MORARANO nous rend visite
Le 8 décembre dernier, nous avons eu le plaisir de nous retrouver nombreux (35 personnes) pour visionner quelques photos de notre séjour à Morarano et échanger autour des constats de développement du village et des besoins que nous avions pu identifier.
Nous avons l’espoir d’être aussi nombreux pour rencontrer le 6 avril prochain, le père ROMUALD qui commencera par Tinqueux un séjour en Europe prévu jusqu’à la fin du mois de mai. Envoyé par son évêque, pour diverses rencontres, entre autres en Allemagne et en Suisse, il sera à Tinqueux du 3 au 6 avril. Nous profiterons de sa visite pour tenir notre assemblée générale annuelle et bien sur l’écouter sur les nouvelles de Morarano et de Madagascar.
A Madagascar, viennent enfin de se tenir les élections après 4 ans d’attente et de tergiversations entre les différentes mouvances. Un nouveau président a été élu fin décembre, et suscite beaucoup d’espoirs. L’élection des députés a également eu lieu. La conclusion du processus électoral devrait permettre une reprise de l’aide internationale qui avait été interrompue tant que la situation politique n’était pas clarifiée. Mais la tâche est immense pour remettre le pays en bonne marche : lutte contre la pauvreté et contre une corruption endémique qui s’est développée ces dernières années, dans le contexte d’instabilité ; remise en état des moyens de communication, etc. Le plus grand souhait que l’on puisse faire au nouveau président, c’est de pouvoir redonner de l’espoir à ses concitoyens. Dans nos échanges avec les malgaches lors de notre séjour, nous avions été frappés par le désabusement en face de tous les candidats. Ces élections ont d’ailleurs été marquées par des abstentions massives ; puisque le 2° tour des présidentielles n’a mobilisé que 50% des électeurs et que le président Rajaonarimampianina n’a en fin de compte été élu que par un peu plus de 25% des malgaches.
On peut espérer que la reprise de l’aide internationale et un redémarrage de l’économie permettront d’améliorer un niveau de vie, un des plus bas du monde. Plus de 90% des malgaches vivent avec l’équivalent d’ 1,5 € par jour.
MORARANO
Dans notre dernier bulletin, nous avions rendu compte longuement des réalisations constatées à Morarano et des projets à développer. Nous nous limiterons donc ici à un bref rappel des projets que nous pensions pouvoir soutenir en rapport avec les possibilités restreintes de notre association.
Nous aurons aussi l’occasion d’évoquer toutes ces questions avec le père ROMUALD lors de son passage.
Nous apportons un soutien financier à l’école et nous recevons les photos de 2 nouvelles salles de classe fonctionnelles. En complément, pour laisser une mémoire de notre passage, nous avons financé l’achat de poteaux de basket et de football. Le 8 décembre dernier, nous avions pu visionner quelques minutes d’un match de football entre les enfants du village !!
Notre contribution pour le dispensaire a permis d’apporter un complément pour l’équipement de la salle de soins. Il y manque encore l’installation de l’électricité, pour assurer les soins en urgence la nuit. Un panneau solaire alimentant une batterie pendant lajournée, pourrait remplir ce besoin
Nous avions évalué qu’il serait pertinent d’envisager la création d’une école ménagère pour permettre aux adolescentes qui ont terminé leur cycle secondaire jusqu’à la troisième, de compléter leur formation et d’avoir une autre perspective immédiate que le mariage. Sans doute ce projet pourrait-il travailler en synergie avec le centre Miotisoa de formation agricole (ferme-école). Nous avons envisagé de soutenir en 2014 le démarrage de ce projet et nous pourrons échanger avec le père ROMUALD qui nous dit dans son dernier message que ce projet est en cours.
Le contraste entre la situation de Madagascar et ce que l’on peut voir à Morarano, ne peut que nous encourager à renforcer notre soutien personnel et collectif : par nos contributions personnelles, mais aussi en se faisant les porte-paroles de ce projet dans nos réseaux relationnels.
Bulletin n° 21. Novembre 2014.
Un conteneur pour MADAGASCAR
Pourquoi ce titre à notre bulletin qui se fait peut-être attendre, puisque les dernières nouvelles que nous avions communiquées de MORARANO datent de début juillet, losque le village avait été victime de l’attaque de bandits voleurs de bétail ?
Un conteneur, car nous avons l’opportunité de recueillir pour le diocèse d’Antsirabé et donc pour Morarano un certain nombre de matériels stockés près de Château-Thierry, et qui nous ont été proposés. Surtout du matériel médical : lits, fauteuils roulants, pansements ; mais aussi des bicyclettes.
Nous avons également stocké des cartons de livres scolaires, ainsi que du matériel qui pourrait servir au centre de formation agricole Miotisoa, ou encore à une formation ménagère pour les filles ayant terminé leur scolarité, et dont la seule perspective est le mariage.
Le père Romuald nous a également fait part des besoins du village: équipements pour la cantine scolaire, entre autres des marmites noires qui seront utilisées avec des fours solaires.
(Lors de nos séjours à Madagascar nous avons pu voir l’utilisation ingénieuse de ces marmites chauffées toute la matinée par la chaleur concentrée par une parabole recevant les rayons du soleil).
