Bulletin N°17 – Mai 2013
MORARANO SE DEVELOPPE
La parution de notre premier bulletin de l’année 2013, coïncide avec l’inauguration à Morarano les 16 et 17 mars de la ferme-école MIOTISOA. Un projet en gestation depuis 2 ans et dont nous nous sommes déjà fait l’écho, en particulier à la suite de notre visite en mai 2011 à Morarano.
Cette réalisation a pour objectif de donner une formation technique mais aussi humaine à une première promotion de 15 jeunes de 15 à 20 ans. Les objectifs sont ambitieux, puisque de nombreuses filières de formation sont envisagées : productions végétale, animale, piscicole ; technologies agro-alimentaires, énergies renouvelables, etc.
Sa réalisation a été voulue par le diocèse d’Antsirabé. La construction a été financée par un apport de la Conférence Episcopale Italienne. Mais nous avons aussi apporté notre contribution non pas dans les dépenses d’investissement, mais dans celles de fonctionnement. Chaque année, depuis 2 ans nous avons consacré 1 000 €, pour soutenir les activités de formation déjà engagées avant la construction : étables, cultures, etc.
De cette réalisation sont attendus des effets multiplicateurs et des bénéfices pour toute la communauté de Morarano. Dans un plan d’ensemble développer des aménagements ruraux rentables permet de témoigner dans le village que le développement est possible. Et dans l’environnement du village cela sera susceptible de freiner, voire de stopper l’exode rural. A Madagascar, comme dans toute l’Afrique, le mirage de la ville apparait comme une issue (illusoire) à la pauvreté.
Nous pouvons souligner ce signe d’espérance et de foi dans l’avenir dans le contexte malgache où les fléaux naturels viennent s’ajouter aux incertitudes politiques.
Ainsi le père ROMUALD nous dit qu’il a fallu remplacer toutes les portes et boiseries de l’école par des structures métalliques, car les termites avaient tout ravagé.
Depuis le mois de novembre les cultures de Morarano ont été
dévorées par les criquets pèlerins. (voir ci-contre). C’est une catastrophe qui se produit fréquemment ; heureusement pas tous les ans. Mais ses effets sont dramatiques pour les habitants du village qui se trouvent ainsi privés des fruits de leur travail, en mettant certains au bord de la famine
La population doit faire face à une recrudescence des vols de zébus. C’est un phénomène fréquent à Madagascar, mais qui s‘accentue du fait de l’insécurité liée au contexte de l’instabilité socio-politique.
Depuis 3 ans et le renversement de l’ancien président, des factions se disputent le pouvoir. Cela a eu pour conséquence le retrait ou l’arrêt de l’aide de nombreux bailleurs internationaux ; exigeant pour le rétablissement de cette aide, la solution démocratique du problème et la tenue d’élections. Pendant de longs mois des négociations et tractations ont eu lieu avec la médiation de partenaires africains.
Finalement l’ancien président et l’actuel (par intérim) ont tous 2 renoncés à se présenter à l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu le 8 mai prochain. On peut espérer que leur décision permettra d’apaiser les tensions Et qu’une fois cette première étape de l’élection présidentielle franchie la tenue des élections générales pourra permettre à Madagascar de redémarrer et qu’enfin des décisions importantes pour le développement puissent être prises.
Un exemple concret et négatif de cette conjoncture socio-politique, c’est l’évolution possible su dispensaire de Morarano. Depuis 2 ans nous finançons l’achat de médicaments pour que l’infirmière Sœur SIDONIE ait à sa disposition un stock suffisant. A été formulée depuis près de 2 ans une demande d’autorisation d’extension du dispensaire qui comprendrait 3 chambres (5 lits), une salle de consultation, une salle de soins, une pharmacie et la présence d’un médecin. Mais l’autorisation d’ouverture est subordonnée à la solution de l’impasse politique et à l’installation d’un pouvoir décisionnaire légitime.
