon doux Jésus s’est approché de moi, posant sa tête contre la mienne et me passant le bras autour du cou, comme pour me soutenir. Alors, je Lui ai dit :
" Mon amour, Jésus, je ne suis pas seule à Te prier ; avec moi, il y a Ta Volonté qui opère dans toute la Création et qui prie aussi pour que Ton Royaume vienne. Elle veut ses droits, entiers et complets, sur tous et sur tout, et ce n'est qu'avec l'avènement du Royaume du 'FIAT' Suprême sur terre que tous Ses droits lui seront rendus. Écoute, ô Jésus, combien la voix de Ton 'FIAT' est émouvante dans tout le bleu du ciel, combien elle est éloquente dans le Soleil, combien elle est attirante et forte dans la mer. Partout, on entend Ton 'FIAT' qui résonne et réclame les droits de Son Royaume. Ah ! Écoute Ton propre 'FIAT', écoute Ta petite fille qui, faisant siens tous Ses actes, Te prie et Te supplie que Ton Royaume vienne. Et même si je ne suis qu’une nouvelle-née, je veux, moi aussi, mes droits. Et sais-tu, ô Jésus, ce que sont mes droits ? Que je rende à Ta Volonté toute la gloire et l'honneur, comme si personne ne L’avait offensée, comme si tous L’avaient accomplie, adorée et aimée. Si je suis Ta fille, je veux que Ses droits [les droits du 'FIAT', les droits de la Volonté divine] Lui soient rendus, et je veux aussi que mon premier père, Adam, retrouve son honneur, comme s’il ne s’était jamais écarté de Ta Volonté. "
Et mon très doux Jésus, tout ému, me dit :
(6) « À Ma petite fille qui prend tant à cœur les droits de Mon 'FIAT' divin et qui se sert de son propre pouvoir pour ouvrir une brèche dans Mon Cœur, tout sera accordé. Comment ne pas te contenter, Ma fille ? Tout te sera donné ! Mieux encore, nous arrangerons ensemble ce qui concerne Ma Volonté et ce qui concerne les créatures. N’en es-tu pas heureuse ? Regarde, Ma fille, comment Ma Volonté s’est manifestée dans la Création : Elle est toujours restée ferme et inébranlable dans son œuvre de bien, malgré l’instabilité et les offenses des créatures. Triomphant de tout, Elle a poursuivi son cours, toujours bienfaisante.
« Tu vois, pour ramener les créatures à la fermeté, au bien éternel [pérenne] et à l’immuabilité [l'irrévocabilité] de Ma Volonté, Je veux établir Mon Royaume parmi elles. Vois alors la place que Je t’ai donnée : dans la fermeté et l’immuabilité du 'FIAT', afin que tu puisses étendre [déposer] en Lui ce Royaume qui est le Mien. Et comme Ma Volonté triomphe de tout par Sa fermeté, toi aussi, avec cette fermeté et l’irrévocabilité de Ses actes, tu triompheras de tout et rétabliras l’ordre divin entre les deux volontés. La Divine Volonté sera réintégrée dans Sa gloire et la volonté humaine reprendra la place que Dieu lui a assignée.1 »
(7) Après avoir écrit cela, je me disais que ce qui est écrit ci-dessus n’était pas nécessaire, d’autant plus qu’ayant encore de la fièvre, j’écris difficilement et je ne griffonne que quelques mots pour contenter Jésus. Et mon doux Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(8) « Ma fille, pour vivre dans Ma Volonté, l'âme doit s'élever ; et pour s’élever en Elle, elle doit abandonner ce qui ne Lui appartient pas. Elle doit laisser ses haillons misérables, ses habitudes vulgaires, sa nourriture vile, ses misères. Elle doit tout quitter pour revêtir les habits royaux, adopter les habitudes divines, se nourrir d’aliments précieux et substantiels, et s’approprier les richesses infinies : en un mot, tout ce qui appartient à Ma Volonté. Ce que tu as écrit, pour le moment, t'est utile, et sert aussi au Royaume du 'FIAT' Suprême. Plus tard, cela servira de règle [de norme] pour ceux qui devront vivre en Lui, leur montrant comment se servir de tous les actes opérants de Ma Volonté afin de demeurer dans les limites de Mon Royaume. C’est pourquoi ce qui te semble inutile maintenant est en réalité nécessaire pour la formation de Mon Royaume Suprême. »
