Oeil opalin
Aux paupières célestes
Le dieu qui t'anime a su te parer
De voiles délicats, de brumes de rêve...
Lorsque Morphée visite les faces du monde
Tu glisses en silence sur les pages de mes volets clos
Pénètres dans ma chambre
Dans le plus grand secret
À mon insu.
L'ovale de mes joues par tes doigts effleuré
Frémit.
Tu frôles à présent mes épaules
Épouses mon corps nu
Mon lit, bateau fantôme, se perd dans l'infini
Des horizons célestes...
L'éveil est ma jouissance
Lentement je m'étire
Et ouvre un oeil.
Surpris je découvre au coin de l'oreiller
Un cheveu de lumière, docilement courbé
De ta tempe argentée
Précieuse relique
À conserver par mes soins
Dans l'écrin de mon coeur.
Arnaud VINCENZ