Notre action en 2012
Nous aurons l’occasion de dresser lors de notre assemblée générale du 6 avril prochain le rapport moral et financier de notre contribution à Morarano en 2012, mais déjà nous pouvons déjà souligner l’importance de notre contribution financière en 2012 : nous avons pu envoyer pour les projets que nous avons soutenu 10 500 € au cours de l’année 2012. Nous ne souhaitons pas, en effet garder trop longtemps sur notre compte, les fonds dont nous disposons.
L’arrivée du père ROMUALD a Morarano a permis de relancer une collaboration qui avait été un peu difficile lors des derniers mois de présence de son prédécesseur Nous avions donc quelques réserves de l’année précédentes et votre générosité a amplement complété. Nous espérons qu’elle se maintiendra cette année, car nous voulons au moins continuer à honorer nos engagements : soutien à l’école : 1 000 € ; au dispensaire : 2 000 € ;à la ferme-école : 1 000 € ; et le salaire de techniciens polyvalents : 1 000 €
Nos projets pour 2013
Pour pouvoir continuer notre action, il nous faudra renflouer notre trésorerie. Nous savons que nous pouvons compter sur votre générosité.
Nous prévoyons en 2013, au moins 2 manifestations de soutien :
Le samedi 20 avril un concert avec la chorale Val de Muire : voir l’invitation jointe.
Le dimanche 13 octobre un concert de trompes de chasse
Des membres du Conseil d’administration feront une visite à Morarano fin septembre-début octobre. Il est très important de maintenir les liens avec nos amis. Nous avons toujours reçu un accueil chaleureux lors de nos visites précédentes qui ont été appréciées par les responsables du village.
Nous Vous INVITONS à venir nous rencontrer sur le stand T.V.M. lors de la journée du CCFD-Terre solidaire
Dimanche 17 mars de 11 à 17 h - Salle des Fêtes de TINQUEUX
ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE de T.V.M.
Le samedi 6 AVRIL 2013 à 14 h 30
à la Maison des Associations
Avenue de la Croix Cordier - 51340 TINQUEUX
Avec la participation de M. Augustin RIVO-ANDRIAMAHOLIMANANA (Aumônier protestant du CHU de Reims) de retour d’un séjour à Madagascar.
EN VISITE A MORARANO.
C’est la rentrée, et souvent le moment de lancer de nouveaux projets, d’évaluer et de réfléchir sur ceux qui sont en cours, pour les affiner et maximiser les investissements qui leur sont consacrés.
C’est dans cet esprit que plusieurs membres du Conseil d’Administration vont se rendre à la fin du mois de septembre à Morarano. Y passer quelques jours pour rencontrer les habitants et renforcer les liens de solidarité, créés depuis plusieurs années. Cela fait 10 ans que nous soutenons le développement du village…
Nous avons pu constater, lors de la dernière visite en mars 2011, combien cette rencontre pouvait être riche de partage, voire de fraternité.
Nous gardons en mémoire le geste très fort à notre attention lors de cette visite. A l’issue de la messe, nous avons été invités à nous asseoir en face de l’assemblée ; 2 paniers sont posés en face de nous et de nombreux habitants viennent déposer dans ces paniers : qui des épis de maïs, qui quelques bananes, qui un sac d’arachides, d’autres des billets de banque. Très touchés par ces cadeaux nous en avons demandé la signification au père Romuald, qui nous a répondu : « quand les gens peuvent donner quelque chose ils retrouvent leur dignité ».
Quel beau témoignage mais aussi quelle stimulation pour continuer notre action.
De plus, dans le contexte de l’interminable crise politique que vit Madagascar depuis 3 ans déjà, notre visite est sans doute importante pour ceux qui portent le souci du développement de Morarano. Les bailleurs internationaux ont suspendu leur aide dans l’attente de la tenue d’élections d’un président et de députés. Signifier à notre modeste niveau que nous gardons le souci du développement, c’est témoigner que nous ne sommes pas indifférents et par notre visite, matérialiser ce souci.
