Extrait du livre "Cerisy-Gailly mon village" - Alphonse Pasquier (04/12/1900 - 09/01/1986) - 1975
L'ASSOCIATION SPORTIVE
L'ASC VA FÊTER SON 92ème ANNIVERSAIRE EN CE DÉBUT D'ANNÉE !!!
Siège social : chez M. Durand-Vasseur, débitant, à Cerisy-Gailly
Date de déclaration : le 18/02/1932
Date de parution au journal officiel : le 07/03/1932
NAISSANCE DE L'ASSOCIATION SPORTIVE DE CERISY GAILLY
Extrait du livre "Cerisy-Gailly mon village" - Alphonse Pasquier - 1975
Le jour de la fermeture de la chasse, au début de 1932, je rentrais avec Georges Lignereux et lui disais que les dimanches allaient, désormais, nous paraître bien longs. Il était de mon avis ; aussi ai-je pu émettre, sans trop y croire, l'idée de mettre sur pied une équipe de football. Il se récria qu'étant donné l'indiscipline de la jeunesse du village, il était bien inutile de perdre son temps avec elle.
Malgré cela, je persistai dans mon idée. Je la soumis d'abord à William Skinner, anglais gardien du cimetière, qui, en bon britannique, trouvait le projet admirable mais difficilement réalisable. J'en parlais à quelques jeunes gens et finis par les décider à venir à "la gare" le dimanche suivant.
M'étant muni du ballon de mon fils, de 4 perches à haricots et de 15 mètres de ficelle lieuse, je délimitai approximativement un terrain et me mis en devoir d'expliquer aux présents, venus autant par curiosité que pour chahuter, qu'il convenait, en se servant uniquement des pieds, de faire passer le ballon dans le but de l'adversaire. C'est qu'ils ignoraient absolument tout de ce jeu : où l'auraient-ils connu ? Pensons bien que la télévision n'existait pas et qu'il n'y avait que peu de temps que les footballeurs ne s'équipaient plus des guêtres, de longues culottes et de bonnets ?
J'avais réuni une douzaine de jeunes gens, dont certains que je n'avais jamais vus. Il y avait là deux lurons en goguette : Emile Darras et Robert Douay, qui prenaient l'aventure à la rigolade, envoyant des sabots en l'air et faisant les pitres. Cependant les autres s'efforçaient de bien faire et des aptitudes se faisaient déjà jour.
Après une heure ou deux, je demandai aux assistants s'il leur plairait de faire une équipe. Ce fut une agréable surprise de constater qu'une quinzaine au moins acceptaient spontanément.
Tous étaient disposés à acheter le maillot et la culotte ; pour le reste, on verrait plus tard.
Le lendemain, à Amiens, je choisissais le maillot rouge à parements noirs, auquel nous devions ajouter un insigne : le chat de Cerisy faisant rouler une boule aux initiales de l'A.S.C.G. (Association Sportive Cerisy Gailly).
Huit jours plus tard, nous allions nous mesurer avec la 2ème de Bray, en alignant l'équipe suivante : Oscar Bolle, Eugène Durand, W. Skinner, A. Bienaimé, F. Delporte, André Pasquié, Léon et Emile Darras, Paul Alphonse, Rémi Lefebvre, Martial Duflot. Nous prîmes 6-0.
Les deux dimanches suivant, nous recevions la 2ème d'Harbonnières et la 2ème de la Jeune Corbie Sportive dans une pâture de la rue du cimetière. Les défaites par 12 à 0 et 13 à 1 ne nous décourageaient pas, car notre équipe prenait consistance. Au but : A. Bienaimé, Lucien Lallemant, Skinner, Gabriel Lefebvre, Emile Darras, Alphonse Pasquier, Léon Darras, F. Delporte, P. Alphonse, Duverger, L Lecat.
Peu après, obligés de libérer la pâture qu'on nous avait prêtée, il nous fallut trouver un terrain. Le petit marais étant inutilisé, mais envahi par chardons et hautes herbes, nous avons décidé de l'agencer un dimanche matin. Avec les frères Darras, nous mîmes le feu aux herbes et, le vent aidant, nous avons bien failli incendier toutes les jeunes plantations jusqu'à Gailly : souvenir mémorable ! Depuis, le stade est resté ce que nous l'avions fait, sauf qu'Henri Corsaut l'a fait entourer et fait bâtir des vestiaires.
On n'imagine pas le bien qu'à apporté la création de cette société sportive. Non seulement à la jeunesse du village qui, désormais, accueillait volontiers les jeunes gens venus d'ailleurs, alors qu'auparavant leurs rencontres auraient provoqué des rixes, mais encore aux personnes d'âge moyen qui, petit à petit, comprenaient le jeu, s'y intéressaient, vibraient même en soutenant nos joueurs, qu'ils soient de Cerisy ou de tout près.