Des fournitures scolaires (cahiers, craies, stylos, etc.) seront également d’une utilité certaine. Nous savons aussi que des pièces détachées pour voitures sont très appréciées.
La liste ci-dessus n’est pas limitative : nous restons en contact avec le père Romuald pour la compléter et évaluer la pertinence de ce que nous pourrions réunir.
L’envoi du conteneur
Pour arriver à finaliser ce projet, il nous faut franchir un certain nombre d’étapes.
- Le financement tout d’abord. Nous voulons continuer à apporter notre soutien à l’école et au dispensaire de Morarano, tout en finançant l’acheminement, dont le coût est de 265€ par m3. Nous pensons envoyer 15 à20 m3. Nous aurons donc besoin de matériels pour remplir ce conteneur, mais surtout de fonds pour concrétiser l’envoi.
- L’organisation du départ. Une fois le contenu réuni, et après avoir établi le contrat de transport, le conteneur mis à notre disposition (a priori à Château-Thierry) devra être chargé en une demi-journée maximum.
C’est là un gros effort qui nécessitera l’aide ponctuelle d’une main d’oeuvre bénévole. Nous espérons pouvoir réaliser cette opération au printemps 2015.
Ensuite, le départ effectué, le conteneur arrivera 4 à 6 semaines plus tard au port de Tamatave. D'où il sera acheminé par train jusqu’à Antsirabé, la voie de chemin de fer entre Antanarivo et Antsirabé ayant été rétablie récemment.
La situation à Morarano
Début juillet, nous avons été informés par le père Romuald de l’attaque de l'attaque du village par des bandits «Dahalos ». Voleurs de bétail, ces bandits ont, à la suite de leur attaque, emmené le père Ferdinand collègue de Romuald et trois jeunes de l'école professionnelle.
Il y avait une grande crainte sur leur sort : mais ils ont été finalement libérés assez rapidement. Après avoir partagé les inquiétudes du père Romuald et des habitants du village, nous avons été comme eux soulagés de leur libération.
Depuis cet évènement 4 gendarmes ont été affectés pour la sécurité du village ; mais l’Etat n’a pas les moyens d’assurer leur hébergement. C’est donc à la communauté de le faire, et c’est ainsi que dans l’attente d’une solution, ils sont logés au …presbytère.
Cette année encore le village a subi des invasions de criquets. Au niveau national, il serait sans doute possible de procéder à une éradication massive des criquets, pour un coût relativement raisonnable, mais rien n’est entrepris faute de moyens financiers.
Autres dégâts : ceux occasionnés par les termites. Les plafonds de l’ancien bâtiment scolaire ont été complétement détruits pas les termites. Ancienne école, car face à cette invasion d'une part, et d'autre part pour faire face à l’augmentation du nombre d'élèves et la création progressive des classes de collège, de nouvelles salles de classe ont été construites. Avec notamment des fenêtres métalliques, forcément plus chères, mais qui n’ont pas la même fragilité envers les termites.
Le père Romuald sollicite notre aide pour réhabiliter les locaux dévastés qui serviront à d’autres activités de la communauté.
Bonnes nouvelles
Face à ces informations qui pourraient générer un profond découragement, il y a de bonnes nouvelles.
- Lors de son séjour en France, nous avons accompagné le père Romuald prés de Château-Thierry chez un agriculteur, Mr Lenaerts (qui par ailleurs stocke dans un hangar une grande partie du matériel destiné au conteneur). Mr Lenaerts a participé depuis plusieurs années à la réalisation de pompes à bélier, dont nous avons déjà parlé dans de précédents bulletins.
Rappelons que cette technique permet d'acheminer l'eau sans utilisation d'énergie externe. Le pompage de l’eau est assuré par le courant de l’eau lui-même. Là où coule de l’eau, il y a la possibilité d’installer une pompe à bélier.
Le père Romuald a intégré cette technique et en a retransmis les principes à son retour à Madagascar. Il nous a dit dans son dernier courrier que les essais étaient concluants. C’est une bonne nouvelle, car plusieurs solutions ont été tentées auparavant sans succès à Morarano, ou bien faisant appel à une énergie trop coûteuse (gazoil).
- Autre bonne nouvelle, les résultats de fin d’année de l’école et du collège de Morarano. La totalité des élèves en fin de primaire et en fin de secondaire ont réussi les examens officiels.
Ci-dessus quelques-uns d’entre eux dans l’allée des baobabs, en voyage de fin d’études pour fêter le succès.
C’est une nouvelle réjouissante, quand on connait la proportion d’enfants malgaches qui ne sont pas scolarisés : soit parce qu’ils doivent travailler pour assurer leur subsistance, soit que leurs parents ne peuvent payer l’ écolage (modeste contribution financière).
Bien qu’un nouveau président malgache ait enfin été élu à la fin 2013, la situation politique n’est pas encore améliorée pour autant. Plusieurs mois ont été nécessaires pour trouver un premier ministre. Toutes ces incertitudes se ressentent dans le quotidien de tous. L’insécurité demeure, les malgaches n’ont guère confiance dans leurs dirigeants. Malgré les embûches rencontrées, la réussite du projet de Morarano et ses réelles avancées sont porteurs d’espérance et nous stimule à continuer à le soutenir, même si nos moyens restent limités par rapport aux besoins identifiés.