Il nous a été dit par le passé, que chacune des visites dans le village n’était pas sans effet sur une forme de redynamisation. C’est ce que nous avions pu constater lors de notre dernière visite lors de la rencontre de l’assemblée des habitants.
Un dernier objectif de notre visite, c’est de pouvoir évaluer les priorités du village et au moins celles auxquelles nous pouvons répondre avec les moyens limités des ressources de notre association
Nous ne pouvons avoir l’ambition de financer par exemple, de nouveaux bâtiments. Mais nous pouvons tout à fait envisager, avec votre aide de soutenir des projets plus limités, mais qui auront un impact réel sur le quotidien des habitants.
Citons pour mémoire :
La couverture du village par un réseau de paratonnerres qui a permis de protéger les habitants de la foudre, alors que tous les ans, certains en étaient victimes, parfois mortellement
Notre engagement de financer l’approvisionnement du dispensaire en médicaments, par l’envoi annuel d’une somme de 2 000 €.
Nous avons d’ailleurs l’intention pour évaluer cette action, de rencontrer à Antsirabé le médecin responsable du service de médecine du travail, qui avait accepté d’être l’intermédiaire pour l’achat des médicaments dans des conditions intéressantes.
Les nouvelles récentes de MORARANO
Nous sommes en contact régulier avec le père ROMUALD qui nous partage ses projets et les réalisations en cours ou terminées.
Bien que Morarano soit loin de la capitale, cette époque troublée a néanmoins des conséquences sur la vie de la population :
De nombreux projets restent en suspens : par exemple : réfection de la piste qui conduit au village
On assiste à une augmentation de l’insécurité : les voleurs de zébus (dahalo) rodent toutes les nuits au tour du village. Il y a à Madagascar des bandes organisées dont le vol de zébus est la spécialité.
De plus, les paysans voient cette année, leur récolte attaquée par les invasions de criquets, et de ce fait les rendements seront très faibles.
Malgré ces difficultés, le père Romuald nous fait part de nombreux projets et de l’évolution positive de plusieurs réalisations.
Le dispensaire : nous devrions pouvoir, lors de notre séjour, constater son agrandissement : logement pour le médecin qui vient faire des vacations dans le village ; adduction d’eau. Ces travaux devaient être réalisés au mois d’août. Le père Romuald attend le retour de Sr Sidonie l’infirmière, venue en France pour le chapitre général de sa congrégation. Nous avions pu apprécier les analyses et les perspectives de cette religieuse.
L’école : année après année ont pu se compléter les 4 années du secondaire, équivalent de notre collège. Nous apportons chaque année une contribution au budget de l’école. Mais sans doute, pourrons-nous constater à nouveau, la pauvreté en matériel pédagogique
La ferme école : Le centre de formation inauguré en mars dernier a intégré la ferme-école qui fonctionnait depuis 2 ans.
Nous nous étions fait l’écho de cette réalisation dans notre dernier bulletin. Pour qu’il puisse fonctionner avec le maximum d’efficacité, il serait nécessaire qu’il puisse disposer d’une adduction d’eau.
Plusieurs systèmes d’adduction sont à l’étude, mais il serait nécessaire de pouvoir installer une arrivée d’eau n’ayant pas besoin de l’énergie fournie par un groupe électrogène. Les cultures ont besoin d’eau.
Peut-être le recours à l’énergie solaire pourrait être la solution. Morarano bénéficie d’un ensoleillement très satisfaisant.
Une autre solution serait l’installation d’une pompe à bélier : dispositif qui permet de faire remonter l’eau d’une source située en contrebas : c’est le courant qui alimente la remontée. Ce dispositif est utilisé en de nombreux endroits à Madagascar, et nous avions pu, il y a quelques années, rencontrer prés de Château-Thierry une association soutenant de tels projets dans la grande ile.
Lors de notre visite, nous serons très attentifs à essayer d’identifier quelle pourrait être notre apport pour avancer sur cette question.
Quelque nouvelles brèves, mais nous aurons certainement beaucoup de chose à partager, après notre retour début octobre.
