L'imposer ?

Articles portant sur les effets d'une règlementation du port du casque. Les titres et résumés sont traduits de l'anglais. Les articles originaux ne sont généralement pas téléchargeables sur le site de l'éditeur. Si vous êtes intéressé·e par un ou plusieurs articles et/ou souhaitez faire un commentaire ou une suggestion: merci d'envoyer un email à cascologie@gmail.com

Changements du niveau de pratique, de la démographie et du risque associés à l'obligation du port du casque à vélo en Nouvelle-Galles du Sud, Australie

J. Lemon

Journal of Transport & Health, 9 (2018), Pages 195-202

Introduction. La Nouvelle-Galles du Sud en Australie a instauré le port du casque obligatoire pour les cyclistes de plus de 16 ans en janvier 1991 et pour les cyclistes de 16 ans et moins en juillet 1991. Des réductions importantes du nombre de décès et de blessures graves ont été enregistrées. Les différences d’opinion qui se sont exprimées sur les causes de ces réductions se sont focalisées autour de trois points. Premièrement, une réduction de la participation a coïncidé avec l'introduction de la loi, réduisant ainsi l'exposition (Austroads, 2000b, Rissel, 2012). Deuxièmement, est -ce que des changements dans la démographie des cyclistes (Robinson, 1996) ont pu impacter les taux de mortalité? Enfin, dans quelles proportion les autres mesures de sécurité routière introduites sur la même période (1999-2006) ont impacté la réduction du nombre de décès ?

Conclusions: Quatre facteurs ont permis de réduire les risques de décès pour les cyclistes au moment de l’introduction des lois sur le port du casque obligatoire. Ces facteurs expliquent la diminution graduelle plutôt que brutale du nombre de décès chez les cyclistes, la réduction sélective du nombre de décès chez les adolescents et l’absence d’augmentation ultérieure malgré la croissance démographique.

Le fait que les casques de vélo aient permis d'éviter certains décès et de réduire le nombre de blessures n'est pas contesté. Cependant, les facteurs mentionnés ci-dessus [NDR: dans le corps de l'article] sont en mesure d'expliquer la plupart ou la totalité des réductions observées du nombre de décès et expliquent mieux leur évolution que la législation sur le port du casque obligatoire.

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Recommander ou obliger ? Revue systématique et méta-analyse des effets de la législation sur le port obligatoire du casque vélo.

Alena Høye, Accident Analysis and Prevention 120 (2018) 239–249

Résumé:

Si tous les cyclistes portaient un casque, un nombre important de blessures à la tête pourrait théoriquement être évité. La loi sur le port obligatoire du casque de vélo augmente l'utilisation du casque, mais constitue une mesure controversée. Les résultats de 21 études sur les effets de la législation sur le port obligatoire du casque de vélo sur les blessures chez les cyclistes impliqués dans un accident ont été examinés au moyen d'une méta-analyse et les effets de plusieurs biais potentiels ont été examinés. L'effet global de la législation sur le port obligatoire du casque de vélo pour tous les cyclistes sur les traumatismes crâniens est une réduction statistiquement significative de 20 ± 7% (intervalle de confiance à 95%). Des effets plus importants ont été observés dans les cas de traumatisme crânien grave (-55 ± 23 %). Chez les enfants, des effets plus importants ont été constatés lorsque la législation s'appliquait à tous les cyclistes que lorsqu'elle s'appliquait uniquement aux enfants.

Il n'y a pas d'indication claire que les résultats aient sont affectés par un biais de publication. Un biais de publication peut exister, mais tous les biais existants semblent plus ou moins se compenser. Les résultats de la méta-analyse n'indiquent pas que les résultats sont systématiquement affectés par un manque de contrôle du biais temporel, du choix du groupe de comparaison ou du plan de l'étude (contrôle avant-après ou contrôle de cas). Les effets récapitulatifs peuvent être quelque peu surestimés en raison du manque de contrôle des variables potentiellement confondues dans certaines des études. Toutefois, un tel biais, s’il existe, n’est pas probablement pas important.

Les preuves empiriques de l'hypothèse selon laquelle la législation obligatoire sur le port du casque décourage la pratique du vélo et que le port du casque conduit à une adaptation comportementale [ndT: une augmentation de la prise de risque] sont mitigées.