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1 la volonté humaine reprendra la place que Dieu lui a assignée = la volonté humaine sera remise dans l’ordre établi par Dieu
(1) Je continuais de m'abîmer dans la Suprême Volonté et mon doux Jésus m'est apparu, posant Sa tête sur la mienne. Alors que j’étais souffrante, je Lui ai dit :
"Mon amour, vois, je suis dans Ta Volonté aimable, et en voulant aller avec Toi au Ciel, c’est précisément Elle qui te le demande, et non pas moi. Ainsi, accomplis Ta propre Volonté, qui, étant partout, Te prie en tout lieu — dans le ciel, dans le soleil, dans la mer — que Ta petite fille ne demeure plus en exil, loin de Toi, mais qu’après tant de peines et de privations de Toi, elle puisse enfin atteindre ta Patrie céleste. Oh, aie pitié de moi et de Ta Volonté qui Te supplie ! "
Et Jésus, tout ému de compassion, me dit :
(2) « Pauvre fille, tu as raison. Je sais combien ton exil te coûte. Et pour Me fléchir, Tu fais prier Ma propre Volonté ; tu n'aurais pu trouver plus puissant intercesseur. Mais sache, Ma fille, que le 'FIAT' Suprême veut encore autre chose de toi. Il veut que, de ta part, soient formées toutes les beautés de Son Royaume, toutes les nuances de ses couleurs variées. Les beautés sont là, les couleurs dans toute leur diversité sont ordonnées, mais il manque les nuances, et Je ne veux pas qu'il manque quoi que ce soit, au décorum et à la splendeur de Mon Royaume à cause de toi. Si tu savais combien une nuance supplémentaire Le rehausse et L’embellit !
« Et sais-tu comment ces nuances peuvent être formées ? Une parole de plus venant de Moi peut être une nouvelle nuance, un acte que tu accomplis dans Ma Volonté, une petite souffrance, une offrande, une prière dans le "FIAT" – tout cela constitue de nouvelles nuances que Ma Volonté se plaira à te confier. En Elle, tout est complet, et Elle ne tolèrerait pas que Sa première fille ne prenne pas part à tous Ses actes dans leur plénitude (autant que faire se peut pour une créature) afin d'établir Son Royaume divin. »
(3) Après cela, mon vol dans la Suprême Volonté se poursuivait, et mon doux Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(4) « Ma fille, celle qui vit dans la Divine Volonté prend tout en même temps, comme en un seul instant. Car Ma Volonté étant partout, rien ne Lui échappe : Sa vie est éternelle, Son immensité ne connaît ni limites ni frontières. Ainsi, l’âme qui vit en Elle embrasse le Dieu Éternel, tout le Ciel, le soleil, tout ce qui existe, la Vierge, les anges, les saints... bref, tout. Et quand elle prie, palpite, respire, aime, son acte devient commun à tous : tous palpitent de son battement, tous respirent de son souffle, tous aiment avec son amour, car partout où s’étend Ma Volonté, Elle met tout en mouvement [Elle meut les êtres et les choses] afin d'accomplir l’acte de celle qui vit en Elle. »
« Alors, la Reine souveraine qui tient la première place dans le 'FIAT' Divin, sent proche d’Elle cette petite fille qui vit en Lui et, s’unissant à elle, répète avec elle ce qu’elle fait. Elle met en commun Ses mers de grâces, de lumière, d’amour, car la Volonté de la Mère et celle de la petite fille ne font qu’un. En fait, dans cette âme, la Souveraine du Ciel se sent honorée par les actes d’une Volonté divine. Cette Reine sent que cette petite fille entre dans Ses mers, qu'elle les agite avec ses actes, qu'elle les fait gonfler, les amplifie, les dilate... mais dans quel but ? [Dans le but] que son Créateur reçoive une gloire divine et un amour redoublés provenant de Ses propres mers d’amour, et pour déposer, comme en banque, les mers de sa Mère Céleste afin qu’Elle-même puisse en recevoir une gloire multipliée.
