Espérer avec MORARANO
Le titre de ce bulletin peut surprendre, mais il reflète un peu le sentiment qui devrait nous animer en lisant les nouvelles qui nous sont parvenues et en regardant les photos qui nous ont été transmises par le père ROMUALD ou d’autres correspondants.
Alors que début décembre, la pluie se faisait attendre, voici qu’en janvier des cyclones et des pluies diluviennes ont frappé le centre de Madagascar en général et bien sûr MORARANO. Il y a eu des victimes mais pas à MORARANO. Par contre les dégâts aux cultures ont été considérables, les barrages de terre construits pour créer des retenues d’eau se sont fissurés, des bâtiments préfabriqués ont été détruits. Le pont construit il y a quelques années permet une liaison entre Morarano et la route nationale située à 15 km ; il a réduit l’isolement du village qui en saison des pluies restait parfois injoignable, car il fallait traverser à gué la rivière. Ce pont n’a pas été emporté par les eaux en crue, mais les berges qui en permettent l’accès ont été ravinées. Déjà lors de notre voyage en juin 2011, il nous avait fallu combler avec des pierres les trous de part et d’autre du pont, pour permettre le passage du 4X4 à la suite d’une forte pluie.
Nous joignons à ce bulletin quelques photos évocatrices et en transmettrons avec l’envoi de ce bulletin par internet toute une série que nous a adressée le père Romuald.
L'accès au pont.
Une rizière endommagée.
Pendant que le centre de Madagascar est noyé sous les eaux, il n’a pas plu depuis 2 ans dans le sud de l’île et la famine menace.
Devant une telle réalité, quand 50% des plantations ont été perdues, on peut comprendre le découragement des paysans qu’évoque le père ROMUALD. D’où notre souci de pouvoir continuer à collaborer au développement du village, pour aider cette communauté à espérer et construire des jours meilleurs.
Aux attaques climatiques, il faut également ajouter le fléau descriquets pèlerins ravageurs qui périodiquement tombent sur les cultures. Un nuage noir qui masque le ciel et tout d’un coup s’abat. La gouvernement n’arrive pas à concrétiser un plan d’élimination qui serait paraît-il possible au moment de l’éclosion des larves ; alors qu’il y a selon les spécialistes 2 à 5 éclosions par an. Bien que ces criquets puissent être consommés après séchage et cuisson, leur apport nutritionnel ne compense pas les pertes qu’ils ont occasionnées aux cultures.
L’impuissance gouvernementale vis-à-vis des invasions de criquets n’est que le reflet d’autres impuissances dans beaucoup de domaines : infrastructures routières, santé, éducation, sécurité. Bien sûr la corruption est présente à tous les niveaux, mais elle ne saurait être la seule explication. Elle ne permet pas de résoudre les problèmes de pauvreté, mais elle est entretenue par la pauvreté, du moins dans les catégories les plus pauvres : quand on ne perçoit qu’un salaire insuffisant (et parfois versé irrégulièrement), il est tentant de profiter de sa position pour compenser les insuffisances.
La corruption est une violence sournoise, mais la violence peut se révéler beaucoup plus agressive. Nous nous étions fait écho en juin dernier de l’attaque qu’avait subie le village de la part de bandits (« dahalos ») voleurs de bétail, qui avaient emmené en otage un prêtre et 2 habitants ; heureusement libérés très rapidement. Depuis 4 gendarmes résident en permanence au village qui doit assurer leur gite et leur couvert. Cette violence n’est bien sûr pas tolérable, mais peut-être le désespoir de la pauvreté peut y pousser certains.
La sécurité est donc une préoccupation plus importante que ces dernières années, au point que nous avons interrogé le père Romuald sur la pertinence d’une visite à Morarano, alors que nous avons toujours pensé que ces rencontres avec les habitants, tous les 18 mois ou 2 ans étaient une raison d’être de notre association. Il nous a souvent été confirmé que notre visite avait des répercussions positives chez les habitants : l’accueil reçu en étant la preuve.
Précisons toutefois que notre Ministère des Affaires Etrangères n’interdit pas un déplacement, recommandant bien sur la vigilance Le développement de MORARANO
Malgré les agressions de la nature et de l’environnement, Morarano continue de se développer. Le centre de formation agricole Miotisoa fonctionne à plein : formation des jeunes, essai de plantation pour identifier ce qui pourrait être le plus prometteur, pisciculture, élevage, etc. Ce centre est un signe majeur d’espérance à Morarano.