En résumé, on peut s’attendre à ce que la législation sur le port du casque de vélo réduise le risque de blessure à la tête chez les cyclistes impliqués dans un accident. Certains effets indésirables peuvent survenir, mais ne seront pas nécessairement importants ou durables. Les personnes qui peuvent être dissuadées de faire du vélo font partie des personnes présentant le risque de blessure le plus élevé et bénéficiant des effets du vélo sur la santé les plus faibles. Si l'objectif général est d'améliorer la sécurité de tous les cyclistes et de développer la pratique, la législation sur le port du casque de vélo obligatoire devrait être complétée par d'autres mesures, notamment l'amélioration des infrastructures cyclables.

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Estimation des effets de l'obligation du port du casque à vélo pour tous les cyclistes sur différents types de blessure (Fig. 1 de l'article).

La loi sur les casques de vélo ne décourage pas les cyclistes en Finlande

I. Radun et J. Olivier, Transportation Research Part F. 58 (2018) 1087–1090

Résumé:

La législation finlandaise sur le port du casque est entrée en vigueur en janvier 2003 et s'applique aux cyclistes de tous âges. Il n’existe aucun mécanisme permettant de verbaliser les cyclistes sans casque; cependant, les taux de port du casque sont de 64% à Helsinki et de 42% en Finlande. Notre objectif était de discuter des effets possibles de cette loi sur la pratique du vélo en Finlande. Nous avons utilisé les données des enquêtes nationales finlandaises sur les transport 1998/1999, 2004/2005 et 2010/2011. Les données des trois enquêtes suggèrent que le cyclisme a diminué d'avant à après la loi. Dans une enquête réalisée en 2004/2005, toutefois, seuls 0,06 ± 0.04 % (Intervalle de confiance à 95%) des répondants ont identifié le port du casque comme étant leur principal obstacle la pratique du vélo. Il est peu probable que la loi sur le casque soit un facteur déterminant de la tendance à la baisse de la pratique du vélo en finlande. Le manque d’infrastructures cyclables et les préoccupations en matière de sécurité sont des raisons beaucoup plus fréquemment données

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Evolution du taux de port du casque à Helsinki et en finlande et principaux obstacles au port du casque (Fig. 1 et Fig. 2 de l'article).

Législation sur le port du casque à vélo par les enfants et les lésions cérébrales traumatiques causées par un accident en Illinois, 1999-2009

Williams, C., Weston, R., Feinglass, J., Crandall, M.

Journal of Surgical Research, 222, 2018, pp. 231-237.

RÉSUMÉ: Contexte. Le vélo est l’une des formes de jeu et d’exercice les plus populaires chez les enfants aux États-Unis. Cependant, plus de 200 000 enfants par an sont blessés dans des collisions à vélo et on estime à 22 000 le nombre de lésions cérébrales traumatiques (LCT) causées par la pratique du vélo chez les enfants. On sait que le port du casque à vélo diminue le risque de blessure à la tête, mais l'efficacité et l'ampleur de l'effet de la législation sur le port du casque n'ont pas été complètement élucidées.

Méthodes. Il s'agit d'une étude d'observation rétrospective d'enfants âgés de moins de 18 ans qui se sont présentés [à l’hôpital] après un accident de vélo dans l'Illinois de 1999 à 2009. Des données démographiques, le type de blessure, la gravité de la blessure, le port du casque et l'emplacement des blessures ont été collectées. Une analyse de régression logistique multiple a été utilisée pour quantifier les effets indépendants de l'utilisation du casque sur les LCT. Les données ont été comparées entre des villes avec et sans législation sur le port du casque.

Résultats. Au total, 3 080 accidents liés aux vélos pédiatriques ont été identifiés. Les enfants portant un casque étaient moins susceptibles de subir une LCT, odds ratio [OR] = 0,56 (intervalle de confiance à 95% [IC] 0,37-0,84, p <0,001). Au total, 5,0% des patients portaient un casque. Les enfants noirs et hispaniques étaient moins susceptibles de porter un casque, OR = 0,24 (IC à 95%: 0,09-0,68, P <0,001) et OR = 0,10 (IC à 95%, 0,02-0,42, P <0,001), respectivement. Il n'y a pas eu de changement significatif dans l'utilisation du casque avant/après l’introduction d’une législation sur le port du casque dans les villes concernées ou dans le temps dans les villes sans législation sur le port du casque

Discussion. Le port du casque protégeait contre les LCT, mais il existe des disparités socio-économiques et raciales. La législation locale ne semble pas avoir d'incidence sur l'utilisation du casque ni sur les admissions pour des LCT liées au vélo dans ces villes.

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