« Ainsi cette créature, bien que petite, déplace tout [met tout en mouvement], s'impose sur tout, et tous la laissent faire, car tous ressentent la force du bien qu’elle veut donner à tous. Elle est donc petite et forte ; petite et présente partout ; petite et caractérisée justement par cette petitesse. C’est pourquoi elle ne possède rien, pas même sa propre volonté, car elle l’a volontairement donnée à Celui qui en avait le droit. Et en retour, la Volonté Divine lui donne tout, il n'y a rien qu’Elle ne lui confie. C’est pourquoi les merveilles de la vie dans Ma Volonté sont indescriptibles et innombrables.
« Oh, si tous connaissaient ce que signifie vivre dans Ma Volonté et le bien qu’ils en reçoivent – qu’il n’y a pas de bien qu’ils ne puissent prendre ni de bien qu’ils ne puissent accomplir ! Tous rivaliseraient d’ardeur et aspireraient à vivre dans Ma Volonté sainte et adorable ! »
(1) Ayant fait la communion, je suis restée affligée et angoissée, parce que les quintes de toux étaient si fortes et nombreuses que je me sentais étouffer et que je ne pouvais ni penser ni demeurer avec Jésus comme à mon habitude.
Après plus d'une heure de forte toux, je me suis calmée et j’ai pensé en moi-même :
"Cela fait déjà plus d’une heure que j’ai reçu Jésus, et je n’ai pas pu me recueillir pour rester seule avec Lui. Déjà, les accidents [les apparences] de l’Hostie se sont consumés, Jésus est parti et je ne sais pas où Le retrouver. Ainsi, pour moi, aujourd’hui, c’est comme si je n’avais pas fait la sainte communion. Mais malgré tout, même en cela, j’embrasse, j’adore et je bénis le 'FIAT' Suprême."
Alors que je pensais ainsi, mon doux Jésus est sorti de mon intérieur et a posé Sa tête sur mon épaule, me soutenant de Ses bras pour me donner de la force, car j’étais si épuisée que je me sentais mourir. Tout bonté, Il m’a dit :
(2) « Ma fille, ne sais-tu pas qu’il existe une Communion éternelle, si grande, et qui n’est sujette ni à la diminution ni à la consommation ? Ses voiles, qui la cachent parmi les créatures, ne sont pas périssables comme les voiles de l’Hostie Sacramentelle. Elle se donne à chaque instant, à chaque respiration, à chaque battement de cœur et en toutes circonstances. En vérité, il faut toujours garder la bouche ouverte pour pouvoir les recevoir toutes, autrement plusieurs restent hors de l'âme sans y entrer. Cela signifie qu’il faut avoir la volonté de toujours recevoir cette Communion si grande et continue, qui, bien qu’elle se donne sans cesse [quelle que soit sa quantité], n’est jamais sujette à la diminution ni à la consommation.
« Tu as déjà compris : cette Communion si grande et continue, c’est Mon 'FIAT' Divin, qui coule en toi comme la Vie dans ton âme, comme la chaleur qui te féconde et te fait croître, comme la nourriture qui te nourrit. Il circule dans le sang de tes veines, dans le battement de ton cœur, en tout. Il est toujours en acte de se donner à tous. Si seulement tu voulais Le recevoir, Il te submergerait [te noierait] de communions, tant Il désire t'en donner.
« Et c’est avec raison, justice et droit que la Communion de Ma Volonté doit être illimitée et inaltérable [non sujette à la consommation], car Elle est le principe [commencement, origine], le moyen et la fin [le but à atteindre] de la créature. C’est pourquoi celle-ci doit donc pouvoir La recevoir de telle manière que jamais, jamais elle ne puisse en être privée. En effet, ce qui est principe, moyen et fin doit être en acte continuel de se donner et d’être reçu. S'il n'en était pas ainsi, la pauvre créature perdrait son principe de vie, les moyens de subsister et le but qu’elle doit atteindre. C’est pourquoi Ma Sagesse infinie n'aurait jamais pu permettre que la Communion de Ma Volonté soit limitée pour les âmes.
