La Loi dâorientation des mobilitĂ©s (LOM), promulguĂ©e le 24 dĂ©cembre 2019, a marquĂ© un tournant dĂ©cisif dans lâorganisation des transports en France. Son ambition ? Assurer une couverture complĂšte du territoire par une autoritĂ© organisatrice de la mobilitĂ© (AOM), y compris dans les zones rurales longtemps dĂ©laissĂ©es.
Avant cette loi, seules les grandes agglomĂ©rations, communautĂ©s urbaines et mĂ©tropoles Ă©taient compĂ©tentes pour organiser une offre de transport. RĂ©sultat : nos territoires, comme tant dâautres, Ă©taient livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes, sans interlocuteur public dĂ©diĂ© pour penser des alternatives Ă la voiture individuelle.
La LOM donnait jusquâau 31 mars 2021 aux communautĂ©s de communes pour se saisir de cette compĂ©tence. Sans dĂ©cision, la RĂ©gion devenait AOM par dĂ©faut Ă partir du 1er juillet 2021⊠avec trĂšs peu de marges de manĆuvre pour revenir en arriĂšre.
En tant que PrĂ©sident du PĂŽle territorial du Sud Gironde, jâai souhaitĂ© que notre territoire ne subisse pas, mais choisisse.
Jâai donc sollicitĂ©, avec lâADEME, une Ă©tude prospective Ă lâĂ©chelle des cinq CommunautĂ©s de communes suivantes :
CommunautĂ© des Communes Rurales de lâEntre-Deux-Mers
Communauté de Communes du Réolais en Sud Gironde
Communauté de Communes du Bazadais
Communauté de Communes du Sud Gironde
Communauté de Communes Convergence Garonne
AprĂšs plusieurs mois de travail, trois intercommunalitĂ©s ont pris leurs responsabilitĂ©s : RĂ©olais, Sud-Gironde et Convergence Garonne sont devenues AOM. Elles ont confiĂ© lâorganisation du service au Syndicat Sud-Gironde MobilitĂ©, auquel participe activement Luc Sonilhac.
Le financement repose sur un versement mobilité de 0,5 % de la masse salariale des entreprises, soit un prélÚvement qui aurait de toute façon été instauré par la Région. Sauf que cette fois, les ressources sont gérées localement, au plus prÚs des besoins réels.
Et les premiÚres avancées sont prometteuses :
đ CrĂ©ation dâune ligne desservant les quartiers de La RĂ©ole toutes les 30 minutes : quais, gare, Callonge, Haut Mirail, Martouret, centre-ville, Frimont, Gironde-sur-DroptâŠ
đ Renforcement du transport Ă la demande
đŁ Projet de ligne directe entre La RĂ©ole et Langon pour optimiser les correspondances SNCF.
Cette dynamique locale est une premiÚre étape vers un meilleur cadencement des trains à la gare de La Réole et une accessibilité renforcée pour toutes et tous. Nous ne voulons plus subir les décisions prises loin de nos territoires. Nous construisons une mobilité de proximité, solidaire, équitable
Pour une mobilité équitable dans nos territoires ruraux
Les cartes du Service express rĂ©gional mĂ©tropolitain (SERM) en Gironde ont rĂ©vĂ©lĂ© une rĂ©alitĂ© alarmante : nos territoires â RĂ©olais, Castillonnais, Sauveterrois, Pays Foyen, Bazadais, Marmandais â restent oubliĂ©s des politiques de mobilitĂ©.
En tant que Président du PÎle territorial du Sud Gironde, je refuse cette relégation silencieuse.
LâaccĂšs Ă la mobilitĂ© nâest pas un privilĂšge : câest un droit. Un droit Ă se soigner, Ă Ă©tudier, Ă travailler, Ă vivre dignement.
Alors que les RER mĂ©tropolitains concentrent les investissements, nos communes rurales continuent dâaffronter des trajets coĂ»teux, mal adaptĂ©s, synonymes dâexclusion sociale et territoriale.
Merci Ă Jean-Luc Gleyze, prĂ©sident du DĂ©partement de la Gironde, pour avoir nommĂ© les choses sans dĂ©tour : lâĂ©quitĂ© doit redevenir une prioritĂ©.
đą Nous demandons des solutions concrĂštes : transports Ă la demande renforcĂ©s, intermodalitĂ© repensĂ©e, gouvernance locale plus forte.
 Agir pour la mobilitĂ© en zone rurale, câest dĂ©fendre une RĂ©publique qui ne laisse personne sur le bord du chemin.
Il y a presque un an, je dénonçais déjà le gouffre financier que représentent les déplacements pour les habitants de nos territoires ruraux.
Et aujourdâhui ?
Rien nâa changĂ©.
Ou plutĂŽt⊠câest pire.
Un simple aller-retour en voiture à Bordeaux coûte désormais 8,60 ⏠en péages.
Le train ? 14,10 ⏠lâaller simple. Soit 28,20 ⏠lâaller-retour.
Ă ce prix-lĂ , comment peut-on sĂ©rieusement parler dâalternative crĂ©dible Ă la voiture individuelle ?
On nous répÚte :
âLaissez la voiture au garage.â
TrĂšs bien.
Mais oĂč sont les vraies alternatives ?
Nous avons besoin :
 De trains accessibles et abordables,
 Dâune vĂ©ritable solidaritĂ© avec la MĂ©tropole,
Dâune politique de mobilitĂ© pensĂ©e pour les territoires ruraux,
pas seulement pour les grands centres urbains.
On fait mine de sâĂ©tonner quand la colĂšre gronde.
Mais depuis les Gilets Jaunes, quâa-t-on fait vraiment ?
Rien.
Ou pire : on a reculé.
Assez des discours creux.
Assez des effets dâannonce.
Assez des hausses de tarifs sans contrepartie.
Nous voulons des solutions.
Nous voulons de la justice territoriale.
Et nous ne lĂącherons rien.