Toujours emportés par leur enthousiasme de débutants souvent vainqueurs, nos jeunes avaient admis la devise "toujours emportés par leur enthousiasme de débutants souvent vainqueurs, nos jeunes avaient admis la devise "Vouloir vaincre, savoir perdre" ainsi nos adversaires restaient nos amis et sollicitaient leur revanche au ping-pong, jeu tout nouveau en Picardie.
Il faut sans tarder reconnaître que si l'équipe a tenu c'est grâce au très bon esprit de Paul Alphonse, de Morlancourt et de Lucien Lecat, de Bayonvillers. Bons joueurs, bons camarades, ils eurent rapidement l'ascendant sur les autres qui, sans exception, se montrèrent toujours dociles et enthousiastes, surtout les Darras dont le 3ème frère, Émilien, venait d'être démobilisé et de renforcer l'équipe avec Julien Michaux.
C'est cette équipe qui joua le championnat 32-33. Nos adversaires étaient Buire, Ytres, Voyennes, Nesles, Bray, Epehy, Athies, Monchy (1). Tous nos déplacements se faisaient en cars de la Flèche Rouge ce qui était très onéreux. Notre plus forte recette était de 34 francs et chaque voyage nous en coûtait 4 ou 500. Nous allâmes même jouer au Tréport la Coupe de Picardie. Le budget était ruineux, il fallut trouver une solution : Harbonnières étant en déclin et faisant recettes, nous fusionnâmes sous le nom d'U.H.C., en gardant nos couleurs.
Le résultat fut médiocre. Harbonnières continua seul.
Pendant la guerre, les jeunes que nous avions mis en route, recommencèrent. Ils jouèrent même contre les Allemands !
Après interruptions, il y eut reprises en 1950, sous la présidence d'Ernest Payen, puis en 1969 avec celle de Maurice Leroy.
Siège social : mairie de Cerisy-Gailly
Date de déclaration : le 25/11/1950
Date de parution au journal officiel : 15/12/1950
Saison 1950-1951 (cliquer)
Aujourd'hui, le budget s'équilibre facilement par les recettes à l'entrée et les cartes de membres honoraires. Les frais de déplacement sont nuls puisque presque chaque joueur à sa voiture.
Longue et glorieuse vie à l'A.S.C.G.
(1) Notons que la plupart des clubs de 1972 n'existaient pas encore. Ni Rosières, ni Villers-Bretonneux, ni Roisel, ni Sainte-Emilie, ni Dompierre, ni Ribemont, etc... En revanche, il y avait : Proyart, Combles, Montigny.
En 2001, Cerisy et Cappy décidèrent de fusionner leurs associations pour devenir l'association sportive Cerisy Cappy.
Siège social : mairie, rue de la République, 80800 Cerisy
Date de déclaration : le 24/07/2001
Date de parution au journal officiel : le 11/08/2001
Puis en 2006, Cerisy reprendra son autonomie pour s'appeler cette fois-ci l'association sportive de Cerisy.
Siège social : mairie, rue de la République, 80800 Cerisy
Date de déclaration : le 16/10/2006
Date de parution au journal officiel : le 18/11/2006
L'ORIGINE DU CHAT NOIR DE CERISY
Le village de Cerisy, naguère Cerisy-Gailly, dans l'amiénois, possède une église consacrée à saint George, le saint chevalier. Une statue de bois de ce saint, ancienne et vermoulue, a valu au Cerisiens d'être surnommés "les Chats" ; en picard, "chés cots". Et cela à cause des souris. Ainsi, en un temps lointain où l'église du lieu était mal entretenue, ouverte à tous vents, peuplée d'araignées et de rats, on fut bien en peine de dresser, pour la porter lors de la procession, de la fête patronale, la statut du saint. C'était une statue de bois de belle taille, creusée par les vers, mais qui conservait belle allure. Recouvert d'une armure de lansquenet, saint Georges terrassait, de sa lance et de son épée, un dragon naïf et terrifiant. Soudain, au beau milieu de la procession, des souris, qui avaient fait leur nid dans le cheval de bois, prirent la poudre d'escampette dans les jambes des paroissiennes qui s'enfuirent en hurlant de l'église. Alors, les hommes quittèrent le cortège pour attraper les rongeurs. Même les porteurs se mirent en poursuite ; la statue tomba et se brisa définitivement. Seuls restaient le curé et ses sacristains, qui n'avaient rien vu de l'affaire. L'histoire fut répétée dans toute la contrée, et bientôt on donna en souriant le surnom de "chats" aux habitants du village.
(1) Notons que la plupart des clubs de 1972 n'existaient pas encore. Ni Rosières, ni Villers-Bretonneux, ni Roisel, ni Sainte-Emilie, ni Dompierre, ni Ribemont, etc... En revanche, il y avait : Proyart, Combles, Montigny.