Nous décidons de passer par le Paso de Sico pour aller au Chili si bien que nous bifurquons sur la ruta 51 avant d’arriver à Salta.
30 km de piste en bon état (la niveleuse vient de passer) mais ultra poussiéreuse puis 90 km d’une route extraordinaire, goudronnée, ce qui permet d’apprécier plus librement le paysage qui n’a rien à envier à celui de la Quebrada de Cafayate (on peut la zapper si on passe par le Paso de Sico)
On s’arrête à 3100 m juste après Santa Rosa de Tastil (je commence à avoir mal à la tête et on préfère s’arrêter pas trop haut, 15mn après c’est passé).
Ce soir, patates dans la braise, cuites dans un feu d'herbes sèches et de bouses de vaches (à la népalaise!) faute de bois.
Arnaud est tout fier de sa cuisine!
Malheureusement la cuisson est insuffisante alors les enfants décident de les laisser dans le feu jusqu'à demain et de les manger au petit-déjeuner (hum?) Finalement, alors que nous sommes en plein désert, toutes les patates se seront mystérieusement volatilisées le lendemain matin! Les pôv'z'enfants ont du se rabattre sur les céréales...
Quel dommage que nous soyons passés alors qu’il n’y avait plus de soleil (les journées sont courtes 8h-18h45), mais vivement demain !
J8 Vendredi 06/07 :
La nuit a été « chaude », on a eu trop chaud car le temps était couvert. 15,5°C dans le camping car, 6°C dehors. On continue la montée vers le Paso de Sico en ramassant une dizaine d’écoliers qui font du stop.
Ils sont tout intimidés...
Beau paysage, gâché par une ligne à haute tension qui court au fond de la vallée.
10 km avant San Antonio de Los Cobres (3775 m), plus de freins (du moins plus grand-chose). Heureusement le relief est très doux, en dépit de l'altitude. Nous arrivons au ralenti à San Antonio, utilisant le frein moteur dans la descente qui précède le village : le pompiste nous indique le garagiste qui nous répare une fuite sur le circuit hydraulique des freins arrière.
Avec 3 outils et un bout de tissu de sac en fibre pour faire le joint, il nous refait un tuyau de liquide de frein arrière, pour 30 pesos. Fortiche ! Pourvu que ça tienne !
Heureusement que la panne s'est produite avant ce village qui est le dernier avant la frontière, située à 133 km et après il y avait encore 135 km jusqu'au premier garage au Chili situé à San Pedro de Atacama, tout au bout d'une interminable descente puisque le Paso de Sico est à plus de 4000 m et San Pedro à 2500 m!
Et en plus, à posteriori, nous apprendrons que personne n'est passé après nous par cette route car le col a fermé juste après notre passage.
Il y a plein de lamas partout, assez farouches :
Arrivés à la douane argentine on quitte enfin la ligne à haute tension.
Vraiment une horrible cicatrice dans ce magnifique paysage !
A la douane, on rencontre un motard français –Bastian- qui nous traduit les explications du douanier. Le col est peut-être fermé côté chilien, c'est-à-dire au bout de 30 km de tôle ondulée…! Glups !
Dire qu'on vient de se taper 100 km de piste dont au moins la moitié en tôle ondulée + 100 km de route goudronnée.
Il nous apprend que la douane chilienne se trouve seulement 30 km + loin. Je la croyais à SPDA.
Bastian nous aide bien pour les formalités.
Le paysage à partir de la douane argentine devient vraiment beau, en plus on a droit à qq rayons de soleil.
Le douanier nous dit que nous avons une météo exceptionnellement moche. Il a neigé la veille….
Après ½ h à la douane argentine et une bonne heure à la douane chilienne (Le contrôle sanitaire chilien nous confisque plein de bonnes choses que nous pensions manger avant d’arriver à San Pedro de Atacama ! Snif. Mais il ne veut pas de nos poubelles pleines d'épluchures de fruits et légumes! Allez comprendre...), nous reprenons la piste, toujours aussi mauvaise et nous arrêtons pour la nuit vers 19h.
Nous avions proposé à Bastian de l’héberger pour la nuit, ce qu’il accepte volontiers quand il nous rejoint 10 mn plus tard car le prochain village est à 130km !
Nous dormons à 4100m, ça caille et il y a du vent.
Neigera-t-il cette nuit ? Le diesel sera-t-il gelé demain matin ?
J9 Samedi 07/07/07 101600 km
Ce matin le ciel est couvert et il neigeote. On a bien dormi. 2°C dans le camping car, -6°C dehors (à 4100 m)
Bastian a bien du mal à démarrer sa moto, il lui faut presqu’une heure en démontant plusieurs fois les bougies.
Le paysage est superbe mais le temps est bouché.
Avec le vent on a peur que des congères ne commencent à se former mais à cause de la tôle ondulée, impossible d’aller plus vite.
On arrive finalement à la bifurcation vers les lagunas Miscanti et Miniques qui forment une réserve naturelle. La piste qui y mène est très accidentée. (entrée 2000 pesos/adulte, 1000/enfant soit 7000 en tout)
Les 2 gardiennes nous expliquent que l’accès aux berges de Miniquès est interdit car c’est la période de reproduction des oiseaux. Il y a en effet qq canards. Il fait un froid de… canard et il y a du vent.
Les premières camionnettes de touristes arrivent vers midi.
Nous sommes un peu déçus par ces 2 lagunes. Faut dire que la météo ne les valorise pas…
Pas le moindre rayon de soleil. Depuis 2 jours l’eau chaude ne marche pas et depuis hier soir, il n’y a plus d’eau du tout, le circuit est gelé.
Il va falloir qu’on descende en altitude pour se requinquer. San Pedro DA n’est qu’à 2500 m.
Nous faisons une courte halte pour photographier la petite église en adobe et toit de paille de Socaire, le premier village après le Paso de Sico à 100 km environ.
Plus bas, à Toconao, nous remontons pendant environ 1 h le canyon de Jerez, dont le fond est transformé en petits jardins.
A visiter plus tôt dans la journée quand le soleil est au zénith. Très surprenant toute cette verdure au milieu d’un tel désert (entrée payante 1000 pesos/adulte, 500/enfant)
Fred s’acharne sur l’eau chaude et ça finit par fonctionner. Ouf !
Enfin une bonne douche !
Nous sommes en forme pour passer la douane, à SPDA (ben oui, on l’a déjà passée juste après le col, faut pas chercher à comprendre…). Environ 20 bonnes minutes alors qu’on est les seuls à passer. Et pour cause, les douaniers sont tous surpris d’apprendre que nous venons d’Argentine : le Jama et le Sico sont fermés depuis la veille. On doit être les derniers à être passés.
On voit de la tôle ondulée partout!
Petit tour en ville qui comporte 3 rues commerçantes avec de minuscules épiceries hors de prix, pleins de boutiques d’artisanat souvenir, plein d’agences de tours organisés et plein de resto et hôtels. Ex : 1 bouteille d’eau minérale : 700 pesos ! 4 bouteilles d’eau aussi chères que 5 biftecks !
Bien crevés, on cherche un coin pour dormir avec dans l’idée d’aller vers la vallée de la Muerte et finalement on s’arrête dans un petit canyon de la Cordillera Del Sal. Nuit hyper calme à l’abri du vent.