« Au contraire, la Communion Sacramentelle n’a pas été donnée comme principe des créatures, ni comme fin, mais comme moyen, aide, réconfort et remède. Or, les moyens et les aides sont donnés de manière limitée, non perpétuelle. C’est pourquoi les voiles des accidents sacramentels sont sujets à être consumés [par la consommation]. D’autant plus que, si les créatures désirent Me recevoir continuellement, il y a la grande Communion du 'FIAT' éternel, qui est toujours en acte de se donner à elles.
« Et toi, tu t’affliges et te trouble presque parce que tu penses que les espèces sacramentelles se sont consumées ! Tu n’as aucune raison de t’affliger, car en toi et autour de toi demeure la communion de Ma Volonté, qui ne peut être consumée. Sa vie est toujours dans Sa plénitude, et Mon Amour ne saurait supporter que la petite fille de Notre Volonté ne puisse recevoir Notre Vie Divine, toujours nouvelle et incessante [continue]. »
(3) Après cela, je continuais à me sentir malade et, en parcourant la Création pour suivre les actes de la Volonté Suprême, je ressentais en moi une note de tristesse, car l’obéissance m'imposait de guérir, alors que mon âme aspirait au Ciel.
J’aurais voulu faire un saut, depuis la Création, pour atteindre ma Patrie tant désirée, priant le ciel, les étoiles, le soleil et toutes les choses créées de m’accompagner, car, puisque nous recevons tous la vie du même "FIAT", j'avais mes droits : ils ne devaient pas me laisser seule, ils devaient tous me suivre jusqu’aux portes éternelles, attendant que cette même Volonté, qui m’avait possédée sur terre, me reçoive au Ciel. Après mon entrée dans la béatifique Volonté Céleste, ils pourraient retourner, chacun à leur place. Et pouvant réaliser cela, je me sentais triste et je continuais mon parcours à travers toute la Création.
C’est alors qu’une voix puissante, harmonieuse et claire se fit entendre du centre de la Création, disant :
"Ta note de tristesse s’est communiquée à toutes les choses créées, et aujourd’hui, tu nous as tous revêtus de mélancolie. Sois assurée que nous t’accompagnerons au Ciel. Il est juste que celle qui a été parmi nous, qui nous a tenus compagnie, n’entre pas seule au Ciel, mais avec notre accompagnement. Cependant, la Création entière restera sans celle qui lui apportait la gaieté, qui la maintenait en fête. Ton écho ne résonnera plus parmi nous pour nous rendre 'parlants' et nous faire magnifier, aimer et louer cette Volonté Divine qui nous a créés et nous conserve. Nous perdrons celle qui nous visitait et nous tenait compagnie."
La voix se tut, et moi-même, je sentis que je respirais un air empreint de tristesse. Alors, je me demandai si j’avais commis un péché en attristant toute la Création. J’aurais voulu que mon doux Jésus lui dise [dise à la Création] le mal que j’avais fait, qu’Il lui explique que c’est pour cette raison qu’Il m’avait fait écrire tant de choses sur la Divine Volonté : afin que ces connaissances parviennent au milieu des créatures et que, en vivant de ce 'FIAT' Divin, elles puissent posséder un Royaume si saint. Tandis que je méditais sur cela et sur bien d’autres choses, mon bien-aimé Jésus s’est manifesté en moi et m’a dit : »
(4) « Ma fille, tu as raison de désirer venir [dans la patrie Céleste], mais il faudra encore du temps avant que toutes les connaissances sur Ma Volonté ne soient révélées et fassent leur chemin. C’est pourquoi la Création a raison de dire qu’elle serait de nouveau plongée dans le silence. Cependant, Moi, Je ne veux pas que tu t’affliges. Abandonne-toi en Moi et laisse ton Jésus tout accomplir. »
(5) Et moi : "Mon Amour, lorsque Tu me prendras au Ciel, je T'en prie, fais-le vite, très vite, afin qu’ils [le soleil, la mer, toute la Création] n’aient pas le temps de m'imposer à nouveau cette obéissance." Mais tandis que je disais cela, il m’a semblé voir le ciel, le soleil et toute la Création s’incliner autour de moi pour me rendre hommage. Et Jésus ajouta :
(6) « Ma fille, lorsque tu mourras, toute la Création t’investira [t’enveloppera] et tu passeras au ciel en un éclair. N'es-tu pas heureuse ? "