Le centre Miotisoa et l’équipe
La Pépinière
Notre association s’est engagée à fournir le dispensaire en médicaments et à apporter une contribution au fonctionnement de l’école et du collège.
Nous avons donc, en décembre dernier effectué un virement pour concrétiser nos engagements. Le stock de médicaments a été renouvelé et notre contribution a permis de refaire les plafonds de salles de classe qui avaient été détruits par les termites, autre agression de la nature.
Grâce à l’envoi du conteneur que nous préparons, nous pensons pouvoir apporter au village une contribution en nature : livres pour l’école, matériel médical, etc.
Hélas, nous ne pourrons guère aider matériellement pour la réparation ou le remplacement du véhicule du village, récemment accidenté, sans heureusement de dommages corporels. A moins que les contributions financières des uns et des autres permettent d’envisager l’envoi d’une aide financière.
L’envoi du conteneur
Nous avions consacré notre dernier bulletin au projet d’envoi de conteneur. Un projet qui prend forme puisque la fin de semaine des 18 et 19 avril nous préparerons près de Château-Thierry et avec l’aide de scouts de Tinqueux les colis qui seront ensuite acheminés à Sars-Poterie (Nord) pour être chargés dans le conteneur partagé avec d’autres associations.
Rappelons que nous enverrons du matériel médical : lits, fauteuils roulants, pansements ; mais aussi des bicyclettes. Nous avons aussi stocké plusieurs cartons de livres scolaires et du matériel qui pourrait servir au centre de formation agricole Miotisoa et pour une formation ménagère pour les filles ayant terminé leur scolarité et pour lesquelles la seule perspective est le mariage.
Nous pouvons aussi y intégrer du matériel qui pourrait nous être offert et qui était demandé par le père Romuald:
équipement pour la cantine scolaire et entre autres des marmites noires qui seront utilisées avec des fours solaires. (Lors de nos séjours à Madagascar nous avions pu voir l’utilisation ingénieuse de ces marmites chauffées toute la matinée par la chaleur concentrée par une parabole recevant les rayons du soleil).
des fournitures scolaires (cahiers, craies, stylos, etc)
des pièces détachées pour voitures. Nous avons pu constater l’ingéniosité des malgaches pour réutiliser ces pièces détachées et sommes restés admiratifs face à l’imagination dont ils savent faire preuve
POUR ENTRETENIR L’ESPERANCE A MORARANO MERCI DE VOTRE FIDELE SOUTIEN
RETENEZ LA DATE du : SAMEDI 30 MAI 2015 :
à 15 heures: Assemblée Générale Annuelle
aux salles paroissiales
6 avenue du 29 août 1944 – TINQUEUX
à 20H30 : EGLISE DE TINQUEUX
Concert GOSPEL par le Chœur HORIZON
Bulletin N°23 – septembre 2015
Septembre, mois de la rentrée et de la reprise des activités. C’est vrai chez nous, c’est vrai aussi à Morarano ; puisque les examens de fin d’année à l’école ont eu lieu en juin. Le père Romuald nous dit que cette année encore les résultats ont été plus que satisfaisants : 100% des enfants ont réussi leur examen de fin d’études primaires et il en est de même pour le BEPC clôturant les études secondaires.
Rappelons que depuis 4 ans des classes sont ouvertes tous les ans pour arriver progressivement à compléter le cycle des études au collège. Nous nous sommes engagés à apporter chaque année une aide au financement de l’école.
De gros efforts sont faits pour arriver à la scolarisation de la totalité des enfants : des salles de classe ont été construites ou rénovées : de gros dégâts avaient été causés par les termites. Des fenêtres en fer ont remplacé les fenêtres en bois dévorées par les colonies de termites. Du matériel scolaire (tables et chaises) a équipé ces nouvelles salles.
Mais ces infrastructures ne suffisent pas pour atteindre l’objectif d’une scolarisation de tous. Il faut prendre en compte les situations de pauvreté, obstacle majeur à la scolarisation :
Certaines familles préfèrent garder leurs enfants pour les utiliser dans les travaux du quotidien : surveiller les enfants plus jeunes, faire sécher le riz, aller chercher l’eau, garder les zébus, etc.
D’autres ne peuvent payer « l’écolage » : modeste contribution des familles pour l’inscription des enfants. Cette contribution est souvent versée en nature (riz), pour contribuer à la nourriture des instituteurs.
Beaucoup d’enfants viennent à l’école, mais arrivent le matin à jeun. Lors de notre séjour une religieuse responsable de l’école nous disait que les enfants à jeun s’endormaient et/ou n’arrivaient pas à suivre.