Bien sur, nous porterons aux habitants de Morarano, votre salut à tous. Nous savons qu’ils sont très sensibles aux liens qui nous unissent, et TVM est pour eux une réalité identifiée.
Bulletin N°19 - Novembre 2013
De retour de MORARANO
Comme nous l’avions annoncé en septembre, nous avons eu le plaisir de rendre visite à la fin du mois de septembre à nos amis de Morarano.
Quelques jours passés à Morarano nous ont permis de constater et de nous réjouir des réalisations initiées en particulier avec le père Romuald.
Avant d’arriver à MORARANO
Pour 2 d’entre nous, c’était la première visite à Madagascar, pour les autres l’occasion d’une redécouverte et de constater les évolutions depuis le dernier séjour en mars-avril 2011. Tous s’étaient bien sur engagés à financer eux-mêmes leurs voyage. Quelques évolutions positives : par exemple la remise en état pour le trafic marchandises, de la ligne ferroviaire entre Tananarive et Antsirabé. Ce qui permettra à l’avenir de faire parvenir directement à Antsirabé un container que nous aurions contribué à remplir avec d’autres associations.
Mais aussi beaucoup d’évolutions négatives : lors de notre séjour se préparait enfin le premier tour des élections présidentielles qui a eu lieu le 25 octobre : 34 candidats se sont présentés pour ce premier tour ; le 2° étant prévu fin décembre. Ces élections viennent clôturer plus de 4 ans d’incertitudes politiques, après la déposition/démission de l’ancien président.
4 années pendant lesquelles de nombreux projets de développement se sont arrêtés ; les organismes internationaux ayant suspendu leur aide. Avec pour résultat un appauvrissement général (sauf pour une infime minorité qui a continué à s’enrichir). Il y a quelques très riches : le marché des 4x4 de luxe est florissant. Mais il y a surtout une immense majorité de très pauvres. Madagascar est devenu l’un des pays le plus pauvre du monde : 90% des malgaches vivent sous le seuil de pauvreté et 40% risquent de souffrir de malnutrition. Victime d’une invasion de criquets, de nombreuses cultures ont été dévastées, et parfois les paysans ont renoncé à planter, par peur que leur récolte soit anéantie. Cette invasion des criquets a aussi pour conséquence une recrudescence du « tavy ». Cette pratique qui consiste à bruler les champs pour pratiquer ensuite une culture sur brulis. Certains croient détruire en même temps les criquets, mais cette pratique a pour principale conséquence d’appauvrir les sols et de brûler en même temps les arbres en bordure des champs. Tout autour de Morarano, nous avons vu de tels feux, alors que les années précédentes, ils étaient moins fréquents. Certains voient aussi dans ces passages à l’acte, comme la seule expression possible d’une désespérance, un peu comme chez nous, certains pourraient être amenés à brûler des voitures.
Autre constat désolant : de nombreuses routes qui étaient encore carrossables il y a quelques années, sont aujourd’hui totalement défoncées. Alors que l’on pouvait encore y circuler avec une voiture de ville, il est maintenant indispensable de pouvoir disposer d’un 4x4. Les ornières créées par les camions se creusent davantage avec le passage des camions suivants très souvent surchargés. Les « nids de zébus » succèdent aux « nids de zébus » Si la route depuis Antsirabé est tout à fait carrossable, les 15 derniers km de piste pour atteindre MORARANO sont depuis plusieurs années dans cet état.
Le processus électoral doit se terminer par l’élection des députés au début de l’année 2014. On ne peut qu’espérer que la conclusion de ce processus puisse permettre à Madagascar de repartir de l’avant. Mais, quand on échange avec les malgaches sur le futur immédiat, on ressent un profond scepticisme. Les 34 candidats ont tous mis dans leur programme (si tant est qu’ils en aient un) la réfection du réseau routier.
MORARANO – un lieu d’éspérance
Dans le contexte de la grisaille ambiante, Morarano nous est apparu comme un lieu qui se construit un avenir.
