On entend régulièrement parler de la triangulation des apprentissages en évaluation. Cette approche consiste à recueillir des traces variées afin de porter un jugement juste et éclairé sur le niveau de développement des compétences des élèves.
La Politique d’évaluation des apprentissages du ministère de l’Éducation souligne d’ailleurs l’importance de s’appuyer sur des traces diversifiées. En ce sens, la triangulation s’inscrit pleinement dans une logique de flexibilité, l’une des formes de la différenciation pédagogique, en permettant aux élèves de démontrer leurs apprentissages de différentes façons.
La triangulation repose sur trois types de traces complémentaires :
les observations,
les conversations,
les productions.
Chacune de ces composantes apporte un éclairage différent sur les apprentissages des élèves.
Les observations sont des traces spontanées recueillies dans le quotidien de la classe. Elles permettent de voir l’élève en action, dans des situations authentiques. Elles peuvent être réalisées lors :
d’un travail individuel ou en équipe ;
d’un atelier ;
d’une activité de manipulation ;
d’une activité en grand groupe, par exemple lorsqu’on observe comment un élève s’y prend pour accomplir une tâche.
Exemples de traces recueillies par observation :
la capacité de l’élève à exprimer ses idées et à écouter celles des autres ;
son habileté à résoudre une tâche de manipulation en mathématique ;
sa lecture orale lors d’un travail d’équipe (fluidité et exactitude).
À l’inverse de l’observation, la conversation est un moment d’échange planifié entre l’enseignante ou l’enseignant et un élève, ou un petit groupe d’élèves.
La conversation donne souvent accès de façon plus directe à la pensée, au raisonnement et à la compréhension de l’élève. Pour certains élèves éprouvant des difficultés en écriture, elle constitue une alternative particulièrement pertinente.
Exemples de traces recueillies par conversation :
un entretien de lecture ;
une entrevue mathématique visant à vérifier la compréhension d’une notion ;
une discussion où l’élève explique sa compréhension d’un phénomène scientifique.
Les productions
La production regroupe l’ensemble des travaux réalisés par l’élève. Il peut s’agir :
d’exercices ;
de travaux ;
d’évaluations plus traditionnelles.
Ces traces demeurent importantes, mais gagnent à être complémentaires aux observations et aux conversations afin d’offrir un portrait plus complet des apprentissages.
Penser en termes de triangulation et de flexibilité, c’est aussi adopter des pratiques universelles. Dès l’étape de la planification, il est essentiel de :
clarifier les cibles d’apprentissage visées ;
prévoir différentes façons pour les élèves de démontrer leurs apprentissages ;
anticiper les obstacles possibles et réfléchir à des moyens permettant aux élèves de les contourner.
Cette réflexion en amont favorise une évaluation plus équitable et davantage centrée sur l’apprentissage.
Il est vrai que, lors des évaluations ministérielles, la flexibilité, la différenciation et la triangulation des traces sont limitées. Toutefois, ces évaluations ne surviennent que quelques fois dans le parcours scolaire d’un élève.
La majeure partie de son temps devrait être consacrée à l’apprentissage, et non uniquement à l’évaluation en reconnaissance des acquis. Or, la fonction de l’évaluation en soutien aux apprentissages est parfois reléguée au second plan.
La triangulation des apprentissages offre une occasion précieuse de remettre cette fonction au cœur de nos pratiques.
Redonnons à l’évaluation en soutien à l’apprentissage
la place de choix qu’elle mérite!