Un groupe de personnes originaires de Bretagne et avec lesquelles nous sommes en relation épisodique s’est rendu en mai dernier à Morarano. Confrontée à cette réalité de la malnutrition, l’une de ces personnes nous a demandé de l’aider à envoyer un don personnel important pour permettre l’achat de spiruline. Nous avons bien sûr, appuyé son initiative. La spiruline est une algue microscopique qui, séchée peut donner un complément alimentaire très riche en protéines et est particulièrement adaptée dans les situations de malnutrition de beaucoup d’enfants à Morarano.
A Antsirabé elle est produite par une association Française « Les enfants du Soleil » qui accueille les enfants des rues.
L’envoi du conteneur
Les 18 et 19 avril dernier, nous avons préparé près de Château-Thierry l’envoi du conteneur avec l’aide efficace des scouts de Tinqueux.
Une association nous avait proposé tout ce qu’elle avait stocké dans un hangar pour l’envoyer à Madagascar. Tout ce matériel se trouvait au premier étage d’une grange. Nous avons donc beaucoup apprécié l’aide des scouts qui ont descendu tout le matériel, pour que nous puissions ensuite préparer et étiqueter tous les envois.
Nous avons pu ainsi vérifier le bon état de plus de 35 bicyclettes et les préparer pour le transport : démonter pédales et guidon et les fixer ensuite sur le cadre avec un adhésif.
Nous avons également préparé l’envoi de plusieurs chaises roulantes pour personnes handicapées, des lits médicalisés et des caisses de pansements et de matériel médical.
Nous y avons aussi joint des colis de livres scolaires et de vêtements et d’autres choses qui seront sans doute très utiles à l’école et au dispensaire de Morarano.
Le lundi 20 avril, avec 2 camions, nous avons emmené l’ensemble à SARS-POTERIE (prés d’Avesnes) pour le charger dans le conteneur qui sera envoyé à Madagascar quand il sera entièrement rempli. L’association Aide au Tiers Monde (du diocèse de Cambrai) se charge de cet envoi, comme elle le fait pour d’autres destinations en Afrique. Une fois débarqué dans le port de Tamatave, le conteneur sera acheminé par voie ferrée via Antanarivo jusqu’à Antsirabé, terminus de la ligne.
Nous attendons bien sûr avec impatience l’annonce de l’arrivée. Pour tirer les conclusions de cette première expérience que nous espérons pouvoir renouveler à l’avenir.
Un deuxième conteneur
Ce pourrait être un projet de rentrée, Pourquoi pas ! Avec l’expérience de ce premier départ, nous pouvons peut-être envisager un autre envoi.
2 questions que nous avons à résoudre : celles de la collecte et du stockage.
Il n’est pas possible d’envisager une collecte permanente : c’est-à-dire de recevoir ou d’aller chercher chaque semaine l’un ou l’autre colis. Par contre nous pouvons prendre note de la mise à disposition de choses qui pourraient entrer dans un envoi.
En nous en informant, nous pouvons vérifier avec Morarano que les propositions rencontrent effectivement un besoin pertinent. Par exemple l’envoi de pièces détachées pour voitures, de matériel scolaire ou de cuisine serait apprécié.
Avec les informations de mise à disposition nous pourrions organiser un ramassage de ce qui est proposé.
Reste ensuite le problème du stockage. Il faut faire parvenir nos envois à Sars-Poterie et pour amortir le transport, il faut que le volume que nous pourrions apporter soit suffisant. Il faut donc que nous puissions disposer d’un endroit de stockage pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Nous sommes à la recherche de cet endroit.
Outre le contenu d’un départ éventuel d’un conteneur, il faut aussi prendre en compte le cout de l’acheminement : 200 à 250€ le m3.
Quelques nouvelles de Morarano
Morarano continue son développement dans le contexte politique toujours difficile de Madagascar. Conflits entre les députés et le président. Beaucoup d’énergies sont perdues dans ce contexte.
Morarano bénéficie maintenant d’un sécurité relative avec la présence permanente de 4 gendarmes. Romuald nous dit que ce n’est pas le lot des villages environnants où une telle présence n’existe pas.
Par contre les cultures subissent toujours l’assaut périodique des nuages de criquets.
Il y a 2 ans ils sont venus nous donner un concert apprécié
Beaucoup ont découvert la qualité des trompes de chasse.
Ils reviennent pour un nouveau concert pour Morarano.
Retenez votre soirée.
Samedi 10 octobre 2015. 20h30.
Eglise Sainte-Bernadette. Tinqueux