Ce n’est pas le seul à Madagascar. Par exemple, la participation le dimanche matin à Antananarivo à la messe de la communauté créée par le père PEDRO reste un grand moment non exempt d’émotion. Ayant commencé avec des personnes vivant de l’exploitation des dépôts d’ordures, on ne peut qu’être émerveillés, voire emportés par la chaleur des processions, danses et chants au cours des 2h30 à 3h que dure la célébration.
Cette joie, on la retrouve dans les célébrations en d’autres lieux, à Morarano par exemple.
Il faut aussi rendre hommage aux malgaches, qui malgré leurs conditions difficiles, nous ont témoigné beaucoup de gentillesse, voire de sollicitude.
Mentionnons l’intérêt dont a fait preuve à notre égard : Mgr Philippe RANAIVOMANANA évêque d’Antsirabe (et secrétaire de Conférence des Evêques de Madagascar). Il est venu partager avec nous notre premier repas lors de notre arrivée au centre diocésain Diantana, où nous étions hébergés.
L a FERME-ECOLE MIOTISOA
Dans le compte-rendu de notre séjour, nous commençons par l’évocation de la ferme-école car c’est le marqueur le plus probant de l’avancée du village. Initiée par le père Romuald depuis son arrivée elle est maintenant opérationnelle et accueille sa première promotion avec laquelle nous avons eu une matinée de travail.
Nous y avons été logés, dans des conditions tout à fait acceptables, sans oublier la qualité des repas.
Nous avons pu ainsi apprécier dans le détail les nombreux équipements.
Construite un peu en dehors du village auprès d’une petite rivière qui permet l’approvisionnement en eau par un système de captation selon la technique du bélier. Des canalisations apportent l’eau pour l’usage domestique du centre, mais aussi :
- L’arrosage des cultures
- L’alimentation de bassins de 25m sur 5m avec 2m de profondeur. Ces 5 bassins creusés à la main vont servir à une activité d’élevage de poissons nourris avec le compost fourni par les activités de culture et d’élevage.
Le centre est aussi un lieu d’expérimentation : pour tester l’intérêt de cultures n’existant pas à Morarano et évaluer les possibilités qu’elles pourraient offrir ; la question des débouchés étant prise en compte.
Il y a, bien sûr, un élevage de volailles (poulets, oies, pintades) une porcherie, une bergerie et quelques chèvres.
Dans un futur proche est pensé un projet de reboisement dans l’environnement du domaine.
A aussi été évoquée la possibilité de mettre en culture le jatropha ; plante qui pousse à l’état naturel à Madagascar et se révèle très intéressante pour la production de bio-carburants. Cela permettrait de contribuer à apporter une solution au moins partielle au problème récurrent de la fourniture d’énergie.
LE VILLAGE DE MORARANO
Depuis le début de notre collaboration, le village de Morarano a toujours été l’objet de notre attention et nous avons pu aussi constater à l’occasion de notre visite de nombreuses avancées.
S’il reste des marques de pauvreté, en particulier dans un quartier un peu excentré, certaines familles témoignent d’une aisance certaine. La preuve en étant la construction de maisons en briques, quelques-unes étant même entourées d’un enclos.
Notre visite dans le village avait un double objectif :
- Rencontrer les habitants, entendre leurs besoins et souhaits et identifier ce que nous pourrions apporter dans le cadre de nos possibilités et ressources.
- Nous rendre compte de l’évolution des projets que nous soutenons financièrement grâce à votre aide.
La rencontre des habitants
Au cours d’une réunion avec les représentants des habitants, les religieuses et le père Romuald ont été évoqués un certain nombre de problèmes qui reflètent les préoccupations du moment.
La première préoccupation qui a été formulée est celle de l’insécurité. Ce qui n’est guère étonnant en cette période troublée que traverse Madagascar. Des bandes de voleurs de zébus rodent dans la campagne. Lors de notre séjour une information circulait sur la présence d’une telle bande à quelques km du village. Cela conduit les paysans à redoubler de vigilance pour rentrer leurs bêtes près de leurs maisons.
