9 juin 2023
L’après-midi on se réunit comme prévu, chez les sœurs, pour parler du dispensaire.
Sœur Zozea nous présente l’état des lieux.
Le dispensaire est ouvert tous les jours et les horaires sont très « élastiques ». La sœur peut être dérangée à tout moment et même en pleine nuit.
L’armoire de médicaments est bien garnie grâce aux 2000 € accordés chaque année pour cela par TVM.
Les salles du dispensaire sont propres, assez sombres et toutes les boiseries sont atteintes par les termites ce qui rend les lieux très fragiles. La pharmacie en particulier où la sœur a dû écarter les étagères du mur tant les dégâts sont importants. Il y a en principe 6 pièces de 13 m2. Elle n’en utilise que 3 pour les soins, l’accueil et la pharmacie. La salle d’attente est dehors et j’ai même vu des personnes tomber car le banc était vermoulu…
Sœur Zozea nous fait part de ses inquiétudes concernant la santé des enfants. Elle observe un ralentissement de la croissance vers 8/9 ans dû sans doute au portage de lourdes charges sur les épaules (eau, riz, bébé, bois …) ;
De plus, à la fin du collège beaucoup de filles se retrouvent enceinte vers 14 ans.
Elle décide donc de faire de l’information et 3 fois par an elle propose aux parents des réunions sur la santé et l’éducation.
Elle a déjà traité comme thème :
-sensibilisation à l’école à 3 ans
-La vie des femmes dans leur foyer
Nous encourageons ce travail et discutons sur les prochains chantiers !
L’initiation à la sexualité nous parait importante mais ce n’est pas trop dans la culture et on voit qu’on touche un sujet très clivant. Cependant cela nous semble indispensable.
10 juin 2023
Nous passons par le dispensaire où nous attend sœur Zozea.
Sur la table d’examen, elle m’invite à venir voir Erica, une petite fille de 3/4 ans qui présente une plaie énorme en haut de la cuisse. C’est un abcès surinfecté car pas soigné au départ. Son papa et sa maman la tiennent tandis que la sœur vide le pus. Elle pleure, elle pleure, elle souffre. Pas d’anesthésiant, cela dure quelques temps, nous restons à l’extérieur perplexes ; une fois le soin terminé nous parlons avec la sœur et je lui demande si elle pourra venir à bout de cette plaie. Elle ne sait pas et me répond : « moi je soigne mais c’est Dieu qui guérit » Je lui suggère que nous pourrions prendre en charge les frais si cette enfant devait aller à Antsirabé car les parents sont trop pauvres. Il faut savoir qu’à Madagascar il faut réunir la somme couvrant le montant des frais de médecin et d’hôpital avant de s’y rendre. Impossible pour les villageois qui vivent au jour le jour.
Cependant sœur Zozea tient à ce que chaque personne prise en charge au dispensaire verse une participation en espèces ou en nature (riz, arachide, légumes…) pour couvrir quelques frais mais surtout pour ne pas les entretenir dans un assistanat stérile.
Finalement grâce à son savoir-faire, sa persévérance et sa confiance la sœur nous apprend le 15 juillet que la petite est guérie sans transfert.