A été ensuite évoquée la question de l’énergie. Le gas-oil est pour le moment la première source d’énergie pour alimenter, entre autres, les groupes électrogènes. Son prix est d’un euro le litre. Quelques panneaux solaires fonctionnent dans le village, vu l’ensoleillement de Morarano, cette ressource pourrait être développée.
Avec les religieuses, ont été évoquées quelques difficultés autour de l’école. Si le collège fonctionne maintenant totalement avec l’ouverture d’une classe de troisième, l’accès à l’école reste problématique pour beaucoup d’enfants.
A la saison des pluies, certains enfants ne peuvent rentrer chez eux le soir après avoir parcouru parfois 4 à 6 km dans la campagne. Sœur Clara responsable de l’école pense qu’il serait nécessaire de pouvoir leur proposer un dortoir pour leur permettre de poursuivre leur scolarité.
D’autre part, pendant la soudure (période entre 2 récoltes de riz) certaines familles trop pauvres envoient leurs enfants à-jeun à l’école. De ce fait les enfants s‘endorment. Nous réfléchissons à une aide que l’on pourrait apporter pour fournir à ces enfants un complément nutritionnel. Un calcul rapide chiffre cette aide à 900 € pour une année.
Nous avons pu constater, hélas, dans le village les dégâts dus aux termites qui attaquent la plupart des structures en bois. Cela oblige à des réajustements sans fin. Pour exemple : si le réseau de paratonnerres que nous avons financé est efficace et apprécié par les habitants, les poteaux supportant les paratonnerres sont attaqués par les termites et devront un jour ou l’autre être remplacés, puisque l’on ne peut utiliser des poteaux métalliques pour ce genre d’équipement.
Nos projets : où en sommes-nous ?
Pour la troisième année consécutive, nous finançons l’approvisionnement en médicament du dispensaire. Nous avons pu constater que le stock est maintenant suffisant, en contraste avec les quelques boites que nous avions vues en 2011. Mais le dispensaire est dans une période de mutation. Sœur SIDONIE que nous connaissons bien est rappelée par sa congrégation pour devenir maitresse des postulantes. D’autre part, pour que le dispensaire puisse acquérir son autonomie, il faudrait qu’il soit sous la responsabilité d’un médecin résident. Le père ROMUALD pense pouvoir trouver un candidat qui résiderait à Morarano. Bien sûr cette mutation aura un coût mais qui ne devrait pas empêcher qu’elle puisse se faire.
Nous avons pu constater que si les nouveaux locaux de l’école sont spacieux et agréables, les anciennes classes auront besoin de remise en état, surtout à cause des dégâts causés par les termites. Nous continuerions donc à apporter notre soutien à l’ensemble école-collège en essayant de contribuer à la création d’une classe destinée aux jeunes filles ayant terminé leur scolarité en 3°. Elles n’ont pour le moment, que le mariage comme perspective principale. Une formule de classe « aides ménagères » pourrait leur permettre d’acquérir des compétences en termes d’alimentation, de budget, etc et serait le pendant du centre Miotisoa orient vers une formation agricole.
N’oublions pas également l’apport nutritionnel aux enfants du primaire.
Enfin pour laisser une trace visible de notre visite, nous allons financer l’achat de poteaux de basket en métal, les précédents ayant succombés à l’assaut des termites. Et également la prise en charge des frais de déplacement des catéchistes pour qu’ils puissent suivre une formation près d’Antsirabe.
POUR CONTINUER, NOUS AVONS BESOIN DE L’APPORT DE TOUS, SI MINIME SOIT-IL. MERCI DE VOTRE FIDELE SOUTIEN
APRES LA LECTURE DE CE BULLETIN NOUS VOUS INVITONS :
DIMANCHE 8 DECEMBRE à 17 H
AUX SALLES PAROISSIALLES DE STE BERNADETTE
6 avenue du 29 août 1944 – TINQUEUX
POUR VISIONNER LES PHOTOS DE MORARNO
POUR ECHANGER AUTOUR DE NOS PROJETS